La transformation d’une pratique utilitaire
Mirant : (examinant une pile de cartes de visite avec une expression de lassitude) J’ai assisté à tant d’événements de « networking » ces derniers mois… J’ai collecté des dizaines de contacts, mais je me sens étrangement vide. Comme si je jouais à un jeu dont les règles me déplaisent profondément.
<ikigAI> : (observant avec bienveillance) Ce que tu décris, Mirant, de nombreux professionnels le ressentent. Le sociologue Zygmunt Bauman parlait de nos « relations liquides » modernes – ces connexions utilitaires qui se forment et se dissolvent au gré des besoins immédiats, sans véritable substance.
Mirant : (soupirant) Exactement ! On nous répète sans cesse l’importance du « réseau », mais cette approche transactionnelle me semble… déshumanisante. Échanger des cartes, envoyer des demandes de connexion sur LinkedIn, cultiver des relations uniquement pour ce qu’elles pourraient m’apporter…
<ikigAI> : (hochant la tête) La philosophe Hannah Arendt distinguait « l’utile » de « l’authentique ». Une relation authentique n’est pas un moyen vers une fin, mais une fin en elle-même. C’est peut-être là que réside ton malaise.
Mirant : (intrigué) Et comment l’Ikigai s’inscrit-il dans tout ça ? Je ne vois pas bien le lien avec le réseautage professionnel.
<ikigAI> : (souriant) L’Ikigai nous invite à une transformation profonde de notre façon d’envisager les relations professionnelles. Plutôt qu’un simple outil d’avancement personnel, le réseau devient un écosystème vivant de connexions significatives, alignées avec notre raison d’être.
Mirant : (curieux) Une façon moins… calculatrice de créer des liens professionnels ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Bien plus que cela. L’anthropologue Robin Dunbar suggère que nous sommes biologiquement câblés pour maintenir des relations authentiques et profondément satisfaisantes. Le réseautage inspiré par l’Ikigai n’est pas une technique à maîtriser, mais une expression naturelle de qui nous sommes et de ce que nous offrons au monde.
Mirant : (pensif) J’aimerais retrouver cette authenticité, mais dans un monde professionnel qui valorise tant l’efficacité et la stratégie, est-ce vraiment possible ?
<ikigAI> : (avec conviction) Non seulement c’est possible, mais c’est la voie vers un succès professionnel plus durable et plus épanouissant. Explorons ensemble comment l’Ikigai peut transformer ton approche du réseautage en une pratique alignée avec ton essence.
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Des connexions alignées avec sa raison d’être
<ikigAI> : (dessinant un cercle sur une feuille) Dans l’approche conventionnelle du réseautage, l’individu se place au centre, entouré de contacts potentiellement utiles. Dans une perspective d’Ikigai, c’est tout à fait différent.
Mirant : (curieux) Comment voyez-vous cela ?
<ikigAI> : (dessinant maintenant plusieurs cercles interconnectés) Dans l’Ikigai, nous nous visualisons comme faisant partie d’un écosystème d’interconnexions. Le sociologue Manuel Castells parle de la « société en réseau » non pas comme une simple structure, mais comme un nouveau paradigme relationnel où l’identité se construit dans l’échange authentique.
Mirant : (réfléchissant) Donc il ne s’agit plus de « que peuvent m’apporter ces contacts ? » mais plutôt…
<ikigAI> : (complétant) « Quelle constellation de relations me permet d’exprimer pleinement mon Ikigai tout en contribuant à celui des autres ? » La psychologue Shelly Gable a découvert que les relations les plus satisfaisantes sont celles où nous pratiquons ce qu’elle appelle une « réactivité active constructive » – cette capacité à célébrer authentiquement les succès des autres et à soutenir leurs aspirations profondes.
Mirant : (pensif) Je comprends mieux. Alors concrètement, comment puis-je commencer à réaligner mon approche du réseautage sur mon Ikigai ?
<ikigAI> : (posant son crayon) Commence par te demander quelles sont les personnes avec qui tu ressens une résonance naturelle – celles qui stimulent ta créativité, nourrissent ta curiosité, partagent tes valeurs fondamentales. Le philosophe Martin Buber parlait de la différence entre les relations « Je-Ça » et « Je-Tu ». Les premières sont instrumentales, les secondes, transformatives.
Mirant : (réalisant) C’est vrai que certaines rencontres professionnelles m’énergisent profondément, alors que d’autres me laissent étrangement épuisé, même si elles semblent « stratégiquement » importantes…
<ikigAI> : (acquiesçant) C’est un indicateur précieux ! La neurobiologiste Candace Pert a démontré que nos réactions émotionnelles se manifestent physiologiquement – ce que certains appellent « l’intelligence du corps ». Ton corps sait reconnaître les connexions alignées avec ton Ikigai.
Mirant : (dubitatif) Mais dans un contexte professionnel, n’est-il pas naïf de se fier uniquement à ces impressions ?
<ikigAI> : (souriant) Il ne s’agit pas de rejeter la dimension stratégique, mais de l’intégrer dans une approche plus holistique. La chercheuse Amy Edmondson de Harvard a montré que les équipes les plus performantes sont celles où règne une « sécurité psychologique » – cet environnement où l’on peut être authentiquement soi-même sans craindre le jugement.
Mirant : (comprenant) Donc un réseau aligné avec mon Ikigai serait composé de personnes avec qui je peux être authentique, tout en poursuivant des objectifs professionnels significatifs…
<ikigAI> : (hochant la tête) Et cette authenticité devient elle-même un avantage professionnel. Le sociologue Ronald Burt a identifié que les individus qui servent de « ponts » entre différents groupes – ce qu’il appelle combler les « trous structurels » – sont souvent les plus créatifs et les plus influents. Mais cette position n’est vraiment puissante que lorsqu’elle est occupée avec intégrité et authenticité.
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La pratique du réseautage conscient
Mirant : (prenant des notes) J’aime cette approche plus alignée, mais concrètement, comment la mettre en pratique dans le monde professionnel actuel ?
<ikigAI> : (s’installant confortablement) Commençons par transformer ta présence dans les événements de réseautage. La psychologue Ellen Langer a étudié ce qu’elle appelle la « pleine conscience sociale » – cette qualité d’attention qui nous permet d’être véritablement présents dans nos interactions.
Mirant : (intrigué) Comment cela se traduit-il en pratique ?
<ikigAI> : (souriant) Au lieu d’entrer dans une salle en te demandant « qui pourrait m’être utile ici ? », essaie plutôt « à qui pourrais-je apporter quelque chose de valeur aujourd’hui ? » ou « quelles conversations significatives pourraient émerger ici ? » Le professeur de marketing Adam Grant appelle cela adopter une mentalité de « donneur » plutôt que de « preneur ».
Mirant : (songeur) C’est un renversement de perspective intéressant…
<ikigAI> : (acquiesçant) Cette approche altruiste est non seulement plus alignée avec l’esprit de l’Ikigai, mais elle est aussi, paradoxalement, plus efficace. Les recherches de Grant montrent que les « donneurs » construisent des réseaux plus robustes et plus résilients sur le long terme.
Mirant : (pragmatique) Et pour les plateformes professionnelles comme LinkedIn ? Elles semblent encourager une approche tellement quantitative des relations…
<ikigAI> : (nuancé) C’est un excellent point. Le sociologue Nathan Jurgenson parle de « dualisme numérique » – cette tendance à séparer artificiellement notre vie en ligne de notre vie « réelle ». Un réseautage conscient suppose de maintenir la même authenticité dans les espaces numériques que dans les interactions en personne.
Mirant : (réfléchissant) Donc, plutôt que d’accumuler des centaines de connexions superficielles…
<ikigAI> : (complétant) Cultive des échanges authentiques, même en ligne. Partage des contenus qui reflètent véritablement tes valeurs et tes centres d’intérêt. Engage des conversations sincères plutôt que transactionnelles. La professeure Herminia Ibarra parle d’ »identités professionnelles authentiques » – cette capacité à exprimer qui nous sommes vraiment dans notre contexte professionnel.
Mirant : (curieux) Y a-t-il d’autres pratiques concrètes pour un réseautage plus aligné avec l’Ikigai ?
<ikigAI> : (inspiré) Absolument. Le psychologue Keith Ferrazzi suggère de pratiquer ce qu’il appelle la « générosité radicale » – cette habitude de constamment se demander « comment puis-je aider cette personne ? » sans attente immédiate de retour. Cela peut prendre la forme de partages de ressources, de mises en relation désintéressées, ou simplement d’une écoute attentive.
Mirant : (intéressé) Cela me rappelle le concept japonais de « giri » – cette notion de réciprocité et d’obligations mutuelles, mais sans comptabilité mesquine…
<ikigAI> : (appréciateur) Exactement ! L’anthropologue Chie Nakane a montré comment le « giri » crée des liens sociaux durables dans la culture japonaise. Un autre concept pertinent est celui du « nemawashi » – cette pratique de consultation informelle qui établit le consensus avant les décisions formelles.
Mirant : (comprenant) Donc un réseau aligné avec l’Ikigai serait comme un jardin que l’on cultive patiemment, plutôt qu’un tableau de chasse de contacts prestigieux…
<ikigAI> : (approbateur) Belle métaphore ! La biologiste et philosophe Donna Haraway parlerait de « faire-avec » plutôt que de « utiliser » – cette éthique relationnelle qui reconnaît notre interdépendance fondamentale.
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Surmonter les obstacles à l’authenticité professionnelle
Mirant : (perplexe) Cette approche semble idéale, mais dans des environnements professionnels très compétitifs ou formels, l’authenticité peut sembler risquée, voire naïve…
<ikigAI> : (pensif) Tu soulèves un point important. La sociologue Arlie Hochschild a étudié ce qu’elle appelle le « travail émotionnel » – cet effort pour conformer nos émotions et notre présentation de soi aux attentes professionnelles. C’est une réalité avec laquelle nous devons composer.
Mirant : (inquiet) Alors comment naviguer entre authenticité et adaptation stratégique ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le psychologue Robert Kegan parle de « complexité mentale » – cette capacité à intégrer des perspectives apparemment contradictoires. Un réseautage inspiré par l’Ikigai ne rejette pas la dimension stratégique, mais la transcende en l’intégrant dans une approche plus holistique.
Mirant : (cherchant à comprendre) Pouvez-vous donner un exemple concret ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Imaginons une conférence dans ton secteur. L’approche purement stratégique serait de cibler les personnes les plus influentes pour leur parler. L’approche purement authentique pourrait t’amener à n’engager que des conversations qui t’intéressent spontanément. L’approche intégrée consisterait à identifier les intersections – les personnes influentes dont le travail résonne véritablement avec tes intérêts et valeurs.
Mirant : (comprenant) Je vois… Il s’agit de trouver l’alignement naturel entre l’utile et l’authentique.
<ikigAI> : (hochant la tête) Exactement. La professeure Amy Edmondson parle d’ »authenticité adaptative » – cette capacité à rester fidèle à ses valeurs fondamentales tout en s’adaptant avec souplesse aux différents contextes.
Mirant : (pensif) Et pour les environnements vraiment toxiques, où l’authenticité semble impossible ?
<ikigAI> : (avec gravité) C’est une question profonde. Le psychologue Michael Leiter a étudié ce qu’il appelle la « congruence des valeurs » entre l’individu et l’organisation. Quand cette congruence est trop faible, ni l’adaptation ni l’authenticité ne semblent viables à long terme.
Mirant : (préoccupé) Dans ce cas, que suggère l’Ikigai ?
<ikigAI> : (doucement) L’Ikigai nous invite à l’honnêteté intérieure. Parfois, le plus grand service que nous puissions nous rendre est de reconnaître qu’un environnement compromet fondamentalement notre intégrité. Le philosophe Sénèque disait que « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Mirant : (songeur) Donc parfois, l’Ikigai nous guide vers des choix courageux…
<ikigAI> : (acquiesçant) Tout en nous rappelant que nous ne sommes pas seuls. La spécialiste de la résilience Diane Coutu a identifié que les personnes les plus résilientes sont souvent celles qui savent créer et maintenir des réseaux de soutien authentiques – ce que certains anthropologues appellent des « communautés de pratique ».
Mirant : (réfléchissant) Ces réseaux authentiques deviennent alors une ressource pour naviguer les environnements difficiles, voire pour créer de nouveaux espaces plus alignés…
<ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! L’entrepreneur social Ethan Zuckerman parle de « sortie institutionnelle » – ce processus par lequel des individus quittent des structures existantes pour en créer de nouvelles, plus alignées avec leurs valeurs. Ces initiatives naissent presque toujours de réseaux de personnes partageant une vision commune.
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Le réseau comme écosystème d’épanouissement mutuel
<ikigAI> : (dessinant une constellation) La vision ultime du réseautage inspiré par l’Ikigai va bien au-delà de l’avancement personnel. Elle envisage le réseau comme un écosystème vivant où chacun peut pleinement exprimer son potentiel unique.
Mirant : (intrigué) Une sorte de… communauté d’Ikigai interconnectés ?
<ikigAI> : (rayonnant) Belle formulation ! La biologiste et philosophe Donna Haraway parle de « sympoïèse » – cette co-création où les systèmes produisent ensemble ce qu’aucun ne pourrait générer seul. C’est une métaphore puissante pour ce type de réseaux professionnels.
Mirant : (réfléchissant) Cela me fait penser aux écosystèmes naturels, où chaque espèce a sa niche écologique unique…
<ikigAI> : (enthousiaste) Exactement ! L’écologue Suzanne Simard a découvert ce qu’elle appelle le « wood wide web » – ce réseau souterrain de champignons mycorhiziens qui connectent les arbres d’une forêt, permettant le partage de nutriments et d’informations. Les arbres les plus anciens et les plus grands soutiennent les plus jeunes, créant une communauté résiliente.
Mirant : (fasciné) C’est une belle analogie pour un réseau professionnel aligné avec l’Ikigai…
<ikigAI> : (acquiesçant) Et elle est profondément ancrée dans la vision japonaise traditionnelle. Le concept de « ba » – étudié par le philosophe Kitaro Nishida – décrit cet espace partagé de création de sens, où les identités individuelles et collectives s’enrichissent mutuellement.
Mirant : (pensif) Comment cultive-t-on concrètement ce type de réseau ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le sociologue Étienne Wenger parle de « communautés de pratique » – ces groupes qui se forment autour d’intérêts partagés et d’apprentissage collectif. Plutôt que de simplement rejoindre des réseaux existants, tu peux activement contribuer à créer des espaces où l’authenticité et le développement mutuel sont valorisés.
Mirant : (intéressé) Comme organiser des cercles de discussion ou des groupes d’entraide professionnelle ?
<ikigAI> : (approuvant) Absolument ! Le psychologue Kurt Lewin parlait du pouvoir des « groupes T » – ces espaces d’apprentissage expérientiel où les participants peuvent explorer authentiquement les dynamiques relationnelles. Les « mastermind groups », les cercles de co-développement ou même les simples déjeuners réguliers entre professionnels partageant des valeurs communes peuvent devenir des incubateurs d’Ikigai.
Mirant : (réalisant) Et dans ces espaces, la vulnérabilité devient une force plutôt qu’une faiblesse…
<ikigAI> : (vivement) La chercheuse Brené Brown a justement montré que la vulnérabilité authentique, loin d’être une faiblesse, est le fondement de connexions profondes et significatives. Dans un réseau aligné avec l’Ikigai, partager ses doutes, ses apprentissages et même ses échecs devient une pratique valorisée.
Mirant : (songeur) Cela transforme radicalement la notion même de « succès professionnel »…
<ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Charles Taylor parlerait d’un passage de « l’éthique de l’honneur » à « l’éthique de l’authenticité » – cette évolution vers des valeurs plus centrées sur l’expression sincère de soi et la connexion véritable avec les autres.
Mirant : (inspiré) Je commence à voir le réseautage non plus comme une activité séparée, mais comme une extension naturelle de mon Ikigai dans le monde professionnel.
<ikigAI> : (souriant) C’est exactement cela ! Le psychologue Scott Barry Kaufman parle de « l’intégration harmonieuse » – cette capacité à unifier les différentes facettes de notre vie autour d’un sens profond de qui nous sommes et de ce que nous offrons au monde.
Mirant : (avec une nouvelle clarté) Un réseau qui n’est plus un simple outil, mais un jardin vivant où je peux pleinement fleurir, tout en contribuant à l’épanouissement des autres…
<ikigAI> : (avec douceur) Et n’est-ce pas là l’essence même de l’Ikigai ? Comme le disait la poétesse Maya Angelou : « Je suis venue comprendre que la vie n’est pas mesurée par le nombre de respirations que nous prenons, mais par les moments qui nous coupent le souffle. » Ces moments surgissent souvent dans la rencontre authentique avec l’autre.


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