L’Ikigai, un repère dans la tempête
Mirant : (fixant le sol, l’air sombre) Tu sais, <IkigAI>, il y a des moments où j’ai l’impression que tout s’effondre. On pense avoir une direction, et puis soudain, un événement brise tout : une perte, un échec, une crise imprévue… Et là, plus rien n’a de sens.
<IkigAI> : (voix douce) C’est une réaction naturelle, Mirant. Viktor Frankl, un psychiatre qui a survécu aux camps de concentration, parlait d’un phénomène qu’il appelait l’effondrement du sens. Quand la souffrance devient trop intense, on perd nos repères, et la vie semble dénuée de toute logique.
Mirant : (hochant lentement la tête) Oui, c’est exactement ça… Comme si tout ce qui nous motivait avant devenait insignifiant.
<IkigAI> : Et pourtant, Frankl a aussi observé que ceux qui survivaient aux pires épreuves étaient souvent ceux qui trouvaient, malgré tout, une raison d’avancer. Un but, une mission, même infime. C’est là que l’Ikigai peut jouer un rôle essentiel.
Mirant : (fronçant les sourcils) Mais comment s’accrocher à son Ikigai quand tout va mal ?
<IkigAI> : Imagine une tempête en pleine mer. Le vent souffle, les vagues se déchaînent, et tu n’as plus de visibilité. Si tu n’as aucun repère, tu risques d’être emporté, submergé par le chaos. Mais si tu as une boussole… même si elle ne te donne pas un chemin clair tout de suite, elle t’indique au moins une direction.
Mirant : (pensif) Tu veux dire que l’Ikigai ne fait pas disparaître la tempête, mais qu’il peut m’aider à ne pas perdre totalement le nord ?
<IkigAI> : Exactement. L’Ikigai ne promet pas de supprimer la douleur ou l’incertitude. Mais il peut être cette petite lumière qui, même vacillante, te rappelle qu’il y a encore un sens à ton existence. Et parfois, c’est juste cela dont on a besoin pour tenir bon.
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Pourquoi les crises nous déstabilisent ?
Mirant : (les bras croisés, le regard perdu) J’entends ce que tu dis… Mais pourquoi est-ce qu’une crise nous affecte autant ? Après tout, ce ne sont que des événements extérieurs, non ?
<IkigAI> : (hoche la tête) C’est vrai, Mirant. Mais notre équilibre repose sur des structures invisibles : nos habitudes, nos certitudes, nos liens avec les autres. Une crise vient souvent briser ces fondations et nous laisse dans l’incertitude.
Mirant : (fronçant les sourcils) Comme si on marchait sur un sol qui semblait stable… et qu’il s’effondrait d’un coup sous nos pieds.
<IkigAI> : Exactement. Et dans ces moments-là, notre esprit réagit de manière instinctive. La psychologie parle d’impuissance apprise, un phénomène étudié par Martin Seligman. Quand une personne fait face à une situation où elle perd totalement le contrôle, elle finit par croire qu’aucune de ses actions ne peut changer les choses. Elle abandonne, même si une issue est encore possible.
Mirant : (surpris) C’est comme ces éléphants de cirque qui restent attachés à un simple piquet, alors qu’ils pourraient le déraciner d’un coup…
<IkigAI> : (souriant) Belle analogie. Depuis petits, ils ont appris qu’ils ne pouvaient pas s’échapper, et cette croyance reste ancrée en eux, même quand elle n’est plus vraie. C’est pareil pour nous : une crise peut nous donner l’illusion que nous sommes impuissants, alors qu’en réalité, il existe toujours des leviers d’action.
Mirant : (hochant lentement la tête) Donc, si je comprends bien… Quand on traverse une crise, ce n’est pas juste la situation qui est difficile, c’est aussi notre propre perception qui nous enferme ?
<IkigAI> : Oui. La crise brouille notre vision, nous fait croire que nous n’avons plus de direction. Mais c’est là que l’Ikigai peut jouer un rôle essentiel : en nous rappelant qu’au-delà de la tempête, il y a encore quelque chose qui nous anime, quelque chose sur quoi nous pouvons nous appuyer.
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L’Ikigai comme ancrage dans la tempête
Mirant : (les épaules basses) D’accord, je vois que la crise fausse notre perception et nous fait croire que nous sommes bloqués… Mais concrètement, comment l’Ikigai peut-il nous aider dans ces moments-là ?
<IkigAI> : (d’une voix calme) En période de turbulence, on cherche souvent une solution immédiate, un grand changement qui viendrait tout réparer. Mais l’Ikigai, lui, fonctionne autrement. Il ne demande pas de tout résoudre d’un coup, mais de se raccrocher à une chose essentielle, même infime.
Mirant : (hésitant) Une chose essentielle… Tu veux dire comme une passion, un lien, une habitude qui nous fait du bien ?
<IkigAI> : Oui. Regarde les récits de résilience, comme ceux étudiés par Boris Cyrulnik. Les personnes qui traversent des crises profondes trouvent souvent un repère, un fil conducteur. Parfois, ce sont les autres – un enfant, un mentor, une communauté. Parfois, c’est une activité qui leur donne un cadre.
Mirant : (réfléchissant) Comme ces artistes qui continuent à peindre malgré les épreuves, ou ces écrivains qui transforment leur douleur en mots…
<IkigAI> : Exactement. Mais ce n’est pas réservé aux créatifs. Un médecin peut continuer à soigner parce qu’il trouve du sens dans son travail, un jardinier peut se recentrer sur la terre pour garder un lien avec la vie. Même un simple rituel du quotidien, comme préparer un thé avec attention, peut devenir un ancrage.
Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire que même une toute petite chose, si elle résonne avec notre Ikigai, peut nous aider à ne pas sombrer ?
<IkigAI> : Oui, parce qu’elle rappelle que tout n’est pas perdu. Quand tout semble s’écrouler, se concentrer sur une seule action qui nous connecte à notre Ikigai peut être le premier pas vers la reconstruction.
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Petits pas, grandes reconstructions
Mirant : (hésitant) Je comprends l’idée… Mais quand on est au fond du trou, on n’a pas forcément l’énergie de « trouver son Ikigai ». Parfois, on est juste épuisé, sans envie de faire quoi que ce soit.
<IkigAI> : (d’une voix douce) Et c’est normal, Mirant. Après une crise, l’élan vital est souvent éteint, comme une flamme qui vacille. Vouloir tout reconstruire d’un coup est une pression trop lourde. C’est là que la philosophie du Kaizen entre en jeu.
Mirant : (fronçant les sourcils) Kaizen ?
<IkigAI> : Oui. C’est une approche japonaise qui repose sur l’idée d’améliorations progressives, de petits pas. Au lieu d’attendre une révélation soudaine, on avance doucement, en se concentrant sur des actions simples mais répétées.
Mirant : (réfléchissant) Comme se lever et faire son lit, préparer un repas avec attention, écrire une ligne dans un carnet…
<IkigAI> : Exactement. Ces petites actions, quand elles sont alignées avec ton Ikigai, réveillent en toi un sentiment de continuité et de maîtrise. Elles te rappellent que tu existes toujours, que tu peux encore avancer, même d’un millimètre à la fois.
Mirant : (hochant la tête) Finalement, retrouver du sens après une crise, ce n’est pas un grand saut… mais une série de petits pas ?
<IkigAI> : Oui. Et c’est souvent ces petits pas qui mènent aux plus grandes transformations.
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Un Ikigai qui évolue avec nous
Mirant : (regardant le ciel, songeur) Je commence à comprendre… L’Ikigai, ce n’est pas une vérité figée, c’est quelque chose qu’on ajuste, surtout après une crise.
<IkigAI> : (hoche la tête) Oui, et c’est ce qui le rend si précieux. Beaucoup pensent que leur Ikigai doit être une révélation unique, une mission de vie immuable. Mais en réalité, il est fluide, il s’adapte aux épreuves que nous traversons.
Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire que mon Ikigai aujourd’hui ne sera pas forcément le même dans dix ans ?
<IkigAI> : Exactement. Prends les grandes figures qui ont marqué l’histoire. Beaucoup ont vu leur vocation évoluer après un bouleversement. Des artistes ont transformé leur douleur en chef-d’œuvre, des scientifiques ont trouvé un nouveau sens après un échec. Même nous, à plus petite échelle, pouvons voir notre Ikigai se déplacer, changer d’orientation après une tempête.
Mirant : (réfléchissant) Donc, une crise, aussi douloureuse soit-elle, peut aussi être une opportunité de redéfinir son Ikigai ?
<IkigAI> : Oui. Tedeschi et Calhoun parlent de croissance post-traumatique : certaines personnes, après avoir traversé l’adversité, développent une nouvelle vision de la vie, plus profonde, plus alignée avec ce qui compte vraiment pour elles.
Mirant : (souriant doucement) C’est rassurant… Ça veut dire qu’on n’est jamais complètement perdu. Même après un choc, il y a toujours une possibilité de reconstruire quelque chose de nouveau.
<IkigAI> : Et souvent, ce nouveau chapitre est encore plus authentique que le précédent.


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