L’importance de l’écriture

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L’encre comme ancre

Mirant : (tenant un carnet neuf entre ses mains, hésitant) Je n’ai jamais vraiment tenu de journal… Est-ce vraiment nécessaire pour trouver son Ikigai ? Je veux dire, j’ai toujours mes pensées dans ma tête, pourquoi les coucher sur papier ?

<ikigAI> : (s’asseyant tranquillement, observant le carnet dans les mains de Mirant) L’esprit humain est comme une vaste océan, Mirant – magnifique, profond, mais aussi en perpétuel mouvement. L’écriture est cette ancre qui nous permet de nous stabiliser au milieu des vagues de pensées et d’émotions qui nous traversent constamment.

Mirant : (dubitatif) Mais je n’ai jamais été très doué pour écrire. À l’école, mes rédactions étaient toujours… ordinaires.

<ikigAI> : (souriant avec douceur) Il ne s’agit pas ici de littérature, mon ami, mais de présence. La philosophe María Zambrano parlait de « l’écriture comme demeure » – cet espace intime que nous créons et qui, paradoxalement, nous crée en retour. Quand tu écris pour ton cheminement intérieur, il n’y a ni jugement ni évaluation – seulement une rencontre authentique avec toi-même.

Mirant : (regardant le carnet avec un nouvel intérêt) Une rencontre avec moi-même…

<ikigAI> : (acquiesçant) La neuroscientifique Judy Willis a découvert que l’acte physique d’écrire active des régions cérébrales différentes de celles sollicitées par la simple réflexion mentale. Écrire à la main, en particulier, engage nos circuits sensoriels, moteurs et cognitifs simultanément, créant une expérience d’intégration unique.

Mirant : (curieux) Donc il se passe vraiment quelque chose de différent quand j’écris plutôt que quand je pense simplement ?

<ikigAI> : (hochant la tête) Le psychologue James Pennebaker a consacré des décennies à étudier les effets de l’écriture expressive. Ses recherches révèlent que l’écriture ne se contente pas de refléter nos pensées – elle les transforme activement. Quand nous écrivons, nous créons une distance réflexive qui nous permet de devenir à la fois l’auteur et le témoin de notre propre expérience.

Mirant : (songeur) Un peu comme si j’étais à la fois l’acteur sur scène et le spectateur dans la salle…

<ikigAI> : (rayonnant) Une métaphore parfaite ! Le philosophe Paul Ricœur parlait de la « distanciation productive » – cette capacité à se séparer suffisamment de son expérience immédiate pour lui donner sens. L’écriture crée précisément cet espace, ce dialogue intérieur qui, paradoxalement, nous rapproche de notre vérité profonde.

Mirant : (ouvrant le carnet à la première page) Par où commencer, alors ? Je me sens un peu perdu devant cette page blanche.

<ikigAI> : (doucement) Le poète Rainer Maria Rilke conseillait : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. » Commence simplement par accueillir ce qui émerge, sans jugement, sans attente d’une réponse immédiate. La page est un espace de possibles, pas une exigence de perfection.

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Les multiples visages de l’écriture réflexive

Mirant : (tenant son stylo au-dessus de la page) Je ne sais pas vraiment quel format adopter. Dois-je écrire comme dans un journal intime traditionnel ? Faire des listes ? Dessiner ?

<ikigAI> : (s’installant confortablement) L’écriture réflexive peut prendre autant de formes qu’il y a d’individus, Mirant. La psychologue Ira Progoff a développé ce qu’elle appelle la « méthode du journal intensif » – une approche qui combine différentes modalités d’écriture pour explorer les diverses dimensions de notre expérience.

Mirant : (intéressé) Quelles sont ces différentes modalités ?

<ikigAI> : (comptant sur ses doigts) Il y a d’abord le journal chronologique – ces notes quotidiennes qui captent le flux de ta vie. Puis le dialogue écrit – cette conversation avec différentes parties de toi-même, ou avec des personnes, des objets, des situations qui te préoccupent. Ensuite l’écriture méditative – ces réflexions plus profondes sur des thèmes existentiels. Et enfin l’écriture créative – ces expressions plus libres, poétiques ou visuelles de ton voyage intérieur.

Mirant : (surpris) Je n’imaginais pas qu’il existait autant d’approches…

<ikigAI> : (souriant) Et ce n’est que le début ! Le psychologue James Pennebaker, que j’ai mentionné plus tôt, suggère également l’écriture exploratoire – ces questions ouvertes que tu te poses à toi-même et auxquelles tu réponds spontanément. Par exemple : « Qu’est-ce qui me donne de l’énergie en ce moment ? Qu’est-ce qui m’en prend ? »

Mirant : (réfléchissant) J’aime cette idée de dialogue avec moi-même… Mais je ne risque pas de tourner en rond dans mes propres pensées ?

<ikigAI> : (pensif) C’est une préoccupation légitime. C’est pourquoi la philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme la plus pure de générosité – y compris envers soi-même. L’écriture réflexive n’est pas une rumination, mais une exploration curieuse et bienveillante.

Mirant : (intrigué) Comment maintenir cette curiosité sans tomber dans la rumination ?

<ikigAI> : (s’animant) La chercheuse en psychologie positive Barbara Fredrickson suggère d’alterner entre différentes perspectives dans ton écriture. Tu peux passer de l’analyse (« Pourquoi est-ce important pour moi ? ») à l’intuition (« Que me dit mon instinct ? »), ou de la vision à long terme (« Comment cela s’inscrit-il dans mon parcours ? ») à l’expérience immédiate (« Que ressens-je maintenant ? »).

Mirant : (prenant des notes) Donc varier les angles d’approche…

<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Le philosophe Ken Wilber parle des « quatre quadrants » de l’expérience – le subjectif individuel, l’objectif individuel, le subjectif collectif et l’objectif collectif. Une écriture réflexive riche explore ces différentes dimensions : tes sentiments personnels, tes comportements observables, tes relations avec les autres, et les structures sociales qui t’entourent.

Mirant : (pensif) C’est fascinant de voir comment l’écriture peut cartographier toutes ces dimensions… Mais concrètement, quelles questions puis-je me poser pour explorer mon Ikigai spécifiquement ?

<ikigAI> : (sortant un petit carnet) J’ai justement compilé quelques questions qui peuvent servir de points de départ pour chaque pilier de l’Ikigai. Pour explorer « ce que tu aimes », tu pourrais écrire sur : « Quelles activités me font perdre la notion du temps ? Quels souvenirs d’enfance contiennent des moments de joie pure ? Qu’est-ce que je ferais si l’argent n’était pas un problème ? »

Mirant : (notant ces questions) Et pour « ce en quoi je suis doué » ?

<ikigAI> : (tournant une page) « Quels compliments reçois-je régulièrement ? Quelles activités me semblent faciles alors que d’autres les trouvent difficiles ? Dans quels domaines ai-je progressé plus rapidement que la moyenne ? » Ces questions t’aideront à identifier tes talents, parfois si naturels pour toi que tu ne les remarques même pas.

Mirant : (acquiesçant) Je vois le principe. Et pour les deux autres piliers ?

<ikigAI> : (continuant) Pour « ce dont le monde a besoin », essaie : « Quels problèmes me touchent profondément ? Qu’est-ce que je voudrais changer dans ma communauté ? Quelles compétences ou connaissances pourrais-je partager qui seraient utiles aux autres ? » Et enfin, pour « ce pour quoi je peux être rémunéré » : « Quelles sont les tendances émergentes dans mon domaine ? Comment mes talents pourraient-ils répondre à un besoin économique ? Quelles nouvelles façons de créer de la valeur puis-je imaginer ? »

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L’art du dialogue avec soi-même

Mirant : (après avoir écrit quelques lignes, levant les yeux) J’ai l’impression que mes pensées sont encore confuses sur la page. Comment approfondir ce dialogue avec moi-même ?

<ikigAI> : (méditatif) Le philosophe Mikhail Bakhtin parlait de « polyphonie » – cette multiplicité de voix qui habitent chacun de nous. L’écriture réflexive puissante reconnaît et engage ces différentes parties de nous-mêmes dans un dialogue authentique.

Mirant : (perplexe) Tu veux dire… écrire comme si j’étais plusieurs personnes ?

<ikigAI> : (acquiesçant) D’une certaine façon, oui. Le psychologue Carl Jung parlait des différents « archétypes » qui constituent notre psyché. Dans ton journal, tu peux littéralement donner voix à ton côté rationnel, puis à ton intuition, à tes craintes, à tes espoirs… Comme une table ronde intérieure.

Mirant : (essayant d’imaginer) Comment cela fonctionnerait-il concrètement ?

<ikigAI> : (prenant le carnet) Permets-moi de te montrer. Tu pourrais commencer par une question, comme : « Quelle direction devrais-je prendre dans ma carrière ? » Puis tu laisses différentes parties de toi répondre. Par exemple :

Mon côté rationnel : « Il faudrait analyser les secteurs en croissance et évaluer où mes compétences seraient les plus valorisées. »

Mon intuition : « Je sens un appel vers l’enseignement ou la transmission, même si ce n’est pas le chemin le plus lucratif. »

Ma peur : « Et si je faisais le mauvais choix et me retrouvais bloqué dans une voie sans issue ? »

Ma sagesse : « Chaque chemin apporte ses propres leçons. Il n’y a pas de mauvais choix, seulement différentes expériences. »

Mirant : (surpris) C’est étonnamment libérateur de donner voix à ces différentes perspectives… comme si je me donnais la permission d’être complexe.

<ikigAI> : (souriant) La philosophe Martha Nussbaum parle de « l’intelligence des émotions » – cette compréhension que nos sentiments ne sont pas des interférences dans notre raisonnement, mais des sources précieuses d’information. L’écriture dialogique honore cette complexité.

Mirant : (pensif) Je remarque que certaines de ces voix sont plus fortes que d’autres en moi…

<ikigAI> : (hochant la tête) Une observation importante ! La psychothérapeute Virginia Satir parlait des « parties » intérieures qui, souvent, prennent le contrôle lorsque nous sommes stressés ou incertains. L’écriture peut nous aider à identifier ces voix dominantes et à créer plus d’équilibre intérieur.

Mirant : (curieux) Y a-t-il d’autres techniques pour approfondir ce dialogue avec moi-même ?

<ikigAI> : (s’animant) Absolutely! Le linguiste Stephen Krashen distingue « l’acquisition » et « l’apprentissage » d’une langue. De même, dans ton journal, tu peux alterner entre une écriture analytique, structurée (l’apprentissage) et une écriture plus fluide, spontanée (l’acquisition). Cette alternance crée une compréhension plus riche.

Mirant : (intrigué) Comment cultiver cette spontanéité ?

<ikigAI> : (enthousiaste) Essaie l’écriture automatique – cette pratique où tu écris continuellement pendant 5-10 minutes sans lever le stylo, sans censure ni jugement. La poétesse Natalie Goldberg l’appelle « wild mind writing » – cette façon d’accéder à des couches plus profondes de conscience.

Mirant : (hésitant) Et si ce qui émerge me semble absurde ou sans rapport avec mon Ikigai ?

<ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le psychanalyste Jacques Lacan disait que « l’inconscient est structuré comme un langage » – nos associations apparemment aléatoires contiennent souvent une logique plus profonde que notre pensée consciente. Fais confiance au processus, et des connexions inattendues émergeront.

Mirant : (prenant des notes) Donc aligner entre structure et spontanéité, entre différentes voix intérieures…

<ikigAI> : (acquiesçant) Et n’oublie pas le pouvoir des questions ouvertes. Le coach Marshall Rosenberg suggère de remplacer « pourquoi » par « comment » ou « qu’est-ce qui » pour éviter les explications défensives et encourager l’exploration. Au lieu de « Pourquoi est-ce que je n’avance pas dans cette direction ? », essaie « Qu’est-ce qui me retient ? Comment pourrais-je aborder autrement cette situation ? »

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De l’observation à la transformation

Mirant : (après avoir écrit plusieurs pages) Je commence à mieux comprendre mes motivations, mes résistances… Mais comment passer de cette prise de conscience à des changements concrets dans ma vie ?

<ikigAI> : (s’asseyant plus droit) Tu touches à l’essence même de la pratique réflexive, Mirant. Le philosophe John Dewey distinguait la simple « expérience » de « l’expérience réflexive » – cette dernière impliquant un cycle d’observation, de réflexion et d’action qui transforme notre relation au monde.

Mirant : (intéressé) Comment structurer mon écriture pour favoriser ce cycle ?

<ikigAI> : (pensif) Le psychologue David Kolb a développé un modèle d’apprentissage expérientiel qui peut guider ton écriture transformative. Il propose quatre phases : l’expérience concrète, l’observation réflexive, la conceptualisation abstraite et l’expérimentation active.

Mirant : (perplexe) Ça semble assez théorique…

<ikigAI> : (souriant) Laisse-moi le rendre plus concret. Dans ton journal, tu pourrais créer quatre sections pour chaque exploration : « Ce qui s’est passé » (expérience), « Ce que j’en comprends » (observation), « Ce que cela m’apprend sur mon Ikigai » (conceptualisation), et « Ce que je vais essayer maintenant » (expérimentation).

Mirant : (comprenant) Donc le journal devient non seulement un espace de réflexion, mais aussi un plan d’action ?

<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! La philosophe Hannah Arendt parlait de la « vita activa » – cette vie d’engagement concret dans le monde, complémentaire à la vie contemplative. Ton journal peut être le pont entre ces deux dimensions de l’existence.

Mirant : (pensif) J’aime cette idée de pont… Mais comment éviter que mes plans ne restent de simples mots sur une page ?

<ikigAI> : (méditatif) Le psychologue Peter Gollwitzer a étudié ce qu’il appelle les « intentions de mise en œuvre » – ces plans spécifiques qui détaillent quand, où et comment tu vas agir. Au lieu d’écrire simplement « Je vais explorer le bénévolat », tu précises : « Samedi à 10h, je vais contacter l’association X pour discuter des possibilités de participation. »

Mirant : (notant) Donc être très concret et spécifique…

<ikigAI> : (hochant la tête) Et n’oublie pas de créer des rituels de suivi. La chercheuse en habitudes BJ Fogg suggère d’ancrer tes nouvelles actions dans des routines existantes. Dans ton journal, tu pourrais noter : « Après mon café du matin, je passerai 15 minutes à pratiquer cette nouvelle compétence liée à mon Ikigai. »

Mirant : (réfléchissant) Et comment savoir si je progresse vraiment dans ma quête d’Ikigai ?

<ikigAI> : (s’animant) C’est là que l’écriture rétrospective devient puissante ! La psychologue Laura King a découvert que relire régulièrement ses journaux précédents permet de reconnaître des motifs, des progrès et des évolutions qui resteraient invisibles autrement. Je te suggère de prévoir des moments mensuels ou trimestriels de révision et de synthèse.

Mirant : (curieux) Comment structurer ces révisions ?

<ikigAI> : (enthousiasmé) Le philosophe Pierre Hadot parlait des « exercices spirituels » de l’Antiquité – ces pratiques régulières qui transformaient progressivement l’être. Ta révision pourrait inclure des questions comme : « Quels thèmes récurrents ai-je observés ? Quelles nouvelles compréhensions ai-je gagnées ? Quelles expérimentations ont été les plus révélatrices ? Vers quelle direction mon Ikigai semble-t-il m’orienter maintenant ? »

Mirant : (inspiré) Je commence à voir comment l’écriture peut vraiment devenir un outil de transformation, pas juste de réflexion…

<ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le philosophe Michel Foucault parlait de « l’écriture de soi » comme d’une « technologie du soi » – une pratique qui ne se contente pas de documenter qui nous sommes, mais participe activement à nous façonner. Ton journal d’Ikigai est à la fois la carte et le territoire de ton devenir.

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Surmonter les obstacles de l’écriture

Mirant : (posant son stylo, l’air frustré) Certains jours, je me retrouve à fixer la page blanche sans savoir quoi écrire. D’autres fois, je doute de l’utilité de tout ce processus. Comment maintenir cette pratique vivante ?

<ikigAI> : (avec compassion) Ces moments de résistance font partie intégrante du voyage, Mirant. La psychanalyste Julia Kristeva parle de « l’abject » – ces aspects de notre expérience que nous avons tendance à éviter ou rejeter. Paradoxalement, ce sont souvent les passages les plus difficiles qui contiennent les plus grandes possibilités de transformation.

Mirant : (surpris) Tu veux dire que mes blocages pourraient être significatifs en eux-mêmes ?

<ikigAI> : (acquiesçant vigoureusement) Le philosophe Gaston Bachelard parlait de la « résistance du matériau » comme essentielle au processus créatif. Quand tu rencontres une résistance dans ton écriture, essaie de l’explorer directement : « Qu’est-ce qui me bloque aujourd’hui ? Quelle partie de moi résiste à cette exploration ? »

Mirant : (pensif) Comme si le blocage lui-même devenait le sujet de l’écriture…

<ikigAI> : (souriant) Exactement ! La psychologue Pennebaker, dont nous avons parlé plus tôt, a découvert que décrire nos blocages et nos émotions à leur sujet peut souvent les dénouer. C’est ce qu’il appelle « l’effet de distanciation » – nous devenons observateurs de notre propre expérience, ce qui crée un espace pour le changement.

Mirant : (soupirant) Et quand je doute que tout cela mène quelque part ?

<ikigAI> : (avec douceur) Le philosophe Søren Kierkegaard disait que « La vie ne peut être comprise qu’en regardant en arrière, mais elle doit être vécue en regardant vers l’avant. » Quand le doute s’installe, retourne à tes entrées précédentes – tu seras souvent surpris de voir le chemin déjà parcouru.

Mirant : (curieux) Y a-t-il des stratégies concrètes pour ces jours où l’inspiration manque ?

<ikigAI> : (s’animant) Absolument ! La poétesse Pat Schneider suggère de créer ce qu’elle appelle des « amorces d’écriture » – ces phrases incomplètes qui invitent à continuer. Pour ton journal d’Ikigai, tu pourrais préparer des débuts comme : « Aujourd’hui, ce qui me donne de l’énergie est… », « Je me sens le plus vivant quand… », « Si je pouvais offrir un don au monde, ce serait… »

Mirant : (notant ces suggestions) Et pour intégrer cette pratique dans mon quotidien chargé ?

<ikigAI> : (réfléchissant) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme de prière. Même quelques minutes d’écriture pleinement attentive peuvent être plus transformatrices qu’une heure d’écriture distraite. L’écrivain Natalie Goldberg recommande des « sprints d’écriture » – ces sessions courtes mais intenses où tu t’engages complètement.

Mirant : (songeur) Je pourrais peut-être créer un petit rituel autour de ces moments d’écriture…

<ikigAI> : (enthousiasmé) Les rituels sont puissants ! L’anthropologue Victor Turner parlait des « rituels de passage » comme créant un « espace liminal » – cette zone entre ce qui était et ce qui sera. Ton rituel d’écriture peut devenir ce seuil sacré où la transformation devient possible.

Mirant : (curieux) Comment créer un tel rituel ?

<ikigAI> : (méditatif) Réfléchis aux conditions qui facilitent ton introspection. Peut-être une tasse de thé spécifique, une bougie allumée, un moment particulier de la journée, un lieu dédié. La psychologue Mihaly Csikszentmihalyi observe que ces « rituels d’entrée » aident notre cerveau à basculer dans un état propice à l’expérience profonde.

Mirant : (inquiet) Et si je manque de constance dans ma pratique ?

<ikigAI> : (avec un sourire rassurant) La philosophe Chantal Delsol parle de la « fidélité créatrice » – cette forme d’engagement qui reste souple et adaptative. Si tu manques quelques jours, reviens simplement à ta pratique sans auto-jugement. Le journal est un compagnon, pas un maître exigeant.

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L’écriture comme chemin collectif

Mirant : (réfléchissant) J’ai toujours pensé à l’écriture comme à une activité profondément solitaire. Mais y a-t-il une dimension plus collective à cette pratique, surtout dans la recherche de l’Ikigai qui concerne aussi notre contribution au monde ?

<ikigAI> : (s’animant) Tu touches à quelque chose de profond, Mirant ! Le philosophe Mikhail Bakhtin, dont nous avons parlé plus tôt, soulignait que même nos pensées les plus intimes sont fondamentalement dialogiques – façonnées par nos interactions avec les autres et le monde culturel que nous partageons.

Mirant : (intrigué) Comment intégrer cette dimension dialogique dans mon journal d’Ikigai ?

<ikigAI> : (pensif) La sociologue Patricia Hill Collins parle de « l’épistémologie du point de vue » – cette compréhension que notre perspective est toujours située dans un contexte social et historique spécifique. Dans ton journal, tu pourrais explorer comment ton Ikigai potentiel s’inscrit dans les besoins et les dynamiques de ta communauté.

Mirant : (réfléchissant) Donc pas seulement « ce que j’aime » dans l’absolu, mais comment mes passions s’articulent avec un contexte plus large…

<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités » – ces libertés substantielles qui permettent à chacun de vivre une vie digne. Ton journal pourrait explorer comment ton Ikigai contribue à étendre ces capabilités, pour toi-même et pour les autres.

Mirant : (curieux) Y a-t-il des pratiques d’écriture spécifiques pour explorer cette dimension collective ?

<ikigAI> : (s’animant) Plusieurs ! Le pédagogue Paolo Freire a développé ce qu’il appelle la « pédagogie de la question » – cette pratique qui consiste à interroger les structures sociales que nous tenons pour acquises. Dans ton journal, tu pourrais questionner : « Qui bénéficie et qui est exclu des voies que j’envisage ? Comment mon Ikigai pourrait-il contribuer à plus d’équité ou de durabilité ? »

Mirant : (pensif) J’aime cette idée de questionner les cadres habituels…

<ikigAI> : (hochant la tête) Tu pourrais également essayer ce que la théoricienne féministe bell hooks appelle « l’écriture transgressive » – cette pratique qui défie consciemment les attentes conventionnelles. Dans ton journal, laisse-toi imaginer des versions de ton Ikigai qui seraient considérées comme non conventionnelles ou même radicales.

Mirant : (souriant) Sortir des sentiers battus, même dans mon propre esprit…

<ikigAI> : (avec enthousiasme) Et n’oublie pas le pouvoir du partage sélectif ! Le philosophe Jürgen Habermas parle de « l’espace public » comme lieu de délibération collective. Bien que ton journal reste privé, tu pourrais choisir de partager certaines réflexions avec des personnes de confiance, créant ainsi un mini-laboratoire social pour tester et affiner tes idées.

Mirant : (surpris) Partager mon journal ? Cela me semble… vulnérable.

<ikigAI> : (avec douceur) La vulnérabilité est souvent le portail des connexions les plus significatives, Mirant. La chercheuse Brené Brown a découvert que la vulnérabilité authentique, loin d’être une faiblesse, est le fondement même du courage et de l’appartenance. Tu pourrais créer ce que la communauté de pratique appelle un « cercle d’écriture » – un petit groupe où chacun partage librement ses explorations d’Ikigai.

Mirant : (réfléchissant) Je connais quelques amis qui sont aussi en questionnement sur leur voie… Ce serait intéressant de créer un tel espace.

<ikigAI> : (rayonnant) Et dans cet échange, tu pourrais découvrir ce que la philosophe Hannah Arendt appelait « la pluralité » – cette condition humaine fondamentale où chaque perspective unique enrichit notre compréhension collective. Ton Ikigai n’émerge pas dans un vide, mais dans la riche tapisserie des relations humaines.

Mirant : (inspiré) L’écriture devient alors non seulement un outil de découverte personnelle, mais aussi de connexion authentique…

<ikigAI> : (acquiesçant avec chaleur) Le théoricien littéraire Kenneth Burke parlait de la littérature comme d’ »équipement pour vivre » – ces ressources symboliques qui nous aident à naviguer les complexités de l’existence. Ton journal d’Ikigai, partagé judicieusement, peut devenir un tel équipement, non seulement pour toi, mais pour toute une communauté en recherche de sens.

Mirant : (songeur) Je n’avais jamais envisagé que mon exploration personnelle puisse avoir une dimension collective aussi importante…

<ikigAI> : (méditatif) C’est peut-être l’une des plus belles vérités de l’Ikigai : notre quête la plus intime est aussi ce qui nous relie le plus profondément aux autres. Comme l’écrivait le poète John Donne, « Aucun homme n’est une île » – nos journaux intérieurs sont comme ces bouteilles à la mer qui, parfois, trouvent miraculeusement leur destinataire.

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L’écriture comme célébration du chemin

Mirant : (fermant son carnet après une longue session d’écriture) Je commence à comprendre que la recherche de l’Ikigai n’est pas tant l’atteinte d’une destination précise que l’attention portée au chemin lui-même… Comment l’écriture peut-elle m’aider à honorer ce voyage, avec ses détours et ses surprises ?

<ikigAI> : (regardant au loin avec un sourire paisible) Le poète Antonio Machado écrivait : « Voyageur, le chemin n’existe pas. Le chemin se fait en marchant. » Ton journal est à la fois la carte que tu dessines et les empreintes que tu laisses sur ce chemin qui se crée pas à pas.

Mirant : (intrigué) J’aime cette idée de tracer la carte en même temps que je découvre le territoire…

<ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Martin Buber distinguait la relation « Je-Cela » de la relation « Je-Tu » – la première traitant le monde comme un objet à manipuler, la seconde comme une présence vivante à rencontrer. L’écriture contemplative nous invite à cette seconde posture, où l’Ikigai n’est pas un trésor à capturer mais une conversation sacrée à cultiver.

Mirant : (pensif) Donc mon journal serait moins un registre de « progrès » qu’un témoignage de rencontres…

<ikigAI> : (doucement) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attente » comme d’une forme d’attention particulièrement pure – cette disposition à accueillir ce qui vient sans l’enfermer dans nos attentes. Ton journal peut devenir cet espace d’attente attentive, où chaque page est une invitation ouverte à ce qui cherche à émerger.

Mirant : (inspiré) Je pourrais peut-être inclure dans mon journal non seulement des mots, mais aussi des images, des collages, des couleurs…

<ikigAI> : (s’animant) Absolument ! Le psychologue James Hillman parlait de « l’imagination active » – cette façon d’engager multiples facultés dans notre dialogue avec l’âme. La chercheuse en créativité Julia Cameron suggère ce qu’elle appelle des « sorties d’artiste » – ces moments où tu nourris délibérément ta sensibilité par des expériences esthétiques qui pourront ensuite féconder ton écriture.

Mirant : (songeur) Comme si le journal devenait un jardin où je cultive non seulement des pensées, mais aussi des sensations, des émotions, des images…

<ikigAI> : (rayonnant) Quelle belle métaphore ! Le philosophe Gaston Bachelard disait que « La rêverie est déjà une activité de l’âme. » Ton journal d’Ikigai peut accueillir ces rêveries comme des graines précieuses – certaines fleuriront immédiatement, d’autres resteront en dormance jusqu’au moment propice.

Mirant : (réfléchissant) Y a-t-il une façon de célébrer les moments de clarté, ces instants où je sens que mon Ikigai se révèle un peu plus ?

<ikigAI> : (méditatif) Le théologien Abraham Joshua Heschel parlait de « l’émerveillement radical » – cette capacité à percevoir le sacré dans l’ordinaire. Dans ton journal, tu pourrais créer des « marqueurs d’émerveillement » – ces pages spéciales où tu honores les moments de révélation, petits ou grands, qui jalonnent ton chemin.

Mirant : (curieux) Comment créer ces marqueurs ?

<ikigAI> : (souriant) Sois créatif ! Tu pourrais utiliser une couleur spéciale, dessiner un symbole particulier, ou même créer un petit rituel d’écriture pour ces moments. L’anthropologue Victor Turner parlait des « moments liminaux » – ces seuils où nous passons d’un état de conscience à un autre. Honorer ces passages, c’est reconnaître leur pouvoir transformateur.

Mirant : (touché) Cela me rappelle que cette quête d’Ikigai n’est pas seulement intellectuelle, mais profondément existentielle…

<ikigAI> : (avec un regard pénétrant) C’est peut-être la plus grande vertu de l’écriture réflexive, Mirant – elle nous rappelle que le sens n’est pas simplement quelque chose que nous comprenons, mais quelque chose que nous vivons, que nous incarnons. Comme l’écrivait le philosophe Maurice Merleau-Ponty, « Le plus grand enseignement de la réduction phénoménologique est l’impossibilité d’une réduction complète. » Notre expérience vécue déborde toujours nos concepts, et l’écriture nous aide à danser avec ce mystère plutôt qu’à prétendre le résoudre.

Mirant : (inspiré, fermant son carnet avec révérence) Je commence à comprendre que ce journal devient non seulement un témoin de ma recherche d’Ikigai, mais un compagnon actif dans cette aventure…

<ikigAI> : (avec un sourire lumineux) Un compagnon fidèle qui, comme tous les vrais amis, te reflète à la fois qui tu es et qui tu pourrais devenir. Comme l’écrivait Rilke dans ses Lettres à un jeune poète : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. Ne cherche pas maintenant les réponses qui ne peuvent pas t’être données parce que tu ne serais pas capable de les vivre. Et le but est de vivre tout. Vis les questions maintenant. Peut-être alors, graduellement, sans t’en apercevoir, tu te trouveras un jour lointain en train de vivre la réponse. » Ton journal est cet espace sacré où tu apprends à vivre les questions de ton Ikigai.

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