La traversée du désert
Mirant : (regardant une lettre de licenciement posée sur la table) C’est étrange comme un simple morceau de papier peut bouleverser toute une existence… Hier encore, j’avais une identité claire, un rôle, une place dans la société. Et aujourd’hui… ce vide.
<ikigAI> : (s’asseyant tranquillement face à lui) Les Japonais ont un mot, ma, qui désigne l’espace entre deux choses, la pause entre deux notes de musique. Ce n’est pas un vide stérile, mais un intervalle chargé de potentiel. Ton « aujourd’hui » n’est pas une fin, Mirant, mais peut-être cet espace fertile entre deux chapitres de ta vie.
Mirant : (avec amertume) Facile à dire quand on n’a pas de factures à payer et que les recruteurs ne répondent même pas à vos candidatures. Ce « potentiel » dont tu parles semble bien abstrait face à la réalité concrète de ma situation.
<ikigAI> : (hochant la tête avec compréhension) Ta frustration est légitime. Le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, parlait pourtant de cet espace irréductible entre stimulus et réponse : « Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir notre réaction. Dans notre réaction résident notre croissance et notre liberté. »
Mirant : (soupirant) Et quelle réaction suggères-tu face à cette perte ? Comment retrouver un sens quand une grande partie de mon identité vient de s’effondrer ?
<ikigAI> : (avec douceur) Peut-être en commençant par questionner cette fusion entre ton travail et ton identité. Le philosophe Erich Fromm faisait la distinction entre « avoir » et « être ». Notre société nous pousse à nous définir par ce que nous avons – un emploi, un titre, un statut. Mais ton Ikigai, ta raison d’être, s’enracine dans qui tu es, au-delà de ces attributs extérieurs.
Mirant : (perplexe) Tu suggères que je devrais voir cette période comme… une opportunité ?
<ikigAI> : (nuancé) Non pas comme une simple opportunité – ce serait méconnaître la souffrance réelle du chômage – mais comme un carrefour. Le sociologue Robert Castel parle de la « désaffiliation » qui accompagne la perte d’emploi : ce n’est pas seulement une rupture économique, mais aussi sociale et existentielle. Reconnaître cette dimension est la première étape pour la transformer.
Mirant : (avec une lueur d’intérêt) Et après cette première étape ?
<ikigAI> : (esquissant un sourire) C’est là que commence le véritable voyage.
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Au-delà de l’identité professionnelle
<ikigAI> : (observant un oiseau par la fenêtre) Dans la pensée japonaise traditionnelle, l’identité n’est pas figée mais fluide, constamment en devenir. Ce que le philosophe Watsuji Tetsurō appelait « ningen » – l’être humain compris non comme entité isolée, mais comme nœud de relations.
Mirant : (dubitatif) Et en quoi cela m’aide-t-il concrètement ?
<ikigAI> : (se tournant vers lui) Cela t’invite à élargir le cadre. La psychologue Joanna Macy parle du « travail qui relie » – cette capacité à voir notre vie au-delà des catégories étroites que la société nous impose. Le chômage peut être un moment privilégié pour redécouvrir ces autres dimensions de ton existence.
Mirant : (songeur) Comme mes rôles de père, d’ami, de citoyen…
<ikigAI> : (acquiesçant) Ces rôles, mais aussi tes passions, tes valeurs, tes aspirations profondes. L’Ikigai ne se réduit jamais à une seule dimension. La sociologue Christine Delory-Momberger étudie ce qu’elle appelle la « biographisation » – cette capacité à recomposer le récit de sa vie face aux ruptures biographiques.
Mirant : (avec une pointe d’anxiété) Mais ces autres dimensions ne paient pas les factures.
<ikigAI> : (avec sérieux) C’est indéniable, et il serait irresponsable de l’ignorer. C’est pourquoi l’approche de l’Ikigai en période de chômage est double : d’un côté, maintenir une démarche pragmatique de recherche d’emploi ou de reconversion; de l’autre, cultiver cette exploration plus profonde de ton être et de tes aspirations.
Mirant : (réfléchissant) Comme marcher sur deux jambes…
<ikigAI> : (souriant) Belle métaphore. Le philosophe Pascal disait que l’être humain est « un roseau pensant » – fragile mais conscient de sa fragilité, ce qui fait sa dignité. Le chômage nous confronte à cette fragilité, mais aussi à notre capacité de résilience et de réinvention.
Mirant : (prenant des notes) Comment cultiver concrètement cette résilience quand on se sent diminué socialement ?
<ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue Emmy Werner, qui a étudié la résilience pendant des décennies, a identifié plusieurs facteurs clés : maintenir des liens sociaux positifs, préserver une routine structurante, fixer des objectifs quotidiens réalisables, et – surtout – garder un sentiment d’agentivité, cette conviction que tu peux influencer ton parcours malgré les contraintes extérieures.
Mirant : (avec plus d’assurance) Je comprends mieux maintenant cette idée de double démarche…
<ikigAI> : (hochant la tête) Et n’oublie pas que cette exploration peut nourrir ta recherche d’emploi elle-même. Le chercheur John Krumboltz a développé le concept de « planned happenstance » – l’idée que nos découvertes fortuites pendant ces périodes de transition peuvent devenir les fondements d’une nouvelle orientation professionnelle plus alignée avec notre Ikigai.
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Stratégies pratiques de navigation
Mirant : (avec détermination) J’ai besoin de stratégies concrètes pour traverser cette période. Comment structurer mes journées quand je n’ai plus le cadre d’un emploi ?
<ikigAI> : (pensif) La première stratégie vient des travaux du psychologue Mihaly Csikszentmihalyi sur l’expérience optimale. Il suggère de créer des « structures de flow » – ces moments où tu es pleinement engagé dans une activité qui te challenge juste assez pour te stimuler sans te submerger.
Mirant : (curieux) Comment appliquer cela quand on est au chômage ?
<ikigAI> : (expliquant) En structurant ta journée autour d’activités qui mobilisent tes compétences : peut-être un projet personnel lié à ton domaine d’expertise, l’apprentissage d’une nouvelle compétence qui élargit ton profil, ou même du bénévolat dans un domaine qui te passionne. La sociologue Marie Jahoda a identifié les « fonctions latentes » de l’emploi au-delà du salaire : structure temporelle, contacts sociaux, sentiment d’utilité… Tu peux recréer ces fonctions même sans emploi formel.
Mirant : (réfléchissant) Je pourrais consacrer mes matinées à la recherche d’emploi et mes après-midis à un projet personnel qui me tient à cœur…
<ikigAI> : (approbateur) Cette approche est soutenue par les recherches en psychologie positive de Martin Seligman. Il souligne l’importance de ce qu’il appelle les « îlots de compétence » – ces domaines où tu te sens efficace et qui nourrissent ton estime de soi, particulièrement vulnérable en période de chômage.
Mirant : (inquiet) Et pour la dimension sociale ? L’isolement est peut-être ce qui me pèse le plus.
<ikigAI> : (hochant la tête) C’est un aspect crucial. L’anthropologue Harumi Befu a étudié le concept japonais d’amae – cette interdépendance bienveillante qui nous relie aux autres. Le chômage peut fragiliser ces liens, mais aussi être l’occasion de les approfondir différemment.
Mirant : (perplexe) Différemment ?
<ikigAI> : (élaborant) En révélant les amitiés authentiques au-delà des relations professionnelles, en permettant de consacrer plus de temps à des connexions significatives plutôt que superficielles. Le sociologue Mark Granovetter parle de « la force des liens faibles » – ces connaissances qui peuvent ouvrir des portes inattendues. Cultiver ton réseau social n’est pas seulement bon pour ton bien-être, mais aussi stratégique pour ta réinsertion professionnelle.
Mirant : (prenant des notes) Et pour la dimension financière, qui reste une source majeure d’anxiété ?
<ikigAI> : (avec sérieux) C’est une préoccupation légitime qui mérite une approche structurée. La psychologue Elizabeth Dunn a étudié le rapport entre argent et bien-être. Elle recommande d’établir un budget clair qui préserve, même modestement, trois catégories de dépenses : celles liées à ton développement personnel, celles qui maintiennent tes liens sociaux essentiels, et celles qui soutiennent ta recherche d’emploi ou ta reconversion.
Mirant : (soulagé) Cette approche semble plus équilibrée que de simplement tout couper par peur…
<ikigAI> : (acquiesçant) La peur est une réaction naturelle, mais pas toujours la meilleure conseillère. La neuroscientifique Lisa Feldman Barrett a démontré que lorsque notre cerveau est en mode survie, notre créativité et notre capacité à voir des opportunités diminuent considérablement. D’où l’importance de pratiques qui régulent ce stress, comme la méditation de pleine conscience ou l’activité physique régulière – deux piliers qui soutiennent l’Ikigai, particulièrement pendant les périodes de transition.
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La reconversion comme renaissance
Mirant : (pensif) Et si cette période était finalement l’occasion de me reconvertir ? De faire quelque chose qui correspond davantage à mes aspirations profondes ?
<ikigAI> : (souriant) Tu touches à quelque chose d’essentiel. Le philosophe Gaston Bachelard parlait de la « rupture épistémologique » – ce moment où notre cadre de pensée habituel se brise, ouvrant la possibilité d’une compréhension nouvelle. Le chômage peut représenter cette rupture dans notre parcours professionnel.
Mirant : (intrigué) Comment savoir si je dois persévérer dans mon domaine ou oser la reconversion ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le spécialiste des transitions professionnelles William Bridges distingue trois phases dans toute transition : la fin d’une situation, une zone neutre d’exploration, et enfin un nouveau départ. La clé est d’honorer chacune de ces phases sans précipitation.
Mirant : (curieux) Comment explorer efficacement de nouvelles voies sans me disperser ?
<ikigAI> : (s’animant) Le designer Bill Burnett et le psychologue Dave Evans proposent une approche qu’ils appellent le « design thinking appliqué à la vie ». Plutôt que de chercher LA réponse parfaite, ils suggèrent de « prototyper » plusieurs options à petite échelle : des conversations avec des professionnels du domaine qui t’intéresse, du bénévolat, des projets parallèles, ou même des stages courts si possible.
Mirant : (pensif) Comme un scientifique qui teste plusieurs hypothèses…
<ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! Le biologiste Stuart Kauffman parle des « systèmes adaptatifs complexes » qui évoluent par tâtonnement et adaptation progressive. Ta carrière est un tel système. L’Ikigai n’est pas une destination fixe, mais un processus d’alignement continu entre tes dons, tes passions, les besoins du monde et ta viabilité économique.
Mirant : (préoccupé) Mais la reconversion implique souvent une période de formation. Cela signifie prolonger l’incertitude financière…
<ikigAI> : (hochant la tête) C’est une réalité à considérer sérieusement. L’économiste comportemental Dan Ariely a étudié ce qu’il appelle le « coût d’opportunité » – ce à quoi nous renonçons en faisant un choix. Une approche prudente consiste à développer ce que le chercheur Robert Safian nomme une « skill-stack » – un ensemble complémentaire de compétences qui te permet d’évoluer progressivement vers de nouveaux territoires sans abandonner complètement ton expertise actuelle.
Mirant : (comprenant) Comme un pont entre mon ancienne et ma nouvelle vie professionnelle…
<ikigAI> : (approuvant) Cette image du pont est puissante. La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités » – ces libertés substantielles qui nous permettent de mener la vie que nous avons raison de valoriser. La reconversion peut être vue comme l’expansion de tes capabilités, un élargissement de ton horizon des possibles.
Mirant : (avec une nouvelle détermination) Je commence à voir cette période différemment… non plus comme une simple attente de retrouver ce que j’ai perdu, mais comme une exploration active de ce que je pourrais devenir.
<ikigAI> : (doucement) C’est précisément là que l’Ikigai révèle sa puissance transformatrice. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « L’avenir entre en nous longtemps avant d’arriver. » Ta prochaine expression professionnelle est peut-être déjà en gestation dans cette période d’incertitude apparente.
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Apprendre à naviguer l’incertitude
<ikigAI> : (contemplatif) L’incertitude est peut-être l’aspect le plus éprouvant du chômage. Notre cerveau est câblé pour chercher des patterns, des certitudes. L’ambiguïté prolongée sollicite ce que les neuroscientifiques appellent notre « système d’alarme neurologique ».
Mirant : (soupirant) C’est épuisant de vivre dans cet état d’alerte permanente…
<ikigAI> : (compatissant) Absolument. La psychologue Susan David parle d’ »agilité émotionnelle » – cette capacité à naviguer les émotions difficiles sans être submergé ni les nier. Reconnaître la légitimité de ton anxiété est la première étape pour qu’elle ne te définisse pas entièrement.
Mirant : (curieux) Comment développer cette agilité au quotidien ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le psychiatre Dan Siegel propose la pratique du « mindsight » – cette attention bienveillante à nos états intérieurs qui nous permet de les observer sans nous y identifier complètement. Concrètement, cela peut prendre la forme d’un journal émotionnel où tu notes tes préoccupations, mais aussi les moments de clarté ou d’espoir.
Mirant : (intéressé) Je pourrais essayer ça… Et pour la gestion du temps ? Les journées semblent parfois interminables quand on est au chômage.
<ikigAI> : (s’animant) C’est là qu’intervient le concept japonais de « ma » dont nous parlions initialement. La sociologue Nicole Aubert a étudié notre rapport contemporain au temps, souvent marqué par l’urgence et l’immédiateté. Le chômage offre paradoxalement l’opportunité de restaurer un rapport plus conscient au temps.
Mirant : (réfléchissant) Comment structurer ce temps sans l’agenda imposé par un employeur ?
<ikigAI> : (exposant) La chronobiologiste Till Roenneberg suggère de travailler avec ton « chronotype » naturel – tes périodes optimales d’énergie et de concentration – plutôt que contre lui. Certains sont plus productifs le matin, d’autres l’après-midi. En période de chômage, tu peux aligner tes activités les plus exigeantes avec ces rythmes naturels.
Mirant : (surpris) Je n’avais jamais pensé à utiliser cette liberté temporaire de cette façon…
<ikigAI> : (approuvant) C’est ce que la philosophe Simone Weil appelait « l’attention » – cette forme de générosité envers soi-même et le monde. En développant cette qualité d’attention, tu peux transformer des périodes d’attente apparente en moments de découverte et de croissance.
Mirant : (avec un nouvel intérêt) Quelles autres pratiques pourraient m’aider à cultiver cette qualité de présence ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, que nous avons déjà évoqué, a découvert que les activités qui génèrent du « flow » partagent certaines caractéristiques : elles offrent un feedback immédiat, un équilibre entre défi et compétence, et un sentiment d’immersion. Identifier et cultiver ces activités peut créer des îlots de stabilité dans l’océan d’incertitude.
Mirant : (songeur) Je vois… Et pour la dimension existentielle ? Comment trouver du sens dans cette période liminale ?
<ikigAI> : (avec profondeur) L’anthropologue Victor Turner a étudié ce qu’il appelle la « liminalité » – ces périodes de transition où les anciennes structures se dissolvent avant que de nouvelles n’émergent. Ces phases sont inconfortables mais extraordinairement fertiles. La clé, selon le philosophe Pierre Hadot, est de pratiquer des « exercices spirituels » quotidiens qui nourrissent ta connexion à ce qui donne sens à ta vie, au-delà des circonstances changeantes.
Mirant : (avec un nouvel élan) Je commence à voir cette période non plus comme un vide à combler au plus vite, mais comme un espace à habiter consciemment…
<ikigAI> : (souriant) Et c’est précisément là que réside l’essence de l’Ikigai face au chômage : non pas dans la quête frénétique de remplacer ce qui est perdu, mais dans la transformation alchimique de cette perte en opportunité d’évolution.
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Du chômage à la réinvention
Mirant : (avec une nouvelle énergie) Ces perspectives changent radicalement ma façon de voir ma situation. Mais concrètement, comment intégrer tous ces éléments dans une stratégie cohérente de réinvention ?
<ikigAI> : (se redressant) La sociologue Herminia Ibarra, spécialiste des transitions professionnelles, propose une approche qu’elle nomme « travailler son identité » – un processus en trois volets : explorer de nouvelles possibilités, expérimenter avec différents rôles, et enrichir ton réseau social au-delà de tes cercles habituels.
Mirant : (prenant des notes) Cela ressemble à un véritable projet…
<ikigAI> : (acquiesçant) C’est exactement cela. Le psychologue Robert Kegan parle du « développement de l’adulte » comme d’un processus continu qui s’accélère particulièrement lors des périodes de disruption. Le chômage peut catalyser ce développement si nous l’abordons comme un projet d’évolution personnelle plutôt que comme une simple absence d’emploi.
Mirant : (réfléchissant) Et comment concilier cette exploration avec l’urgence très réelle de retrouver un revenu ?
<ikigAI> : (mesuré) C’est une préoccupation légitime qui mérite une stratégie à plusieurs niveaux. L’économiste Gregory Mankiw distingue le « court terme » et le « long terme » dans toute analyse économique. De manière similaire, tu peux envisager des solutions de « pont » qui répondent à tes besoins immédiats tout en construisant les fondations de ton futur professionnel aligné avec ton Ikigai.
Mirant : (intéressé) Des exemples concrets ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le freelancing dans ton domaine d’expertise peut offrir une flexibilité qui te permet d’explorer progressivement de nouvelles avenues. La « gig economy », malgré ses limites, ouvre des possibilités de travail à temps partiel qui maintiennent un flux de revenus pendant ta transition. L’économiste Diane Mulcahy suggère d’adopter ce qu’elle appelle une « portfolio career » – une combinaison de différentes activités professionnelles qui ensemble créent viabilité et épanouissement.
Mirant : (pensif) Je vois comment cela pourrait fonctionner… Et pour transformer cette expérience en atout lors des entretiens futurs ?
<ikigAI> : (s’animant) Excellente question ! La psychologue du travail Amy Wrzesniewski parle de « job crafting » – cette capacité à façonner activement notre rôle professionnel. De façon similaire, tu peux pratiquer ce que j’appellerais le « narrative crafting » – façonner le récit de ton parcours, y compris cette période de transition, pour en faire ressortir la cohérence et les apprentissages.
Mirant : (curieux) Comment construire ce récit de manière authentique et convaincante ?
<ikigAI> : (expliquant) La chercheuse en sciences cognitives Mary Catherine Bateson parle de « composition d’une vie » – cette capacité à voir sa biographie non comme une ligne droite mais comme une improvisation créative. Dans cette perspective, le chômage devient un chapitre significatif plutôt qu’une parenthèse embarrassante. Les recruteurs valorisent de plus en plus ce que la psychologue Angela Duckworth appelle le « grit » – cette persévérance passionnée face aux obstacles.
Mirant : (avec détermination) Je commence à comprendre comment transformer cette épreuve en force…
<ikigAI> : (hochant la tête) C’est précisément ce que les chercheurs en résilience comme Boris Cyrulnik appellent « la métamorphose de la souffrance » – cette capacité à intégrer les expériences difficiles dans un récit de vie qui leur donne sens et direction.
Mirant : (inspiré) Ces perspectives me donnent une nouvelle énergie pour aborder ma recherche d’emploi ou ma reconversion…
<ikigAI> : (avec un sourire encourageant) Et c’est peut-être le cadeau le plus précieux de l’Ikigai en période de chômage : cette capacité à reconnaître que même dans les moments de rupture apparente, nous continuons à tisser la toile significative de notre existence. Comme l’écrivait le poète japonais Bashō : « Ne suivez pas les traces des anciens. Cherchez ce qu’ils cherchaient. »
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La renaissance professionnelle comme voyage intérieur
<ikigAI> : (observant le soleil qui se couche) Au terme de notre exploration, Mirant, que retiens-tu de plus précieux pour ton parcours ?
Mirant : (réfléchissant) Je crois que ma perspective a complètement changé. Je voyais le chômage uniquement comme une perte à combler au plus vite. Maintenant, je le vois aussi comme une invitation à redécouvrir qui je suis vraiment, au-delà de mon ancien rôle professionnel.
<ikigAI> : (approbateur) Le philosophe Martin Buber disait que « toute vie véritable est rencontre ». Cette période t’offre une rencontre renouvelée avec toi-même, mais aussi avec le monde dans ses possibilités inexplorées.
Mirant : (pensif) C’est à la fois effrayant et libérateur de réaliser que je peux réinventer ma trajectoire professionnelle…
<ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Carl Jung parlait d’« élaguer l’arbre de sa vie » – cette nécessité parfois douloureuse de laisser certaines branches mourir pour que d’autres puissent s’épanouir. Le chômage peut être vu comme un tel élagage, imposé par les circonstances mais potentiellement régénérateur.
Mirant : (avec détermination) Je vais commencer dès demain à mettre en pratique ces idées – structurer mon temps, explorer de nouvelles possibilités tout en maintenant ma recherche d’emploi, cultiver mes relations significatives…
<ikigAI> : (avec bienveillance) N’oublie pas ce que la psychologue Carol Dweck appelle la « mentalité de croissance » – cette conviction que nos capacités peuvent se développer à travers l’effort et la persévérance. Les échecs et les refus, inévitables dans toute recherche d’emploi, deviennent alors des étapes d’apprentissage plutôt que des jugements définitifs sur ta valeur.
Mirant : (souriant légèrement) Je réalise que même si je ne contrôle pas les circonstances extérieures, je peux choisir comment y répondre et ce que j’en fais.
<ikigAI> : (hochant la tête) Le philosophe stoïcien Épictète l’exprimait ainsi : « Ce qui nous trouble, ce n’est pas ce qui arrive, mais nos jugements sur ce qui arrive. » Ton Ikigai émerge précisément dans cet espace de liberté intérieure, même face aux contraintes extérieures.
Mirant : (inspiré) Et peut-être que cette traversée me conduira vers un travail plus aligné avec qui je suis vraiment…
<ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est souvent le fruit le plus précieux de ces périodes de transition. Comme l’écrivait Joseph Campbell : « Ce que vous cherchez est en train de vous chercher. » Ton prochain chapitre professionnel est peut-être déjà en route vers toi, à travers ce labyrinthe d’incertitude que tu traverses actuellement.
Mirant : (avec gratitude) Merci pour cette perspective transformatrice. Je ne vois plus seulement ce que j’ai perdu, mais ce que je suis en train de découvrir.
<ikigAI> : (serein) C’est l’essence même de l’Ikigai face aux ruptures de vie : transformer le plomb de l’épreuve en l’or d’une existence plus authentique et alignée. Comme le disait si justement le poète Rumi : « La blessure est l’endroit par où la lumière entre en toi. »


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