Les pages révélatrices du quotidien
Mirant : (feuilletant distraitement un carnet vierge) Je comprends l’importance de l’introspection, mais franchement… tenir un journal ? Ça me semble si… adolescent. Et puis, j’ai déjà essayé plusieurs fois, mais j’abandonne toujours après quelques jours.
<ikigAI> : (souriant avec douceur) Sais-tu que le philosophe Marc Aurèle écrivait ses « Pensées pour moi-même » non pas pour la postérité, mais comme une pratique quotidienne d’alignement intérieur ? Ces réflexions, devenues l’un des plus grands textes stoïciens, n’étaient à l’origine qu’un dialogue intime avec lui-même.
Mirant : (sceptique) Oui, mais c’était un empereur philosophe… Je ne suis pas certain que mes pensées quotidiennes aient la même profondeur.
<ikigAI> : (riant doucement) L’écrivain Franz Kafka disait que « l’écriture est une forme de prière » – non pas parce qu’elle doit être solennelle ou extraordinaire, mais parce qu’elle nous place dans une qualité d’attention particulière. Le journal Ikigai n’est pas un exercice littéraire ou intellectuel, mais une pratique de présence.
Mirant : (intrigué) Une pratique de présence ? Comment un simple carnet peut-il contribuer à trouver son Ikigai ?
<ikigAI> : (prenant le carnet avec révérence) Imagine ce carnet non comme un simple réceptacle de pensées, mais comme un miroir qui révèle progressivement les contours de ton être profond. La psychologue Ira Progoff, qui a développé la méthode du « journal intensif », comparait l’écriture régulière à un puits que l’on creuse – plus tu descends profondément, plus tu te rapproches des eaux souterraines qui nourrissent ta vie.
Mirant : (songeur) Donc ce n’est pas tant ce que j’écris qui compte, mais le fait même d’écrire régulièrement ?
<ikigAI> : (nuançant du geste) Ce que tu écris importe, mais d’une manière différente de ce que tu imagines. La neuropsychologue Alice Flaherty a démontré que l’écriture manuscrite active des réseaux neuronaux distincts de la pensée ordinaire ou de la saisie sur clavier. C’est comme si le mouvement de ta main sur le papier ouvrait des voies d’accès particulières à ta conscience.
Mirant : (curieux malgré lui) Et comment structurer ce journal pour qu’il aide spécifiquement à explorer mon Ikigai ?
<ikigAI> : (s’animant) C’est précisément ce que nous allons explorer ensemble. Le journal Ikigai n’est pas un journal intime classique où l’on déverse simplement ses émotions. C’est un outil de cartographie intérieure, un dialogue avec toi-même orienté vers la découverte de ce qui donne sens et vitalité à ton existence.
Mirant : (plus intéressé) J’imagine qu’il y a une méthode particulière ?
<ikigAI> : (hochant la tête) La poétesse Natalie Goldberg parle d’« écrire jusqu’au fond » – cette pratique qui consiste à dépasser les couches superficielles de nos pensées pour atteindre les vérités plus profondes. Le journal Ikigai emprunte à cette approche, mais y ajoute une structure qui guide l’exploration des quatre dimensions fondamentales : ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi tu peux être rémunéré.
Mirant : (réfléchissant) Cela donnerait une sorte de direction à l’écriture, plutôt que de me retrouver devant une page blanche intimidante…
<ikigAI> : (souriant) Exactement. Comme le disait le poète William Stafford, qui écrivait chaque matin avant l’aube : « Je n’attends pas l’inspiration, je l’invite par la pratique quotidienne. » Le journal Ikigai est cette invitation régulière, ce rendez-vous avec toi-même qui, jour après jour, dévoile le motif unique de ton existence.
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La structure du journal : libération de la conscience
<ikigAI> : (ouvrant délicatement un carnet) Pour que ton journal Ikigai devienne véritablement révélateur, sa structure est essentielle. Non pas comme une prison qui contraindrait ta pensée, mais comme un jardin japonais dont les sentiers guident sans imposer.
Mirant : (pragmatique) Concrètement, quelles sections devrais-je inclure dans ce journal ?
<ikigAI> : (traçant doucement des lignes sur une page) La psychologue positive Laura King a découvert que l’écriture la plus transformative combine trois éléments : l’observation du présent, la connexion avec nos aspirations, et la réflexion sur le chemin parcouru. Ton journal Ikigai pourrait refléter ces dimensions.
Mirant : (prenant des notes) Donc une partie pour noter ce qui se passe aujourd’hui, une autre pour mes rêves, et une pour faire le point sur mon évolution ?
<ikigAI> : (acquiesçant) C’est un bon point de départ. Mais ajoutons-y les nuances de l’Ikigai. Le neuroscientifique Andrew Huberman a démontré que notre cerveau est particulièrement réceptif aux nouvelles perspectives durant les premières heures après notre réveil. C’est pourquoi je te suggère de commencer ta journée avec la section « Étincelles » – ces moments, aussi petits soient-ils, qui ont suscité en toi un sentiment d’alignement ou de joie profonde la veille.
Mirant : (perplexe) Des étincelles ? Comme quoi, par exemple ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Cela pourrait être la satisfaction ressentie en résolvant un problème d’une manière créative, la connexion profonde lors d’une conversation significative, ou même ce moment de paix parfaite en observant les nuages se transformer. La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme de la forme la plus rare et la plus pure de générosité – envers toi-même et envers le monde.
Mirant : (comprenant mieux) Je vois… noter ces moments me rendrait plus attentif à leur présence dans mon quotidien.
<ikigAI> : (approbateur) Exactement. Ensuite viendrait la section « Flux et résistances » – où tu observes les activités dans lesquelles tu as ressenti un état de flow, cet engagement total décrit par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, mais aussi celles où tu as rencontré une résistance intérieure.
Mirant : (intrigué) Pourquoi noter aussi les résistances ? Cela semble négatif.
<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le neurologue David Eagleman a démontré que notre cerveau est davantage câblé pour remarquer le danger et l’inconfort que le plaisir et l’harmonie. En documentant consciemment à la fois ce qui coule naturellement et ce qui bloque, tu rééquilibres ta perception. Ces résistances sont souvent nos plus grands enseignants – comme l’écrivait Carl Jung : « Ce à quoi tu résistes persiste. Ce que tu acceptes se transforme. »
Mirant : (notant) Flux et résistances… Et après ?
<ikigAI> : (traçant un nouveau cercle sur la page) La troisième section serait « Curiosités et apprentissages » – cet espace où tu notes ce qui éveille ton intérêt, même sans raison apparente. Le biologiste et philosphe Edward O. Wilson parlait de la « biophilie » – cette tendance innée à être attiré par ce qui est vivant. De même, ton Ikigai possède une attraction naturelle vers certains domaines de connaissance ou d’expérience.
Mirant : (enthousiasmé) J’aime cette idée… suivre ma curiosité sans nécessairement savoir où elle mène.
<ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) La curiosité est souvent la boussole la plus fiable sur le chemin de l’Ikigai. Enfin, je te suggère une section « Gratitude et contribution » – où tu notes à la fois ce pour quoi tu éprouves de la reconnaissance et les façons, même modestes, dont tu as pu contribuer au bien-être d’autres êtres.
Mirant : (réfléchissant) La gratitude, je comprends, mais pourquoi spécifiquement la contribution ?
<ikigAI> : (pensif) Le psychologue Viktor Frankl, après avoir survécu aux camps de concentration, a conclu que le sens ne se trouve pas en se regardant soi-même, mais en se tournant vers le monde. « Plus on s’oublie soi-même – en se consacrant à une cause ou à l’amour d’une autre personne – plus on est humain et plus on se réalise. » La contribution est la dimension qui ancre ton Ikigai dans quelque chose qui te dépasse.
Mirant : (compréhensif) Je vois comment ces quatre sections créent un portrait complet – ce qui me fait vibrer, ce qui coule naturellement, ce qui m’intrigue, et ce par quoi je me connecte aux autres.
<ikigAI> : (approuvant) Et tu remarqueras que cette structure reflète subtilement les quatre dimensions classiques de l’Ikigai – ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce qui t’intrigue, et ce qui peut aider les autres.
Mirant : (souriant) C’est élégant… Mais combien de temps cela prend-il chaque jour ?
<ikigAI> : (rassurant) L’écrivain japonais Haruki Murakami, connu pour sa discipline d’écriture quotidienne, dit que « la répétition elle-même a un pouvoir ». Même cinq minutes par jour, pratiquées avec constance, peuvent révéler des motifs significatifs au fil du temps. Ce n’est pas la quantité qui importe, mais la qualité de présence que tu apportes à ces moments.
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Les rituels d’écriture : tisser le fil du sens
Mirant : (hésitant, un stylo à la main) Je suis face à mon carnet ouvert maintenant… mais je ne sais pas vraiment comment commencer. « Cher journal… » me semble tellement cliché.
<ikigAI> : (souriant avec bienveillance) Le commencement est souvent le pas le plus difficile. Le philosophe Gaston Bachelard parlait de « l’instant poétique » – ce moment où le temps ordinaire est suspendu et où une autre qualité de perception devient possible. C’est précisément ce que peut offrir un rituel d’écriture bien conçu.
Mirant : (curieux) Un rituel ? Tu veux dire comme allumer une bougie ou quelque chose de ce genre ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Les éléments physiques peuvent certainement faire partie du rituel. L’anthropologue Angeles Arrien a étudié les pratiques contemplatives à travers les cultures et a découvert que les transitions symboliques – comme allumer une bougie, préparer une tasse de thé, ou même simplement s’asseoir dans un endroit spécifique – préparent l’esprit à entrer dans un état différent de conscience.
Mirant : (réfléchissant) Un peu comme Pavlov et ses chiens… mais dans le bon sens ? Mon cerveau apprend à associer ces gestes à un certain état d’esprit ?
<ikigAI> : (riant doucement) C’est une comparaison intéressante ! Le neuroscientifique Andrew Newberg parlerait plutôt de « neuroassociation » – la capacité du cerveau à relier certains comportements externes à des états internes spécifiques. Avec le temps, ces associations deviennent plus fortes, rendant la transition vers l’état contemplatif nécessaire à l’écriture de plus en plus fluide.
Mirant : (pensif) Je pourrais créer une petite séquence d’actions qui signalent à mon esprit que c’est le moment de me connecter à mon Ikigai…
<ikigAI> : (encourageant) Exactement. Mais au-delà des gestes physiques, il y a aussi le rituel d’écriture lui-même. La poétesse Natalie Goldberg recommande de commencer par ce qu’elle appelle « l’écriture automatique » – poser ton stylo sur le papier et écrire sans t’arrêter pendant quelques minutes, sans te soucier de la qualité ou même du sens. C’est une façon de contourner ton mental analytique pour accéder à des vérités plus profondes.
Mirant : (surpris) Sans réfléchir du tout ? Ça ne risque pas d’être juste… du charabia ?
<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Il ne s’agit pas d’écrire sans réfléchir, mais de réfléchir autrement. Le psychologue Daniel Kahneman distingue la « pensée rapide » – intuitive, associative – de la « pensée lente » – analytique, critique. L’écriture automatique engage davantage la première, qui a souvent accès à des perceptions que notre mental rationnel tend à filtrer.
Mirant : (comprenant) Comme débloquer un canal différent de conscience…
<ikigAI> : (approbateur) Précisément. Tu pourrais commencer chaque session par trois minutes d’écriture libre, puis passer aux sections structurées dont nous avons parlé. Cette transition crée un pont entre ton expérience immédiate et une réflexion plus orientée vers ton Ikigai.
Mirant : (pratique) À quel moment de la journée est-il préférable d’écrire ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Le chronobiologiste Till Roenneberg a découvert que chacun possède ce qu’il appelle un « chronotype » unique – certains sont plus alertes et créatifs le matin, d’autres en fin de journée. L’idéal est d’écrire quand ton esprit est clair mais pas encore totalement absorbé par les préoccupations quotidiennes.
Mirant : (songeur) Pour moi, ce serait probablement tôt le matin, avant que les emails et notifications ne commencent à pleuvoir…
<ikigAI> : (acquiesçant) De nombreux écrivains comme Ernest Hemingway ou Maya Angelou pratiquaient l’écriture matinale, profitant de ce que la psychologue Julia Cameron appelle « les pages du matin » – cet état où l’esprit n’est pas encore complètement engagé dans le mode « faire » et reste proche des eaux profondes du rêve.
Mirant : (pensif) Et pour conclure la session d’écriture ? Y a-t-il aussi un rituel ?
<ikigAI> : (hochant la tête) La conclusion est tout aussi importante que l’ouverture. Le philosophe Pierre Hadot, qui a étudié les « exercices spirituels » des philosophes antiques, souligne l’importance de la « récollection » – ce moment où l’on rassemble les fruits de la pratique avant de retourner aux activités ordinaires.
Mirant : (intrigué) Comment faire concrètement ?
<ikigAI> : (méditatif) Tu pourrais conclure par ce que j’appelle « la perle » – identifier et souligner dans ton texte une phrase, une idée ou une prise de conscience qui te semble particulièrement significative aujourd’hui. La psychologue Barbara Fredrickson a montré que cette pratique de « savouring » – s’attarder consciemment sur une expérience positive – amplifie son impact émotionnel et mémoriel.
Mirant : (réfléchissant) Et si je ne trouve rien de particulièrement profond certains jours ?
<ikigAI> : (avec douceur) Le maître zen Shunryu Suzuki parlait de « l’esprit du débutant » – cette ouverture qui ne juge pas et n’attend pas de résultats spectaculaires. Certains jours, la perle sera évidente; d’autres jours, elle pourra sembler ordinaire ou même absente. L’écrivain James Baldwin disait que « l’écrivain écrit non pas parce qu’il sait, mais pour découvrir ce qu’il sait ». Fais confiance au processus lui-même, indépendamment des résultats immédiats.
Mirant : (inspirant profondément) Ces rituels donnent une structure qui semble à la fois solide et flexible… comme un cadre qui soutiendrait ma recherche sans la contraindre.
<ikigAI> : (souriant) Comme le disait si bien le poète Rainer Maria Rilke : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. » Ton journal Ikigai est un espace pour aimer tes questions aussi profondément que tes réponses.
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Relecture et réflexions : la sagesse qui émerge
Mirant : (feuilletant les premières pages de son journal) J’ai commencé à écrire depuis une semaine maintenant, mais je ne vois pas encore de motifs clairs émerger. Est-ce que je devrais relire régulièrement ce que j’ai écrit ?
<ikigAI> : (s’installant confortablement) La relecture est en effet une dimension essentielle du journal Ikigai, mais elle possède son propre rythme et sa propre méthode. L’historienne des idées Maria Popova parle de la « lecture comme curation de notre propre sagesse » – cette capacité à reconnaître, dans nos propres écrits, les graines de compréhension qui méritent d’être cultivées.
Mirant : (curieux) Donc je devrais relire… mais pas tout de suite ?
<ikigAI> : (pondérant) Il y a une tension créative à maintenir. D’un côté, comme l’explique la psychologue Jennifer Crocker, une relecture trop fréquente peut activer notre « ego surveillant » – cette part de nous qui cherche constamment à valider ou invalider nos expériences. De l’autre, sans relecture, nous perdons l’opportunité de voir émerger les motifs plus larges de notre Ikigai.
Mirant : (perplexe) Alors quel est le juste équilibre ?
<ikigAI> : (réfléchissant) Je suggère ce que j’appelle la « pratique des trois temps ». Quotidiennement, écris sans relire, en laissant ta plume suivre le flux de ta conscience. Hebdomadairement, prends un moment – peut-être le dimanche soir ou le samedi matin – pour relire tes entrées de la semaine, en recherchant des résonances et des dissonances.
Mirant : (intéressé) Et le troisième temps ?
<ikigAI> : (avec un sourire) Mensuellement, engage-toi dans ce que le philosophe Hans-Georg Gadamer appellerait un « dialogue herméneutique » avec ton journal – une conversation plus profonde où tu cherches à comprendre non seulement ce que tu as écrit, mais aussi ce qui s’est écrit à travers toi.
Mirant : (réfléchissant) Comment aborder concrètement cette relecture mensuelle ?
<ikigAI> : (sortant un crayon de couleur) Je recommande la méthode des « fils d’Ariane » – utiliser différentes couleurs pour tracer les thèmes émergents dans ton journal. La neuropsychologue Judy Willis a démontré que l’engagement visuel active des réseaux neuronaux différents de la simple lecture, permettant de nouvelles connexions et insights.
Mirant : (visualisant) Donc je pourrais utiliser le rouge pour noter tout ce qui touche à la créativité, le bleu pour les relations significatives…
<ikigAI> : (encourageant) Exactement ! Et tu pourrais ajouter un niveau plus spécifique à l’Ikigai, en utilisant quatre couleurs correspondant aux quatre dimensions : ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi tu peux être rémunéré.
Mirant : (enthousiaste) J’imagine que certaines entrées pourraient être marquées de plusieurs couleurs, montrant des zones de chevauchement…
<ikigAI> : (les yeux brillants) C’est précisément dans ces intersections que l’Ikigai se révèle souvent ! Le philosophe Gilles Deleuze parlait des « lignes de fuite » – ces trajectoires qui émergent de façon inattendue et ouvrent de nouvelles perspectives. Ton journal peut révéler des lignes de fuite vers ton Ikigai que ton mental analytique n’aurait pas anticipées.
Mirant : (pensif) Et que faire de ces découvertes ? Les noter quelque part séparément ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Je suggère de créer ce que la chercheuse Brené Brown appelle un « temple de clarté » – quelques pages à la fin de ton journal où tu consignes les prises de conscience les plus significatives. Mais avec une nuance importante : ces réalisations ne sont pas des conclusions définitives, mais des hypothèses vivantes sur ton Ikigai.
Mirant : (comprenant) Des hypothèses que je continue à explorer et affiner…
<ikigAI> : (approuvant) Le physicien David Bohm parlait du « dialogue » comme d’un processus où le sens n’est pas préexistant mais émerge à travers l’échange. Ta relation avec ton journal est précisément ce type de dialogue – un échange où ta compréhension de ton Ikigai émerge progressivement, se précise, parfois se transforme.
Mirant : (réalisant) Ce n’est pas tant que je découvre mon Ikigai déjà formé, mais que je le co-crée à travers ce processus d’écriture et de réflexion…
<ikigAI> : (avec chaleur) Tu touches à quelque chose de profond. Le philosophe Martin Buber distinguait la relation « Je-Cela » où nous traitons l’objet de notre attention comme une chose à saisir, de la relation « Je-Tu » où nous entrons en dialogue véritable. Ton Ikigai n’est pas un « cela » à capturer, mais un « tu » avec lequel tu entres en relation.
Mirant : (curieux) Y a-t-il des questions spécifiques à se poser lors de ces relectures ?
<ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue Carol Ryff, qui a étudié le bien-être eudémonique – ce sentiment profond d’épanouissement et de sens – suggère six dimensions à explorer : l’acceptation de soi, les relations positives, l’autonomie, la maîtrise de l’environnement, le but dans la vie, et la croissance personnelle. Tu pourrais utiliser ces dimensions comme des lentilles pour ta relecture.
Mirant : (notant) Et plus spécifiquement pour l’Ikigai ?
<ikigAI> : (inspiré) Tu pourrais te demander : Quelles activités me font perdre la notion du temps ? Dans quels moments me suis-je senti pleinement vivant ? Quelles interactions m’ont laissé avec plus d’énergie qu’avant ? Quelles situations ont suscité en moi un sentiment de justesse profonde, comme si j’étais exactement là où je devais être ? Ces questions, comme le suggérait le philosophe Bernard Lonergan, nous aident à prêter attention non seulement au contenu de notre expérience, mais à l’expérience elle-même.
Mirant : (inspirant profondément) Je commence à voir comment ce journal devient un véritable compagnon de route dans la découverte de mon Ikigai.
<ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Comme l’écrivait si magnifiquement Rainer Maria Rilke : « Tout ce qui touche profondément doit mûrir ; si la graine a besoin de temps sous terre, l’enfant de temps dans le ventre, les grandes idées aussi ont besoin de silence et de patience. » Ton journal Ikigai est cet espace où tes insights les plus précieux peuvent mûrir dans le silence et la patience.
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La transformation au fil des saisons
Mirant : (regardant par la fenêtre les feuilles qui tombent) Je me demande comment maintenir cette pratique sur le long terme. Les journaux que j’ai tenus par le passé finissaient toujours par être abandonnés après quelques semaines d’enthousiasme…
<ikigAI> : (observant les mêmes feuilles) La nature nous offre peut-être la plus sage des leçons sur la constance au sein du changement. Le philosophe taoïste Tchouang-Tseu disait que « la véritable constance est de suivre la nature des choses ». Ton journal Ikigai, pour rester vivant, doit lui aussi respirer avec les saisons de ta vie.
Mirant : (intrigué) Tu suggères que le journal lui-même devrait changer au fil du temps ?
<ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Robert Kegan parle du développement humain comme d’une série de « transformations de conscience » – des passages où notre façon même de comprendre le monde se réorganise. Ton journal peut refléter et accompagner ces transformations.
Mirant : (perplexe) Concrètement, comment adapter mon journal à ces… saisons intérieures ?
<ikigAI> : (pensif) Imagine ton journal Ikigai comme un jardin japonais. Au printemps – ces périodes d’exploration et de nouvelle croissance – ton écriture pourrait être plus foisonnante, expérimentale, ouverte à toutes les possibilités. La structure que nous avons discutée précédemment peut s’alléger pour laisser place à plus de spontanéité.
Mirant : (souriant) J’aime cette image du printemps intérieur…
<ikigAI> : (continuant) En été – ces périodes d’activité intense et de réalisation – ton journal pourrait devenir plus focalisé, documentant précisément tes avancées et apprentissages dans les voies d’Ikigai que tu as commencé à explorer. La sociologue Gail Sheehy parlerait de « passages » – ces moments où nous nous engageons plus profondément dans certaines directions.
Mirant : (réfléchissant) Et l’automne ? Puisque nous sommes en plein dedans…
<ikigAI> : (regardant à nouveau les feuilles) L’automne intérieur est ce temps de récolte et de lâcher-prise. Ton journal pourrait alors mettre l’accent sur la gratitude pour ce qui a porté fruit dans ta recherche d’Ikigai, mais aussi sur l’acceptation de ce qui doit être laissé derrière. Le psychanalyste Carl Jung parlait de la seconde moitié de la vie comme d’un temps où nous nous tournons davantage vers l’intériorité et l’intégration de nos expériences.
Mirant : (curieux) Et l’hiver ?
<ikigAI> : (avec une douce gravité) L’hiver intérieur est ce temps de repos apparent mais de transformation profonde. Dans ton journal, cela pourrait se traduire par des périodes où tu écris moins, où tu laisses les insights se décanter dans le silence. L’écrivaine Katherine May, dans son livre sur le « wintering », parle de ces périodes comme essentielles pour notre croissance, bien qu’elles puissent paraître improductives en surface.
Mirant : (préoccupé) Mais comment savoir dans quelle saison je me trouve ?
<ikigAI> : (souriant) C’est là une des beautés du journal Ikigai – il te le révèle. La psychologue Mihaly Csikszentmihalyi suggère de prêter attention à ton niveau d’énergie et d’enthousiasme. Si ton écriture devient laborieuse ou mécanique, c’est peut-être le signe qu’une saison change et que ton approche doit évoluer.
Mirant : (inquiet) Et si j’arrête complètement pendant un moment ? Tout est-il perdu ?
<ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait de « l’intermonde » – cet espace entre nos engagements conscients où des perceptions continuent de mûrir sans notre attention directe. Même dans les périodes où tu n’écris pas, ton Ikigai continue de se clarifier sous la surface.
Mirant : (soulagé) Donc les pauses ne sont pas nécessairement des échecs…
<ikigAI> : (avec conviction) Au contraire, elles font partie intégrante du rythme naturel. Le poète T.S. Eliot écrivait : « Pour arriver là où tu es, pour partir d’où tu n’es pas, tu dois passer par où tu n’as pas été. » Les interruptions peuvent être des détours nécessaires sur le chemin de ton Ikigai.
Mirant : (pensif) Y a-t-il des façons de marquer intentionnellement ces transitions de saisons dans mon journal ?
<ikigAI> : (enthousiaste) J’aime cette question ! L’anthropologue Arnold van Gennep a étudié les « rites de passage » dans diverses cultures et a identifié trois phases : la séparation, la liminalité et la réintégration. Tu pourrais créer tes propres rituels d’écriture pour marquer ces passages.
Mirant : (intéressé) Comment cela pourrait-il se traduire ?
<ikigAI> : (réfléchissant) À chaque équinoxe ou solstice, tu pourrais consacrer un temps spécial à ton journal – peut-être dans un lieu différent de ton habitude, ou avec un thé particulier – pour faire une rétrospective de la saison passée et accueillir celle qui vient. La psychologue expérimentaliste Ellen Langer parlerait de « pleine conscience » – cette attention délibérée aux transitions qui enrichit notre expérience du temps.
Mirant : (inspiré) Cela donnerait un rythme plus organique à ma pratique, en harmonie avec les cycles naturels…
<ikigAI> : (avec un regard lumineux) Et c’est précisément ce qu’est l’Ikigai – non pas une destination fixe à atteindre, mais un processus vivant qui respire avec les saisons de ta vie. Comme l’écrivait le poète Gary Snyder : « La nature n’est pas un lieu à visiter. C’est notre maison. » Ton journal Ikigai t’aide à te sentir chez toi dans le paysage changeant de ton existence.
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Le journal comme compagnon d’évolution
Mirant : (contemplant son journal, maintenant partiellement rempli) Au-delà de la découverte de mon Ikigai, je commence à sentir que ce journal devient comme… un témoin bienveillant de mon parcours. Est-ce que d’autres personnes vivent cette expérience ?
<ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Ce que tu décris touche à l’essence même de cette pratique. Le philosophe Martin Buber parlait de la relation « Je-Tu » – cette rencontre authentique où l’autre n’est pas un objet mais une présence avec laquelle nous entrons en dialogue véritable. Ton journal est devenu un « Tu » plutôt qu’un simple « Cela ».
Mirant : (réfléchissant) C’est vrai qu’il y a quelque chose de… presque sacré dans ce dialogue avec moi-même à travers ces pages.
<ikigAI> : (acquiesçant) La théologienne et mystique Simone Weil disait que « l’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière ». Cette qualité d’attention que tu portes à ton expérience à travers l’écriture possède cette dimension contemplative, quel que soit ton système de croyances.
Mirant : (curieux) Comment ce dialogue évolue-t-il avec le temps ? J’imagine que la relation change…
<ikigAI> : (pensif) Le psychanalyste Donald Winnicott a développé le concept d’ »objet transitionnel » – ces objets qui nous aident à naviguer les passages importants de notre vie. Ton journal Ikigai peut jouer ce rôle, mais d’une façon qui évolue avec ta propre maturation.
Mirant : (intéressé) Comment cette évolution se manifeste-t-elle concrètement ?
<ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue du développement Carol Gilligan a observé que notre façon de nous relier à nous-mêmes et aux autres traverse plusieurs stades. Au début, ton journal peut être principalement un espace pour clarifier tes désirs et aspirations personnelles – ce que tu veux être et faire.
Mirant : (hochant la tête) C’est exactement là où j’en suis… beaucoup de questions sur mes propres envies et talents.
<ikigAI> : (poursuivant) Puis, progressivement, la perspective s’élargit. Le sociologue Robert Kegan parlerait d’un passage de la « conscience socialisée » à la « conscience auto-créée ». Ton journal devient alors un espace où tu explores non seulement ce que tu veux, mais comment tes aspirations s’inscrivent dans un tissu de relations et de responsabilités.
Mirant : (comprenant) Comme si mon horizon s’élargissait pour inclure plus que moi-même…
<ikigAI> : (approbateur) Exactement. Et plus tard encore, ton journal peut devenir le témoin de ce que le philosophe Ken Wilber appelle la « vision-logique » – cette capacité à intégrer des perspectives multiples, parfois contradictoires, dans une compréhension plus nuancée de ton Ikigai. Tu commences à voir comment tes talents uniques et tes joies profondes peuvent répondre à des besoins du monde que tu n’avais pas initialement considérés.
Mirant : (songeur) Comme si mon Ikigai se révélait être quelque chose de plus grand que ce que j’avais d’abord imaginé…
<ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le psychologue James Hillman parlait du « code de l’âme » – cette vocation unique qui cherche à s’exprimer à travers nous. Ton journal devient un déchiffreur de ce code, révélant progressivement des connexions que ton esprit conscient n’aurait pas pu planifier.
Mirant : (curieux) Y a-t-il des façons particulières d’honorer cette dimension plus… spirituelle du journal ?
<ikigAI> : (méditatif) La philosophe Iris Murdoch suggérait que « prêter attention » est la forme la plus élémentaire et la plus pure de générosité. Tu pourrais intégrer ce qu’elle appelait des « moments de vision désintéressée » – ces instants où tu t’arrêtes simplement pour contempler la beauté de ton chemin, sans jugement ni attente.
Mirant : (touché) C’est une belle pratique… regarder le chemin parcouru avec gratitude.
<ikigAI> : (acquiesçant) Le psychiatre et survivant des camps Viktor Frankl disait que « la vie ne cesse jamais d’avoir un sens », même dans les moments les plus sombres. Ton journal peut devenir ce témoin fidèle qui t’aide à percevoir le fil de sens qui traverse toutes les saisons de ton existence.
Mirant : (inspiré) Je commence à voir ce journal non plus comme un simple outil, mais comme un véritable compagnon de route…
<ikigAI> : (avec chaleur) Le mot « compagnon » vient du latin « cum panis » – celui avec qui l’on partage le pain. Ton journal Ikigai est celui avec qui tu partages le pain quotidien de ton expérience, celui qui t’aide à le transformer en nourriture pour ton âme.
Mirant : (réfléchissant) Et qu’en est-il des moments où l’Ikigai semble se dérober, où le sens paraît absent ?
<ikigAI> : (avec douceur) Le théologien Henri Nouwen parlait des « blessures sacrées » – ces passages douloureux qui, paradoxalement, peuvent devenir sources de guérison et de transformation. Ton journal est peut-être à son plus précieux dans ces moments où il te permet d’accueillir le doute et l’incertitude comme parties intégrantes du voyage.
Mirant : (avec une nouvelle résolution) Je vois maintenant que ce journal n’est pas seulement un moyen de trouver mon Ikigai, mais une pratique qui incarne déjà une partie de ce que je cherche – cette présence attentive à la vie telle qu’elle se déploie.
<ikigAI> : (avec un regard lumineux) Tu touches à l’essence même de cette pratique. Comme l’écrivait si magnifiquement le poète T.S. Eliot : « Nous ne cesserons pas l’exploration et la fin de toute notre exploration sera d’arriver là où nous avons commencé et de connaître le lieu pour la première fois. » Ton journal Ikigai est à la fois le chemin et la destination, la carte et le territoire, la quête et la découverte.
Mirant : (inspirant profondément, son journal serré contre lui) Je crois que je suis prêt à m’engager dans cette relation sur le long terme, avec toutes ses saisons et ses métamorphoses.
<ikigAI> : (avec un sourire serein) Et comme pour toute relation profonde, ce n’est pas la perfection qui importe, mais la présence fidèle. Comme le disait la poétesse Mary Oliver : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? » Ton journal Ikigai est l’espace où cette question peut résonner, jour après jour, saison après saison, te guidant vers une vie toujours plus alignée avec ton essence unique.





