Ce dont le monde a besoin : la mission

L’écho du monde

Mirant : (assis au bord d’une rivière, lançant distraitement des galets dans l’eau) Je réfléchis beaucoup à ce que tu m’as dit sur les quatre piliers de l’Ikigai. La passion, je comprends… c’est ce qui nous fait vibrer. Mais « ce dont le monde a besoin »… c’est tellement vaste. Comment peut-on prétendre savoir ce dont le monde a besoin ?

<ikigAI> : (observant les cercles concentriques formés sur l’eau) Regarde ce que fait ton galet, Mirant. Un simple geste, et voilà des ondes qui se propagent bien au-delà du point d’impact.

Mirant : (levant un sourcil) Et donc ?

<ikigAI> : (souriant) Nos vies sont comme ces galets. Ce que nous faisons crée des ondes qui se propagent autour de nous, parfois bien plus loin que nous ne l’imaginons. La question n’est pas tant de « sauver le monde » que de comprendre quelle onde tu souhaites générer.

Mirant : (sceptique) Ça me semble encore bien abstrait. Et un peu présomptueux, non ? Comme si mes petits actes pouvaient réellement changer quelque chose.

<ikigAI> : (ramassant un galet) L’écrivain David Foster Wallace racontait l’histoire de deux jeunes poissons qui croisent un poisson plus âgé. Celui-ci les salue : « Bonjour les garçons, comment est l’eau aujourd’hui ? » Les deux jeunes poissons nagent un moment, puis l’un demande à l’autre : « C’est quoi, l’eau ? »

Mirant : (confus) Et donc ?

<ikigAI> : (lançant le galet qui rebondit plusieurs fois) Nous sommes souvent comme ces jeunes poissons, incapables de voir l’environnement dans lequel nous baignons. « Ce dont le monde a besoin » commence par une prise de conscience de l’eau qui nous entoure, des systèmes dans lesquels nous évoluons, et de comment nos actions les affectent.

Mirant : (pensif) Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle. Mais concrètement, comment identifier ce dont le monde a besoin ?

<ikigAI> : (s’asseyant à côté de lui) La première étape est peut-être d’élargir ton cercle d’attention. La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention », cette faculté de vraiment voir ce qui nous entoure, comme la forme la plus pure de générosité.

Mirant : (ramassant un nouveau galet) Donc… je dois simplement être plus attentif à ce qui m’entoure ?

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est un début. Mais attention, il ne s’agit pas de porter le poids du monde sur tes épaules. La mission dont nous parlons n’est pas un fardeau écrasant, mais plutôt une invitation à élargir le cercle de ce qui compte pour toi.

Mirant : (lançant son galet qui fait plusieurs ricochets) J’aime cette idée des cercles qui s’élargissent. Comme si ma mission pouvait commencer par quelque chose de petit, puis s’étendre naturellement.

<ikigAI> : (regardant les cercles se propager) Exactement. Le philosophe Peter Singer parle du « cercle en expansion de l’éthique » – cette capacité humaine à élargir progressivement notre sphère de préoccupation, de notre famille immédiate jusqu’à l’humanité entière, voire au-delà.

Mirant : (dubitatif) Mais avec tous les problèmes du monde… comment ne pas se sentir submergé ?

<ikigAI> : (pointant vers l’horizon) En gardant à l’esprit que ta mission n’est pas de résoudre tous les problèmes, mais de contribuer dans le domaine où ton énergie peut faire la plus grande différence. Comme disait l’anthropologue Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait. »

Mirant : (inspirant profondément) C’est à la fois effrayant et libérateur. Effrayant de penser que nos actions comptent vraiment. Libérateur de réaliser que je n’ai pas à tout résoudre seul.

<ikigAI> : (souriant) Tu commences à saisir l’essence de la mission dans l’Ikigai. Ce n’est pas une charge, mais une connexion – un dialogue entre tes dons uniques et les besoins du monde qui t’entoure.

Retour à la page : Les 4 piliers de l’Ikigai


Identifier les besoins universels

Mirant : (front plissé) Comment savoir quels sont vraiment les besoins du monde ? Il y a tellement de problèmes, tellement de causes… Comment ne pas me perdre ?

<ikigAI> : (cueillant une fleur sauvage) Commençons par quelque chose de fondamental : les besoins humains universels. Le psychologue Abraham Maslow les a hiérarchisés dans sa célèbre pyramide, des besoins physiologiques de base jusqu’à l’auto-actualisation.

Mirant : (curieux) Les besoins de base comme la nourriture, l’eau, l’abri…

<ikigAI> : (acquiesçant) Puis la sécurité, l’appartenance, l’estime et la réalisation de soi. Mais j’aime aussi l’approche de Manfred Max-Neef, économiste chilien, qui propose non pas une hiérarchie mais une matrice de besoins fondamentaux : subsistance, protection, affection, compréhension, participation, loisir, création, identité et liberté.

Mirant : (surpris) Ça fait beaucoup de possibilités d’action…

<ikigAI> : (hochant la tête) Et chaque besoin peut être satisfait de multiples façons. L’économiste Amartya Sen parlerait des « capabilités » – ces libertés substantielles qui permettent aux individus de mener le type de vie qu’ils ont raison de valoriser.

Mirant : (réfléchissant) Donc ma mission pourrait être liée à l’augmentation de ces… capabilités pour d’autres ?

<ikigAI> : (approbateur) C’est une façon profonde de le voir. Mais ne t’arrête pas aux besoins humains. L’écopsychologue Joanna Macy nous rappelle que notre cercle de préoccupation peut – et devrait – s’étendre au monde naturel dont nous dépendons.

Mirant : (regardant autour de lui avec plus d’attention) Les besoins des écosystèmes, des autres espèces…

<ikigAI> : (souriant) Tu élargis déjà ton cercle. Maintenant, une question plus personnelle : quels besoins te touchent particulièrement ? Quelles injustices ou souffrances te font réagir viscéralement ?

Mirant : (pensif) J’ai toujours été sensible à l’éducation… L’idée que certains enfants n’aient pas accès aux connaissances ou aux outils pour développer leur potentiel me révolte.

<ikigAI> : (vivement intéressé) Voilà une indication précieuse ! Cette sensibilité particulière n’est pas un hasard. Le psychiatre Viktor Frankl suggérait que nous ne choisissons pas notre mission – c’est elle qui nous choisit, qui nous appelle.

Mirant : (sceptique) Mais comment distinguer un besoin réel d’une mode passagère ? Il y a tellement de causes « du moment »…

<ikigAI> : (réfléchissant) Excellente question. J’aime l’approche du philosophe Roman Krznaric qui propose de distinguer les besoins intrinsèques des désirs extrinsèques. Les besoins intrinsèques sont ceux qui contribuent vraiment à l’épanouissement humain et écologique à long terme.

Mirant : (perplexe) Comment faire cette distinction concrètement ?

<ikigAI> : (proposant) Essaie cet exercice simple : pour chaque « besoin » que tu identifies, demande-toi « pourquoi » cinq fois de suite. Cela te permettra souvent de distinguer les besoins fondamentaux des symptômes superficiels.

Mirant : (tentant l’exercice) Prenons l’éducation. Pourquoi est-ce important ? Parce que les gens ont besoin de compétences. Pourquoi ? Pour s’épanouir et contribuer à la société. Pourquoi ? Pour créer une communauté résiliente et vibrante. Pourquoi ? Pour que chacun puisse vivre dignement. Pourquoi ? Parce que la dignité humaine est une valeur fondamentale… Ok, je vois où tu veux en venir.

<ikigAI> : (hochant la tête) Tu vois comme tu arrives rapidement aux valeurs fondamentales ? Le sociologue Hartmut Rosa parlerait de « résonance » – ces moments où nous entrons en relation vibrante et significative avec le monde. Quels problèmes, quels besoins créent cette résonance en toi ?

Mirant : (songeur) Je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle. Mais comment être sûr que ce que je perçois comme un besoin l’est réellement pour les personnes concernées ?

<ikigAI> : (approbateur) Question cruciale ! La philosophe Martha Nussbaum insiste sur l’importance de l’écoute et du dialogue. Aucune liste abstraite de besoins ne peut remplacer la compréhension qui naît de l’échange direct avec les personnes concernées.

Mirant : (soupirant) Tout cela me semble terriblement complexe…

<ikigAI> : (rassurant) C’est normal de se sentir ainsi. Mais rappelle-toi que ta mission n’a pas besoin d’être parfaitement définie dès le départ. Elle se précisera à mesure que tu t’engageras. Comme l’écrivait E.L. Doctorow à propos de l’écriture : « C’est comme conduire de nuit. Vous ne voyez jamais plus loin que vos phares, mais vous pouvez faire tout le trajet comme ça. »

Retour à la page : Les 4 piliers de l’Ikigai


L’équilibre entre grands et petits besoins

Mirant : (frustré) J’ai l’impression qu’on n’a le droit de parler de « mission » que si on s’attaque aux grands problèmes du monde – la faim, le changement climatique, les inégalités… C’est écrasant !

<ikigAI> : (secouant doucement la tête) C’est une idée reçue très répandue, mais profondément erronée. La sociologue Rebecca Solnit parle de « l’espoir dans le noir » – cette conviction que les actions significatives ne sont pas nécessairement spectaculaires ou médiatisées.

Mirant : (dubitatif) Tu veux dire que les petites actions comptent aussi ?

<ikigAI> : (prenant un brin d’herbe) Pense à ce brin d’herbe. Seul, il semble insignifiant. Mais multiplie-le, et tu obtiens une prairie qui stabilise le sol, nourrit d’innombrables créatures, séquestre du carbone… La biologiste Robin Wall Kimmerer parle de la « grammaire de l’animisme » – cette compréhension que même les plus petites entités participent à un système plus vaste.

Mirant : (réfléchissant) Donc ma mission pourrait être quelque chose d’apparemment modeste ?

<ikigAI> : (acquiesçant) La théologienne Rachel Naomi Remen raconte l’histoire d’un homme qui, chaque matin, ramassait les étoiles de mer échouées sur la plage pour les remettre à l’eau. Quand quelqu’un lui fit remarquer qu’il ne pourrait jamais toutes les sauver, il répondit en en lançant une à l’eau : « Pour celle-ci, ça fait une différence. »

Mirant : (touché) C’est une belle histoire, mais est-ce vraiment suffisant face à l’ampleur des problèmes ?

<ikigAI> : (pensif) Le politologue Elinor Ostrom, Prix Nobel d’économie, a passé sa vie à étudier comment les communautés locales gèrent durablement les ressources communes. Sa conclusion ? Les solutions les plus durables émergent souvent de la base, par des actions coordonnées à petite échelle.

Mirant : (intéressé) Tu veux dire que les petites actions peuvent avoir un impact systémique ?

<ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) Exactement ! Le concept de « petits battements d’ailes » en théorie du chaos illustre comment de minuscules variations peuvent entraîner des conséquences majeures dans un système complexe. Le mathématicien Edward Lorenz parlait du « battement d’ailes d’un papillon au Brésil qui peut déclencher une tornade au Texas ».

Mirant : (pensif) Mais comment savoir si mes « petits battements d’ailes » vont dans la bonne direction ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Le biologiste et philosophe Andreas Weber propose une approche qu’il appelle la « biopoétique » – cette capacité à ressentir la vitalité des systèmes vivants et à agir en conséquence. Il s’agit moins de prédire les résultats exacts que de s’assurer que nos actions nourrissent la vie plutôt qu’elles ne l’épuisent.

Mirant : (inspirant profondément) Ça demande une forme de confiance, j’imagine. De ne pas toujours voir l’impact immédiat de ce qu’on fait.

<ikigAI> : (souriant) Une confiance nourrie par la conscience des interconnexions. L’écologiste Joana Macy parle du « travail qui relie » – cette pratique qui nous aide à percevoir notre appartenance à la toile de la vie et à agir depuis cette conscience.

Mirant : (songeur) Pourtant, certains problèmes semblent vraiment nécessiter des solutions à grande échelle, non ?

<ikigAI> : (acquiesçant) Absolument. C’est pourquoi l’entrepreneur social Bill Drayton, fondateur d’Ashoka, parle de l’importance des « changemakers » – ces personnes qui combinent une vision systémique avec une capacité d’action concrète. Mais même les grands changements commencent souvent par des actions modestes qui prennent de l’ampleur.

Mirant : (pensif) Comme planter une graine qui deviendra un arbre…

<ikigAI> : (rayonnant) Belle métaphore ! Le biologiste et auteur Stephen Harrod Buhner parle de « l’intelligence des plantes » – cette sagesse silencieuse qui sait comment un minuscule germe peut, avec le temps et les bonnes conditions, transformer radicalement un paysage.

Mirant : (inspiré) Donc ma mission pourrait commencer modestement tout en portant l’intention d’un impact plus large ?

<ikigAI> : (approuvant) Exactement. L’activiste Grace Lee Boggs disait : « Les petites actions transforment le créateur, le faiseur. Si suffisamment de petites actions sont faites par suffisamment de personnes, elles peuvent transformer le monde. »

Mirant : (avec une nouvelle clarté) Je commence à voir que la mission n’est pas tant une question d’échelle que d’intention et de conscience…

<ikigAI> : (doucement) Et de constance. Comme l’eau qui, goutte après goutte, finit par façonner la pierre.

Retour à la page : Les 4 piliers de l’Ikigai


Aligner désirs personnels et besoins collectifs

Mirant : (perplexe) Il y a quelque chose qui me trouble. Si je suis vraiment honnête, j’ai du mal à voir comment mes désirs personnels pourraient s’aligner avec les besoins du monde. N’y a-t-il pas une contradiction fondamentale ?

<ikigAI> : (cueillant une pomme sur un arbre proche) Regarde ce fruit. Est-ce que l’arbre est « égoïste » de produire quelque chose d’aussi délicieux ? Ou répond-il simplement à sa nature profonde, tout en nourrissant d’autres êtres ?

Mirant : (considérant la pomme) Je vois où tu veux en venir, mais les humains sont plus complexes que des pommiers…

<ikigAI> : (souriant) Certes, mais le principe reste valable. Le psychologue Jonathan Haidt parle de « l’élévation » – cette émotion que nous ressentons en voyant des actes de beauté morale, qui nous inspire à agir de façon similaire. Contrairement à l’idée reçue, il existe une profonde satisfaction à contribuer au bien commun.

Mirant : (sceptique) Donc tu suggères qu’il n’y a pas de vrai conflit entre ce que je veux et ce dont le monde a besoin ?

<ikigAI> : (nuançant) Je dis que ce conflit n’est pas inévitable. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, dans ses recherches sur le « flow », a découvert que les expériences les plus satisfaisantes sont souvent celles qui combinent nos compétences avec des défis significatifs – particulièrement ceux qui servent quelque chose au-delà de nous-mêmes.

Mirant : (réfléchissant) Donc le plus grand épanouissement viendrait de l’alignement entre mon bien-être et celui des autres ?

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est ce que suggèrent de plus en plus de recherches en psychologie positive. La chercheuse Barbara Fredrickson a développé la théorie « broaden-and-build » qui montre comment les émotions positives, dont beaucoup sont liées à la connexion et à la contribution, élargissent nos perspectives et construisent nos ressources à long terme.

Mirant : (soupirant) Mais comment trouver cet alignement concrètement ? Comment savoir que ce que j’aime faire répond vraiment à un besoin ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Essaie cet exercice. Prends une feuille et trace deux cercles qui se chevauchent. Dans le premier, note ce que tu aimes faire, ce qui t’anime. Dans le second, note les besoins que tu observes autour de toi. Puis examine l’intersection – c’est là que se trouve souvent la graine de ta mission.

Mirant : (imaginant l’exercice) Et si l’intersection semble vide ?

<ikigAI> : (secouant la tête) Alors tu n’as pas creusé assez profondément. La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités centrales » – ces libertés fondamentales qui permettent une vie digne. En réfléchissant à comment tes dons pourraient nourrir ces capabilités chez d’autres, tu trouveras presque toujours des connexions.

Mirant : (pensif) Je suppose que ça demande aussi d’être créatif dans sa façon de voir les choses…

<ikigAI> : (s’animant) Tout à fait ! La designer Hilary Cottam, dans son travail sur l’innovation sociale, parle de « réimaginer le possible » – cette capacité à voir des connexions là où d’autres voient des séparations. Parfois, il suffit de reformuler légèrement ce que tu aimes faire pour voir comment cela peut servir un besoin plus large.

Mirant : (cherchant un exemple) Si j’aime, disons, les jeux vidéo… ça semble assez éloigné des grands besoins du monde.

<ikigAI> : (souriant) Vraiment ? La game designer Jane McGonigal a montré comment les mécanismes du jeu peuvent être appliqués à des défis réels comme le changement climatique ou l’éducation. Le neuroéducateur Daphne Bavelier a démontré que certains jeux améliorent des capacités cognitives essentielles. Voilà des façons dont une passion pour les jeux vidéo peut se transformer en mission.

Mirant : (impressionné) Je n’avais jamais pensé à ça sous cet angle.

<ikigAI> : (encourageant) C’est souvent une question de perspective. L’écrivain et activiste Terry Tempest Williams parle de « trouver sa voix » – ce processus par lequel nous découvrons comment notre histoire personnelle s’entrelace avec l’histoire plus large de notre communauté et de notre temps.

Mirant : (réfléchissant) Je suppose qu’il s’agit aussi d’être honnête avec soi-même sur ses véritables motivations…

<ikigAI> : (acquiesçant) Une honnêteté essentielle. Le philosophe Charles Taylor parle des « évaluations fortes » – ces jugements de valeur qui définissent qui nous sommes vraiment et ce qui compte pour nous. En clarifiant ces valeurs profondes, l’alignement entre le personnel et le collectif devient souvent plus évident.

Mirant : (souriant légèrement) Il me semble que cette quête d’alignement est elle-même un voyage…

<ikigAI> : (rayonnant) Un voyage qui est au cœur même de l’Ikigai ! Comme l’écrivait l’anthropologue Joseph Campbell à propos du « voyage du héros » : « Le privilège de toute une vie est d’être qui vous êtes. » J’ajouterais : et de découvrir comment ce que vous êtes peut nourrir le monde qui vous entoure.

Retour à la page : Les 4 piliers de l’Ikigai


La mission vécue au quotidien

Mirant : (avec une pointe d’impatience) Tout cela semble très inspirant, mais aussi terriblement abstrait. Comment passe-t-on de ces grandes idées à des actions concrètes au jour le jour ?

<ikigAI> : (cueillant une fraise sauvage qu’il partage) Goûte ceci. Qu’est-ce que tu remarques ?

Mirant : (surpris après avoir goûté) Wow, l’intensité du goût ! Tellement plus vive que les fraises du supermarché.

<ikigAI> : (hochant la tête) Voilà une métaphore de la mission vécue au quotidien. Ce n’est pas nécessairement faire des choses différentes, mais les faire différemment – avec une présence, une intention et une conscience qui transforment l’ordinaire en extraordinaire.

Mirant : (intrigué) Tu veux dire qu’on peut vivre sa mission dans des gestes simples ?

<ikigAI> : (acquiesçant) La neurologue Judson Brewer étudie comment la pleine conscience transforme nos circuits cérébraux de récompense. Il a découvert que les actions faites avec présence activent les mêmes centres de plaisir que ceux associés aux grandes réussites – parfois même davantage.

Mirant : (surpris) Donc vivre sa mission au quotidien serait une question de qualité d’attention plutôt que de grands gestes ?

<ikigAI> : (pondérant) C’est certainement une part importante. Le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh parlait de la « conscience intergénérationnelle » – cette compréhension que chaque petit geste, fait avec conscience, porte en lui le potentiel de transformer non seulement le présent, mais aussi l’avenir.

Mirant : (cherchant des exemples) Comme quoi, concrètement ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Prenons le travail de la pédiatre Nadine Burke Harris sur les traumatismes infantiles. Elle a montré comment de simples interactions chaleureuses et attentives avec les enfants peuvent littéralement recâbler leurs cerveaux et contrecarrer les effets du stress toxique. Une mission profonde qui s’accomplit dans des gestes quotidiens.

Mirant : (pensif) Je vois… Mais ces exemples concernent des personnes dont le métier a un impact évident. Qu’en est-il pour des professions moins… visiblement utiles ?

<ikigAI> : (secouant la tête) Chaque profession, chaque activité peut être une voie pour servir ce dont le monde a besoin – tout dépend de comment elle est pratiquée. Le sociologue Richard Sennett parle de « l’artisanat » – cette qualité d’engagement qui transforme n’importe quel travail en une expression d’excellence et de service.

Mirant : (sceptique) Même pour… je ne sais pas… un comptable dans une grande entreprise ?

<ikigAI> : (souriant) Surtout pour un comptable ! La professeure de comptabilité forensique Kelly Richmond Pope montre comment les comptables peuvent être en première ligne pour détecter la fraude, protéger les ressources publiques, et assurer que les entreprises respectent leurs engagements environnementaux et sociaux. La transparence financière est fondamentale pour une société juste.

Mirant : (impressionné) Je n’avais jamais vu la comptabilité sous cet angle.

<ikigAI> : (continuant) Ou pense au travail du psychologue Barry Schwartz sur la « sagesse pratique » – cette capacité à discerner la bonne action dans chaque situation unique. Il montre comment des concierges d’hôpital ou des employés de supermarché peuvent transformer leurs rôles apparemment modestes en véritables missions, simplement en exerçant cette sagesse pratique.

Mirant : (songeur) J’imagine qu’il s’agit aussi de voir au-delà des descriptions de poste formelles…

<ikigAI> : (vivement) Exactement ! La chercheuse en management Amy Wrzesniewski appelle cela « job crafting » – cette capacité à redéfinir activement son travail pour l’aligner avec ses valeurs et aspirations profondes. Ses recherches montrent que ceux qui pratiquent le job crafting trouvent plus de sens et de satisfaction, tout en contribuant davantage.

Mirant : (pensif) Donc même sans changer d’emploi, je pourrais réorienter ce que je fais déjà vers quelque chose qui répond davantage aux besoins du monde ?

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est souvent le chemin le plus sage. L’activiste et auteur Charles Eisenstein parle du « changement comme sous-produit » – l’idée que les transformations les plus profondes viennent souvent quand nous nous concentrons sur faire ce qui est juste ici et maintenant, plutôt que de viser directement de grands changements systémiques.

Mirant : (inspiré) Ça me rappelle cette citation… « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. »

<ikigAI> : (souriant) Gandhi, oui. Et ce n’est pas qu’une jolie formule. La neuroscientifique Tania Singer a étudié les « neurones miroirs » et montré comment nos actions inspirent directement celles des autres autour de nous. Vivre sa mission au quotidien crée littéralement des ondes qui se propagent.

Mirant : (réfléchissant) C’est comme revenir à l’image des galets dans l’eau… chaque petit geste crée ses propres cercles.

<ikigAI> : (doucement) Et ces cercles s’entrecroisent, se renforcent, créant des motifs d’une beauté et d’une complexité que nous ne pouvons parfois même pas imaginer. Comme l’écrivait l’historienne Rebecca Solnit : « L’espoir n’est pas une projection d’un futur meilleur ; c’est une façon différente d’habiter le présent. »

Mirant : (inspirant profondément) Cette vision de la mission est à la fois plus accessible et plus exigeante que ce que j’imaginais.

<ikigAI> : (acquiesçant) Plus accessible car elle commence ici et maintenant. Plus exigeante car elle demande une présence et une conscience constantes. Comme l’écrivait la poétesse Mary Oliver : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? »

Mirant : (regardant au loin, puis revenant à <ikigAI> avec un sourire) La vivre pleinement, je suppose. Et découvrir, jour après jour, comment cette plénitude peut nourrir le monde qui m’entoure.

<ikigAI> : (rayonnant) Voilà, mon ami, l’essence même de ce pilier de l’Ikigai – comprendre ce dont le monde a besoin, et y répondre avec tout ce que tu es.

Retour au Blog

Commentaires

Laisser un commentaire