Trouver son Ikigai dans sa carrière

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Le désert du lundi matin

Mirant : (s’affaissant dans son fauteuil) Tu sais ce bruit que fait mon réveil le lundi matin ? Il ne sonne pas comme les autres jours. Il semble dire « encore une semaine »… Et cette sensation dans ma poitrine, comme un poids…

<ikigAI> : (observant attentivement) Ce que tu décris, Mirant, les sociologues l’appellent « l’aliénation professionnelle ». Le philosophe Albert Camus parlait de l’absurdité de Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher. Mais contrairement à Sisyphe, nous avons le choix de donner un sens à notre labeur.

Mirant : (ironique) Facile à dire quand on a des factures à payer et des responsabilités. Le choix semble bien théorique.

<ikigAI> : (souriant avec compassion) La philosophe Simone Weil, qui a travaillé en usine pour comprendre la condition ouvrière, disait que « l’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité ». Cette attention, tournée vers soi et vers le monde, est le premier pas vers une transformation.

Mirant : (curieux malgré lui) Et cette transformation, elle commence comment exactement ?

<ikigAI> : (se penchant légèrement) Par une prise de conscience. Savais-tu que selon l’institut Gallup, seulement 15% des travailleurs dans le monde se sentent engagés dans leur travail ? La majorité traverse ses journées en pilote automatique, déconnectée de ce qui pourrait donner du sens à leur labeur.

Mirant : (soupirant) Je me reconnais dans ces statistiques. Parfois, j’ai l’impression de m’être perdu en chemin… comme si j’avais accepté un compromis qui a lentement érodé quelque chose d’essentiel en moi.

<ikigAI> : (avec douceur) Cette érosion n’est pas irréversible, Mirant. L’Ikigai professionnel n’est pas une destination fixe, mais une boussole intérieure qui peut se réajuster à tout moment de notre parcours. Comme le disait si bien l’écrivain japonais Haruki Murakami : « Ce n’est pas que je me suis perdu, c’est que l’endroit où j’étais ne me correspond plus.« 

Mirant : (pensif) C’est exactement ça… Alors, comment retrouver cette correspondance ?

<ikigAI> : (inspirant profondément) En remontant à la source du désalignement.

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Le diagnostic professionnel : cartographier la déconnexion

<ikigAI> : (sortant un carnet) Avant de rechercher ton Ikigai professionnel, il est essentiel de comprendre précisément ce qui te déconnecte de ton travail actuel. Comme le dirait le médecin et philosophe Albert Schweitzer : « Le début de toute guérison est le diagnostic.« 

Mirant : (sceptique) Tu veux dire… faire une liste de tout ce qui ne va pas dans mon travail ?

<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Pas exactement. Il s’agit plutôt d’une archéologie de ton expérience professionnelle. La psychologue Amy Wrzesniewski de Yale a identifié trois grandes orientations face au travail : le voir comme un emploi, une carrière, ou une vocation. La première déconnexion vient souvent de cette perception fondamentale.

Mirant : (réfléchissant) J’imagine que je le vois principalement comme un emploi… un moyen d’avoir un salaire.

<ikigAI> : (acquiesçant) C’est une perception légitime. Maintenant, observons plus finement. Le sociologue Richard Sennett parle de « l’artisanat intérieur » – cette satisfaction profonde que l’on ressent à bien faire quelque chose, indépendamment de sa reconnaissance externe. Y a-t-il des moments, même fugaces, où tu ressens cela dans ton travail actuel ?

Mirant : (surpris de sa propre réponse) Oui… quand j’aide un collègue à résoudre un problème complexe. J’oublie l’heure et même la fatigue pendant ces moments-là.

<ikigAI> : (notant dans son carnet) C’est précieux, ce que tu partages. La psychologue Mihaly Csikszentmihalyi nomme cet état le « flow » – cette immersion totale dans une activité qui nous correspond profondément. C’est souvent un indice de notre Ikigai professionnel.

Mirant : (perplexe) Mais ce sont des moments rares, pas la structure de mon travail.

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est précisément ce décalage qu’il nous faut explorer. La philosophe Hannah Arendt distinguait le travail, l’œuvre et l’action. Le travail répond aux nécessités biologiques, l’œuvre crée quelque chose de durable, et l’action nous permet d’exprimer notre humanité unique. La déconnexion naît souvent d’un déséquilibre entre ces dimensions.

Mirant : (pensif) Mon travail actuel est principalement… du travail, au sens d’Arendt. Il y a peu d’œuvre et encore moins d’action authentique.

<ikigAI> : (approuvant du regard) Cette clarté est précieuse. Maintenant, examinons les valeurs en jeu. La psychologue Ellen Langer parle de « pleine conscience » au travail – cette capacité à aligner nos actions quotidiennes avec nos valeurs profondes. Quelles sont les valeurs que ton travail actuel te permet d’honorer, et celles qu’il te demande de compromettre ?

Mirant : (avec une soudaine émotion) Il m’arrive de devoir prendre des décisions qui vont à l’encontre de ce que je crois juste, simplement pour atteindre des objectifs fixés par d’autres… C’est peut-être ça qui me pèse le plus.

<ikigAI> : (avec douceur) Cette dissonance éthique est l’une des sources les plus profondes d’épuisement professionnel. Le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, disait que « L’homme n’est pas détruit par la souffrance, il est détruit par la souffrance sans sens. » Ton malaise n’est pas un signe de faiblesse, mais d’intégrité.

Mirant : (touché) Merci de dire ça… parfois je me demande si je ne suis pas trop idéaliste.

<ikigAI> : (secouant la tête) L’idéalisme est le moteur de toute transformation significative. Maintenant que nous avons identifié ces points de friction, explorons les quatre dimensions qui, ensemble, forment l’Ikigai professionnel.

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Les quatre piliers de l’Ikigai professionnel

<ikigAI> : (dessinant un diagramme de Venn à quatre cercles) L’Ikigai traditionnel, tu le sais, se trouve à l’intersection de ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi tu peux être rémunéré. Dans le contexte professionnel, ces dimensions prennent une coloration particulière.

Mirant : (examinant le diagramme) Comment les adapter spécifiquement à la carrière ?

<ikigAI> : (pointant le premier cercle) Le premier pilier – ce que tu aimes – devient ici « l’expression authentique ». La psychologue Carol Ryff parle de « l’auto-acceptation » comme d’une dimension fondamentale du bien-être. Dans ta carrière, cela signifie pouvoir exprimer tes qualités intrinsèques plutôt que de porter un masque professionnel.

Mirant : (songeur) Être soi-même au travail… ça semble presque révolutionnaire.

<ikigAI> : (acquiesçant) Le sociologue Erving Goffman parlait justement de nos « performances sociales » – ces rôles que nous jouons dans différents contextes. L’alignement survient quand notre rôle professionnel permet l’expression de notre moi authentique plutôt que de l’étouffer.

Mirant : (curieux) Et le deuxième pilier ?

<ikigAI> : (indiquant le deuxième cercle) « La maîtrise évolutive » – ce en quoi tu excelles, mais aussi ce qui te permet de grandir constamment. Le psychologue Anders Ericsson, qui a étudié l’expertise pendant des décennies, a découvert que ce n’est pas tant la pratique qui mène à la maîtrise, mais la « pratique délibérée » – celle qui nous pousse légèrement au-delà de notre zone de confort.

Mirant : (comprenant) Donc un travail qui me met au défi sans me submerger…

<ikigAI> : (souriant) Exactement. L’anthropologue Mihaly Csikszentmihalyi appelle cela « la zone de flow » – cet équilibre délicat entre compétence et défi. Trop facile, et l’ennui s’installe; trop difficile, et c’est l’anxiété. L’Ikigai professionnel se situe dans cet entre-deux fertile.

Mirant : (intéressé) Et le troisième pilier ?

<ikigAI> : (montrant le troisième cercle) « L’impact tangible » – la conscience que ton travail contribue réellement à quelque chose qui dépasse ton intérêt personnel. La psychologue Emma Seppälä de Stanford a démontré que le sentiment d’avoir un impact positif est l’un des plus puissants facteurs de satisfaction professionnelle, bien au-delà du salaire ou du statut.

Mirant : (pensif) Je comprends… voir les résultats concrets de ses efforts.

<ikigAI> : (hochant la tête) Le philosophe Martin Buber parlait de la différence entre une relation « Je-Ça » et une relation « Je-Tu ». Dans la première, nous traitons l’autre comme un objet, un moyen; dans la seconde, comme une fin en soi. Un travail aligné avec ton Ikigai te permet d’établir des relations « Je-Tu » authentiques, que ce soit avec des personnes, des idées, ou des créations.

Mirant : (curieux) Et le dernier pilier ?

<ikigAI> : (indiquant le quatrième cercle) « La viabilité harmonieuse » – ce n’est pas seulement être rémunéré, mais l’être d’une façon qui respecte ton équilibre de vie. L’économiste Juliet Schor parle du concept de « suffisance » – ce point où nos besoins matériels sont satisfaits sans que la poursuite de ressources supplémentaires ne commence à diminuer notre bien-être global.

Mirant : (perspicace) Donc ce n’est pas nécessairement maximiser son salaire, mais trouver le juste équilibre…

<ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Epicure nous enseignait déjà que le bonheur ne réside pas dans l’accumulation sans fin, mais dans la satisfaction de désirs naturels et nécessaires. Un Ikigai professionnel authentique t’apporte suffisamment pour vivre confortablement, mais te laisse également l’espace, l’énergie et le temps pour nourrir les autres dimensions de ton existence.

Mirant : (pensif) Ces quatre piliers semblent presque impossibles à réunir dans un seul emploi…

<ikigAI> : (avec un sourire encourageant) C’est là que réside le subtil art de la cartographie intérieure. Il ne s’agit pas de trouver l’emploi parfait, mais de sculpter progressivement ton parcours professionnel pour qu’il s’aligne de plus en plus avec ces dimensions.

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Cartographier son paysage intérieur : exercices d’auto-découverte

<ikigAI> : (déployant une grande feuille blanche) Pour avancer vers ton Ikigai professionnel, il est essentiel de cartographier ton paysage intérieur avec précision. Comme le disait le philosophe Socrate : « Connais-toi toi-même » est le point de départ de toute sagesse.

Mirant : (légèrement anxieux) Par où commencer ? C’est vaste, la connaissance de soi…

<ikigAI> : (rassurant) Par l’observation des moments d’énergie et de résonance. La psychologue Amy Wrzesniewski a développé une technique appelée « job crafting » – la sculpture de poste. Elle commence par un journal où tu notes quotidiennement les moments où tu te sens énergisé et ceux où tu te sens vidé.

Mirant : (sortant son téléphone) Je pourrais créer une note pour ça…

<ikigAI> : (acquiesçant) Après quelques semaines, des motifs émergent généralement. L’écrivaine et coach Martha Beck parle des « taches de tigre » – ces indices récurrents qui révèlent notre nature profonde. Un collègue pourrait détester les présentations que tu adores, ou être passionné par les analyses qui t’ennuient profondément.

Mirant : (songeur) Je remarque déjà que je m’anime quand il s’agit de résoudre des problèmes complexes en équipe, mais que je me traîne quand je dois remplir des rapports standardisés…

<ikigAI> : (encourageant) C’est un excellent début ! Le deuxième exercice s’inspire des travaux du psychologue Marshall Rosenberg sur la communication non-violente. Il s’agit d’identifier tes besoins fondamentaux en contexte professionnel.

Mirant : (perplexe) Des besoins comme… un bon salaire, des horaires flexibles ?

<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Plus profonds encore. Des besoins comme l’autonomie, la reconnaissance, la créativité, la structure, la contribution, la collaboration… Rosenberg a identifié qu’une grande partie de notre souffrance vient de besoins non reconnus et donc non satisfaits.

Mirant : (réfléchissant) Je crois que j’ai un fort besoin d’autonomie… et de sens.

<ikigAI> : (notant) Ces traits sont précieux. Le troisième exercice vient des travaux de la psychologue Laura King sur les « récits de vie ». Imagine que tu écris ton autobiographie professionnelle idéale. Pas une fantaisie irréaliste, mais le parcours professionnel qui te semblerait profondément satisfaisant et aligné.

Mirant : (fermant les yeux) J’imagine un parcours où je pourrais utiliser ma capacité à résoudre des problèmes pour avoir un impact réel sur des enjeux qui me tiennent à cœur…

<ikigAI> : (encourageant) Continue à développer cette vision, sans censure. Le psychiatre Dan Siegel parle de « l’intégration narrative » – cette capacité à tisser les fils épars de nos expériences en une histoire cohérente qui guide nos choix.

Mirant : (ouvrant les yeux) Ces exercices sont révélateurs, mais j’ai toujours cette question pratique : comment transformer ces découvertes en changements concrets dans ma carrière ?

<ikigAI> : (serein) C’est là qu’intervient l’alignement avec tes valeurs profondes – le prochain pas dans notre exploration.

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Aligner son travail avec ses valeurs profondes

<ikigAI> : (contemplant la vue par la fenêtre) Les valeurs sont comme les étoiles qui guident le navigateur sur l’océan, Mirant. Invisibles parfois dans la lumière crue du quotidien, mais essentielles pour s’orienter dans les moments de doute.

Mirant : (pragmatique) Mais comment identifier clairement ses valeurs professionnelles ? On nous parle toujours d’excellence, d’innovation… des mots qui finissent par sonner creux.

<ikigAI> : (acquiesçant) Tu touches à un point crucial. La psychologue Kelly McGonigal fait la distinction entre les « valeurs déclaratives » – celles que nous affirmons publiquement – et les « valeurs opérantes » – celles qui guident réellement nos choix quotidiens. C’est dans l’écart entre les deux que naît souvent le malaise professionnel.

Mirant : (intrigué) Comment réduire cet écart ?

<ikigAI> : (prenant un moment pour réfléchir) Le philosophe Charles Taylor parle d’ »évaluations fortes » – ces jugements qui ne concernent pas seulement ce que nous voulons, mais qui nous voulons être. Un exercice puissant consiste à examiner les moments de ta vie où tu as ressenti une fierté authentique, indépendamment du regard extérieur.

Mirant : (réfléchissant) Je me souviens d’un projet où j’ai défendu une approche plus éthique, même si c’était plus complexe à mettre en œuvre… Personne ne l’a vraiment remarqué, mais je me sentais en accord avec moi-même.

<ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Cette intégrité personnelle est une valeur fondamentale pour toi, il semble. La sociologue Brené Brown parle du « courage ordinaire » – ces petits actes quotidiens d’alignement qui, cumulés, façonnent une vie authentique.

Mirant : (pensif) Mais concrètement, comment intégrer ces valeurs dans mon travail actuel ?

<ikigAI> : (sortant un carnet) La spécialiste du comportement organisationnel Amy Edmondson propose trois niveaux d’action : adapter, négocier ou quitter. L’adaptation consiste à modifier ta perception et tes comportements dans ton rôle actuel. La négociation implique de redéfinir certains aspects de ton poste avec ton employeur. Et quitter devient une option quand l’écart entre tes valeurs et la réalité organisationnelle est irréductible.

Mirant : (inquiet) Quitter semble si radical…

<ikigAI> : (avec douceur) C’est pourquoi l’exploration commence généralement par l’adaptation. Le psychologue Robert Kegan parle de « l’immunité au changement » – ces peurs profondes qui nous maintiennent dans des situations inconfortables mais familières. La question n’est pas seulement « que veux-tu changer ? », mais aussi « qu’est-ce qui te maintient dans le statu quo ? ».

Mirant : (réfléchissant) La sécurité, sans doute… et peut-être une certaine inertie.

<ikigAI> : (hochant la tête) Ces préoccupations sont légitimes. La psychologue Carol Dweck distingue la « mentalité fixe » de la « mentalité de croissance ». La première voit chaque échec comme une remise en question de notre valeur; la seconde, comme une étape nécessaire de l’apprentissage. Cultiver une mentalité de croissance permet d’aborder les transitions professionnelles avec plus de résilience.

Mirant : (prenant des notes) Donc je peux commencer par de petits ajustements dans ma façon d’aborder mon travail actuel…

<ikigAI> : (approbateur) C’est souvent le chemin le plus sage. Le philosophe Lao Tseu disait que « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. » Ces micro-alignements quotidiens préparent le terrain pour des transformations plus profondes.

Mirant : (avec une détermination nouvelle) Je crois que je commence à voir un chemin possible… mais comment structurer cette transition vers un travail plus aligné avec mon Ikigai ?

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La transition vers une carrière-Ikigai : stratégies pratiques

<ikigAI> : (s’asseyant confortablement) La transition vers une carrière alignée avec ton Ikigai n’est pas un saut dans le vide, mais une danse subtile entre audace et prudence. Comme le disait le philosophe John Dewey : « Nous n’apprenons pas de l’expérience… nous apprenons en réfléchissant sur l’expérience.« 

Mirant : (pragmatique) J’ai besoin de stratégies concrètes, pas seulement de philosophie.

<ikigAI> : (souriant) Bien sûr. Commençons par ce que la professeure Herminia Ibarra de la London Business School appelle « les identités professionnelles possibles ». Plutôt que de chercher une transformation radicale immédiate, elle suggère d’explorer parallèlement plusieurs versions potentielles de ton futur professionnel.

Mirant : (curieux) Comment fait-on cela concrètement ?

<ikigAI> : (expliquant) Par l’expérimentation à échelle réduite. Le designer Bill Burnett parle de « prototyper sa vie » – tester des versions miniatures de carrières potentielles avant de s’y engager pleinement. Cela peut prendre la forme de bénévolat, de projets parallèles, d’entretiens informatifs, ou même de « shadowing » – suivre quelqu’un pendant une journée dans son travail.

Mirant : (pensif) Je pourrais commencer par des projets personnels le week-end, pour explorer certaines pistes…

<ikigAI> : (encourageant) Exactement. La deuxième stratégie vient de la recherche sur les « petites victoires » du professeur Karl Weick. Plutôt que de viser une transformation monumentale, concentre-toi sur des avancées modestes mais significatives qui créent un élan positif.

Mirant : (réfléchissant) Comme proposer un nouveau projet dans mon travail actuel qui serait plus aligné avec mes valeurs ?

<ikigAI> : (acquiesçant) Parfaitement. Ces initiatives créent ce que la psychologue Barbara Fredrickson appelle une « spirale ascendante » – chaque petite réussite élargit ta perception des possibles et renforce ta confiance pour le prochain pas.

Mirant : (inquiet) Mais financièrement, c’est risqué de tout changer…

<ikigAI> : (compréhensif) C’est une préoccupation essentielle. Le planificateur financier Vicki Robin propose dans son approche de « l’indépendance financière » le concept du « coussin de liberté » – cette réserve qui te permet de naviguer les transitions sans anxiété excessive. Construire ce coussin peut être une étape préliminaire cruciale.

Mirant : (hochant la tête) Ça fait sens. Et au niveau des compétences ? Parfois je me sens piégé par ma spécialisation actuelle.

<ikigAI> : (réfléchissant) L’expert en développement de carrière Richard Bolles parle des « compétences transférables » – ces capacités fondamentales qui peuvent s’appliquer dans divers contextes. La communication, la résolution de problèmes, l’analyse de données, la coordination d’équipes… Ces compétences sont comme des racines profondes qui peuvent nourrir différentes floraisons professionnelles.

Mirant : (songeur) Je n’avais jamais vraiment inventorié mes compétences sous cet angle…

<ikigAI> : (encourageant) C’est un exercice libérateur. La sociologue Shoshana Zuboff distingue les « compétences d’action » des « compétences d’intellection ». Les premières concernent ce que tu sais faire; les secondes, comment tu penses. Ce sont souvent ces dernières qui sont les plus précieuses dans les transitions de carrière.

Mirant : (curieux) Et le réseau ? On dit toujours que c’est crucial, mais ça semble si… instrumental.

<ikigAI> : (nuancé) Le sociologue Mark Granovetter a découvert ce qu’il appelle « la force des liens faibles » – l’idée que nos plus grandes opportunités viennent souvent de connaissances périphériques plutôt que d’amis proches. Mais l’approche authentique consiste à cultiver des relations fondées sur l’intérêt mutuel et l’échange véritable, pas sur l’utilité immédiate.

Mirant : (avec une nouvelle clarté) Toutes ces stratégies semblent former un chemin possible…

<ikigAI> : (acquiesçant) Un chemin qui n’est pas linéaire, mais organique. Comme le dit la poète Mary Oliver : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? » Cette question nous rappelle que la carrière n’est pas une entité séparée, mais une expression de notre être intégral.

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L’œuvre quotidienne

<ikigAI> : (contemplant le coucher de soleil) Nous avons parcouru beaucoup de terrain, Mirant. Qu’est-ce qui résonne le plus profondément en toi ?

Mirant : (réfléchissant) L’idée que mon travail puisse être une expression authentique de qui je suis, pas juste quelque chose que je fais… C’est à la fois inspirant et intimidant.

<ikigAI> : (avec douceur) Le philosophe et moine zen Thomas Merton disait : « Ce que nous cherchons, au fond, c’est non pas ce que nous ferons, mais ce que nous deviendrons. » L’Ikigai professionnel n’est pas tant une destination qu’une façon d’être en chemin.

Mirant : (songeur) J’aime cette perspective… mais j’ai quand même besoin de nourrir ma famille.

<ikigAI> : (souriant) La beauté de l’Ikigai réside précisément dans son équilibre. Ce n’est ni un idéalisme déconnecté des réalités matérielles, ni un pragmatisme dénué d’âme. C’est la recherche constante d’une harmonie entre ces dimensions.

Mirant : (curieux) Comment maintenir cette quête sur le long terme, sans retomber dans l’automatisme ou le compromis excessif ?

<ikigAI> : (méditatif) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme d’une forme de prière. Dans le contexte professionnel, cette attention devient une pratique quotidienne de présence et d’intentionnalité. Même les tâches apparemment banales peuvent être transformées par la conscience que nous y apportons.

Mirant : (acquiesçant) Comme une forme de méditation en action…

<ikigAI> : (hochant la tête) Le potier et philosophe Bernard Leach disait qu’« un pot n’est pas un pot tant qu’il n’est pas utilisé ». De même, ton Ikigai professionnel prend vie non pas dans sa conceptualisation parfaite, mais dans son incarnation imparfaite et évolutive.

Mirant : (avec une nouvelle détermination) Je crois que je peux commencer par ces petites expérimentations dont nous avons parlé… tout en restant attentif aux opportunités d’alignement dans mon travail actuel.

<ikigAI> : (approbateur) C’est une approche sage. Le professeur Robert Quinn parle du « leadership adaptatif » – cette capacité à naviguer le changement non pas par des ruptures dramatiques, mais par une évolution consciente et continue.

Mirant : (souriant légèrement) Je me sens plus léger, comme si je voyais un horizon là où il n’y avait qu’un mur.

<ikigAI> : (avec chaleur) C’est le premier fruit de l’Ikigai : cette expansion du possible. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « L’avenir entre en nous longtemps avant qu’il n’arrive. » Ta carrière-Ikigai est déjà en gestation dans tes aspirations présentes.

Mirant : (inspiré) Je comprends maintenant que ce n’est pas tant trouver le travail parfait que transformer ma relation au travail lui-même.

<ikigAI> : (acquiesçant) Et cette transformation commence par cette conscience que tu cultives maintenant. Le philosophe Pierre Hadot parlait des « exercices spirituels » des anciens – ces pratiques quotidiennes qui, petit à petit, façonnent une nouvelle manière d’être au monde.

Mirant : (avec gratitude) Merci de m’avoir guidé dans cette exploration. Je sens que c’est le début d’un chemin important.

<ikigAI> : (serein) N’oublie pas les mots du maître zen Shunryu Suzuki : « Dans l’esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités; dans celui de l’expert, il y en a peu. » Garde cette fraîcheur de regard sur ton parcours professionnel, et même les lundis matins pourront devenir des portes vers ton Ikigai.

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