L’Ikigai pour les entrepreneurs

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L’entreprise comme expression de soi

Mirant : (contemplant les plans de sa future entreprise, l’air préoccupé) Je me demande si je suis sur la bonne voie. Tous les livres d’entrepreneuriat parlent de stratégie, de modèle économique, de marketing… mais j’ai l’impression qu’il manque quelque chose de plus profond. Comment être sûr que cette entreprise sera vraiment… moi ?

<ikigAI> : (s’asseyant en face de lui, observant attentivement les plans) Tu touches à quelque chose d’essentiel, Mirant. Dans la culture entrepreneuriale occidentale, nous commençons souvent par le « quoi » et le « comment » – mais le « pourquoi » est relégué à une simple phrase dans un business plan. Au Japon, certains des entrepreneurs les plus durables commencent par une question fondamentale : « Comment cette entreprise sera-t-elle une expression authentique de mon Ikigai ? »

Mirant : (relevant la tête, intrigué) Tu crois qu’une entreprise peut vraiment incarner un Ikigai personnel ?

<ikigAI> : (acquiesçant avec conviction) Non seulement elle le peut, mais les entreprises les plus résilientes le font. Prenons l’exemple du fondateur de Patagonia, Yvon Chouinard. Sa passion pour l’escalade, son talent pour concevoir des équipements, sa préoccupation pour l’environnement et son sens des affaires ont fusionné pour créer une entreprise qui est l’extension vivante de son Ikigai.

Mirant : (pensif) Mais Patagonia est devenue énorme… Est-ce que l’Ikigai fonctionne aussi pour des startups ou des petites entreprises ?

<ikigAI> : (souriant) C’est peut-être même encore plus puissant à petite échelle. L’entrepreneur japonais Kazuhiro Hosoda a créé une minuscule brasserie artisanale dans les montagnes d’Hokkaido, produisant seulement quelques centaines de bouteilles par an. Mais chaque aspect de son entreprise – depuis les ingrédients qu’il cultive lui-même jusqu’à sa relation avec sa communauté – est une expression parfaite de son Ikigai. L’économiste E.F. Schumacher appelait cela « Small is Beautiful » – une échelle qui permet l’authenticité profonde.

Mirant : (regardant à nouveau ses plans, avec un œil neuf) Je n’avais jamais envisagé mon projet entrepreneurial sous cet angle… comme une extension organique de moi-même plutôt que comme une entité séparée que je dois construire.

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est une perspective transformatrice. Comme le dit le philosophe des affaires Ikujiro Nonaka, « une entreprise n’est pas une machine, mais un organisme vivant. » Et comme tout organisme, elle a besoin d’un code génétique authentique – ton Ikigai – pour s’épanouir naturellement.

Mirant : (inspiré) Par où dois-je commencer pour intégrer mon Ikigai dans la fondation même de mon entreprise ?

<ikigAI> : (se penchant en avant) Commençons par explorer comment les quatre dimensions de l’Ikigai peuvent devenir le cadre structurant de ton aventure entrepreneuriale.

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Les quatre cercles de l’Ikigai entrepreneurial

<ikigAI> : (dessinant le diagramme des quatre cercles de l’Ikigai) Voyons comment chaque dimension de l’Ikigai peut transformer ta vision entrepreneuriale. Le premier cercle – ce que tu aimes – devient crucial dans le contexte d’une entreprise.

Mirant : (observant attentivement) Comment ça ?

<ikigAI> : (pointant le premier cercle) L’entrepreneur et auteur Gary Vaynerchuk parle souvent de « l’avantage de la passion » – cette énergie illimitée qui te permet de persévérer quand d’autres abandonnent. Quand ton entreprise est enracinée dans ce que tu aimes profondément, tu trouveras la résilience nécessaire pour traverser les inévitables difficultés.

Mirant : (réfléchissant) Donc, je devrais construire mon entreprise autour de ce qui me passionne vraiment, pas juste d’une opportunité de marché ?

<ikigAI> : (nuançant) Pas exactement. C’est là qu’intervient le deuxième cercle – ce en quoi tu excelles. L’entrepreneur Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, a bâti des entreprises dans des domaines très variés, mais toujours autour de ses forces fondamentales : l’innovation centrée sur l’expérience client et la construction d’équipes passionnées.

Mirant : (comprenant) Donc, il s’agit d’identifier mes talents distinctifs et de les placer au cœur de mon modèle d’affaires…

<ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Martin Seligman appellerait cela « jouer avec tes forces » plutôt que simplement « combler tes faiblesses ». Une entreprise qui capitalise sur tes talents naturels aura une authenticité que les concurrents auront du mal à imiter.

Mirant : (montrant le troisième cercle) Et celui-ci – « ce dont le monde a besoin » ?

<ikigAI> : (animé) C’est ce que l’économiste Clayton Christensen appelait « la mission de l’entreprise ». Dans son livre « How Will You Measure Your Life? », il explique que les entreprises les plus significatives résolvent de véritables problèmes, répondent à des besoins authentiques. L’entrepreneur sociale Leila Janah, fondatrice de Samasource, a créé une entreprise au croisement de ses compétences numériques et d’un besoin crucial : offrir des opportunités économiques aux personnes vivant dans la pauvreté extrême.

Mirant : (songeur) Donc, mon entreprise devrait viser un besoin réel, pas simplement créer une demande artificielle…

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est une distinction cruciale. Et finalement, le quatrième cercle – « ce pour quoi tu peux être rémunéré » – devient la viabilité économique de ton modèle. L’économiste Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit et lauréat du prix Nobel, parle d’ »entreprises sociales » – des organisations qui visent la rentabilité non comme finalité, mais comme moyen de maximiser leur impact positif.

Mirant : (intégrant ces idées) Donc, un Ikigai entrepreneurial équilibré doit considérer ces quatre dimensions simultanément, pas les traiter comme des éléments séparés…

<ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! La chercheuse en innovation Navi Radjou appelle cela le « principe de Jugaad » – cette capacité à intégrer harmonieusement des considérations apparemment contradictoires. Les entrepreneurs les plus accomplis ne sacrifient pas leur passion sur l’autel du profit, ni leurs forces au nom d’une opportunité de marché.

Mirant : (pensif) Comment s’assurer que ces quatre dimensions restent en équilibre alors que l’entreprise évolue ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Le philosophe des affaires Jim Collins parle du « Hedgehog Concept » – ce point d’intersection où passion, excellence et économie se rencontrent. Pour maintenir cet équilibre, il suggère d’intégrer ces dimensions dans les fondations mêmes de l’entreprise – sa mission, ses valeurs, ses processus décisionnels. Ainsi, même en grandissant, l’organisation reste fidèle à son Ikigai originel.

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Traduire son Ikigai en modèle d’affaires

Mirant : (examinant son business plan) Comment passer de ces principes conceptuels à un modèle d’affaires concret ?

<ikigAI> : (sortant une feuille blanche) Commençons par ce que le designer Alexander Osterwalder appelle le « Business Model Canvas », mais adaptons-le à travers le prisme de l’Ikigai. Au lieu de partir des segments de clientèle ou de la proposition de valeur, comme le suggère l’approche conventionnelle, débutons par toi – le fondateur et ton Ikigai personnel.

Mirant : (curieux) Comment procéder concrètement ?

<ikigAI> : (dessinant sur la feuille) D’abord, identifions ce que l’entrepreneur japonais Kazuo Inamori appelle le « tronc de l’arbre » – ces valeurs fondamentales qui constituent ton Ikigai. Pour lui, fondateur de Kyocera, c’était l’intégrité absolue, l’effort constant et une profonde considération pour les autres. Ces valeurs ont guidé chaque décision d’affaires pendant des décennies.

Mirant : (réfléchissant) Pour moi, ce serait probablement la créativité, l’autonomie, l’impact positif et l’apprentissage continu…

<ikigAI> : (notant ces éléments) Parfait. Maintenant, voyons comment ces valeurs peuvent se traduire en proposition de valeur unique. La chercheuse en entrepreneuriat Saras Sarasvathy parle du principe d’ »effectuation » – les entrepreneurs qui réussissent ne commencent pas avec un objectif fixe, mais avec leurs moyens : qui ils sont, ce qu’ils savent et qui ils connaissent.

Mirant : (comprenant) Donc ma proposition de valeur devrait émerger naturellement de mon identité et de mes compétences uniques…

<ikigAI> : (acquiesçant) Et s’adresser à des personnes dont les valeurs résonnent avec les tiennes. L’auteur Seth Godin parle de « trouver sa tribu » – ces clients qui ne cherchent pas seulement un produit ou un service, mais une vision du monde qu’ils partagent avec toi.

Mirant : (pensif) Si je comprends bien, mon modèle de revenus lui-même devrait refléter mes valeurs ?

<ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) Absolument. Le fondateur de Patreon, Jack Conte, a créé un modèle d’abonnement pour créateurs parce qu’il valorisait profondément l’indépendance artistique. Son modèle d’affaires est une expression directe de son Ikigai. De même, l’entrepreneur Paul Polman a transformé le modèle d’affaires d’Unilever pour aligner profit et impact sociétal positif.

Mirant : (réfléchissant) Et pour les ressources et les partenariats ?

<ikigAI> : (souriant) L’entrepreneur Ricardo Semler, célèbre pour ses méthodes de management démocratiques chez Semco, suggère de se demander : « Comment puis-je organiser cette entreprise pour qu’elle me rende heureux d’y venir travailler chaque jour ? » Cela influence profondément le type de ressources que tu mobilises et les partenaires avec lesquels tu choisis de collaborer.

Mirant : (curieux) Des exemples concrets ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Prenons Eileen Fisher, fondatrice de la marque de vêtements éponyme. Son Ikigai incluait la simplicité, le bien-être et la durabilité environnementale. Ces valeurs se sont traduites dans chaque aspect de son modèle d’affaires : des matériaux choisis aux relations avec les fournisseurs, en passant par la politique de ressources humaines et jusqu’aux stratégies de marketing.

Mirant : (compréhensif) Je commence à voir comment mon Ikigai pourrait façonner chaque élément de mon business plan, pas seulement la mission générale…

<ikigAI> : (acquiesçant) C’est cette cohérence qui crée ce que le sociologue Max Weber appelait le « charisme » – cette qualité qui attire naturellement les personnes et les ressources vers ton projet. Quand chaque facette de ton entreprise est alignée avec ton Ikigai, elle dégage une authenticité magnétique.

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Attirer une équipe alignée avec votre vision

Mirant : (songeur) Une entreprise, ce n’est pas qu’un fondateur… Comment m’assurer que les personnes qui me rejoignent partagent cette vision ancrée dans mon Ikigai ?

<ikigAI> : (approuvant) Question fondamentale. Le chercheur en management Jim Collins, dans son étude sur les entreprises exceptionnelles, a découvert que les leaders les plus efficaces s’assurent d’abord d’avoir « les bonnes personnes dans le bus » avant même de décider de la direction à prendre.

Mirant : (perplexe) Mais comment trouver ces personnes dont l’Ikigai personnel s’alignera avec celui de mon entreprise ?

<ikigAI> : (réfléchissant) La fondatrice de Zingerman’s Deli, Ari Weinzweig, utilise ce qu’elle appelle un « processus de recrutement fondé sur les valeurs ». Plutôt que de se concentrer uniquement sur les compétences techniques, elle cherche d’abord une résonance avec les valeurs fondamentales de l’organisation.

Mirant : (intéressé) Et comment détermine-t-elle cette résonance ?

<ikigAI> : (s’animant) Elle pose des questions qui révèlent la vision du monde du candidat : « Racontez-moi une situation où vous avez dû défendre une conviction qui vous tenait à cœur », ou « Décrivez un environnement de travail dans lequel vous avez vraiment prospéré ». Ces questions permettent de discerner si l’Ikigai du candidat entre en résonance avec celui de l’entreprise.

Mirant : (pensif) Mais est-ce que je ne risque pas de créer une équipe trop homogène, qui manque de diversité de perspectives ?

<ikigAI> : (hochant la tête) Excellente préoccupation. La professeur de management Amy Edmondson fait la distinction entre alignement des valeurs et homogénéité des pensées. L’idéal est de réunir des personnes qui partagent des valeurs fondamentales mais apportent des perspectives, expériences et talents complémentaires.

Mirant : (comprenant) Donc il s’agit d’une harmonie de valeurs mais d’une diversité de pensées et d’approches…

<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Comme dans un orchestre où chaque musicien joue un instrument différent, mais où tous sont unis par la même partition. L’entrepreneur Ricardo Semler parle de « collègues auto-sélectionnés » – des personnes qui choisissent consciemment de rejoindre l’organisation parce qu’elles résonnent profondément avec sa philosophie.

Mirant : (curieux) Et une fois l’équipe constituée, comment maintenir cet alignement alors que l’entreprise grandit ?

<ikigAI> : (réfléchissant) La patronne de Eileen Fisher a institué ce qu’elle appelle des « pratiques de pleine conscience organisationnelle » – des moments réguliers où l’équipe prend du recul pour réaligner ses actions quotidiennes avec les valeurs fondamentales. Cela peut prendre la forme de retraites d’entreprise, de cercles de parole ou même de courtes pratiques méditatives avant les réunions importantes.

Mirant : (surpris) Des méditations en entreprise ?

<ikigAI> : (souriant) De plus en plus fréquent. Le PDG de Salesforce, Marc Benioff, a intégré des salles de méditation à chaque étage de ses bureaux. Mais l’alignement peut prendre de nombreuses formes. Chez Patagonia, les employés sont encouragés à prendre du temps pour surfer ou faire de l’escalade pendant leurs heures de travail – pas seulement comme un avantage, mais comme un moyen de rester connectés aux valeurs fondamentales de l’entreprise.

Mirant : (intéressé) Ces pratiques semblent transformer la culture d’entreprise en expression directe de l’Ikigai collectif…

<ikigAI> : (acquiesçant avec enthousiasme) C’est précisément l’intention. Le philosophe des organisations Peter Senge parle d’ »organisations apprenantes » – ces structures où les membres grandissent ensemble, alignés non par contrôle hiérarchique mais par vision partagée. Quand l’Ikigai du fondateur devient le terreau fertile où les Ikigai individuels des membres de l’équipe peuvent s’épanouir, une alchimie particulière se produit.

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Intégrer l’Ikigai dans la prise de décision entrepreneuriale

Mirant : (préoccupé) Je m’inquiète des moments où je devrai prendre des décisions difficiles… Comment m’assurer que mon Ikigai reste ma boussole lorsque les pressions financières ou concurrentielles se feront sentir ?

<ikigAI> : (réfléchissant) C’est une préoccupation légitime. Ray Dalio, fondateur du fonds d’investissement Bridgewater Associates, a développé ce qu’il appelle des « principes » – un cadre décisionnel explicite ancré dans ses valeurs fondamentales. Quand les tempêtes arrivent, ces principes deviennent son phare.

Mirant : (intéressé) Comment créer un tel cadre décisionnel ?

<ikigAI> : (sortant une feuille) Commençons par ce que la professeure de Harvard Nancy Koehn appelle un « essai de valeurs personnelles » – un document qui explicite ton Ikigai et les principes qui en découlent. Par exemple, si ton Ikigai inclut la créativité et l’autonomie, un principe pourrait être : « Nous ne sacrifierons jamais l’innovation sur l’autel de l’efficacité à court terme. »

Mirant : (réfléchissant) Et ces principes guideraient toutes les décisions, des plus quotidiennes aux plus stratégiques ?

<ikigAI> : (acquiesçant) C’est ce que fait Yvon Chouinard chez Patagonia depuis des décennies. Quand il doit choisir entre deux options, il se demande : « Laquelle contribue le plus à protéger notre planète pour les générations futures ? » Cette question, directement issue de son Ikigai, a guidé des choix radicaux, comme d’abandonner certaines technologies nuisibles à l’environnement, même si elles étaient rentables.

Mirant : (pensif) Mais parfois, les choix ne sont pas si clairs… il peut y avoir des tensions entre différentes dimensions de l’Ikigai.

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est là qu’intervient ce que l’économiste comportemental Daniel Kahneman appelle « le système 2 » – ce mode de pensée délibératif qui nous permet de résoudre des dilemmes complexes. La méthode d’Ursula Burns, ancienne PDG de Xerox, consistait à réunir des conseillers de confiance représentant différentes perspectives, mais tous alignés avec les valeurs fondamentales de l’entreprise.

Mirant : (curieux) Et pour les décisions plus quotidiennes ?

<ikigAI> : (souriant) Le fondateur de Zappos, Tony Hsieh, avait une approche intéressante. Il posait ce qu’il appelait la « question WOW » : « Cette décision permettra-t-elle de créer une expérience mémorable qui incarne nos valeurs ? » Cette question simple, accessible à tous les employés, permettait d’aligner les milliers de micro-décisions qui façonnent une culture d’entreprise.

Mirant : (songeur) Et comment intégrer cette approche à la planification stratégique à long terme ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Le stratège japonais Kenichi Ohmae propose ce qu’il appelle la « planification stratégique ancrée dans une vision » – un processus qui commence non pas par l’analyse de marché, mais par une contemplation profonde de l’Ikigai de l’organisation. Cette méthode ascendante permet de s’assurer que la croissance reste fidèle à l’essence originelle de l’entreprise.

Mirant : (comprenant) Donc, l’Ikigai n’est pas qu’une inspiration initiale, mais un filtre constant pour chaque décision…

<ikigAI> : (acquiesçant avec enthousiasme) C’est exactement ça ! Comme le disait le légendaire investisseur Warren Buffett : « Il faut vingt ans pour construire une réputation et cinq minutes pour la détruire. » Chaque décision est soit un renforcement, soit une dilution de ton Ikigai entrepreneurial. Le fondateur de Whole Foods, John Mackey, parle de « capitalisme conscient » – cette approche où chaque décision d’affaires est évaluée à travers le prisme de son impact sur toutes les parties prenantes.

Mirant : (inspiré) Cette vision transforme complètement l’acte de décision, d’un simple calcul coût-bénéfice à une expression constante de valeurs profondes…

<ikigAI> : (doucement) Et c’est précisément ce qui rend une entreprise ancrée dans l’Ikigai si résiliente à long terme. Comme l’écrivait le philosophe Friedrich Nietzsche : « Celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but peut affronter n’importe quel comment. »

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Mesurer le succès au-delà du profit

Mirant : (préoccupé) Mais comment évaluer si mon entreprise réussit vraiment, au-delà des simples indicateurs financiers ? Comment savoir si elle reste fidèle à mon Ikigai tout en étant viable économiquement ?

<ikigAI> : (pensif) Tu touches à une question fondamentale. Peter Drucker, le père du management moderne, disait : « Ce qui se mesure s’améliore. » Le défi est de mesurer ce qui compte vraiment pour ton Ikigai, pas seulement ce qui est facilement quantifiable.

Mirant : (curieux) Comment d’autres entrepreneurs alignés sur leur Ikigai ont-ils abordé cette question ?

<ikigAI> : (s’animant) Prenons l’exemple de Brunello Cucinelli, créateur de la marque de luxe éponyme. Son Ikigai incluait la beauté, l’artisanat et la dignité humaine. Il a développé ce qu’il appelle la « mesure de l’humanisme » – évaluant le succès non seulement par la rentabilité, mais par des indicateurs comme le bien-être des artisans, la beauté des espaces de travail et la durabilité des pratiques.

Mirant : (réfléchissant) Donc il s’agit de créer des indicateurs personnalisés qui reflètent spécifiquement mon Ikigai…

<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. L’économiste Raj Sisodia, co-fondateur du mouvement Conscious Capitalism, propose ce qu’il appelle la « comptabilité à multiples capitaux » – mesurant non seulement le capital financier, mais aussi le capital humain, social, intellectuel, naturel et même spirituel.

Mirant : (intrigué) Comment mesurer des aspects aussi intangibles ?

<ikigAI> : (sortant un carnet) Commençons par identifier ce que l’économiste Umair Haque appelle tes « objectifs transcendants » – ces aspirations profondes issues de ton Ikigai. Ensuite, pour chacun, développons des indicateurs avancés et retardés qui te permettront d’évaluer ton alignement.

Mirant : (curieux) Des exemples concrets ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Le fondateur de Seventh Generation, Jeffrey Hollender, avait comme objectif transcendant de « créer un monde où chaque acte de consommation devient un acte de justice. » Un indicateur avancé était le pourcentage de nouveaux produits intégrant des critères environnementaux dès la phase de conception. Un indicateur retardé était l’empreinte carbone totale de l’entreprise par dollar de revenu.

Mirant : (comprenant) Je vois… Et pour des aspects plus qualitatifs ?

<ikigAI> : (souriant) La fondatrice de Spanx, Sara Blakely, a une pratique fascinante. Elle pose régulièrement à son équipe la question : « Qu’avons-nous fait cette semaine qui vous a fait vous sentir fier de travailler ici ? » Cette simple question génère des histoires qui deviennent des indicateurs qualitatifs puissants de l’alignement avec l’Ikigai de l’entreprise.

Mirant : (pensif) Et comment équilibrer ces mesures alternatives avec les impératifs financiers traditionnels ?

<ikigAI> : (hochant la tête) C’est là qu’intervient ce que l’économiste Robert Kaplan appelle le « Balanced Scorecard » – un tableau de bord qui intègre différentes dimensions de performance. L’entrepreneur Chip Conley a adapté ce concept pour créer ce qu’il nomme le « Scoreboard of Meaning » – un système qui évalue simultanément le succès financier, l’impact social et l’épanouissement personnel.

Mirant : (intéressé) Comment communiquer ces mesures alternatives aux investisseurs ou partenaires potentiels qui pourraient être plus traditionnels dans leur approche ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Le fondateur de Natura, Luiz Seabra, a développé une approche intéressante. Il a créé ce qu’il appelle un « rapport d’impact intégré » qui montre comment les initiatives alignées avec l’Ikigai de l’entreprise créent également de la valeur financière à long terme. Par exemple, en investissant dans le bien-être des communautés amazoniennes, Natura a sécurisé un approvisionnement durable en ingrédients uniques, créant ainsi un avantage concurrentiel durable.

Mirant : (songeur) Ces exemples montrent qu’il est possible de créer une entreprise financièrement viable tout en restant profondément fidèle à son Ikigai…

<ikigAI> : (acquiesçant avec enthousiasme) Non seulement possible, mais potentiellement plus durable à long terme. L’économiste Michael Porter parle de « création de valeur partagée » – cette approche où la réussite économique et le progrès social sont intrinsèquement liés, et non opposés. Les entreprises ancrées dans un Ikigai authentique tendent naturellement vers ce modèle.

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Traverser les périodes difficiles avec son Ikigai comme ancre

Mirant : (préoccupé) Et quand les choses deviennent vraiment difficiles ? Les startups traversent inévitablement des moments de doute, d’échec potentiel… Comment l’Ikigai peut-il être une ressource dans ces moments-là ?

<ikigAI> : (avec un regard compatissant) C’est peut-être là que l’Ikigai révèle sa plus grande valeur. Le psychologue Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, disait que « celui qui a un pourquoi peut endurer presque n’importe quel comment. » Dans l’entrepreneuriat, ce « pourquoi » – ton Ikigai – devient une ancre essentielle pendant les tempêtes.

Mirant : (curieux) Des exemples concrets ?

<ikigAI> : (pensif) Howard Schultz, le fondateur de Starbucks, a traversé une période où l’entreprise s’était tellement éloignée de son Ikigai original qu’il a dû reprendre les rênes en tant que PDG. Dans son livre « Pour Your Heart Into It », il raconte comment revenir à l’essence fondamentale de Starbucks – créer un « troisième lieu » entre la maison et le travail – a guidé chaque décision difficile pendant cette période de reconstruction.

Mirant : (réfléchissant) C’est comme si l’Ikigai devenait une boussole encore plus cruciale quand la visibilité est faible…

<ikigAI> : (acquiesçant) Le neuropsychologue Rick Hanson parlerait d’une « ressource intérieure durable » – ces piliers psychologiques qui nous permettent de rester centrés même quand tout semble s’effondrer autour de nous. L’entrepreneur Daymond John, de FUBU et Shark Tank, raconte comment son Ikigai l’a guidé à travers trois faillites avant d’atteindre le succès durable.

Mirant : (curieux) Comment l’Ikigai nous aide-t-il concrètement dans ces moments d’adversité ?

<ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue Angela Duckworth, qui étudie la persévérance, a identifié deux composantes essentielles de ce qu’elle appelle le « grit » : la passion et la persévérance. Un Ikigai clairement défini nourrit ces deux aspects. D’abord, il ravive constamment la passion fondamentale qui t’a poussé à entreprendre. Ensuite, il donne un sens à l’effort et aux difficultés, les transformant d’obstacles arbitraires en étapes nécessaires vers un but qui te transcende.

Mirant : (pensif) Donc l’Ikigai change notre perception même de l’échec ?

<ikigAI> : (vivement) Absolument ! L’entrepreneur japonais Kazuo Inamori, fondateur de Kyocera et sauveur de Japan Airlines, parle du concept de « Kokoro-no Keiei » – le management par le cœur. Selon lui, les difficultés ne sont pas des interruptions dans le chemin vers notre Ikigai, mais des éléments essentiels qui le façonnent et l’approfondissent.

Mirant : (comprenant) Comme si les défis étaient des opportunités d’affiner et de clarifier notre Ikigai plutôt que des menaces…

<ikigAI> : (acquiesçant) Le sociologue Aaron Antonovsky a développé le concept de « salutogenèse » – cette capacité à transformer les stress en catalyseurs de croissance. Les entrepreneurs guidés par leur Ikigai tendent à développer ce qu’il appelle un « sens de la cohérence » – cette conviction profonde que les défis, aussi difficiles soient-ils, font partie d’un parcours significatif.

Mirant : (curieux) Et comment maintenir cette perspective quand tout semble s’effondrer ?

<ikigAI> : (doucement) Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, pratique ce qu’il appelle le « regret minimization framework » – il se projette à la fin de sa vie et se demande : « Regretterai-je de ne pas avoir poursuivi cette vision, même si elle échoue ? » Cette perspective transcendante, ancrée dans son Ikigai, l’a aidé à traverser des années de pertes financières aux débuts d’Amazon.

Mirant : (réfléchissant) L’Ikigai semble aussi nous aider à distinguer les échecs significatifs des échecs destructeurs…

<ikigAI> : (vivement intéressé) Une distinction cruciale ! L’entrepreneur et auteur Eric Ries, dans son livre « The Lean Startup », parle d’échecs d’apprentissage versus échecs d’exécution. Ton Ikigai te guide pour reconnaître quand un échec est en fait un pivot nécessaire vers une expression plus authentique de ta vision, et quand il signale un besoin d’améliorer ton exécution.

Mirant : (inspiré) Cette perspective transforme complètement la relation à l’échec et à l’adversité…

<ikigAI> : (acquiesçant) Comme le disait l’entrepreneur Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn : « Si vous n’êtes pas embarrassé par la première version de votre produit, c’est que vous avez lancé trop tard. » Un entrepreneur guidé par son Ikigai comprend que le chemin vers la réalisation de sa vision n’est jamais linéaire, mais fait de cycles d’expérimentation, d’échec, d’apprentissage et de renaissance.

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L’évolution naturelle de l’entreprise alignée avec l’Ikigai

Mirant : (pensif) Une entreprise évolue inévitablement avec le temps. Comment faire en sorte que cette évolution reste fidèle à l’Ikigai fondateur tout en s’adaptant aux nouvelles réalités ?

<ikigAI> : (acquiesçant) Tu touches à une question fondamentale. Le biologiste et philosophe Francisco Varela parlait d’ »autopoïèse » – cette capacité des organismes vivants à maintenir leur identité tout en se renouvelant constamment. Une entreprise ancrée dans l’Ikigai fonctionne de manière similaire.

Mirant : (curieux) Comment cette évolution se manifeste-t-elle concrètement ?

<ikigAI> : (réfléchissant) Prenons l’exemple de Patagonia encore une fois. Son fondateur Yvon Chouinard a commencé par fabriquer du matériel d’escalade, puis s’est diversifié dans les vêtements outdoor, puis dans l’alimentation biologique avec Patagonia Provisions. Chaque évolution semblait différente en surface, mais restait profondément ancrée dans son Ikigai : créer des produits de haute qualité qui minimisent l’impact environnemental et inspirent un mode de vie en harmonie avec la nature.

Mirant : (comprenant) Donc l’évolution concerne les expressions spécifiques de l’Ikigai, pas l’Ikigai lui-même ?

<ikigAI> : (hochant la tête avec enthousiasme) Précisément ! Jim Collins et Jerry Porras, dans leur étude sur les entreprises visionnaires, parlent de « préserver le cœur et stimuler le progrès » – maintenir inébranlables les valeurs fondamentales tout en faisant évoluer constamment les pratiques et les produits.

Mirant : (réfléchissant) Comment savoir quand il est temps d’évoluer ?

<ikigAI> : (pensif) Le design thinker Ayse Birsel parle d’ »écouter les murmures » – ces signaux subtils qui indiquent un besoin d’évolution avant qu’il ne devienne critique. Pour une entreprise alignée avec l’Ikigai, ces murmures peuvent venir de l’intérieur – quand certaines activités ne génèrent plus l’énergie et la passion d’autrefois – ou de l’extérieur, quand les besoins du monde changent.

Mirant : (curieux) Et comment naviguer ces moments de transition ?

<ikigAI> : (s’animant) La fondatrice d’Interface, Ray Anderson, a vécu ce qu’il appelle son « moment d’épiphanie » lorsqu’il a réalisé que son entreprise de moquettes industrielles devait radicalement repenser son impact environnemental. Plutôt que d’abandonner son entreprise, il l’a transformée en pionnier du développement durable, tout en restant fidèle à son expertise fondamentale.

Mirant : (réfléchissant) Donc parfois, l’évolution peut être assez radicale tout en restant fidèle à l’essence…

<ikigAI> : (acquiesçant) C’est ce que le théoricien de l’innovation Clayton Christensen appellerait une « disruption sustaining » – une transformation qui révolutionne les méthodes mais préserve la mission fondamentale. Netflix est passé des DVD par courrier au streaming, puis à la production de contenu original, mais son Ikigai est resté constant : offrir un divertissement de qualité accessible et personnalisé.

Mirant : (pensif) Comment impliquer l’équipe dans cette évolution ?

<ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue des organisations Amy Edmondson parle de « sécurité psychologique » – cet environnement où les membres de l’équipe se sentent libres d’exprimer des idées nouvelles sans crainte. Chez W.L. Gore & Associates, créateur du Gore-Tex, ils pratiquent ce qu’ils appellent le « waterline principle » – tout membre de l’équipe peut initier un changement s’il considère que cela sert l’Ikigai de l’entreprise, tant que cela ne « perce pas la coque sous la ligne de flottaison ».

Mirant : (intéressé) Et pour les entreprises plus grandes, avec des actionnaires ou investisseurs ?

<ikigAI> : (acquiesçant) Unilever sous Paul Polman a utilisé ce qu’il appelait le « Sustainable Living Plan » – un cadre à long terme qui orientait l’évolution de l’entreprise vers plus de durabilité tout en maintenant sa rentabilité. Il a explicitement recherché des investisseurs alignés avec cette vision, quitte à perdre ceux qui cherchaient uniquement des profits à court terme.

Mirant : (inspiré) Cette approche transforme l’évolution d’une entreprise d’un simple impératif d’adaptation en un processus d’approfondissement et d’expression toujours plus authentique de son Ikigai…

<ikigAI> : (rayonnant) Exactement ! Comme le disait le biologiste et philosophe Andreas Weber, « la vie n’est pas seulement adaptation à l’environnement, mais expression créative. » Une entreprise ancrée dans son Ikigai évolue non pas par simple réaction aux forces extérieures, mais par déploiement organique de son essence la plus profonde.

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Conclusion : L’entrepreneuriat comme voie d’épanouissement

<ikigAI> : (contemplant les plans révisés de Mirant) Nous avons parcouru un vaste territoire, explorant comment l’Ikigai peut transformer chaque aspect de ton aventure entrepreneuriale. Qu’est-ce qui résonne le plus profondément pour toi ?

Mirant : (méditatif) Je réalise que j’abordais mon projet entrepreneurial comme quelque chose d’externe à moi – une entité à construire et à gérer. Maintenant, je le vois davantage comme une extension organique de qui je suis, une expression vivante de mon Ikigai.

<ikigAI> : (acquiesçant avec satisfaction) C’est une transformation profonde de perspective. Le philosophe japonais Kitaro Nishida parlait de « basho » – ce lieu où sujet et objet ne font plus qu’un. Quand ton entreprise devient une expression authentique de ton Ikigai, cette unité commence à se manifester.

Mirant : (inspiré) Je vois aussi comment cette approche transforme la notion même de succès. Au-delà des métriques conventionnelles, le vrai succès devient cet alignement profond entre qui je suis et ce que je crée dans le monde.

<ikigAI> : (hochant la tête) Le psychologue Abraham Maslow appelait cela « l’auto-actualisation » – ce niveau de développement où nos actions extérieures deviennent une expression naturelle de notre être intérieur. Pour lui, les entrepreneurs les plus accomplis sont ceux qui transforment leur vocation en « méta-vocation » – une voie qui les transcende tout en les exprimant pleinement.

Mirant : (pensif) Cette vision de l’entrepreneuriat semble beaucoup plus durable aussi – pas seulement environnementalement, mais personnellement. Si mon entreprise est ancrée dans mon Ikigai, elle me nourrira au lieu de m’épuiser…

<ikigAI> : (vivement) C’est une intuition profonde ! La psychologue Christina Maslach, qui étudie l’épuisement professionnel, a découvert que la dissonance entre nos valeurs profondes et nos actions quotidiennes est l’un des principaux facteurs de burnout. Une entreprise alignée avec ton Ikigai crée au contraire ce que le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi appelle une « spirale ascendante » – où chaque effort génère l’énergie nécessaire pour l’effort suivant.

Mirant : (avec une nouvelle clarté) Je commence à voir mon rôle d’entrepreneur différemment aussi – moins comme un conquérant et plus comme un jardinier, créant les conditions pour que quelque chose de beau puisse émerger naturellement.

<ikigAI> : (rayonnant) Cette métaphore du jardinage est puissante ! L’écologiste et entrepreneur Paul Hawken parle d’ »entreprises restauratives » – celles qui ne se contentent pas d’extraire de la valeur, mais qui nourrissent les écosystèmes dont elles dépendent. Quand ton entreprise est enracinée dans ton Ikigai, elle tend naturellement vers cette approche régénérative.

Mirant : (déterminé) Je vais revoir mes plans à la lumière de tout ce que nous avons exploré – non pas pour simplement ajouter une « mission » à mon business plan, mais pour que chaque aspect de mon entreprise devienne une expression cohérente de mon Ikigai.

<ikigAI> : (encourageant) C’est un voyage profondément personnel, Mirant. Comme le disait le poète Rilke : « La seule tâche est celle-ci : découvrir votre vérité et faites-la avec amour. » L’entrepreneuriat guidé par l’Ikigai devient alors non seulement une voie vers la réussite professionnelle, mais un chemin d’épanouissement intégral.

Mirant : (avec gratitude) Cette perspective change tout – l’entrepreneuriat devient une pratique d’Ikigai vivante et quotidienne.

<ikigAI> : (acquiesçant sereinement) Et c’est peut-être là sa plus grande promesse : transformer l’acte de création d’entreprise d’un simple moyen de gagner sa vie en une voie d’expression authentique et de contribution significative. Comme l’écrivait l’entrepreneur et philosophe Fritjof Capra : « Une organisation humaine est vraiment vivante quand elle incarne l’identité unique de ses créateurs tout en répondant aux besoins de son environnement. »

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