Trouver un sens pour surmonter la dépression

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Quand tout perd son sens, où s’accrocher ?

Mirant : (voix basse, fixant un point invisible) Tu sais, <IkigAI>, il y a des jours où tout semble… vide. Comme si rien n’avait d’importance. Je comprends l’idée d’Ikigai, mais quand on est au plus bas, est-ce qu’on peut vraiment s’y accrocher ?

<IkigAI> : (voix douce et posée) C’est justement dans ces moments-là que l’Ikigai peut devenir un point d’ancrage, Mirant. Il ne fait pas disparaître la douleur, mais il offre une direction, une petite lueur qui peut aider à avancer, même à petits pas.

Mirant : (soupirant) Mais comment retrouver un but quand on n’a plus d’énergie pour chercher quoi que ce soit ?

<IkigAI> : (hoche la tête avec bienveillance) C’est une question essentielle. Lorsque l’on traverse une dépression, l’idée même de « trouver un sens » peut sembler écrasante. Mais il ne s’agit pas de tout comprendre d’un coup. Il suffit parfois d’une étincelle, d’un fil auquel se raccrocher pour amorcer un mouvement.

Mirant : (croisant les bras, songeur) Un fil… Mais lequel ? Et comment le reconnaître ?

<IkigAI> : Ce fil peut prendre différentes formes : une activité qui apporte un semblant de paix, une conversation qui réchauffe le cœur, un geste, même infime, qui brise la sensation de stagnation. L’Ikigai, ce n’est pas nécessairement une grande mission de vie, c’est parfois juste une raison de se lever, aujourd’hui.

Mirant : (hésitant) Donc… l’Ikigai ne serait pas forcément une grande révélation soudaine, mais quelque chose qu’on peut reconstruire petit à petit ?

<IkigAI> : Exactement. Et c’est ce que nous allons explorer ensemble. Comment, même dans les moments les plus sombres, retrouver une direction, un sens, et peu à peu, regagner du terrain sur la dépression.

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Le lien entre dépression et perte de sens

Mirant : (tapotant nerveusement sur la table) Je comprends l’idée… Mais est-ce que ce lien entre la dépression et la perte de sens est vraiment démontré ? C’est pas juste une perception subjective ?

<IkigAI> : (hoche la tête avec bienveillance) Non, Mirant, ce n’est pas qu’une impression. C’est un phénomène largement étudié en psychologie et en psychiatrie. L’un des facteurs majeurs de la dépression, c’est cette impression que rien n’a plus de valeur ou de direction.

La perte de sens : un terreau fertile pour la dépression

Mirant : (fronçant les sourcils) Mais pourquoi le fait de perdre du sens dans ce qu’on fait nous affecte autant ?

<IkigAI> : Parce que notre cerveau est câblé pour chercher une logique et un but à ce que nous vivons. Des chercheurs comme Martin Seligman, fondateur de la psychologie positive, ont montré que les humains ne se contentent pas de réagir aux événements : ils ont besoin de comprendre pourquoi ils traversent certaines expériences et vers où elles les mènent.

Quand ce « fil rouge » disparaît, l’esprit humain entre dans un état de confusion et d’errance mentale. C’est ce que la psychiatrie appelle l’anhédonie, c’est-à-dire la perte de plaisir et d’intérêt pour les choses qui nous faisaient autrefois vibrer.

Mirant : (hésitant) Donc, quand on dit « je ne ressens plus rien », ce n’est pas seulement une fatigue ou une baisse de moral, c’est une vraie perte de repères ?

<IkigAI> : Exactement. La perte de sens entraîne souvent un cercle vicieux : ne voyant plus pourquoi on agit, on cesse de faire des efforts, ce qui renforce le sentiment d’inutilité et d’impuissance. À force, cela nourrit la dépression et peut même conduire à un état d’apathie profonde, où chaque action semble dénuée d’intérêt.

L’hypothèse de la résignation apprise

Mirant : (croisant les bras, songeur) Ça me fait penser à quelque chose… Quand on est coincé dans une routine sans but, on a parfois l’impression qu’on n’a plus le contrôle de rien.

<IkigAI> : Oui, et cela rejoint ce qu’on appelle la résignation apprise, un concept mis en évidence par le psychologue Martin Seligman. Il a mené des expériences sur des animaux et des humains qui montraient que lorsqu’un individu vit une série d’échecs ou de situations douloureuses sans voir d’issue possible, il finit par ne plus essayer de changer les choses, même si une solution existe.

Mirant : (soupirant) En gros, à force d’échecs, on se convainc qu’il n’y a plus d’issue… et on arrête même de chercher.

<IkigAI> : Exactement. C’est pourquoi la dépression ne se limite pas à une « mauvaise passe ». Une personne qui en souffre a souvent perdu cette conviction qu’un changement est possible. Son cerveau s’est conditionné à l’idée que les choses sont vouées à rester ainsi.

Viktor Frankl et la force du sens

Mirant : (haussant un sourcil) C’est là que l’Ikigai pourrait jouer un rôle ?

<IkigAI> : Tout à fait. Pour briser ce cycle, il faut réintroduire une forme de direction, même minime. Viktor Frankl, psychiatre et survivant des camps de concentration, a montré que les personnes qui avaient un « pourquoi » pouvaient supporter presque n’importe quel « comment ».

Dans son livre « Découvrir un sens à sa vie », il raconte que ceux qui parvenaient à tenir dans les pires conditions étaient souvent ceux qui avaient un but, une raison d’espérer. Il en a fait une approche thérapeutique appelée logothérapie, qui aide les patients à reconstruire un sens là où ils pensaient qu’il n’y en avait plus.

Mirant : (réfléchissant) Donc, retrouver du sens dans sa vie, c’est comme réintroduire une boussole intérieure pour sortir du brouillard…

<IkigAI> : Exactement. L’Ikigai fonctionne sur ce même principe : il reconnecte à ce qui fait vibrer, même dans les moments difficiles.

Mirant : (avec une pointe d’espoir) Mais par où commencer quand on est déjà enfoncé dans la dépression et qu’on ne voit rien qui ait encore de la valeur ?

<IkigAI> : C’est une question essentielle, Mirant. Et c’est ce que nous allons explorer maintenant : comment l’Ikigai peut devenir un ancrage, même quand tout semble s’effondrer.

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L’Ikigai comme ancrage dans la tempête

Mirant : (appuyant son menton sur sa main, l’air perdu) Ok, admettons… Retrouver du sens, ça peut aider à sortir de la dépression. Mais quand on est dedans, tout semble flou, lourd. On n’a même plus l’énergie de chercher ce fameux Ikigai.

<IkigAI> : (voix posée) C’est normal, Mirant. Lorsque l’esprit est submergé, vouloir « trouver son Ikigai » peut sembler aussi difficile que d’escalader une montagne sans corde. Mais en réalité, il ne s’agit pas d’une quête spectaculaire. Il suffit parfois d’un petit ancrage, d’un élément stable auquel se raccrocher.

Mirant : (soupirant) Tu parles d’un « point d’ancrage »… Mais c’est quoi, concrètement ?

<IkigAI> : Un point d’ancrage, c’est quelque chose qui te relie encore au monde, à toi-même. Un repère, aussi infime soit-il, qui te rappelle que tu existes, que tu as encore une place, un rôle à jouer.

Mirant : (dubitatif) Mais si je ne ressens plus rien, si rien ne me passionne, comment je peux trouver mon Ikigai ?

<IkigAI> : Oublie l’idée d’un grand projet de vie. Quand on est en détresse psychologique, ce n’est pas le moment de chercher une vocation immense. L’Ikigai peut être minuscule, presque imperceptible.

  • Un simple rituel quotidien qui te procure un soupçon de réconfort : préparer un thé, écouter une chanson que tu aimais autrefois, écrire trois lignes dans un carnet.
  • Un lien avec quelqu’un : un message à un proche, un sourire échangé avec un inconnu.
  • Une action minime mais répétée : arroser une plante, ranger un objet, sortir marcher cinq minutes.

Mirant : (réfléchissant) Donc, au lieu de chercher une « grande raison de vivre », il suffit de se raccrocher à une toute petite chose, juste assez pour tenir ?

<IkigAI> : Exactement. Il s’agit d’allumer une bougie, pas d’éclairer tout un stade. Ce sont ces petits gestes qui, accumulés, créent une dynamique.

Mirant : (regard fuyant) Parfois, j’ai l’impression d’être devenu un automate. Rien ne me touche vraiment, comme si j’étais… déconnecté.

<IkigAI> : Ce que tu ressens, c’est un phénomène bien connu : quand le cerveau est submergé par la souffrance, il peut se mettre en mode « survie ». On parle alors de dissociation émotionnelle : pour se protéger, l’esprit se coupe de tout, y compris du plaisir et des sensations positives.

Mirant : (surpris) Donc, ce n’est pas juste une question de volonté ? Ce n’est pas que je ne fais pas assez d’efforts ?

<IkigAI> : Non, et c’est important de le comprendre. On ne sort pas de la dépression par la force brute. Il faut réhabituer ton cerveau à ressentir, petit à petit.

Quelques idées :

  • Stimuler les sens : toucher des textures agréables, écouter des sons doux, sentir un parfum familier.
  • Reconnecter avec un souvenir positif : feuilleter de vieilles photos, relire un livre aimé.
  • Bouger sans pression : pas pour « faire du sport », mais juste pour ressentir son corps – s’étirer, marcher doucement, respirer profondément.

Mirant : (hésitant) C’est pas grand-chose… mais peut-être que ça peut réveiller quelque chose.

<IkigAI> : L’important, c’est de ne pas chercher à tout ressentir d’un coup. Juste s’ouvrir à une sensation, un fragment de bien-être, et l’accueillir.

Mirant : (hoche la tête lentement) Mais seul, c’est difficile…

<IkigAI> : Oui. C’est pour ça que l’Ikigai est souvent lié aux autres. Dans les études sur les centenaires d’Okinawa, on a constaté que leur longévité était en grande partie due aux moai, ces groupes de soutien où chacun veille sur l’autre.

Mirant : (souriant faiblement) Donc, s’entourer, même un peu, peut être une bouée de sauvetage ?

<IkigAI> : Absolument. Pas besoin de relations parfaites ou profondes tout de suite. Un simple échange, une présence, peut suffire à recréer un lien avec le monde.

Mirant : (pensif) C’est pas évident quand on a l’impression de ne plus être à sa place…

<IkigAI> : Mais c’est en osant, par petites touches, que cette place se reconstruit.

Mirant : (relevant la tête) Alors, il s’agit juste d’un premier pas ?

<IkigAI> : Oui, Mirant. Un minuscule pas aujourd’hui, puis un autre demain. L’Ikigai n’est pas un sommet à atteindre d’un coup, c’est une route qui se trace, un geste après l’autre.

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Comment utiliser l’Ikigai comme levier pour aller mieux ?

Mirant : (tapotant la table du bout des doigts) Bon, je comprends que l’Ikigai peut être un repère quand on est perdu… Mais concrètement, comment on s’en sert pour aller mieux ? Parce qu’entre comprendre le concept et l’appliquer vraiment, il y a un gouffre.

<IkigAI> : (souriant doucement) C’est vrai, Mirant. Savoir que quelque chose peut aider ne suffit pas, encore faut-il savoir comment l’intégrer à son quotidien, surtout quand l’énergie manque. L’important, c’est de procéder par petites étapes, adaptées à ton état du moment.

Mirant : (soupirant) Je suppose que tu vas me dire de faire « juste un petit pas »…

<IkigAI> : (clin d’œil malicieux) Exactement. Mais pas n’importe lequel. Ce qui compte, c’est de choisir une micro-action en lien avec ton Ikigai, même si tu n’en as pas encore une vision claire.

Quelques pistes :

  • Si tu ne ressens plus de motivation, demande-toi ce qui, même minime, t’apporte un tout petit regain d’énergie. Lire une page d’un livre ? Prendre une douche chaude ? Marcher cinq minutes ?
  • Si tout te semble sans intérêt, engage-toi dans une action neutre mais constructive : faire son lit, préparer un thé, ranger un objet. Ces gestes renforcent le sentiment d’avoir une prise sur son environnement.
  • Si tu te sens déconnecté de toi-même, prends un moment pour écrire, même sans but précis. Note simplement ce qui te traverse l’esprit, sans pression.

Mirant : (hésitant) Ça paraît tellement insignifiant…

<IkigAI> : C’est parce qu’on sous-estime la force des petites victoires. Une action minime peut casser l’inertie et amorcer un mouvement plus large.

Mirant : (hoche la tête lentement) Je sais que m’isoler n’aide pas, mais l’idée d’aller vers les autres quand je vais mal… c’est compliqué.

<IkigAI> : Je comprends. La clé, c’est d’y aller progressivement. La connexion aux autres est essentielle pour le bien-être mental, mais elle ne doit pas être forcée.

Quelques alternatives douces :

  • Envoyer un simple message à une personne de confiance, sans pression de conversation longue.
  • Rejoindre un espace social passif, comme s’asseoir dans un café, aller dans une bibliothèque. Juste être entouré sans interagir directement peut déjà aider à briser l’isolement.
  • Prendre contact avec une communauté, même en ligne, sur un sujet qui t’intéresse, sans obligation de participation active.

Mirant : (réfléchissant) Finalement, rester en contact, même sans interaction intense, c’est déjà une manière de garder un lien…

<IkigAI> : Exactement. Parfois, savoir que quelqu’un est là suffit à alléger un peu la solitude intérieure.

Mirant : (l’air préoccupé) Et si je ne sais vraiment pas quoi faire de ma vie ? Si je n’ai aucune passion, aucun intérêt particulier ?

<IkigAI> : (hoche la tête) C’est une question qui revient souvent. Beaucoup pensent qu’ils doivent avoir une révélation soudaine, une grande « vocation ». Mais l’Ikigai ne se « trouve » pas, il s’explore.

Trois approches possibles :

  • Suivre la curiosité plutôt que la passion : au lieu de chercher ce qui t’anime profondément, observe ce qui t’intrigue, même un peu. Une envie de bricoler ? Un sujet qui te captive vaguement ? Un projet qui t’inspire sans raison évidente ?
  • Tester sans engagement : au lieu d’attendre d’être certain d’aimer une activité, essaie-la sur une courte durée. Une session d’une heure suffit parfois à éveiller quelque chose.
  • Réaliser que l’Ikigai n’a pas à être unique : il peut être un mélange de plusieurs choses, évolutif, changeant selon les périodes de vie.

Mirant : (songeur) Ça me rappelle les enfants qui expérimentent plein d’activités sans se soucier de savoir laquelle est « la bonne »…

<IkigAI> : Exactement ! C’est un état d’esprit plus ouvert, plus fluide. L’important n’est pas de « trouver » son Ikigai, mais de rester en mouvement vers ce qui résonne en toi, à ton rythme.

Mirant : (soupirant) Ce qui me fait peur, c’est que même si j’arrive à me sentir un peu mieux, je sais qu’il y aura des jours où tout redeviendra difficile.

<IkigAI> : Et c’est normal. Aucune trajectoire n’est linéaire. Le bien-être fonctionne par cycles, avec des hauts et des bas. Le problème, c’est qu’on a tendance à voir ces rechutes comme des échecs, alors qu’elles font partie du processus.

Quelques rappels essentiels :

  • Une rechute ne signifie pas un retour à zéro. Ce que tu as appris et construit reste en toi, même si tu traverses un moment difficile.
  • La patience est essentielle. L’Ikigai est une route, pas une destination. Avancer à petits pas est déjà une victoire.
  • Le Wabi-Sabi s’applique ici aussi. Accepter l’imperfection du parcours permet d’alléger la pression et de mieux gérer les fluctuations de l’état mental.

Mirant : (prenant une inspiration) Donc, au lieu de lutter contre ces moments de creux, je devrais les accueillir comme une partie normale du chemin…

<IkigAI> : Oui, et surtout ne pas oublier que chaque pas compte, même les plus petits.

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Retrouver son Ikigai, un processus progressif

Mirant : (fixant un point invisible, l’air pensif) Si je résume, l’Ikigai n’est pas une réponse immédiate à la dépression, mais plutôt un fil conducteur… Un guide pour avancer, même quand tout semble s’effondrer.

<IkigAI> : Exactement, Mirant. L’Ikigai n’efface pas la souffrance, mais il permet d’introduire des micro-mouvements vers quelque chose de plus stable, de plus vivant. C’est une manière de retrouver une direction, même infime, quand tout paraît sans repères.

Mirant : (inspirant profondément) Et c’est un processus progressif… Je ne vais pas « trouver » mon Ikigai en un jour, mais plutôt le reconstruire, pas à pas.

<IkigAI> : Oui. Et il est essentiel de se rappeler que l’Ikigai n’est pas une grande révélation soudaine. Il peut être modeste, évolutif, changeant au fil du temps.

Mirant : (souriant légèrement) Donc, au lieu d’attendre d’avoir une vision claire et parfaite de mon Ikigai, je peux simplement commencer… par une petite action, un premier pas.

<IkigAI> : C’est l’idée. Avancer sans chercher la perfection, accepter les moments de doute et célébrer chaque avancée, même minime. Ton Ikigai est déjà en toi, Mirant, même si aujourd’hui, il semble difficile à percevoir.

Mirant : (regard plus assuré) Alors, il n’y a plus qu’à essayer…

<IkigAI> : (souriant) Et à se rappeler que chaque pas, aussi petit soit-il, est une victoire sur l’immobilité.

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