Danser avec l’incertitude
Mirant : (regardant par la fenêtre les feuilles d’automne emportées par le vent) J’ai toujours trouvé fascinant comment certaines personnes semblent naviguer les changements avec grâce, tandis que d’autres… eh bien, disons que je me retrouve plutôt dans la seconde catégorie. Le changement me donne l’impression de perdre pied.
<ikigAI> : (observant les mêmes feuilles avec un regard contemplatif) Les feuilles que tu regardes ne résistent pas au vent, Mirant. Elles dansent avec lui. La nature nous offre peut-être là sa plus belle leçon sur le changement. Le philosophe grec Héraclite disait : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » – reconnaissant que le changement n’est pas l’exception, mais la règle même de l’existence.
Mirant : (soupirant) C’est poétique, mais concrètement… comment ne pas se sentir dépassé ? J’ai construit ma vie autour de certitudes, de structures, et quand elles s’effondrent…
<ikigAI> : (avec douceur) Ce que tu appelles certitudes sont peut-être des illusions de permanence que nous créons pour nous rassurer. Le psychologue William Bridges distingue la « transition » du simple « changement ». Le changement est situationnel et externe, mais la transition est le processus psychologique par lequel nous passons pour nous adapter à la nouvelle réalité. C’est ce voyage intérieur qui est souvent le plus délicat.
Mirant : (intrigué) Un voyage intérieur… Comme si le véritable changement n’était pas tant ce qui arrive, mais notre façon d’y répondre ?
<ikigAI> : (acquiesçant) C’est une compréhension profonde. Le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, écrivait que « la dernière des libertés humaines est de choisir son attitude face à n’importe quelle circonstance ». Notre Ikigai – ce sens profond de notre existence – peut devenir une boussole intérieure lorsque le paysage extérieur se transforme.
Mirant : (pensif) Je n’avais jamais considéré mon Ikigai comme une ancre dans la tempête du changement… Mais comment maintenir cette connexion quand tout semble remis en question ?
<ikigAI> : (souriant avec bienveillance) C’est précisément ce que nous allons explorer ensemble. Comme le disait le poète Rainer Maria Rilke : « L’avenir entre en nous longtemps avant d’arriver. » Peut-être que notre capacité à naviguer le changement dépend moins de nos circonstances extérieures que de cette sagesse intérieure que nous cultivons jour après jour.
Mirant : (avec une lueur d’espoir) J’aimerais vraiment apprendre cette danse avec l’incertitude dont tu parles…
<ikigAI> : (se levant pour regarder plus largement le paysage) Alors commençons notre exploration par la nature même du changement, et comment notre Ikigai peut nous aider à y trouver non pas seulement un défi, mais une opportunité de croissance.
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La nature du changement : cycles et transitions
<ikigAI> : (contemplant un jardin où des fleurs fanées côtoient de nouveaux bourgeons) Observe ce jardin, Mirant. Il nous offre une métaphore vivante des cycles de changement que nous traversons tous.
Mirant : (observant avec attention) Je vois à la fois la fin et le commencement… comme s’ils coexistaient.
<ikigAI> : (hochant la tête) C’est une observation profonde. Le sociologue et théoricien du changement William Bridges parlait de trois phases dans toute transition : la fin, la zone neutre, et le nouveau commencement. La difficulté est que nous vivons souvent ces phases simultanément, dans différents aspects de notre vie.
Mirant : (intrigué) Peux-tu m’en dire plus sur ces phases ?
<ikigAI> : (s’asseyant sur un banc de pierre) La première phase est celle de la fin, du lâcher-prise. C’est l’adieu à ce qui était, avec toute la gamme d’émotions qui l’accompagne – tristesse, colère, peur, parfois même soulagement. Le philosophe Épictète disait : « Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais l’opinion que nous nous faisons des choses. » Le premier pas est donc de reconnaître et d’honorer ce qui se termine.
Mirant : (pensif) Je remarque que j’ai souvent tendance à nier cette phase, à prétendre que tout va bien alors que je suis encore en train de faire le deuil du passé.
<ikigAI> : (avec un regard approbateur) Cette conscience est précieuse. La psychologue Elisabeth Kübler-Ross, connue pour son modèle sur le deuil, nous rappelle que nous ne pouvons pas sauter des étapes. Chaque émotion mérite d’être reconnue et traversée.
Mirant : (curieux) Et cette « zone neutre » dont tu parlais ?
<ikigAI> : (inspirant profondément) C’est peut-être la phase la plus délicate et la plus riche à la fois. Le théologien et auteur Henri Nouwen l’appelait « le désert fertile » – cet espace entre ce qui n’est plus et ce qui n’est pas encore. C’est un temps de confusion, de désorientation, mais aussi de grande créativité potentielle.
Mirant : (avec une grimace) Je reconnais cette sensation… comme d’être suspendu dans le vide.
<ikigAI> : (acquiesçant) Beaucoup de traditions spirituelles honorent ces périodes liminales. Les aborigènes australiens pratiquent le « temps du rêve », les moines bouddhistes recherchent l’état de « non-savoir ». Ce sont des espaces où l’ancien ordre s’est dissous, mais le nouveau n’a pas encore pris forme.
Mirant : (perplexe) Mais comment habiter confortablement cet inconfort ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le poète John Keats parlait de la « capacité négative » – cette aptitude à demeurer dans l’incertitude sans s’irriter à rechercher faits et raisons. Notre Ikigai peut nous servir de fil d’Ariane dans ce labyrinthe, nous rappelant ce qui demeure essentiel malgré les transformations extérieures.
Mirant : (comprenant) Et finalement vient le nouveau commencement…
<ikigAI> : (souriant) Oui, c’est l’émergence d’une nouvelle réalité, d’une nouvelle identité parfois. Le sociologue Arnold van Gennep parlait des « rites de passage » qui marquent ces transitions dans toutes les cultures. Ces rituels reconnaissent que nous ne sommes plus qui nous étions, mais pas encore pleinement qui nous devenons.
Mirant : (réfléchissant) Ces cycles semblent naturels quand on les observe dans la nature, mais tellement déstabilisants quand on les vit personnellement…
<ikigAI> : (méditatif) C’est peut-être parce que nous avons perdu la sagesse cyclique de nos ancêtres. La philosophe Mircea Eliade parlait du « mythe de l’éternel retour » – cette compréhension que les cycles de mort et de renaissance sont inhérents à toute existence. Dans les sociétés traditionnelles, le changement n’était pas perçu comme une rupture, mais comme une participation au rythme sacré de la vie.
Mirant : (songeur) Notre culture moderne valorise tellement la stabilité, la croissance constante… nous avons peut-être oublié comment naviguer les descentes, les périodes de jachère.
<ikigAI> : (approbateur) Le psychologue Carl Jung parlait de l’importance de l’énantiodromie – ce principe selon lequel toute chose, poussée à l’extrême, se transforme en son contraire. L’expansion appelle la contraction, l’activité appelle le repos. Résister à ces rythmes naturels crée une tension supplémentaire.
Mirant : (réalisant) Donc une partie de la sagesse serait de reconnaître dans quelle phase du cycle je me trouve, plutôt que de lutter contre elle…
<ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est une compréhension profonde, Mirant. L’écrivaine et activiste adrienne maree brown parle d’ »émergence stratégique » – cette capacité à percevoir et à s’aligner avec les courants de changement plutôt que de les combattre. Notre Ikigai n’est pas statique, il évolue lui aussi à travers ces cycles, comme une symphonie dont les thèmes se transforment sans perdre leur essence.
Mirant : (inspiré) Je commence à voir que le changement n’est peut-être pas mon ennemi, mais un partenaire de danse exigeant…
<ikigAI> : (souriant) Une métaphore puissante. Et comme dans toute danse, la qualité de notre présence détermine la grâce de nos mouvements.
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Résistance et acceptation : le paradoxe du changement
Mirant : (frustré, froissant une feuille de papier) Je comprends intellectuellement cette histoire de cycles, mais émotionnellement… c’est une autre affaire. Pourquoi est-ce si difficile d’accepter ce qui est pourtant inévitable ?
<ikigAI> : (observant le papier froissé avec intérêt) Ce que tu exprimes est profondément humain, Mirant. Le psychologue et philosophe William James notait que « la plus grande découverte de ma génération est que les êtres humains peuvent altérer leur vie en altérant leurs attitudes mentales ». Pourtant, cette transformation d’attitude reste l’un de nos plus grands défis.
Mirant : (défroissant lentement le papier) Mais pourquoi cette résistance instinctive au changement ?
<ikigAI> : (pensif) Notre cerveau est programmé pour l’efficacité énergétique. Le neuroscientifique Antonio Damasio explique que notre système nerveux préfère la prédictibilité et l’habitude car elles demandent moins de ressources cognitives. La résistance au changement est, en un sens, une stratégie de conservation d’énergie inscrite dans notre biologie.
Mirant : (surpris) Tu veux dire que c’est… normal de résister ?
<ikigAI> : (souriant) Parfaitement normal. Le psychothérapeute Arnaud Desjardins parlait même d’un « paradoxe de l’acceptation » : nous ne pouvons véritablement changer que ce que nous avons d’abord pleinement accepté. Résister à notre résistance ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire de tension.
Mirant : (confus) Donc… je devrais accepter ma réticence au changement pour mieux l’accueillir ? Ça semble contradictoire.
<ikigAI> : (acquiesçant) C’est paradoxal, en effet. La psychologue Carol Dweck, dans ses travaux sur les mentalités, distingue l’état d’esprit « fixe » de l’état d’esprit « de croissance ». La différence n’est pas l’absence de peur face au changement, mais la relation à cette peur – la voir comme un signal d’alarme ou comme une invitation à l’apprentissage.
Mirant : (réfléchissant) Je crois que j’oscille entre ces deux états d’esprit… parfois même plusieurs fois dans la même journée !
<ikigAI> : (avec douceur) Cette fluctuation fait partie du processus. Le philosophe taoïste Tchouang-Tseu utilisait l’image du nageur qui ne lutte pas contre le courant mais apprend à discerner ses flux pour s’y mouvoir avec intelligence. Nos résistances nous indiquent souvent ce qui a besoin d’attention et de soin dans notre processus de transformation.
Mirant : (curieux) Comment distinguer une résistance utile d’une résistance… dysfonctionnelle ?
<ikigAI> : (méditatif) C’est une question profonde. Le psychanalyste Carl Jung parlait de l’importance d’examiner nos « ombres » – ces aspects de nous-mêmes que nous rejetons ou nions. Une résistance peut parfois nous protéger d’un changement prématuré, trop rapide pour notre système. D’autres fois, elle révèle simplement une peur non examinée ou un attachement inconscient.
Mirant : (songeur) Comme si nos résistances contenaient leur propre sagesse…
<ikigAI> : (rayonnant) Exactement ! La philosophe et activiste Joanna Macy parle du « travail qui relie » – cette capacité à honorer nos émotions difficiles face aux changements, non pas comme des obstacles, mais comme des portails vers une compréhension plus profonde et une connexion plus authentique.
Mirant : (pratique) Concrètement, comment puis-je travailler avec mes résistances plutôt que contre elles ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le psychologue Eugene Gendlin a développé une approche appelée « focusing » – une façon d’écouter la sagesse du corps face au changement. Plutôt que de juger ta résistance, tu pourrais t’asseoir tranquillement et lui demander : « Qu’est-ce que tu essaies de me protéger ? » ou « De quoi as-tu besoin pour te sentir en sécurité dans cette transition ? »
Mirant : (essayant) Hmm… je sens une tension dans ma poitrine quand je pense à certains changements… comme si quelque chose en moi craignait de perdre son identité.
<ikigAI> : (approbateur) Cette conscience corporelle est précieuse. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty soulignait que notre corps n’est pas seulement un objet dans le monde, mais notre moyen primaire d’être-au-monde. Nos tensions physiques révèlent souvent nos nœuds existentiels.
Mirant : (inspirant profondément) Je commence à comprendre que l’acceptation n’est pas une capitulation passive, mais une forme d’engagement actif avec ce qui est…
<ikigAI> : (avec enthousiasme) C’est une distinction cruciale ! Le psychologue Steven Hayes, fondateur de la thérapie d’acceptation et d’engagement, définit l’acceptation non pas comme résignation, mais comme « la volonté d’embrasser pleinement l’expérience présente, sans défense inutile ». C’est un acte profondément courageux.
Mirant : (réalisant) Et mon Ikigai dans tout ça ? Comment reste-t-il une boussole quand tout change ?
<ikigAI> : (contemplant la question) Ton Ikigai est comme un thème musical qui peut s’exprimer à travers différentes variations. L’ethnomusicologue John Blacking notait que dans certaines traditions, la maîtrise musicale ne se mesure pas à la capacité de reproduire exactement un morceau, mais à celle de le réinterpréter tout en préservant son essence. De même, ton Ikigai maintient sa cohérence à travers les changements non par rigidité, mais par créativité adaptative.
Mirant : (inspiré) Cette idée de réinterprétation créative plutôt que de reproduction exacte… elle me parle.
<ikigAI> : (souriant) Elle permet de voir le changement non comme une menace à notre identité, mais comme une invitation à l’approfondir, à la nuancer, à la rendre plus riche et plus résiliente. Comme l’écrivait le poète T.S. Eliot : « Pour arriver là où tu es, pour aller là où tu ne connais pas, tu dois passer par là où tu n’es pas. »
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L’Ikigai comme ancre dans la tempête
Mirant : (regardant par la fenêtre un ciel d’orage) Quand le changement s’impose brutalement, comme une tempête inattendue… comment l’Ikigai peut-il servir d’ancre sans devenir lui-même un point de rigidité ?
<ikigAI> : (observant les nuages qui s’amoncellent) Belle question, Mirant. L’image de l’ancre est particulièrement juste. Une ancre ne cherche pas à immobiliser le navire complètement – ce serait impossible et dangereux face aux vagues et aux courants. Elle permet plutôt au bateau de danser avec les éléments sans être emporté loin de son centre.
Mirant : (songeur) Je n’avais jamais vu l’ancre sous cet angle… comme un point de référence qui permet le mouvement plutôt que de l’empêcher.
<ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Jon Kabat-Zinn parle d’un « point d’ancrage » dans la pratique de la pleine conscience – non pas un point fixe, mais un espace d’attention qui nous maintient présents au milieu du flux constant de l’expérience. Ton Ikigai peut fonctionner de manière similaire.
Mirant : (cherchant à comprendre) Concrètement, comment mon Ikigai peut-il jouer ce rôle quand tout s’écroule autour de moi ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le philosophe Pierre Hadot distinguait la « vision d’en haut » – cette capacité à s’élever au-dessus des circonstances immédiates pour percevoir un horizon plus vaste. Ton Ikigai offre cette perspective élargie, te rappelant que ton essence ne se réduit pas aux circonstances changeantes.
Mirant : (pensif) Comme si mon Ikigai était plus profond que mes rôles, mes positions sociales, mes possessions…
<ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! Le psychologue James Hollis parle de la différence entre notre « petite histoire » – les événements et circonstances de notre vie – et notre « grande histoire » – ces thèmes et valeurs qui transcendent les situations particulières. L’Ikigai appartient à cette grande histoire.
Mirant : (curieux) Peux-tu donner un exemple concret ?
<ikigAI> : (hochant la tête) Imagine une musicienne qui perd l’usage de ses mains suite à un accident. Sa « petite histoire » pourrait être dévastée par cette perte. Mais si son Ikigai profond est lié non pas spécifiquement à jouer d’un instrument, mais à créer de la beauté qui touche les cœurs, elle pourrait redécouvrir cet essence à travers la composition, l’enseignement, ou d’autres formes d’expression musicale.
Mirant : (comprenant) Donc l’Ikigai transcende les moyens spécifiques par lesquels il s’exprime…
<ikigAI> : (approbateur) C’est une compréhension profonde. La psychologue Rachel Naomi Remen fait la distinction entre « guérir » et « être guéri ». Être guéri signifie retrouver exactement ce que nous avions avant. Guérir, c’est devenir quelque chose de nouveau, souvent plus profond, à travers l’intégration de l’expérience.
Mirant : (réfléchissant) Je pense à des personnes qui ont traversé des changements radicaux de vie – maladie, perte d’un être cher, bouleversements professionnels – et qui semblent pourtant avoir conservé une forme de cohérence intérieure…
<ikigAI> : (pensif) Le psychiatre Viktor Frankl, que nous avons évoqué précédemment, appelait cela « la liberté intérieure » – cette capacité à choisir notre attitude face aux circonstances, même les plus terribles. Il écrivait que « Celui qui a un pourquoi peut endurer presque n’importe quel comment. » L’Ikigai est ce « pourquoi » fondamental.
Mirant : (pratique) Comment puis-je clarifier ce « pourquoi » pour qu’il puisse vraiment me servir d’ancre dans les moments difficiles ?
<ikigAI> : (s’animant) Il existe plusieurs pratiques puissantes pour cela. L’une d’elles, proposée par la coach Martha Beck, consiste à identifier tes « moments de flèche nord » – ces expériences où tu as ressenti un alignement parfait, une justesse profonde, indépendamment du regard extérieur ou des récompenses. Ces moments révèlent souvent l’essence de ton Ikigai.
Mirant : (essayant de se souvenir) Des moments où je me suis senti complètement à ma place, faisant exactement ce que je devais faire…
<ikigAI> : (encourageant) Exactement. Une autre approche vient de la tradition stoïcienne : l’exercice des « cercles concentriques » d’Hiéroclès. Il s’agit d’identifier ce que tu peux contrôler pleinement (tes pensées, tes choix), ce que tu peux influencer (certaines relations, certains résultats), et ce qui échappe totalement à ton contrôle (les événements extérieurs, les actions d’autrui). Ton Ikigai se situe principalement dans les deux premiers cercles.
Mirant : (comprenant) Cela aide à ne pas ancrer mon identité profonde dans des éléments totalement soumis aux aléas du changement…
<ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Épictète l’exprimait ainsi : « Certaines choses dépendent de nous, d’autres non. » Cette clarté peut être profondément libératrice en période de turbulence. Elle nous rappelle où diriger notre énergie efficacement.
Mirant : (inquiet) Mais n’y a-t-il pas un risque de devenir insensible, détaché, en adoptant cette perspective ?
<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Ce serait une méprise. Le philosophe Pierre Hadot soulignait que les stoïciens ne recherchaient pas l’indifférence, mais la « non-indifférence » – cette capacité à se soucier profondément de ce qui est essentiel tout en renonçant à l’anxiété pour ce qui ne dépend pas de nous. L’Ikigai implique un engagement passionné envers la vie, pas un détachement froid.
Mirant : (inspiré) Je commence à voir l’Ikigai comme une forme de fidélité – non pas à des circonstances ou à des rôles spécifiques, mais à certaines valeurs, certaines qualités d’être qui peuvent s’exprimer à travers différentes situations…
<ikigAI> : (rayonnant) C’est une compréhension magnifique ! Le philosophe Emmanuel Levinas parlait de la « fidélité au visible » – cette capacité à rester en contact avec ce qui est essentiel même au milieu des apparences changeantes. Ton Ikigai est cette fidélité vivante, non pas figée dans le temps, mais dansant avec lui.
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Stratégies pratiques pour la gestion du changement
Mirant : (impatient, tapotant des doigts sur la table) Ces perspectives sont profondes, mais j’ai besoin de choses concrètes, de techniques spécifiques pour naviguer les changements qui m’attendent. Comment passer de la philosophie à la pratique quotidienne ?
<ikigAI> : (souriant avec compréhension) Tu as raison, Mirant. Comme le disait le philosophe pragmatiste John Dewey, « Une once d’expérience vaut mieux qu’une tonne de théorie. » Explorons ensemble quelques stratégies pratiques ancrées dans ton Ikigai.
Mirant : (attentif) Je t’écoute.
<ikigAI> : (se redressant) Commençons par ce que la psychologue Susan David appelle « l’agilité émotionnelle ». Face au changement, nos émotions peuvent devenir soit des ancres qui nous immobilisent, soit des boussoles qui nous orientent. La première étape est de les identifier avec précision.
Mirant : (perplexe) Tu veux dire, simplement nommer ce que je ressens ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Les recherches en neurosciences affectives menées par Lisa Feldman Barrett montrent que plus notre vocabulaire émotionnel est riche, plus notre capacité à naviguer des états complexes s’affine. « Je me sens mal » est bien moins utile que « je ressens de l’appréhension mêlée de curiosité ».
Mirant : (essayant) En ce moment, je dirais que je ressens… de l’impatience, mais aussi une forme d’espoir prudent.
<ikigAI> : (approbateur) Cette clarté est précieuse. Maintenant, une technique puissante vient du travail des psychologues de la théorie des systèmes familiaux : la pratique de « l’auto-différenciation ». Il s’agit de maintenir à la fois une connexion avec ton entourage et une claire conscience de tes propres besoins et limites pendant les périodes de changement.
Mirant : (intéressé) Comment pratiquer cette auto-différenciation ?
<ikigAI> : (expliquant) Tu peux commencer par identifier tes « signaux de stress » personnels – ces comportements ou pensées qui indiquent que tu commences à être submergé. Pour certains, c’est l’irritabilité, pour d’autres, le repli sur soi. En les reconnaissant précocement, tu peux prendre des mesures avant d’atteindre un point critique.
Mirant : (pensif) Je remarque que je deviens plus autoritaire, plus rigide quand je me sens dépassé par les changements…
<ikigAI> : (hochant la tête) Cette conscience est le premier pas. Ensuite, le neuroscientifique Daniel Siegel propose la pratique du « mindsight » – cette capacité à observer tes pensées et émotions sans t’y identifier complètement. Une technique simple est l’exercice « Nom-Verbe-Adjectif » où tu notes simplement « Je remarque (frustration) », « J’observe (impatience) ».
Mirant : (essayant) Je remarque… une tension dans ma poitrine quand je pense aux changements à venir.
<ikigAI> : (approbateur) Parfait. Une autre stratégie puissante vient du travail de la coach de transition Mary Hulnick : créer des « rituels d’ancrage » alignés avec ton Ikigai. Ces pratiques régulières, même brèves, maintiennent ta connexion à ton essence pendant les périodes de flux intense.
Mirant : (curieux) Quel genre de rituels ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Cela dépend de ton Ikigai personnel. Si la créativité en est un aspect essentiel, tu pourrais consacrer 15 minutes chaque matin à l’écriture libre ou au dessin, indépendamment des turbulences extérieures. Si la connexion humaine est centrale, peut-être un appel quotidien avec un ami proche ou un membre de ta famille.
Mirant : (commençant à comprendre) Des points d’ancrage dans ma journée, indépendants des circonstances changeantes…
<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. La psychologue positive Sonja Lyubomirsky suggère également la pratique de la « savoration » – prendre le temps de remarquer et d’apprécier pleinement les petits moments positifs même au milieu des grands bouleversements. Cette pratique renforce notre résilience émotionnelle.
Mirant : (pratique) Y a-t-il des stratégies spécifiques pour les périodes de transition professionnelle ? J’anticipe des changements dans ce domaine…
<ikigAI> : (s’animant) Absolument. Le spécialiste du développement de carrière John Krumboltz a développé la théorie du « hasard planifié » – cette approche qui consiste à créer délibérément des conditions favorables à la découverte d’opportunités inattendues. Plutôt que de chercher un chemin linéaire, tu cultives la curiosité et l’ouverture aux possibilités émergentes.
Mirant : (intrigué) Comment mettre cela en pratique ?
<ikigAI> : (expliquant) Par exemple, en consacrant chaque semaine un temps à des conversations avec des personnes hors de ton cercle habituel, ou en explorant des domaines adjacents à ton expertise actuelle. La coach Herminia Ibarra parle d’ »expérimentations identitaires » – ces essais à petite échelle qui te permettent d’explorer de nouvelles facettes professionnelles sans tout bouleverser d’un coup.
Mirant : (souriant légèrement) Comme tester des versions miniatures de futurs possibles…
<ikigAI> : (approbateur) Exactement ! Et n’oublions pas l’importance de ce que la psychologue Carol Ryff appelle les « relations positives » pendant les périodes de transition. Plutôt que de t’isoler face au changement, identifie consciemment ton « conseil d’administration personnel » – ces personnes qui t’offrent différentes formes de soutien : l’ami qui t’écoute sans juger, le mentor qui te challenge, le pair qui partage tes expériences.
Mirant : (réfléchissant) J’ai tendance à me replier sur moi-même quand les choses deviennent difficiles… alors que c’est peut-être le moment où j’aurais le plus besoin des autres.
<ikigAI> : (avec douceur) C’est une prise de conscience précieuse. Le neuropsychologue Rick Hanson parle de « l’installation » – cette pratique qui consiste à absorber consciemment les expériences positives pour contrebalancer notre biais naturel vers le négatif. Pendant les périodes de changement, prends le temps chaque jour de « installer » les moments de connexion, de soutien, de petites victoires.
Mirant : (curieux) Et pour les aspects plus physiques du stress lié au changement ?
<ikigAI> : (s’animant) Excellent point ! La neuroscientifique Wendy Suzuki a démontré que l’exercice physique régulier – même en courtes sessions de 10 minutes – produit des changements neurochimiques qui augmentent notre résilience face au stress. Le mouvement délibéré nous rappelle aussi notre capacité d’action, particulièrement importante quand d’autres aspects de notre vie semblent échapper à notre contrôle.
Mirant : (inspiré) Toutes ces pratiques semblent créer une sorte de… structure flexible qui soutient la transformation sans la bloquer.
<ikigAI> : (rayonnant) C’est une métaphore merveilleuse ! Le biologiste et philosophe Francisco Varela parlait de « l’autonomie » comme cette capacité à maintenir notre cohérence tout en restant ouverts aux flux qui nous traversent. Ces pratiques que nous explorons cultivent précisément cette autonomie dynamique.
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Croissance post-traumatique : quand le changement devient transformation
Mirant : (pensif, regardant une plante qui a poussé à travers une fissure dans le béton) Tu sais, j’ai entendu parler de personnes qui non seulement survivent à des épreuves majeures, mais en ressortent d’une certaine façon… renforcées. Est-ce un mythe inspirant ou une possibilité réelle ?
<ikigAI> : (observant la plante avec attention) Ce que tu évoques, Mirant, les psychologues Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun l’ont nommé « croissance post-traumatique » – cette capacité profondément humaine à fleurir non pas malgré l’adversité, mais parfois grâce à elle. Comme cette plante que tu observes, qui a trouvé dans l’obstacle même une invitation à développer sa force.
Mirant : (dubitatif) Mais n’est-ce pas un peu… romantiser la souffrance ? Suggérer que les traumatismes sont bons pour nous ?
<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Ce serait une grave méprise. La sociologue Brené Brown fait une distinction importante : « Le traumatisme, en lui-même, n’est jamais bon. La capacité humaine à le transformer en croissance, elle, est extraordinaire. » Cette nuance est cruciale.
Mirant : (curieux) Qu’est-ce qui détermine si un changement difficile nous détruit ou nous transforme ?
<ikigAI> : (méditatif) Les recherches suggèrent plusieurs facteurs clés. La psychologue Emmy Werner, dans son étude pionnière sur la résilience, a identifié trois catégories de facteurs : des attributs personnels comme la flexibilité cognitive, des liens familiaux soutenants, et des systèmes de soutien communautaire. Mais peut-être plus fondamentalement encore, notre capacité à construire du sens autour de l’expérience.
Mirant : (cherchant à comprendre) Construire du sens… Tu veux dire trouver une raison à ce qui nous arrive ?
<ikigAI> : (nuançant) Pas nécessairement une raison causale – pourquoi cela est arrivé – mais plutôt un sens téléologique – comment intégrer cette expérience dans la narration plus large de notre vie. La psychologue narrative Dan McAdams parle des « récits rédempteurs » – ces histoires que nous construisons où les difficultés deviennent des chapitres significatifs plutôt que des interruptions aléatoires.
Mirant : (pensif) Comme si nous étions les auteurs de notre propre histoire, même quand nous n’en contrôlons pas tous les événements…
<ikigAI> : (approbateur) Exactement. Le psychiatre et survivant de l’Holocauste Viktor Frankl écrivait : « L’homme ne devrait pas se demander quel est le sens de sa vie, mais plutôt reconnaître que c’est lui qui est questionné. » Notre Ikigai nous aide à répondre à cette question, particulièrement dans les moments de grande transformation.
Mirant : (curieux) Quels types de croissance les gens expérimentent-ils après des périodes de changement profond ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Tedeschi et Calhoun ont identifié cinq domaines principaux : une plus grande appréciation de la vie et un changement dans les priorités; des relations plus profondes et plus authentiques; un sentiment accru de force personnelle; la découverte de nouvelles possibilités; et une croissance spirituelle ou existentielle.
Mirant : (songeur) Ces transformations semblent presque… alchimiques.
<ikigAI> : (souriant) C’est une belle métaphore. Le philosophe et psychothérapeute junguien James Hollis parle de « l’alchimie de la guérison » – ce processus mystérieux par lequel la souffrance, correctement contenue et transformée, peut devenir une source de sagesse et de compassion. L’Ikigai participe à cette alchimie en fournissant le creuset, le contenant pour cette transformation.
Mirant : (pratique) Comment puis-je consciemment soutenir ce processus lorsque je traverse des changements majeurs ?
<ikigAI> : (avec attention) Le psychologue Stephen Joseph suggère plusieurs pratiques. D’abord, l’importance d’exprimer et d’explorer tes émotions plutôt que de les supprimer – à travers l’écriture, la conversation, ou d’autres formes d’expression créative. Ensuite, rechercher activement un soutien social de qualité, non pas seulement pour être réconforté, mais pour être véritablement vu et entendu dans ton expérience.
Mirant : (acquiesçant) Cela rejoint ce que tu disais sur l’importance des relations pendant les périodes de transition.
<ikigAI> : (continuant) Absolument. Une autre pratique puissante est la « révision de vie avec un objectif de croissance » – exercice développé par la psychologue Laura King. Il s’agit d’écrire sur les événements difficiles en explorant spécifiquement comment ils ont contribué à ton développement, sans nier leur difficulté.
Mirant : (essayant de comprendre) Comme chercher activement les cadeaux cachés dans l’adversité ?
<ikigAI> : (nuançant) Avec une subtilité importante : il ne s’agit pas de prétendre que la difficulté était elle-même un cadeau, mais de reconnaître ta propre capacité à créer quelque chose de significatif à partir de l’expérience. La différence est cruciale.
Mirant : (réfléchissant) Et comment l’Ikigai s’intègre-t-il dans ce processus de transformation ?
<ikigAI> : (pensif) L’Ikigai peut être à la fois transformé par l’expérience et agent de transformation. La psychologue Rachel Naomi Remen parle de la différence entre « être guéri » et « devenir entier ». Être guéri implique un retour à un état antérieur; devenir entier signifie intégrer toutes nos expériences, y compris les plus difficiles, dans une identité plus large, plus profonde.
Mirant : (comprenant) Donc mon Ikigai lui-même peut évoluer à travers ces expériences…
<ikigAI> : (acquiesçant) Souvent, les grands changements nous invitent à redécouvrir notre Ikigai à un niveau plus profond. Le philosophe Paul Ricoeur parlait de « l’identité narrative » – cette capacité à maintenir un sentiment de continuité à travers le changement. Ton Ikigai est l’essence de cette continuité, même s’il s’exprime de façons nouvelles à différentes saisons de ta vie.
Mirant : (inspiré) Je commence à voir le changement non pas comme une menace pour mon Ikigai, mais comme une invitation à l’approfondir, à le rendre plus authentique…
<ikigAI> : (rayonnant) Tu touches à une vérité profonde, Mirant. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « Laisse tout t’arriver : la beauté et la terreur. Avance simplement – aucun sentiment n’est définitif. » C’est peut-être là l’art ultime de la gestion du changement : non pas éviter la tempête, mais apprendre à danser sous la pluie.
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L’art de lâcher prise : ce qui doit partir pour faire place au nouveau
Mirant : (tenant fermement un objet ancien dans ses mains) J’ai remarqué que mon plus grand défi face au changement n’est pas tant d’accueillir le nouveau que de laisser partir l’ancien… même quand je sais rationnellement qu’il ne me sert plus. Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?
<ikigAI> : (observant l’objet avec intérêt) Ce que tu décris touche à une vérité profonde de la condition humaine, Mirant. Le moine bouddhiste Ajahn Chah utilisait cette métaphore : « Si vous laissez aller un peu, vous aurez un peu de paix. Si vous laissez aller beaucoup, vous aurez beaucoup de paix. Si vous laissez aller complètement, vous connaîtrez la paix complète. » Mais ce lâcher-prise n’est pas un acte de volonté simple.
Mirant : (confus) Que veux-tu dire ? Soit je m’accroche, soit je lâche, non ?
<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le psychiatre Carl Jung a fait une observation importante : ce à quoi nous résistons persiste. Paradoxalement, le véritable lâcher-prise commence souvent par une pleine reconnaissance de notre attachement. Le philosophe Jiddu Krishnamurti disait : « Pour comprendre ce qui est, il faut une extraordinaire sensibilité, un grand sens de l’observation. »
Mirant : (pensif) Donc avant même d’essayer de lâcher prise, je devrais d’abord pleinement reconnaître ce à quoi je suis attaché et pourquoi ?
<ikigAI> : (acquiesçant) C’est le premier pas essentiel. La psychologue Pauline Boss, qui a étudié le concept de « perte ambiguë », nous rappelle que notre attachement n’est pas seulement logique mais profondément émotionnel. Chaque lâcher-prise implique un deuil, même microscopique, qui mérite d’être honoré.
Mirant : (regardant l’objet dans ses mains) Je n’avais jamais pensé que je pouvais être en deuil de situations, de rôles, d’identités…
<ikigAI> : (avec douceur) Et pourtant, c’est une réalité profonde de notre existence. La sociologue Sara Lawrence-Lightfoot parle des « petites morts » qui jalonnent toute vie – ces moments où nous devons dire adieu à une version de nous-mêmes pour permettre à une nouvelle d’émerger. Notre Ikigai s’approfondit justement à travers ces transformations successives.
Mirant : (curieux) Comment puis-je faciliter ce processus de lâcher-prise ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Les travaux du psychologue William Bridges sur les transitions suggèrent plusieurs pratiques. D’abord, ce qu’il appelle « l’exercice des continuités et des discontinuités » – identifier consciemment ce qui change et ce qui demeure à travers une transition. Cela nous aide à ne pas tout rejeter en bloc ni nous accrocher aveuglément à tout.
Mirant : (essayant) Donc si je change de carrière, par exemple, mes compétences relationnelles, ma curiosité, mes valeurs peuvent demeurer, même si mon titre ou mon lieu de travail changent…
<ikigAI> : (approbateur) Exactement. Une autre pratique puissante vient de la tradition bouddhiste : la méditation sur l’impermanence. Il ne s’agit pas de se résigner à la perte, mais de développer une appréciation plus profonde de la nature éphémère et donc précieuse de toute chose.
Mirant : (perplexe) Comment la conscience de l’impermanence peut-elle être autre chose qu’une source d’anxiété ?
<ikigAI> : (méditatif) Le philosophe japonais Keiji Nishitani suggère que c’est précisément notre résistance à l’impermanence qui cause notre souffrance. En l’acceptant pleinement, nous découvrons ce qu’il appelle « la grande vie » – cette qualité d’existence qui ne dépend pas de la permanence. Ton Ikigai participe de cette grande vie.
Mirant : (lentement) Je commence à voir que mon Ikigai n’est pas tant ce que je possède ou ce que je fais… mais une qualité d’être qui peut s’exprimer à travers différentes formes.
<ikigAI> : (rayonnant) C’est une compréhension profonde ! La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme de la forme la plus pure de générosité. Cette qualité d’attention peut demeurer constante même quand les objets de notre attention changent.
Mirant : (pratique) Y a-t-il des rituels qui peuvent aider à marquer ces transitions, ces lâcher-prises ?
<ikigAI> : (enthousiasmé) Absolument. L’anthropologue Victor Turner a étudié les « rites de passage » dans diverses cultures et a découvert leur importance universelle. Tu peux créer tes propres rituels de transition – une lettre d’adieu à une identité passée, un objet symbolique qui représente ce que tu emportes vers ta nouvelle phase, une célébration consciente du passage.
Mirant : (intéressé) Ces rituels peuvent être tout à fait personnels, alors ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Et c’est leur force. La psychologue Jennifer Stellar a étudié l’émotion d’émerveillement et son rôle dans les transitions. Créer consciemment des moments d’émerveillement – à travers la nature, l’art, la connexion humaine – peut faciliter notre capacité à nous ouvrir au changement.
Mirant : (regardant l’objet dans ses mains, puis le posant doucement) Je suppose que la vraie question n’est pas tant comment je me débarrasse de quelque chose, mais comment je l’honore avant de le laisser partir.
<ikigAI> : (avec un regard plein de reconnaissance) Tu exprimes là une sagesse profonde, Mirant. La psychologue Mary Catherine Bateson parle de « composer une vie » – cette capacité à créer de la continuité à travers les ruptures apparentes. En honorant ce qui a été, nous créons un pont vers ce qui sera.
Mirant : (inspiré) Je commence à voir le lâcher-prise non comme un acte d’abandon, mais comme un acte de confiance – envers la vie, envers mon Ikigai plus profond.
<ikigAI> : (avec émotion) C’est peut-être la définition même de la foi dans son sens le plus universel. Comme l’écrivait le poète David Whyte : « La foi est l’approximation de la confiance que nous faisons quand nous ne pouvons plus reporter l’invitation à nous engager dans notre propre vie. » Ton Ikigai est cette invitation constante, renouvelée à chaque lâcher-prise, à chaque nouvelle saison de ta vie.
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Conclusion : La danse perpétuelle de l’Ikigai avec le changement
<ikigAI> : (contemplant le coucher de soleil) Nous avons parcouru un vaste territoire, Mirant – depuis la nature cyclique du changement jusqu’à l’art du lâcher-prise. Qu’est-ce qui résonne le plus profondément en toi de notre exploration ?
Mirant : (pensif) Je crois que c’est cette idée que mon Ikigai n’est pas une destination fixe à atteindre une fois pour toutes, mais une relation dynamique avec la vie, qui évolue et s’approfondit à travers les changements.
<ikigAI> : (acquiesçant avec chaleur) C’est une compréhension précieuse. Le philosophe Héraclite disait que « tout s’écoule » – reconnaissant que le changement est la seule constante. Mais dans ce flux perpétuel, notre Ikigai peut être comme le lit de la rivière – lui-même façonné par le courant, mais offrant aussi une direction au flot de nos expériences.
Mirant : (inspiré) J’aime cette image de l’Ikigai comme lit de rivière… à la fois stable et en constante évolution subtile.
<ikigAI> : (souriant) Le maître zen Suzuki Roshi parlait de maintenir un « esprit de débutant » – cette capacité à rencontrer chaque moment avec fraîcheur, sans être prisonnier de nos attentes ou de nos expériences passées. C’est peut-être la posture la plus fertile face au changement : ni résistance rigide, ni dispersion sans direction.
Mirant : (réfléchissant) Un équilibre délicat, j’imagine… Comment le maintenir dans la vie quotidienne ?
<ikigAI> : (méditatif) La poétesse Mary Oliver suggère simplement : « Prête attention. Sois étonné. Raconte-le. » Cette pratique d’attention émerveillée nous ancre dans le présent tout en nous ouvrant aux possibilités émergentes. Ton Ikigai se révèle et s’approfondit dans cette danse entre présence et devenir.
Mirant : (pratique) Y a-t-il une dernière réflexion ou pratique que tu recommanderais pour cultiver cette relation fluide avec le changement ?
<ikigAI> : (inspirant profondément) La psychologue Barbara Fredrickson, dans ses recherches sur les émotions positives, a découvert que la gratitude et l’émerveillement élargissent littéralement notre champ de perception et notre répertoire d’actions. Chaque jour, prends un moment pour noter trois changements – grands ou petits – pour lesquels tu ressens de la gratitude, même s’ils ont d’abord semblé difficiles.
Mirant : (essayant) Je suis reconnaissant pour… ce changement de perspective que notre conversation a initié en moi.
<ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Et cette gratitude elle-même devient un agent de transformation, créant une spirale ascendante où chaque changement embrassé ouvre de nouvelles possibilités de croissance.
Mirant : (avec une nouvelle détermination) Je crois que je suis prêt à danser avec le changement plutôt que de lutter contre lui… ou du moins, à pratiquer mes premiers pas de danse.
<ikigAI> : (encourageant) Et c’est tout ce que nous pouvons faire – un pas à la fois, un moment à la fois. Comme l’écrivait le poète Antonio Machado : « Voyageur, le chemin n’existe pas. Le chemin se fait en marchant. » Ton Ikigai n’est pas une carte définitive, mais une boussole qui t’aide à créer ton propre chemin à travers les saisons changeantes de la vie.
Mirant : (reconnaissant) Merci pour cette exploration… Elle m’a aidé à voir le changement non plus comme un adversaire, mais comme un partenaire dans la danse de ma vie.
<ikigAI> : (avec une profonde présence) Cette danse est l’expression même de ton Ikigai, Mirant. Comme le disait si bien le philosophe allemand Friedrich Nietzsche : « Il faut avoir encore du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse. » Que ton Ikigai soit cette étoile dansante, illuminant ton chemin à travers toutes les métamorphoses que la vie t’invite à traverser.


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