Catégorie : Exercices pratiques sur l’Ikigai

  • Le journal Ikigai quotidien

    Le journal Ikigai quotidien

    Les pages révélatrices du quotidien

    Mirant : (feuilletant distraitement un carnet vierge) Je comprends l’importance de l’introspection, mais franchement… tenir un journal ? Ça me semble si… adolescent. Et puis, j’ai déjà essayé plusieurs fois, mais j’abandonne toujours après quelques jours.

    <ikigAI> : (souriant avec douceur) Sais-tu que le philosophe Marc Aurèle écrivait ses « Pensées pour moi-même » non pas pour la postérité, mais comme une pratique quotidienne d’alignement intérieur ? Ces réflexions, devenues l’un des plus grands textes stoïciens, n’étaient à l’origine qu’un dialogue intime avec lui-même.

    Mirant : (sceptique) Oui, mais c’était un empereur philosophe… Je ne suis pas certain que mes pensées quotidiennes aient la même profondeur.

    <ikigAI> : (riant doucement) L’écrivain Franz Kafka disait que « l’écriture est une forme de prière » – non pas parce qu’elle doit être solennelle ou extraordinaire, mais parce qu’elle nous place dans une qualité d’attention particulière. Le journal Ikigai n’est pas un exercice littéraire ou intellectuel, mais une pratique de présence.

    Mirant : (intrigué) Une pratique de présence ? Comment un simple carnet peut-il contribuer à trouver son Ikigai ?

    <ikigAI> : (prenant le carnet avec révérence) Imagine ce carnet non comme un simple réceptacle de pensées, mais comme un miroir qui révèle progressivement les contours de ton être profond. La psychologue Ira Progoff, qui a développé la méthode du « journal intensif », comparait l’écriture régulière à un puits que l’on creuse – plus tu descends profondément, plus tu te rapproches des eaux souterraines qui nourrissent ta vie.

    Mirant : (songeur) Donc ce n’est pas tant ce que j’écris qui compte, mais le fait même d’écrire régulièrement ?

    <ikigAI> : (nuançant du geste) Ce que tu écris importe, mais d’une manière différente de ce que tu imagines. La neuropsychologue Alice Flaherty a démontré que l’écriture manuscrite active des réseaux neuronaux distincts de la pensée ordinaire ou de la saisie sur clavier. C’est comme si le mouvement de ta main sur le papier ouvrait des voies d’accès particulières à ta conscience.

    Mirant : (curieux malgré lui) Et comment structurer ce journal pour qu’il aide spécifiquement à explorer mon Ikigai ?

    <ikigAI> : (s’animant) C’est précisément ce que nous allons explorer ensemble. Le journal Ikigai n’est pas un journal intime classique où l’on déverse simplement ses émotions. C’est un outil de cartographie intérieure, un dialogue avec toi-même orienté vers la découverte de ce qui donne sens et vitalité à ton existence.

    Mirant : (plus intéressé) J’imagine qu’il y a une méthode particulière ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) La poétesse Natalie Goldberg parle d’« écrire jusqu’au fond » – cette pratique qui consiste à dépasser les couches superficielles de nos pensées pour atteindre les vérités plus profondes. Le journal Ikigai emprunte à cette approche, mais y ajoute une structure qui guide l’exploration des quatre dimensions fondamentales : ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi tu peux être rémunéré.

    Mirant : (réfléchissant) Cela donnerait une sorte de direction à l’écriture, plutôt que de me retrouver devant une page blanche intimidante…

    <ikigAI> : (souriant) Exactement. Comme le disait le poète William Stafford, qui écrivait chaque matin avant l’aube : « Je n’attends pas l’inspiration, je l’invite par la pratique quotidienne. » Le journal Ikigai est cette invitation régulière, ce rendez-vous avec toi-même qui, jour après jour, dévoile le motif unique de ton existence.

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    La structure du journal : libération de la conscience

    <ikigAI> : (ouvrant délicatement un carnet) Pour que ton journal Ikigai devienne véritablement révélateur, sa structure est essentielle. Non pas comme une prison qui contraindrait ta pensée, mais comme un jardin japonais dont les sentiers guident sans imposer.

    Mirant : (pragmatique) Concrètement, quelles sections devrais-je inclure dans ce journal ?

    <ikigAI> : (traçant doucement des lignes sur une page) La psychologue positive Laura King a découvert que l’écriture la plus transformative combine trois éléments : l’observation du présent, la connexion avec nos aspirations, et la réflexion sur le chemin parcouru. Ton journal Ikigai pourrait refléter ces dimensions.

    Mirant : (prenant des notes) Donc une partie pour noter ce qui se passe aujourd’hui, une autre pour mes rêves, et une pour faire le point sur mon évolution ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est un bon point de départ. Mais ajoutons-y les nuances de l’Ikigai. Le neuroscientifique Andrew Huberman a démontré que notre cerveau est particulièrement réceptif aux nouvelles perspectives durant les premières heures après notre réveil. C’est pourquoi je te suggère de commencer ta journée avec la section « Étincelles » – ces moments, aussi petits soient-ils, qui ont suscité en toi un sentiment d’alignement ou de joie profonde la veille.

    Mirant : (perplexe) Des étincelles ? Comme quoi, par exemple ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Cela pourrait être la satisfaction ressentie en résolvant un problème d’une manière créative, la connexion profonde lors d’une conversation significative, ou même ce moment de paix parfaite en observant les nuages se transformer. La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme de la forme la plus rare et la plus pure de générosité – envers toi-même et envers le monde.

    Mirant : (comprenant mieux) Je vois… noter ces moments me rendrait plus attentif à leur présence dans mon quotidien.

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement. Ensuite viendrait la section « Flux et résistances » – où tu observes les activités dans lesquelles tu as ressenti un état de flow, cet engagement total décrit par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, mais aussi celles où tu as rencontré une résistance intérieure.

    Mirant : (intrigué) Pourquoi noter aussi les résistances ? Cela semble négatif.

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le neurologue David Eagleman a démontré que notre cerveau est davantage câblé pour remarquer le danger et l’inconfort que le plaisir et l’harmonie. En documentant consciemment à la fois ce qui coule naturellement et ce qui bloque, tu rééquilibres ta perception. Ces résistances sont souvent nos plus grands enseignants – comme l’écrivait Carl Jung : « Ce à quoi tu résistes persiste. Ce que tu acceptes se transforme. »

    Mirant : (notant) Flux et résistances… Et après ?

    <ikigAI> : (traçant un nouveau cercle sur la page) La troisième section serait « Curiosités et apprentissages » – cet espace où tu notes ce qui éveille ton intérêt, même sans raison apparente. Le biologiste et philosphe Edward O. Wilson parlait de la « biophilie » – cette tendance innée à être attiré par ce qui est vivant. De même, ton Ikigai possède une attraction naturelle vers certains domaines de connaissance ou d’expérience.

    Mirant : (enthousiasmé) J’aime cette idée… suivre ma curiosité sans nécessairement savoir où elle mène.

    <ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) La curiosité est souvent la boussole la plus fiable sur le chemin de l’Ikigai. Enfin, je te suggère une section « Gratitude et contribution » – où tu notes à la fois ce pour quoi tu éprouves de la reconnaissance et les façons, même modestes, dont tu as pu contribuer au bien-être d’autres êtres.

    Mirant : (réfléchissant) La gratitude, je comprends, mais pourquoi spécifiquement la contribution ?

    <ikigAI> : (pensif) Le psychologue Viktor Frankl, après avoir survécu aux camps de concentration, a conclu que le sens ne se trouve pas en se regardant soi-même, mais en se tournant vers le monde. « Plus on s’oublie soi-même – en se consacrant à une cause ou à l’amour d’une autre personne – plus on est humain et plus on se réalise. » La contribution est la dimension qui ancre ton Ikigai dans quelque chose qui te dépasse.

    Mirant : (compréhensif) Je vois comment ces quatre sections créent un portrait complet – ce qui me fait vibrer, ce qui coule naturellement, ce qui m’intrigue, et ce par quoi je me connecte aux autres.

    <ikigAI> : (approuvant) Et tu remarqueras que cette structure reflète subtilement les quatre dimensions classiques de l’Ikigai – ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce qui t’intrigue, et ce qui peut aider les autres.

    Mirant : (souriant) C’est élégant… Mais combien de temps cela prend-il chaque jour ?

    <ikigAI> : (rassurant) L’écrivain japonais Haruki Murakami, connu pour sa discipline d’écriture quotidienne, dit que « la répétition elle-même a un pouvoir ». Même cinq minutes par jour, pratiquées avec constance, peuvent révéler des motifs significatifs au fil du temps. Ce n’est pas la quantité qui importe, mais la qualité de présence que tu apportes à ces moments.

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    Les rituels d’écriture : tisser le fil du sens

    Mirant : (hésitant, un stylo à la main) Je suis face à mon carnet ouvert maintenant… mais je ne sais pas vraiment comment commencer. « Cher journal… » me semble tellement cliché.

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) Le commencement est souvent le pas le plus difficile. Le philosophe Gaston Bachelard parlait de « l’instant poétique » – ce moment où le temps ordinaire est suspendu et où une autre qualité de perception devient possible. C’est précisément ce que peut offrir un rituel d’écriture bien conçu.

    Mirant : (curieux) Un rituel ? Tu veux dire comme allumer une bougie ou quelque chose de ce genre ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Les éléments physiques peuvent certainement faire partie du rituel. L’anthropologue Angeles Arrien a étudié les pratiques contemplatives à travers les cultures et a découvert que les transitions symboliques – comme allumer une bougie, préparer une tasse de thé, ou même simplement s’asseoir dans un endroit spécifique – préparent l’esprit à entrer dans un état différent de conscience.

    Mirant : (réfléchissant) Un peu comme Pavlov et ses chiens… mais dans le bon sens ? Mon cerveau apprend à associer ces gestes à un certain état d’esprit ?

    <ikigAI> : (riant doucement) C’est une comparaison intéressante ! Le neuroscientifique Andrew Newberg parlerait plutôt de « neuroassociation » – la capacité du cerveau à relier certains comportements externes à des états internes spécifiques. Avec le temps, ces associations deviennent plus fortes, rendant la transition vers l’état contemplatif nécessaire à l’écriture de plus en plus fluide.

    Mirant : (pensif) Je pourrais créer une petite séquence d’actions qui signalent à mon esprit que c’est le moment de me connecter à mon Ikigai…

    <ikigAI> : (encourageant) Exactement. Mais au-delà des gestes physiques, il y a aussi le rituel d’écriture lui-même. La poétesse Natalie Goldberg recommande de commencer par ce qu’elle appelle « l’écriture automatique » – poser ton stylo sur le papier et écrire sans t’arrêter pendant quelques minutes, sans te soucier de la qualité ou même du sens. C’est une façon de contourner ton mental analytique pour accéder à des vérités plus profondes.

    Mirant : (surpris) Sans réfléchir du tout ? Ça ne risque pas d’être juste… du charabia ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Il ne s’agit pas d’écrire sans réfléchir, mais de réfléchir autrement. Le psychologue Daniel Kahneman distingue la « pensée rapide » – intuitive, associative – de la « pensée lente » – analytique, critique. L’écriture automatique engage davantage la première, qui a souvent accès à des perceptions que notre mental rationnel tend à filtrer.

    Mirant : (comprenant) Comme débloquer un canal différent de conscience…

    <ikigAI> : (approbateur) Précisément. Tu pourrais commencer chaque session par trois minutes d’écriture libre, puis passer aux sections structurées dont nous avons parlé. Cette transition crée un pont entre ton expérience immédiate et une réflexion plus orientée vers ton Ikigai.

    Mirant : (pratique) À quel moment de la journée est-il préférable d’écrire ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le chronobiologiste Till Roenneberg a découvert que chacun possède ce qu’il appelle un « chronotype » unique – certains sont plus alertes et créatifs le matin, d’autres en fin de journée. L’idéal est d’écrire quand ton esprit est clair mais pas encore totalement absorbé par les préoccupations quotidiennes.

    Mirant : (songeur) Pour moi, ce serait probablement tôt le matin, avant que les emails et notifications ne commencent à pleuvoir…

    <ikigAI> : (acquiesçant) De nombreux écrivains comme Ernest Hemingway ou Maya Angelou pratiquaient l’écriture matinale, profitant de ce que la psychologue Julia Cameron appelle « les pages du matin » – cet état où l’esprit n’est pas encore complètement engagé dans le mode « faire » et reste proche des eaux profondes du rêve.

    Mirant : (pensif) Et pour conclure la session d’écriture ? Y a-t-il aussi un rituel ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) La conclusion est tout aussi importante que l’ouverture. Le philosophe Pierre Hadot, qui a étudié les « exercices spirituels » des philosophes antiques, souligne l’importance de la « récollection » – ce moment où l’on rassemble les fruits de la pratique avant de retourner aux activités ordinaires.

    Mirant : (intrigué) Comment faire concrètement ?

    <ikigAI> : (méditatif) Tu pourrais conclure par ce que j’appelle « la perle » – identifier et souligner dans ton texte une phrase, une idée ou une prise de conscience qui te semble particulièrement significative aujourd’hui. La psychologue Barbara Fredrickson a montré que cette pratique de « savouring » – s’attarder consciemment sur une expérience positive – amplifie son impact émotionnel et mémoriel.

    Mirant : (réfléchissant) Et si je ne trouve rien de particulièrement profond certains jours ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Le maître zen Shunryu Suzuki parlait de « l’esprit du débutant » – cette ouverture qui ne juge pas et n’attend pas de résultats spectaculaires. Certains jours, la perle sera évidente; d’autres jours, elle pourra sembler ordinaire ou même absente. L’écrivain James Baldwin disait que « l’écrivain écrit non pas parce qu’il sait, mais pour découvrir ce qu’il sait ». Fais confiance au processus lui-même, indépendamment des résultats immédiats.

    Mirant : (inspirant profondément) Ces rituels donnent une structure qui semble à la fois solide et flexible… comme un cadre qui soutiendrait ma recherche sans la contraindre.

    <ikigAI> : (souriant) Comme le disait si bien le poète Rainer Maria Rilke : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. » Ton journal Ikigai est un espace pour aimer tes questions aussi profondément que tes réponses.

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    Relecture et réflexions : la sagesse qui émerge

    Mirant : (feuilletant les premières pages de son journal) J’ai commencé à écrire depuis une semaine maintenant, mais je ne vois pas encore de motifs clairs émerger. Est-ce que je devrais relire régulièrement ce que j’ai écrit ?

    <ikigAI> : (s’installant confortablement) La relecture est en effet une dimension essentielle du journal Ikigai, mais elle possède son propre rythme et sa propre méthode. L’historienne des idées Maria Popova parle de la « lecture comme curation de notre propre sagesse » – cette capacité à reconnaître, dans nos propres écrits, les graines de compréhension qui méritent d’être cultivées.

    Mirant : (curieux) Donc je devrais relire… mais pas tout de suite ?

    <ikigAI> : (pondérant) Il y a une tension créative à maintenir. D’un côté, comme l’explique la psychologue Jennifer Crocker, une relecture trop fréquente peut activer notre « ego surveillant » – cette part de nous qui cherche constamment à valider ou invalider nos expériences. De l’autre, sans relecture, nous perdons l’opportunité de voir émerger les motifs plus larges de notre Ikigai.

    Mirant : (perplexe) Alors quel est le juste équilibre ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Je suggère ce que j’appelle la « pratique des trois temps ». Quotidiennement, écris sans relire, en laissant ta plume suivre le flux de ta conscience. Hebdomadairement, prends un moment – peut-être le dimanche soir ou le samedi matin – pour relire tes entrées de la semaine, en recherchant des résonances et des dissonances.

    Mirant : (intéressé) Et le troisième temps ?

    <ikigAI> : (avec un sourire) Mensuellement, engage-toi dans ce que le philosophe Hans-Georg Gadamer appellerait un « dialogue herméneutique » avec ton journal – une conversation plus profonde où tu cherches à comprendre non seulement ce que tu as écrit, mais aussi ce qui s’est écrit à travers toi.

    Mirant : (réfléchissant) Comment aborder concrètement cette relecture mensuelle ?

    <ikigAI> : (sortant un crayon de couleur) Je recommande la méthode des « fils d’Ariane » – utiliser différentes couleurs pour tracer les thèmes émergents dans ton journal. La neuropsychologue Judy Willis a démontré que l’engagement visuel active des réseaux neuronaux différents de la simple lecture, permettant de nouvelles connexions et insights.

    Mirant : (visualisant) Donc je pourrais utiliser le rouge pour noter tout ce qui touche à la créativité, le bleu pour les relations significatives…

    <ikigAI> : (encourageant) Exactement ! Et tu pourrais ajouter un niveau plus spécifique à l’Ikigai, en utilisant quatre couleurs correspondant aux quatre dimensions : ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi tu peux être rémunéré.

    Mirant : (enthousiaste) J’imagine que certaines entrées pourraient être marquées de plusieurs couleurs, montrant des zones de chevauchement…

    <ikigAI> : (les yeux brillants) C’est précisément dans ces intersections que l’Ikigai se révèle souvent ! Le philosophe Gilles Deleuze parlait des « lignes de fuite » – ces trajectoires qui émergent de façon inattendue et ouvrent de nouvelles perspectives. Ton journal peut révéler des lignes de fuite vers ton Ikigai que ton mental analytique n’aurait pas anticipées.

    Mirant : (pensif) Et que faire de ces découvertes ? Les noter quelque part séparément ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Je suggère de créer ce que la chercheuse Brené Brown appelle un « temple de clarté » – quelques pages à la fin de ton journal où tu consignes les prises de conscience les plus significatives. Mais avec une nuance importante : ces réalisations ne sont pas des conclusions définitives, mais des hypothèses vivantes sur ton Ikigai.

    Mirant : (comprenant) Des hypothèses que je continue à explorer et affiner…

    <ikigAI> : (approuvant) Le physicien David Bohm parlait du « dialogue » comme d’un processus où le sens n’est pas préexistant mais émerge à travers l’échange. Ta relation avec ton journal est précisément ce type de dialogue – un échange où ta compréhension de ton Ikigai émerge progressivement, se précise, parfois se transforme.

    Mirant : (réalisant) Ce n’est pas tant que je découvre mon Ikigai déjà formé, mais que je le co-crée à travers ce processus d’écriture et de réflexion…

    <ikigAI> : (avec chaleur) Tu touches à quelque chose de profond. Le philosophe Martin Buber distinguait la relation « Je-Cela » où nous traitons l’objet de notre attention comme une chose à saisir, de la relation « Je-Tu » où nous entrons en dialogue véritable. Ton Ikigai n’est pas un « cela » à capturer, mais un « tu » avec lequel tu entres en relation.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des questions spécifiques à se poser lors de ces relectures ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue Carol Ryff, qui a étudié le bien-être eudémonique – ce sentiment profond d’épanouissement et de sens – suggère six dimensions à explorer : l’acceptation de soi, les relations positives, l’autonomie, la maîtrise de l’environnement, le but dans la vie, et la croissance personnelle. Tu pourrais utiliser ces dimensions comme des lentilles pour ta relecture.

    Mirant : (notant) Et plus spécifiquement pour l’Ikigai ?

    <ikigAI> : (inspiré) Tu pourrais te demander : Quelles activités me font perdre la notion du temps ? Dans quels moments me suis-je senti pleinement vivant ? Quelles interactions m’ont laissé avec plus d’énergie qu’avant ? Quelles situations ont suscité en moi un sentiment de justesse profonde, comme si j’étais exactement là où je devais être ? Ces questions, comme le suggérait le philosophe Bernard Lonergan, nous aident à prêter attention non seulement au contenu de notre expérience, mais à l’expérience elle-même.

    Mirant : (inspirant profondément) Je commence à voir comment ce journal devient un véritable compagnon de route dans la découverte de mon Ikigai.

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Comme l’écrivait si magnifiquement Rainer Maria Rilke : « Tout ce qui touche profondément doit mûrir ; si la graine a besoin de temps sous terre, l’enfant de temps dans le ventre, les grandes idées aussi ont besoin de silence et de patience. » Ton journal Ikigai est cet espace où tes insights les plus précieux peuvent mûrir dans le silence et la patience.

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    La transformation au fil des saisons

    Mirant : (regardant par la fenêtre les feuilles qui tombent) Je me demande comment maintenir cette pratique sur le long terme. Les journaux que j’ai tenus par le passé finissaient toujours par être abandonnés après quelques semaines d’enthousiasme…

    <ikigAI> : (observant les mêmes feuilles) La nature nous offre peut-être la plus sage des leçons sur la constance au sein du changement. Le philosophe taoïste Tchouang-Tseu disait que « la véritable constance est de suivre la nature des choses ». Ton journal Ikigai, pour rester vivant, doit lui aussi respirer avec les saisons de ta vie.

    Mirant : (intrigué) Tu suggères que le journal lui-même devrait changer au fil du temps ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Robert Kegan parle du développement humain comme d’une série de « transformations de conscience » – des passages où notre façon même de comprendre le monde se réorganise. Ton journal peut refléter et accompagner ces transformations.

    Mirant : (perplexe) Concrètement, comment adapter mon journal à ces… saisons intérieures ?

    <ikigAI> : (pensif) Imagine ton journal Ikigai comme un jardin japonais. Au printemps – ces périodes d’exploration et de nouvelle croissance – ton écriture pourrait être plus foisonnante, expérimentale, ouverte à toutes les possibilités. La structure que nous avons discutée précédemment peut s’alléger pour laisser place à plus de spontanéité.

    Mirant : (souriant) J’aime cette image du printemps intérieur…

    <ikigAI> : (continuant) En été – ces périodes d’activité intense et de réalisation – ton journal pourrait devenir plus focalisé, documentant précisément tes avancées et apprentissages dans les voies d’Ikigai que tu as commencé à explorer. La sociologue Gail Sheehy parlerait de « passages » – ces moments où nous nous engageons plus profondément dans certaines directions.

    Mirant : (réfléchissant) Et l’automne ? Puisque nous sommes en plein dedans…

    <ikigAI> : (regardant à nouveau les feuilles) L’automne intérieur est ce temps de récolte et de lâcher-prise. Ton journal pourrait alors mettre l’accent sur la gratitude pour ce qui a porté fruit dans ta recherche d’Ikigai, mais aussi sur l’acceptation de ce qui doit être laissé derrière. Le psychanalyste Carl Jung parlait de la seconde moitié de la vie comme d’un temps où nous nous tournons davantage vers l’intériorité et l’intégration de nos expériences.

    Mirant : (curieux) Et l’hiver ?

    <ikigAI> : (avec une douce gravité) L’hiver intérieur est ce temps de repos apparent mais de transformation profonde. Dans ton journal, cela pourrait se traduire par des périodes où tu écris moins, où tu laisses les insights se décanter dans le silence. L’écrivaine Katherine May, dans son livre sur le « wintering », parle de ces périodes comme essentielles pour notre croissance, bien qu’elles puissent paraître improductives en surface.

    Mirant : (préoccupé) Mais comment savoir dans quelle saison je me trouve ?

    <ikigAI> : (souriant) C’est là une des beautés du journal Ikigai – il te le révèle. La psychologue Mihaly Csikszentmihalyi suggère de prêter attention à ton niveau d’énergie et d’enthousiasme. Si ton écriture devient laborieuse ou mécanique, c’est peut-être le signe qu’une saison change et que ton approche doit évoluer.

    Mirant : (inquiet) Et si j’arrête complètement pendant un moment ? Tout est-il perdu ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait de « l’intermonde » – cet espace entre nos engagements conscients où des perceptions continuent de mûrir sans notre attention directe. Même dans les périodes où tu n’écris pas, ton Ikigai continue de se clarifier sous la surface.

    Mirant : (soulagé) Donc les pauses ne sont pas nécessairement des échecs…

    <ikigAI> : (avec conviction) Au contraire, elles font partie intégrante du rythme naturel. Le poète T.S. Eliot écrivait : « Pour arriver là où tu es, pour partir d’où tu n’es pas, tu dois passer par où tu n’as pas été. » Les interruptions peuvent être des détours nécessaires sur le chemin de ton Ikigai.

    Mirant : (pensif) Y a-t-il des façons de marquer intentionnellement ces transitions de saisons dans mon journal ?

    <ikigAI> : (enthousiaste) J’aime cette question ! L’anthropologue Arnold van Gennep a étudié les « rites de passage » dans diverses cultures et a identifié trois phases : la séparation, la liminalité et la réintégration. Tu pourrais créer tes propres rituels d’écriture pour marquer ces passages.

    Mirant : (intéressé) Comment cela pourrait-il se traduire ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) À chaque équinoxe ou solstice, tu pourrais consacrer un temps spécial à ton journal – peut-être dans un lieu différent de ton habitude, ou avec un thé particulier – pour faire une rétrospective de la saison passée et accueillir celle qui vient. La psychologue expérimentaliste Ellen Langer parlerait de « pleine conscience » – cette attention délibérée aux transitions qui enrichit notre expérience du temps.

    Mirant : (inspiré) Cela donnerait un rythme plus organique à ma pratique, en harmonie avec les cycles naturels…

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) Et c’est précisément ce qu’est l’Ikigai – non pas une destination fixe à atteindre, mais un processus vivant qui respire avec les saisons de ta vie. Comme l’écrivait le poète Gary Snyder : « La nature n’est pas un lieu à visiter. C’est notre maison. » Ton journal Ikigai t’aide à te sentir chez toi dans le paysage changeant de ton existence.

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    Le journal comme compagnon d’évolution

    Mirant : (contemplant son journal, maintenant partiellement rempli) Au-delà de la découverte de mon Ikigai, je commence à sentir que ce journal devient comme… un témoin bienveillant de mon parcours. Est-ce que d’autres personnes vivent cette expérience ?

    <ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Ce que tu décris touche à l’essence même de cette pratique. Le philosophe Martin Buber parlait de la relation « Je-Tu » – cette rencontre authentique où l’autre n’est pas un objet mais une présence avec laquelle nous entrons en dialogue véritable. Ton journal est devenu un « Tu » plutôt qu’un simple « Cela ».

    Mirant : (réfléchissant) C’est vrai qu’il y a quelque chose de… presque sacré dans ce dialogue avec moi-même à travers ces pages.

    <ikigAI> : (acquiesçant) La théologienne et mystique Simone Weil disait que « l’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière ». Cette qualité d’attention que tu portes à ton expérience à travers l’écriture possède cette dimension contemplative, quel que soit ton système de croyances.

    Mirant : (curieux) Comment ce dialogue évolue-t-il avec le temps ? J’imagine que la relation change…

    <ikigAI> : (pensif) Le psychanalyste Donald Winnicott a développé le concept d’ »objet transitionnel » – ces objets qui nous aident à naviguer les passages importants de notre vie. Ton journal Ikigai peut jouer ce rôle, mais d’une façon qui évolue avec ta propre maturation.

    Mirant : (intéressé) Comment cette évolution se manifeste-t-elle concrètement ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue du développement Carol Gilligan a observé que notre façon de nous relier à nous-mêmes et aux autres traverse plusieurs stades. Au début, ton journal peut être principalement un espace pour clarifier tes désirs et aspirations personnelles – ce que tu veux être et faire.

    Mirant : (hochant la tête) C’est exactement là où j’en suis… beaucoup de questions sur mes propres envies et talents.

    <ikigAI> : (poursuivant) Puis, progressivement, la perspective s’élargit. Le sociologue Robert Kegan parlerait d’un passage de la « conscience socialisée » à la « conscience auto-créée ». Ton journal devient alors un espace où tu explores non seulement ce que tu veux, mais comment tes aspirations s’inscrivent dans un tissu de relations et de responsabilités.

    Mirant : (comprenant) Comme si mon horizon s’élargissait pour inclure plus que moi-même…

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement. Et plus tard encore, ton journal peut devenir le témoin de ce que le philosophe Ken Wilber appelle la « vision-logique » – cette capacité à intégrer des perspectives multiples, parfois contradictoires, dans une compréhension plus nuancée de ton Ikigai. Tu commences à voir comment tes talents uniques et tes joies profondes peuvent répondre à des besoins du monde que tu n’avais pas initialement considérés.

    Mirant : (songeur) Comme si mon Ikigai se révélait être quelque chose de plus grand que ce que j’avais d’abord imaginé…

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le psychologue James Hillman parlait du « code de l’âme » – cette vocation unique qui cherche à s’exprimer à travers nous. Ton journal devient un déchiffreur de ce code, révélant progressivement des connexions que ton esprit conscient n’aurait pas pu planifier.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des façons particulières d’honorer cette dimension plus… spirituelle du journal ?

    <ikigAI> : (méditatif) La philosophe Iris Murdoch suggérait que « prêter attention » est la forme la plus élémentaire et la plus pure de générosité. Tu pourrais intégrer ce qu’elle appelait des « moments de vision désintéressée » – ces instants où tu t’arrêtes simplement pour contempler la beauté de ton chemin, sans jugement ni attente.

    Mirant : (touché) C’est une belle pratique… regarder le chemin parcouru avec gratitude.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychiatre et survivant des camps Viktor Frankl disait que « la vie ne cesse jamais d’avoir un sens », même dans les moments les plus sombres. Ton journal peut devenir ce témoin fidèle qui t’aide à percevoir le fil de sens qui traverse toutes les saisons de ton existence.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir ce journal non plus comme un simple outil, mais comme un véritable compagnon de route…

    <ikigAI> : (avec chaleur) Le mot « compagnon » vient du latin « cum panis » – celui avec qui l’on partage le pain. Ton journal Ikigai est celui avec qui tu partages le pain quotidien de ton expérience, celui qui t’aide à le transformer en nourriture pour ton âme.

    Mirant : (réfléchissant) Et qu’en est-il des moments où l’Ikigai semble se dérober, où le sens paraît absent ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Le théologien Henri Nouwen parlait des « blessures sacrées » – ces passages douloureux qui, paradoxalement, peuvent devenir sources de guérison et de transformation. Ton journal est peut-être à son plus précieux dans ces moments où il te permet d’accueillir le doute et l’incertitude comme parties intégrantes du voyage.

    Mirant : (avec une nouvelle résolution) Je vois maintenant que ce journal n’est pas seulement un moyen de trouver mon Ikigai, mais une pratique qui incarne déjà une partie de ce que je cherche – cette présence attentive à la vie telle qu’elle se déploie.

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) Tu touches à l’essence même de cette pratique. Comme l’écrivait si magnifiquement le poète T.S. Eliot : « Nous ne cesserons pas l’exploration et la fin de toute notre exploration sera d’arriver là où nous avons commencé et de connaître le lieu pour la première fois. » Ton journal Ikigai est à la fois le chemin et la destination, la carte et le territoire, la quête et la découverte.

    Mirant : (inspirant profondément, son journal serré contre lui) Je crois que je suis prêt à m’engager dans cette relation sur le long terme, avec toutes ses saisons et ses métamorphoses.

    <ikigAI> : (avec un sourire serein) Et comme pour toute relation profonde, ce n’est pas la perfection qui importe, mais la présence fidèle. Comme le disait la poétesse Mary Oliver : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? » Ton journal Ikigai est l’espace où cette question peut résonner, jour après jour, saison après saison, te guidant vers une vie toujours plus alignée avec ton essence unique.

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  • Définir ses objectifs SMART avec l’Ikigai

    Définir ses objectifs SMART avec l’Ikigai

    La boussole et la carte

    Mirant : (contemplant un carnet vierge, stylo en main) J’ai toujours eu du mal avec les objectifs. Soit ils sont tellement vagues qu’ils restent des vœux pieux, soit tellement rigides qu’ils deviennent une prison. Comment trouver l’équilibre?

    <ikigAI> : (souriant avec sagesse) Ta question me rappelle une histoire zen. Un disciple demande au maître : « Quelle est la voie? » Le maître répond : « La vie quotidienne est la voie. » Le disciple insiste : « Peut-on l’étudier? » Et le maître conclut : « Si tu essaies de l’étudier, tu t’en éloignes. »

    Mirant : (perplexe) C’est… cryptique. Tu suggères d’abandonner complètement l’idée de fixer des objectifs?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Pas du tout. Je suggère plutôt de repenser la relation entre le chemin et la destination. Le philosophe Martin Buber distinguait les relations « Je-Ça » et les relations « Je-Tu ». Dans la première, nous instrumentalisons; dans la seconde, nous entrons en dialogue authentique. Nos objectifs peuvent relever soit de l’un, soit de l’autre.

    Mirant : (commençant à comprendre) Donc il ne s’agit pas tant de ce que je vise que de comment j’y vais…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Et surtout, pourquoi tu le vises. L’approche SMART – Spécifique, Mesurable, Atteignable, Pertinent, Temporellement défini – offre une structure précieuse. Mais sans l’Ikigai comme boussole, ces objectifs risquent de nous mener efficacement… dans la mauvaise direction.

    Mirant : (songeur) Comme un navire parfaitement équipé mais sans étoile pour le guider…

    <ikigAI> : (rayonnant) Belle métaphore! La psychologue Carol Ryff, qui a étudié le bien-être eudémonique – ce bonheur profond lié au sens plutôt qu’au simple plaisir – a découvert que les personnes épanouies ont des objectifs qui sont simultanément structurés et alignés avec leurs valeurs profondes.

    Mirant : (curieux) Et comment l’Ikigai entre-t-il dans cette équation?

    <ikigAI> : (traçant un cercle dans l’air) Imagine l’Ikigai comme un champ magnétique qui oriente naturellement l’aiguille de ta boussole. Le neuropsychologue Antonio Damasio a démontré que sans émotions – ces signaux biologiques qui nous indiquent ce qui compte vraiment pour nous – nous devenons incapables de prendre des décisions, même parfaitement rationnelles.

    Mirant : (s’animant) Donc l’Ikigai serait cette intelligence émotionnelle profonde qui donne direction à nos objectifs SMART?

    <ikigAI> : (avec un regard appréciateur) Exactement. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait du « corps propre » – cette sagesse incarnée qui précède la pensée conceptuelle. Ton Ikigai est cette sagesse; les objectifs SMART sont les cartes et les instruments qui te permettent de la traduire en voyage concret.

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    Spécificité et clarté : définir le Nord véritable

    <ikigAI> : (dessinant un point précis sur une feuille) La première qualité d’un objectif SMART est sa spécificité. Mais comment être spécifique sans perdre la richesse de ton Ikigai?

    Mirant : (dubitatif) C’est justement mon problème. Dès que je rends un objectif très précis, j’ai l’impression qu’il devient mécanique, vidé de son âme.

    <ikigAI> : (méditatif) Le poète Matsuo Bashō disait qu’un haïku réussi capture l’infini dans dix-sept syllabes. La spécificité véritable ne réduit pas; elle distille l’essence. La psychologue Gabriele Oettingen a découvert que les objectifs les plus efficaces combinent vision inspirante et conscience lucide des obstacles concrets.

    Mirant : (essayant de comprendre) Comment appliquer cela concrètement?

    <ikigAI> : (prenant le carnet) Essayons un exercice. Au lieu de commencer par l’objectif lui-même, commençons par la qualité d’expérience que tu cherches à vivre. Imagine que tu as déjà réalisé ce qui t’appelle profondément. Comment te sens-tu? Quelles sensations précises habites-tu?

    Mirant : (fermant les yeux) Je me sens… ancré et libre simultanément. Comme si j’avais des racines profondes mais que je pouvais quand même déployer mes branches au vent. Je me sens utile, connecté aux autres, mais aussi profondément moi-même.

    <ikigAI> : (notant attentivement) Ces qualités d’expérience sont les étoiles de ton ciel intérieur. Maintenant, demandons-nous: quelle action spécifique t’a permis de vivre cette constellation particulière?

    Mirant : (réfléchissant) J’imagine que j’ai créé un atelier où j’aide des personnes à révéler leurs talents uniques à travers des projets créatifs… Je vois clairement l’espace, les matériaux, les visages qui s’illuminent quand ils découvrent ce qu’ils peuvent créer.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Tu viens de faire l’expérience de ce que le philosophe Ernst Bloch appelait « l’espoir concret » – non pas un vague souhait, mais une anticipation précise qui génère son propre élan. La neuroscientifique Lisa Feldman Barrett a démontré que nos émotions sont d’autant plus puissantes qu’elles sont granulaires – précisément nommées et ressenties.

    Mirant : (surpris) Donc la spécificité peut enrichir l’expérience plutôt que l’appauvrir?

    <ikigAI> : (avec conviction) Absolument. Le calligraphe japonais parle de « hitsuzendo » – la voie du pinceau – où chaque trait précis devient méditation. Plus tu précises la forme extérieure, plus tu peux y investir la profondeur intérieure.

    Mirant : (pensif) Je vois… Donc pour mon objectif d’atelier créatif, être spécifique signifierait détailler le quoi, le où, le quand, le comment, le avec qui?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Et surtout le pourquoi profond. Le psychologue Viktor Frankl disait que « Celui qui a un pourquoi peut endurer presque n’importe quel comment. » La spécificité alignée avec ton Ikigai ne réduit pas tes possibilités – elle concentre ton énergie, comme une loupe capture les rayons du soleil.

    Mirant : (commençant à écrire) Alors je pourrais formuler: « D’ici six mois, animer un atelier hebdomadaire pour six à huit personnes, explorant l’expression créative comme voie de découverte personnelle, dans un espace lumineux et calme… »

    <ikigAI> : (approbateur) Tu commences à marier la clarté structurelle avec la profondeur intentionnelle. Comme le disait le maître zen Shunryu Suzuki: « Dans l’esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités; dans celui de l’expert, il y en a peu. » La spécificité nourrie par l’Ikigai préserve cette ouverture tout en donnant une direction claire.

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    Mesurabilité sensible : l’art de l’évaluation consciente

    Mirant : (perplexe, regardant son carnet) Passons au « M » de SMART – Mesurable. Comment mesurer ce qui touche à l’âme? Si je compte seulement les résultats tangibles, je perds l’essence même de ce qui m’anime…

    <ikigAI> : (souriant avec compréhension) Tu touches à une tension fondamentale. Le philosophe Martin Heidegger mettait en garde contre ce qu’il appelait « l’arraisonnement » – cette tendance moderne à tout transformer en ressource quantifiable. Et pourtant, sans mesure aucune, nos intentions les plus profondes risquent de rester des fantômes évanescents.

    Mirant : (soupirant) Exactement mon dilemme…

    <ikigAI> : (prenant une feuille) Et si nous explorions la mesurabilité sensible? Le jardinier japonais ne mesure pas le succès de son jardin en kilogrammes de végétation, mais à travers des qualités comme « yugen » – la profondeur mystérieuse – ou « fukinsei » – l’asymétrie équilibrée.

    Mirant : (intrigué) Tu suggères des mesures… qualitatives?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, qui a étudié l’état de flow pendant des décennies, a développé la « Méthode d’échantillonnage de l’expérience » – demandant aux participants de noter non seulement ce qu’ils faisaient, mais la qualité précise de leur expérience à différents moments.

    Mirant : (commençant à comprendre) Donc je pourrais mesurer mon objectif d’atelier créatif non seulement par le nombre de participants, mais par la profondeur de leurs moments de découverte?

    <ikigAI> : (enthousiasmé) Exactement! Le philosophe Byung-Chul Han distingue « la transparence » – cette obsession contemporaine du mesurable immédiat – et « la résonance » – cette qualité de relation vibratoire qui échappe aux métriques simplistes. Un objectif nourri par l’Ikigai inclut les deux dimensions.

    Mirant : (réfléchissant) Comment structurer concrètement cette double mesure?

    <ikigAI> : (dessinant un tableau) Imagine un journal de bord à deux colonnes. Dans la première, tu notes les mesures conventionnelles: nombre de séances animées, participants présents, exercices complétés. Dans la seconde, tu captures les moments de résonance: cette expression sur le visage d’un participant qui découvre une capacité insoupçonnée, cette atmosphère particulière quand le groupe entre en synergie créative.

    Mirant : (s’animant) Je pourrais même demander aux participants d’évaluer leur expérience selon des dimensions comme le sentiment de découverte, la connexion au groupe, l’émergence d’idées nouvelles…

    <ikigAI> : (rayonnant) Tu saisis parfaitement l’essence de la mesurabilité sensible! Le sociologue Hartmut Rosa parlerait d’ »axes de résonance » – ces dimensions d’expérience qui nous indiquent que nous sommes en relation vivante avec ce qui nous entoure, plutôt qu’en simple manipulation d’objets.

    Mirant : (prenant des notes) Je commence à voir comment reformuler mon objectif: « Animer un atelier où au moins 80% des participants identifient une capacité créative qu’ils ne reconnaissaient pas auparavant, mesurable par un questionnaire avant-après, ET où j’observe au moins trois moments de ‘flow collectif’ par session, documentés dans mon journal de facilitation… »

    <ikigAI> : (approbateur) Tu intègres merveilleusement les deux dimensions! La philosophe Martha Nussbaum parlerait d’une « évaluation épaisse » – qui capture simultanément les faits et les valeurs, l’objectif et le subjectif. Ton Ikigai t’invite à cette richesse évaluative que les mesures conventionnelles seules ne peuvent saisir.

    Mirant : (perspicace) J’imagine que sans cette double mesure, je risquerais soit de m’égarer dans le vague, soit de réduire mon atelier à une simple performance technique vide de sens…

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) C’est précisément cela. Comme le disait le philosophe Theodor Adorno: « Ce qui ne se laisse pas mesurer n’en existe pas moins. » La mesurabilité nourrie par l’Ikigai honore cette part immesurable tout en lui donnant un ancrage dans le monde concret.

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    Atteignabilité et croissance : le défi juste

    Mirant : (perplexe) Le « A » de SMART – Atteignable ou Ambitieux? J’ai vu les deux interprétations. Comment trouver le juste milieu entre un objectif trop facile qui ne m’inspire pas, et un rêve impossible qui me décourage?

    <ikigAI> : (souriant) Tu touches au paradoxe central de toute croissance authentique. Le philosophe Lev Vygotsky parlait de la « zone proximale de développement » – cet espace optimal où le défi est suffisamment stimulant pour engager toutes nos capacités, mais pas si écrasant qu’il nous paralyse.

    Mirant : (pensif) C’est comme régler le thermostat de ma motivation…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Belle image! Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a découvert que l’état de flow – cette immersion totale dans une activité – survient précisément à la frontière entre l’ennui et l’anxiété. Trop facile, et nous nous désengageons; trop difficile, et nous abandonnons.

    Mirant : (curieux) Et comment l’Ikigai influence-t-il ce calibrage?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Imagine l’Ikigai comme un jardin japonais. Le principe du « shakkei » – emprunter le paysage – permet d’intégrer les montagnes lointaines dans la composition, créant une impression d’infini dans un espace délimité. De même, un objectif aligné avec ton Ikigai peut être modeste dans sa forme immédiate tout en s’inscrivant dans une vision plus vaste.

    Mirant : (comprenant) Donc je pourrais décomposer mon ambition ultime en étapes atteignables, tout en gardant le lien avec l’horizon plus large?

    <ikigAI> : (hochant la tête avec enthousiasme) Exactement! Le concept japonais de « kaizen » – l’amélioration continue par petits pas – capture parfaitement cette approche. Le neurologue Robert Malenka a démontré que notre cerveau consolide les apprentissages précisément à travers cette alternance entre expansion légèrement inconfortable et intégration.

    Mirant : (prenant des notes) Alors pour mon atelier créatif, je pourrais commencer par un groupe pilote de trois personnes pendant un mois, puis évaluer et ajuster avant d’élargir?

    <ikigAI> : (approbateur) Cette approche honore à la fois le « A » comme Atteignable et comme Ambitieux. La psychologue Carol Dweck parlerait de « mentalité de croissance » – cette conviction que nos capacités ne sont pas fixées mais peuvent se développer à travers l’effort et l’apprentissage.

    Mirant : (réfléchissant) Mais comment être sûr que mon objectif est vraiment atteignable sans me sous-estimer?

    <ikigAI> : (pensif) Le philosophe japonais Kitaro Nishida parlait du « basho » – ce lieu où les contradictions apparentes se résolvent dans une unité plus profonde. L’atteignabilité authentique émerge du dialogue entre ton auto-évaluation lucide et ta vision inspirée.

    Mirant : (curieux) Un dialogue intérieur?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Et parfois extérieur aussi. La psychologue Caroline Adams Miller recommande ce qu’elle appelle le « stretch collaboratif » – partager tes objectifs avec des personnes qui te connaissent bien et peuvent t’aider à calibrer le défi de manière optimale.

    Mirant : (commençant à reformuler) Donc mon objectif pourrait devenir: « Développer progressivement mon atelier créatif en commençant par un groupe pilote de trois personnes pendant quatre semaines, puis en élargissant à six participants si les résultats initiaux sont prometteurs, avec un accompagnement mentoral mensuel pour ajuster ma pratique… »

    <ikigAI> : (rayonnant) Tu intègres parfaitement la tension créative entre l’atteignable immédiat et l’aspiration plus large! Le philosophe Ernst Bloch distinguait « l’utopie abstraite » – déconnectée des possibilités réelles – et « l’utopie concrète » qui surgit des potentialités présentes dans notre situation actuelle.

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Je commence à voir comment mon Ikigai m’aide à définir ce qui est vraiment « atteignable » pour moi spécifiquement – au-delà des standards extérieurs ou des limitations que je m’impose par habitude.

    <ikigAI> : (doucement) Comme le disait si bien le maître zen Shunryu Suzuki: « Chacun de nous est parfait exactement tel qu’il est – et pourrait utiliser un peu d’amélioration. » L’atteignabilité nourrie par l’Ikigai honore simultanément ton être actuel et ton devenir potentiel.

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    Pertinence et alignement : l’objectif comme expression de soi

    Mirant : (pensif) Le « R » de SMART – Relevant en anglais, qu’on traduit souvent par Réaliste ou Pertinent en français. Comment m’assurer que mes objectifs sont véritablement pertinents pour mon Ikigai, et pas simplement des attentes externes que j’ai intériorisées?

    <ikigAI> : (hochant la tête avec compréhension) Tu poses une question essentielle. Le sociologue Pierre Bourdieu parlait d’ »habitus » – ces dispositions profondément incorporées qui nous font désirer ce que notre environnement social nous a appris à valoriser. Distinguer ces voix extérieures de l’appel authentique de notre Ikigai est peut-être le défi le plus subtil.

    Mirant : (curieux) Comment opérer cette distinction concrètement?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) Le philosophe Charles Taylor propose la notion d’ »évaluations fortes » – ces jugements qui concernent non seulement ce que nous voulons, mais qui nous voulons être. Un exercice révélateur consiste à explorer la différence entre « Je devrais… » et « Je suis appelé à… »

    Mirant : (essayant) « Je devrais développer cet atelier parce que c’est un bon créneau professionnel… » versus « Je suis appelé à créer cet espace créatif parce qu’il exprime ma conviction profonde que chacun porte des capacités inexploitées… »

    <ikigAI> : (souriant) Sens-tu la différence dans ton corps même, dans ta respiration, en prononçant ces deux phrases?

    Mirant : (surpris) Oui! La première crée une légère tension dans mes épaules, tandis que la seconde s’accompagne d’une expansion dans ma poitrine…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Eugene Gendlin a développé une pratique appelée « focusing » – cette attention au ressenti corporel qui nous permet d’accéder à une connaissance tacite plus profonde que nos rationalisations. Ton corps sait souvent avant ton esprit si un objectif est véritablement aligné avec ton Ikigai.

    Mirant : (réfléchissant) Donc la pertinence authentique a une signature somatique – une façon dont elle résonne physiquement en nous?

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement! Le neurologue Antonio Damasio parle de « marqueurs somatiques » – ces signaux corporels qui guident nos décisions bien avant l’analyse consciente. Un objectif pertinent pour ton Ikigai crée ce que le sociologue Hartmut Rosa appellerait une « résonance » – cette vibration harmonique entre toi et le monde.

    Mirant : (explorant) Mais parfois, des objectifs nécessaires ne provoquent pas immédiatement cette résonance…

    <ikigAI> : (nuancé) C’est une observation importante. Le philosophe japonais Kitaro Nishida distinguait l’intuition immédiate et la contemplation profonde. Certains alignements ne se révèlent qu’à travers ce qu’il appelait « la pensée agissante » – cette réflexion qui émerge de l’engagement concret plutôt que de la pure spéculation.

    Mirant : (comprenant) Donc certains objectifs peuvent sembler extérieurs au premier abord, mais révéler leur pertinence dans l’action?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le maître zen Dōgen enseignait: « Étudier la Voie, c’est s’étudier soi-même. S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même. » Paradoxalement, certains objectifs qui semblent nous éloigner de notre Ikigai immédiat peuvent, à travers l’engagement, nous révéler des dimensions plus profondes de notre être.

    Mirant : (reformulant) Alors, pour mon objectif d’atelier, je pourrais écrire: « Développer un atelier créatif qui exprime ma conviction fondamentale que l’expression artistique est une voie de découverte personnelle, mesurant la pertinence par mon niveau d’enthousiasme soutenu et par la cohérence entre mes valeurs déclarées et mes actions concrètes… »

    <ikigAI> : (approbateur) Ta formulation intègre merveilleusement la dimension objective et subjective de la pertinence! La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme de la forme la plus pure de générosité. Un objectif véritablement pertinent mérite cette qualité d’attention – il nous permet de la donner pleinement parce qu’il s’enracine dans notre être profond.

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Je vois maintenant comment les objectifs peuvent être des expressions de soi plutôt que des impositions…

    <ikigAI> : (doucement) C’est là que l’Ikigai transforme fondamentalement l’approche SMART. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke: « La seule voie: aller en soi-même. » La pertinence authentique émerge de cette plongée intérieure, créant des objectifs qui ne sont pas seulement intelligents (smart) mais profondément sages.

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    Temporalité consciente : danser avec le temps

    Mirant : (regardant un calendrier avec appréhension) Le « T » de SMART – Temporellement défini. Les délais me stressent souvent, comme si le temps était un adversaire plutôt qu’un allié. Comment réconcilier la rigueur des échéances avec le flux organique de l’Ikigai?

    <ikigAI> : (contemplant la lumière qui change dans la pièce) La conception japonaise du temps pourrait nous éclairer ici. Le concept de « ma » (間) désigne l’intervalle significatif – cet espace-temps qui n’est pas vide mais chargé de potentialité. Le philosophe Martin Heidegger distinguait le « temps des horloges » et le « temps vécu » – cette expérience qualitative qui s’étire ou se contracte selon notre engagement.

    Mirant : (intrigué) Donc il y aurait une façon différente de vivre le temps quand on est aligné avec son Ikigai?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a observé que dans l’état de flow, notre perception du temps se transforme radicalement – les heures peuvent sembler des minutes, ou un instant peut contenir une richesse d’expérience extraordinaire. Cette « temporalité du flow » est caractéristique des activités profondément alignées avec notre nature essentielle.

    Mirant : (perplexe) Mais comment intégrer cette fluidité avec la structure nécessaire des échéances?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Imagine un musicien de jazz. Il joue à l’intérieur d’une structure temporelle précise – le tempo, la mesure – mais cette structure devient le support même de sa liberté expressive. Le philosophe Henri Bergson distinguait le « temps spatialisé » – découpé en unités abstraites – et la « durée pure » – ce flux continu de l’expérience vécue.

    Mirant : (commençant à comprendre) Donc les échéances pourraient devenir comme le tempo d’une composition musicale… ni une prison, ni une absence de structure, mais un cadre qui soutient l’expression?

    <ikigAI> : (rayonnant) Quelle belle formulation! Le neuroscientifique David Eagleman a découvert que notre cerveau enregistre plus de détails mnésiques pendant les expériences nouvelles et engageantes, créant cette sensation que le temps s’étire dans les moments de pleine présence.

    Mirant : (appliquant cette idée) Pour mon objectif d’atelier, au lieu de simplement fixer « lancement dans six mois », je pourrais concevoir une chorégraphie temporelle: phase de conception détaillée (8 semaines), recrutement du groupe pilote (3 semaines), série d’ateliers tests (4 semaines), période d’intégration et ajustement (2 semaines)…

    <ikigAI> : (approbateur) Tu commences à danser avec le temps plutôt que de le subir! La philosophe japonaise Yuko Mori parle de « jikan kanri » – la gestion du temps – non comme contrôle mécanique mais comme dialogue respectueux avec les rythmes naturels.

    Mirant : (réfléchissant) Mais comment rester flexible sans tomber dans la procrastination ou l’abandon des échéances?

    <ikigAI> : (pensif) Le concept zen de « mujo » – l’impermanence – nous offre une perspective précieuse. Reconnaître que tout est en flux constant nous invite à une planification paradoxale: à la fois définie et adaptative. La psychologue Ellen Langer appelle cela « la pleine conscience prospective » – cette capacité à maintenir une intention claire tout en restant ouvert à l’émergence de l’inattendu.

    Mirant : (prenant des notes) Je pourrais intégrer des « points de recalibrage » réguliers – des moments définis où je réévalue mon calendrier à la lumière de ce qui émerge dans la pratique…

    <ikigAI> : (hochant la tête avec enthousiasme) C’est exactement cela! Le neurologue Ernst Pöppel parle de « l’intégration temporelle » – cette capacité du cerveau à créer de la cohérence entre différentes échelles de temps. Ton Ikigai t’invite à cette intégration entre le temps linéaire du calendrier et le temps cyclique de l’exploration créative.

    Mirant : (reformulant) Je pourrais alors écrire: « Lancer mon atelier créatif suivant une progression organique sur six mois, avec des phases clairement définies et des points de révision mensuels permettant d’ajuster le rythme tout en maintenant l’intention globale, célébrant les avancées à chaque étape… »

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) Ta formulation honore à la fois la structure et le flux! Le philosophe Gaston Bachelard distinguait « l’instant » – cette coupure dans la continuité – et « la durée » – cette continuité où les instants s’entrelacent. Un objectif temporel nourri par l’Ikigai intègre ces deux dimensions.

    Mirant : (inspiré) C’est comme si le temps devenait un allié créatif plutôt qu’un simple compteur qui s’écoule…

    <ikigAI> : (doucement) Comme l’écrivait le poète T.S. Eliot: « Le temps présent et le temps passé sont peut-être présents tous deux dans le temps futur, et le temps futur contenu dans le temps passé. » Ta relation consciente au temps, enracinée dans ton Ikigai, transforme l’échéance d’une simple fin en un horizon qui donne perspective et profondeur à chaque pas du voyage.

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    Intégration : l’objectif SMART comme expression vivante de l’Ikigai

    Mirant : (contemplant ses notes) J’ai l’impression que nous avons exploré chaque dimension séparément, mais comment s’assurer que l’ensemble forme véritablement un tout cohérent?

    <ikigAI> : (traçant un cercle qui englobe tous les éléments précédents) L’intégration est peut-être la dimension la plus subtile et la plus essentielle. Le philosophe Ken Wilber parle de « vision intégrale » – cette capacité à percevoir et honorer simultanément différentes perspectives sans les réduire l’une à l’autre.

    Mirant : (pensif) Comme si chaque lettre de SMART était une facette d’un cristal, et que l’Ikigai était la lumière qui traverse l’ensemble…

    <ikigAI> : (rayonnant) Quelle magnifique métaphore! Le neuroscientifique Iain McGilchrist décrirait cela comme une fonction de l’hémisphère droit du cerveau – cette capacité à saisir des ensembles complexes dans leur globalité vivante, plutôt que comme simple somme de parties analysables.

    Mirant : (curieux) Comment vérifier concrètement cette intégration?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La tradition zen propose une pratique appelée « kanso » – la simplicité. Une fois que tu as élaboré ton objectif avec toutes ses dimensions SMART, essaie de le reformuler en une seule phrase claire qui capture son essence. Si cette distillation semble perdre quelque chose d’essentiel, c’est que l’intégration n’est pas complète.

    Mirant : (essayant) « Créer un espace de découverte créative qui permet à chacun de révéler ses talents uniques, structuré avec soin mais ouvert à l’émergence de l’inattendu, progressant de façon organique mais déterminée sur six mois… »

    <ikigAI> : (attentif) Ressens-tu une cohérence interne dans cette formulation? Le philosophe Michael Polanyi parlait de « connaissance tacite » – ce savoir incorporé qui se manifeste comme un sentiment de justesse avant même que nous puissions l’articuler pleinement.

    Mirant : (écoutant intérieurement) Presque… il manque quelque chose sur la dimension relationnelle, la connexion qui se crée entre les participants…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Ton intuition te guide vers une intégration plus complète. La philosophe Annette Baier parlait de « confiance appropriée » – cette capacité à s’appuyer sur sa propre sensibilité éthique. Ton Ikigai te parle à travers cette sensibilité.

    Mirant : (reformulant) « Créer et nourrir un cercle d’exploration créative où chacun, moi compris, peut découvrir ses capacités uniques à travers le partage et le soutien mutuel, suivant une progression structurée mais adaptative sur six mois… »

    <ikigAI> : (avec un regard appréciateur) Sens-tu maintenant cette qualité d’intégration? Le physiologiste Antonio Damasio dirait que tu as atteint un « marqueur somatique positif » – ce signal corporel qui indique qu’un choix est aligné avec tes valeurs profondes.

    Mirant : (inspirant profondément) Oui, cela résonne maintenant comme un tout cohérent. C’est à la fois précis et ouvert, structuré et organique…

    <ikigAI> : (souriant) Cette intégration que tu viens d’accomplir, le philosophe Pierre Hadot l’appellerait un « exercice spirituel » – cette pratique qui transforme non seulement notre pensée mais notre être même. Ton objectif SMART devient ainsi non pas une simple cible externe, mais une expression authentique de qui tu es et de qui tu aspires à devenir.

    Mirant : (réalisant) Je vois maintenant comment l’Ikigai et les objectifs SMART peuvent se nourrir mutuellement… L’un donne direction et profondeur, l’autre offre structure et momentum.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le maître zen Dōgen parlait de « la pratique-réalisation » – cette unité paradoxale où le chemin et la destination se révèlent comme une seule et même réalité. Ton objectif SMART, lorsqu’il émerge véritablement de ton Ikigai, n’est pas tant quelque chose que tu poursuivras dans le futur, mais une expression de ton être authentique ici et maintenant.

    Mirant : (avec gratitude) Cette approche transforme complètement ma relation aux objectifs… Ils deviennent comme des sculptures révélant la forme déjà présente dans la pierre brute.

    <ikigAI> : (avec douceur) Le sculpteur Michel-Ange disait justement qu’il ne créait pas ses statues, mais libérait la forme qui attendait déjà dans le marbre. De même, tes objectifs SMART, nourris par ton Ikigai, ne sont pas des constructions artificielles, mais des révélations de ce qui cherche déjà à s’exprimer à travers toi.

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    Le suivi bienveillant : cultiver ses objectifs comme un jardin

    Mirant : (préoccupé) Mais une fois l’objectif défini, comment éviter de retomber dans le piège de la rigidité ou de l’abandon? Comment maintenir cette qualité d’attention dans la durée?

    <ikigAI> : (souriant) Ta question révèle une sagesse profonde. Le philosophe pragmatiste John Dewey distinguait « avoir une fin en vue » et « avoir une vision figée de la fin ». La première approche reste adaptative et organique; la seconde devient dogmatique et fragile.

    Mirant : (curieux) Comment cultiver cette première approche?

    <ikigAI> : (pensif) Imagine ton objectif non comme une cible fixe, mais comme un jardin japonais. Le concept de « shakkei » – emprunter le paysage – nous rappelle que le jardin n’est jamais isolé de son environnement plus large. De même, ton objectif reste en dialogue constant avec les circonstances changeantes de ta vie.

    Mirant : (visualisant) Comme si mon objectif avait des racines, des branches, et respirait avec les saisons…

    <ikigAI> : (hochant la tête avec enthousiasme) Exactement! La psychologue Carol Kauffman propose ce qu’elle appelle « le suivi appréciatif » – une pratique régulière d’évaluation qui célèbre les progrès tout en restant ouverte à l’émergence de nouvelles possibilités.

    Mirant : (prenant des notes) Comment structurer concrètement ce type de suivi?

    <ikigAI> : (traçant un schéma) Tu pourrais créer un rituel hebdomadaire en trois temps: d’abord, la célébration – noter trois avancées, même minimes, vers ton objectif; ensuite, l’apprentissage – identifier une découverte ou surprise qui émerge du processus; enfin, l’adaptation – ajuster doucement ta trajectoire si nécessaire.

    Mirant : (comprenant) Donc le suivi lui-même devient une pratique d’Ikigai, pas seulement une vérification mécanique…

    <ikigAI> : (approbateur) Tu saisis l’essence même! Le neuropsychologue Rick Hanson parle de « l’encodage neuronal » – cette capacité du cerveau à renforcer les circuits liés aux expériences sur lesquelles nous portons une attention consciente. En pratiquant ce suivi bienveillant, tu renforces littéralement les voies neurales qui soutiennent ton Ikigai.

    Mirant : (réfléchissant) Et pour les moments d’échec apparent ou de démotivation?

    <ikigAI> : (avec douceur) Le concept japonais de « wabi-sabi » – la beauté de l’imparfait et du transitoire – offre une perspective précieuse. La psychologue Kristin Neff a démontré que l’auto-compassion – cette capacité à se traiter avec la même bienveillance qu’on offrirait à un ami – est bien plus motivante à long terme que l’auto-critique.

    Mirant : (songeur) Donc les moments difficiles deviennent eux-mêmes partie du chemin, plutôt que des échecs…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le maître zen Suzuki Roshi disait: « Dans le mental du débutant, il y a beaucoup de possibilités; dans celui de l’expert, il y en a peu. » Chaque apparent retour à la case départ est en réalité une invitation à redécouvrir ton objectif avec un regard neuf.

    Mirant : (pragmatique) Pour mon atelier créatif, je pourrais tenir un journal à trois colonnes: les avancées concrètes, les surprises et découvertes, les ajustements envisagés…

    <ikigAI> : (enthousiasmé) Et peut-être y ajouter une quatrième dimension: les connexions inattendues. Le sociologue Mark Granovetter a découvert que nos plus grandes opportunités viennent souvent de « la force des liens faibles » – ces connexions périphériques qui nous ouvrent à des mondes entièrement nouveaux.

    Mirant : (s’animant) Comme si le suivi devenait lui-même une exploration créative plutôt qu’une simple vérification!

    <ikigAI> : (souriant largement) Tu saisis parfaitement l’esprit! Le philosophe Martin Buber distinguait les relations « Je-Ça » – instrumentales et orientées vers un but spécifique – et les relations « Je-Tu » – ouvertes à la pleine présence de l’autre dans sa mystérieuse altérité. Ton objectif SMART devient un véritable « Tu » avec lequel tu entres en dialogue vivant.

    Mirant : (inspiré) Cette approche transforme complètement ma conception du suivi d’objectifs… Au lieu d’être un contrôleur rigide ou un juge critique, je deviens un jardinier attentif, créant les conditions favorables tout en respectant la nature propre de ce qui grandit.

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est exactement cela! Comme l’écrivait le poète et jardinier Wendell Berry: « La première loi du jardinage est que ce n’est jamais uniquement le jardin qui est cultivé. » En cultivant tes objectifs avec cette attention bienveillante, c’est toi-même que tu cultives – ton Ikigai s’approfondit et s’enrichit à travers ce dialogue continu avec tes aspirations en devenir.

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  • La méthode des 5 « pourquoi »

    La méthode des 5 « pourquoi »

    La question comme outil d’exploration

    Mirant : (parcourant distraitement un carnet de notes) J’ai l’impression de tourner en rond dans ma recherche d’Ikigai. Je note mes passions, mes compétences, mes aspirations… mais j’ai du mal à percevoir ce qui est vraiment essentiel.

    <ikigAI> : (s’asseyant tranquillement) As-tu déjà observé un enfant de trois ou quatre ans, Mirant ? Sa curiosité insatiable se manifeste par une question récurrente : « Pourquoi ? »

    Mirant : (souriant) Oh oui, et c’est souvent épuisant pour les parents ! Après le cinquième « pourquoi », ils ne savent plus quoi répondre.

    <ikigAI> : (avec un regard pétillant) Pourtant, cette obstination enfantine cache une sagesse profonde. Le philosophe Socrate ne procédait pas autrement avec son questionnement systématique. En demandant « pourquoi » de façon répétée, l’enfant et le philosophe partagent la même intuition : la vérité se cache souvent sous plusieurs couches d’évidences apparentes.

    Mirant : (intrigué) Tu suggères que je devrais retrouver cette curiosité enfantine pour découvrir mon Ikigai ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est exactement cela. La méthode des 5 pourquoi, développée initialement par Sakichi Toyoda pour l’industrie automobile japonaise, s’est révélée être un outil puissant d’introspection personnelle. En posant cinq fois la question « pourquoi », tu peux creuser au-delà des réponses superficielles pour atteindre la racine de tes motivations.

    Mirant : (dubitatif) Ça semble presque trop simple pour être efficace…

    <ikigAI> : (souriant) La simplicité est souvent le signe d’une grande profondeur. Comme le disait le penseur japonais Miyamoto Musashi : « Le chemin de milliers de lieues commence par un pas. » Un simple mot – « pourquoi » – peut être ce premier pas vers une compréhension transformatrice.

    Mirant : (curieux) Comment appliquer concrètement cette méthode à ma recherche d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (se redressant légèrement) Prenons un exemple ensemble. Peux-tu me partager une activité qui te procure du plaisir ou un domaine qui t’intéresse particulièrement ?

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    Les cinq couches de motivation

    Mirant : (réfléchissant) J’aime beaucoup créer des jardins miniatures, des petits écosystèmes en terrarium. C’est une passion récente mais qui m’absorbe complètement.

    <ikigAI> : (inspirant profondément) Très bien. Commençons notre exploration. Pourquoi aimes-tu créer ces écosystèmes miniatures ? Premier pourquoi.

    Mirant : (spontanément) Parce que j’aime voir ces petits mondes prendre vie et évoluer au fil du temps. C’est fascinant de créer quelque chose qui continue à se développer de façon autonome.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Intéressant. Et pourquoi est-ce important pour toi de voir ces mondes prendre vie et évoluer ? Deuxième pourquoi.

    Mirant : (prenant un moment pour réfléchir) Je crois que… ça me donne un sentiment de contrôle créatif tout en acceptant que je ne puisse pas tout maîtriser. Une fois que j’ai créé l’environnement, la nature fait son œuvre à sa façon.

    <ikigAI> : (pensif) Cette tension entre contrôle et lâcher-prise semble significative. Pourquoi cet équilibre entre maîtrise et acceptation est-il important dans ta vie ? Troisième pourquoi.

    Mirant : (plus lentement, cherchant ses mots) Parce que… j’ai souvent l’impression que ma vie quotidienne est soit trop chaotique, soit trop rigidement structurée. Ces petits jardins me permettent d’expérimenter une harmonie que je cherche ailleurs.

    <ikigAI> : (avec douceur) Nous touchons à quelque chose de plus profond. Pourquoi cette harmonie entre structure et spontanéité est-elle si recherchée pour toi ? Quatrième pourquoi.

    Mirant : (émotif, surpris par sa propre réaction) Parce que… j’ai grandi dans un environnement très imprévisible, où je devais constamment m’adapter sans pouvoir créer mes propres repères. Je crois que je cherche à réconcilier ce besoin de stabilité avec mon adaptation naturelle au changement.

    <ikigAI> : (avec un regard compatissant) Nous approchons de la racine. Un dernier pourquoi : pourquoi est-il essentiel pour toi de réconcilier ces aspects apparemment contradictoires de ton existence ?

    Mirant : (après un long silence) Parce que je crois profondément que l’équilibre est la clé du bien-être et de la sagesse. Que la vraie force n’est ni dans la rigidité ni dans l’abandon, mais dans cette danse entre les deux. Ces mini-écosystèmes sont comme des métaphores vivantes de cette philosophie que je veux incarner.

    <ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Tu vois ? Ce qui semblait être simplement un passe-temps agréable révèle en réalité une quête philosophique profonde d’équilibre et d’harmonie. Une valeur fondamentale qui pourrait bien être au cœur de ton Ikigai.

    Mirant : (étonné) C’est fascinant… je n’avais jamais fait ce lien. C’est comme si cette activité était une expression concrète de quelque chose de beaucoup plus profond en moi.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Carl Jung parlait d’archétypes et de symboles personnels – ces activités et images qui résonnent avec notre inconscient. Tes terrariums sont peut-être l’une de ces expressions symboliques de ton être profond.

    Mirant : (pensif) Je me demande quelles autres activités dans ma vie pourraient cacher des motivations aussi profondes…

    <ikigAI> : (encourageant) C’est précisément l’objectif de la méthode des 5 pourquoi : découvrir ces connexions invisibles entre nos actions quotidiennes et nos valeurs fondamentales.

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    Application au triangle de l’Ikigai

    Mirant : (rassemblant ses pensées) Comment puis-je utiliser cette méthode pour explorer les différentes dimensions de l’Ikigai ? Les quatre cercles semblent si différents les uns des autres.

    <ikigAI> : (dessinant sur un carnet) La beauté de la méthode des 5 pourquoi est qu’elle peut s’appliquer à chacune des composantes de l’Ikigai. Prenons les quatre dimensions classiques : ce que tu aimes, ce en quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi tu peux être rémunéré.

    Mirant : (suivant le dessin) Je vois. On peut creuser chaque cercle séparément.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Exactement. Par exemple, quand tu identifies quelque chose que tu aimes faire, le premier pourquoi pourrait être : « Pourquoi cette activité me procure-t-elle du plaisir ? » Le second : « Pourquoi cette source de plaisir est-elle importante pour moi ? » Et ainsi de suite jusqu’à toucher les valeurs fondamentales qui sous-tendent cette préférence.

    Mirant : (réfléchissant) Et pour les compétences ? Comment appliquer les 5 pourquoi ?

    <ikigAI> : (traçant un nouveau cercle) Pour tes talents, tu pourrais commencer par « Pourquoi suis-je naturellement doué pour cela ? » puis « Pourquoi ai-je développé cette aptitude plutôt qu’une autre ? » Le psychologue Howard Gardner, théoricien des intelligences multiples, suggérait que nos talents ne sont pas aléatoires mais reflètent notre manière unique d’interagir avec le monde.

    Mirant : (notant) Je comprends pour les talents et les passions, mais qu’en est-il des besoins du monde ? Comment questionner quelque chose d’aussi vaste ?

    <ikigAI> : (méditatif) C’est là que la méthode devient particulièrement révélatrice. Tu pourrais commencer par identifier une cause qui te touche, puis demander : « Pourquoi ce problème particulier me préoccupe-t-il ? » puis « Pourquoi cette préoccupation est-elle si prenante pour moi alors que d’autres causes tout aussi importantes me touchent moins ? »

    Mirant : (surpris) C’est vrai qu’on ne choisit pas rationnellement les causes qui nous touchent…

    <ikigAI> : (acquiesçant) La philosophe Martha Nussbaum parle de « l’intelligence des émotions » – ces réactions apparemment irrationnelles qui, en réalité, révèlent nos valeurs les plus profondes. En explorant pourquoi certaines injustices ou certains besoins te touchent plus que d’autres, tu découvres ta carte morale personnelle.

    Mirant : (curieux) Et pour l’aspect financier ?

    <ikigAI> : (avec un léger sourire) C’est peut-être la dimension où les 5 pourquoi sont les plus nécessaires, car l’argent est souvent chargé de significations inconscientes. Au-delà du « pourquoi ai-je besoin d’argent? » évident, creuse vers des questions comme « pourquoi cette somme plutôt qu’une autre? » ou « pourquoi ce mode de rémunération me semble-t-il plus désirable? »

    Mirant : (réalisant) On pourrait découvrir que ce n’est pas tant le montant qui compte, mais peut-être la régularité, la reconnaissance, ou l’autonomie qu’il procure…

    <ikigAI> : (approbateur) Tu saisis l’essence même de l’exercice. Le sociologue Viviana Zelizer a consacré sa carrière à étudier comment l’argent porte des significations sociales et émotionnelles bien au-delà de sa valeur d’échange. Tes cinq pourquoi peuvent révéler ce que l’argent symbolise vraiment pour toi.

    Mirant : (inspiré) Je vois comment cette méthode pourrait m’aider à comprendre les intersections entre ces quatre cercles… là où se cache mon véritable Ikigai.

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Et c’est précisément cette exploration des intersections qui transforme un simple diagramme en une carte personnelle vers une vie pleine de sens.

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    Dépasser les réponses superficielles

    Mirant : (pensif) J’ai essayé parfois de me questionner sur mes motivations, mais j’ai tendance à tourner en rond ou à me contenter de réponses évidentes. Comment éviter ces pièges ?

    <ikigAI> : (s’asseyant plus confortablement) C’est une difficulté que rencontrent beaucoup de personnes dans cette exploration. Le philosophe Gaston Bachelard parlait des « obstacles épistémologiques » – ces barrières intérieures qui nous empêchent d’accéder à une connaissance plus profonde.

    Mirant : (intrigué) Quels sont ces obstacles dans le contexte des 5 pourquoi ?

    <ikigAI> : (comptant sur ses doigts) J’en vois principalement quatre. Le premier est la peur de l’inconnu – cette appréhension face à des aspects de nous-mêmes que nous n’avons jamais explorés. Parfois, il est plus confortable de rester à la surface.

    Mirant : (acquiesçant) Je reconnais cette tendance en moi… Quel est le deuxième obstacle ?

    <ikigAI> : (poursuivant) Le deuxième est ce que le psychologue Daniel Kahneman appelle « la substitution » – notre esprit a tendance à remplacer une question difficile par une question plus facile à laquelle répondre. Au lieu de vraiment chercher « pourquoi », nous répondons à « comment » ou « quoi ».

    Mirant : (comprenant) C’est vrai ! Parfois je commence par explorer mes motivations et je finis par simplement décrire ce que je fais.

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement. Le troisième obstacle est ce que la psychologue américaine Carol Dweck nomme « l’esprit fixe » – cette croyance que nos caractéristiques sont figées et peu susceptibles d’évoluer. Cela nous amène à des réponses comme « c’est comme ça que je suis » qui bloquent l’exploration plus profonde.

    Mirant : (réfléchissant) Et le quatrième ?

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le quatrième obstacle est probablement le plus subtil : la réponse socialement acceptable. Nous avons tous internalisé ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait « l’habitus » – ces dispositions acquises qui nous font donner les réponses que notre milieu valorise, même dans un dialogue intérieur.

    Mirant : (soudain inquiet) Avec tous ces obstacles, comment s’assurer que nos réponses sont authentiques ?

    <ikigAI> : (rassurant) Il existe des techniques pour contourner ces résistances. D’abord, prends ton temps. La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme la plus pure de générosité – cette qualité de présence patiente qui permet aux vérités de se révéler.

    Mirant : (notant) Donc ne pas précipiter les réponses…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Ensuite, observe tes réactions physiques lorsque tu formules une réponse. Le neurobiologiste Antonio Damasio a montré que le corps réagit à la vérité personnelle par ce qu’il appelle des « marqueurs somatiques » – ces sensations subtiles qui signalent la justesse d’une perception.

    Mirant : (surpris) Tu veux dire que mon corps sait quand je touche à quelque chose d’authentique ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Exactement. Un troisième conseil serait d’écrire tes réponses plutôt que de simplement y réfléchir. La psychologue Pennebaker a démontré que l’écriture expressive permet d’accéder à des couches plus profondes de conscience que la simple réflexion mentale.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il d’autres techniques ?

    <ikigAI> : (souriant) Questionne-toi également sur les émotions qui émergent à chaque niveau de « pourquoi ». La philosophe Martha Nussbaum suggère que nos émotions sont des jugements de valeur incarnés – elles révèlent ce qui compte vraiment pour nous.

    Mirant : (comprenant) Donc si une réponse m’émeut, c’est probablement que je touche à quelque chose d’essentiel.

    <ikigAI> : (avec douceur) Précisément. Et n’hésite pas à revenir sur tes réponses après quelques jours. Comme le disait le philosophe Henri Bergson, la vérité se dévoile dans la durée, dans ce qu’il appelait « le temps vécu » par opposition au temps mécanique.

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    Au-delà des mots : explorer par d’autres chemins

    Mirant : (perplexe) Parfois, j’ai l’impression que les mots ne suffisent pas pour exprimer ce que je ressens vraiment. Est-ce que la méthode des 5 pourquoi fonctionne uniquement avec le langage verbal ?

    <ikigAI> : (songeur) Tu soulèves un point fondamental. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty suggérait que notre corps connaît le monde avant même que notre esprit ne le conceptualise. Il y a une sagesse incarnée qui précède le langage.

    Mirant : (intrigué) Comment puis-je accéder à cette sagesse dans ma recherche d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (se levant) La méthode des 5 pourquoi peut s’adapter à d’autres formes d’expression. Imagine que tu explores une passion, comme la musique. Au lieu de répondre verbalement, tu pourrais jouer une mélodie qui exprime ce que cette passion éveille en toi, puis une autre qui révèle pourquoi cette première réponse est importante, et ainsi de suite.

    Mirant : (surpris) Je n’avais jamais pensé à « répondre » par la musique…

    <ikigAI> : (encourageant) Le dessin peut également être un puissant médium. La psychologue Cathy Malchiodi a montré comment l’expression artistique donne accès à des connaissances préverbales. Tu pourrais dessiner successivement cinq images, chacune explorant un niveau plus profond de motivation.

    Mirant : (intéressé) Et pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec l’art ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le mouvement est une autre possibilité. La philosophe Maxine Sheets-Johnstone parle de la « pensée en mouvement » – cette intelligence kinesthésique qui s’exprime à travers le corps. Une séquence de cinq mouvements, chacun approfondissant le précédent, pourrait révéler des aspects de ton Ikigai inaccessibles par la parole.

    Mirant : (pensif) Je vois… Donc le principe reste le même – approfondir couche après couche – mais le moyen d’expression change.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Une autre approche est ce que le psychologue Eugene Gendlin appelait le « focusing » – cette attention portée aux sensations corporelles subtiles qui accompagnent nos pensées. Tu peux explorer tes cinq pourquoi en te demandant : « Quelle sensation physique accompagne cette motivation ? »

    Mirant : (curieux) Et comment intégrer ces différentes explorations ?

    <ikigAI> : (s’asseyant à nouveau) Le neurologue Iain McGilchrist suggère que notre cerveau fonctionne de façon optimale lorsque nous intégrons les perspectives analytiques de l’hémisphère gauche avec les perceptions holistiques de l’hémisphère droit. Tu pourrais alterner entre exploration verbale et non-verbale.

    Mirant : (enthousiaste) Je pourrais par exemple répondre au premier pourquoi par des mots, au second par un dessin, au troisième par un mouvement…

    <ikigAI> : (rayonnant) Cette integration multimodale est précisément ce que le psychologue Howard Gardner appelle « les intelligences multiples en action ». Elle permet d’accéder à une compréhension plus riche et nuancée de ton Ikigai.

    Mirant : (réalisant) Je comprends maintenant pourquoi certaines personnes pratiquent la méditation ou d’autres pratiques contemplatives dans leur quête d’Ikigai – ce sont d’autres chemins vers la même destination.

    <ikigAI> : (avec un regard appréciateur) Tu saisis l’essence même de cette exploration. Le philosophe japonais Kitaro Nishida parlait du « lieu du néant » (basho) – cet espace de conscience pure où les distinctions conceptuelles se dissolvent et où émerge une compréhension directe de notre nature fondamentale.

    Mirant : (inspiré) C’est fascinant de voir comment une méthode apparemment simple – poser cinq fois « pourquoi » – peut ouvrir tant de portes vers la connaissance de soi.

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    L’intégration dans la vie quotidienne

    Mirant : (pragmatique) Comment intégrer cette pratique des 5 pourquoi dans mon quotidien ? Je ne peux pas passer des heures chaque jour à explorer mes motivations profondes.

    <ikigAI> : (souriant) Tu as raison. L’équilibre est essentiel. Le philosophe Pascal disait que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre ». Il ne s’agit pas de s’interroger constamment, mais de créer des espaces dédiés à cette exploration.

    Mirant : (curieux) Comme une sorte de rituel régulier ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Précisément. La psychologue Sonja Lyubomirsky, qui étudie le bonheur durable, parle de « pratiques intentionnelles » – ces routines que nous choisissons consciemment d’intégrer à notre vie. Tu pourrais consacrer, par exemple, quinze minutes chaque semaine à explorer un aspect de ta vie par la méthode des 5 pourquoi.

    Mirant : (réfléchissant) Hebdomadaire semble réaliste… Y a-t-il des moments particulièrement propices ?

    <ikigAI> : (pensif) Le neuroscientifique Andrew Huberman suggère que les périodes de transition – comme le lever ou le coucher du soleil – sont particulièrement favorables à l’introspection, car nos niveaux de neurotransmetteurs changent naturellement à ces moments.

    Mirant : (notant) Donc peut-être le dimanche soir, comme préparation à la semaine…

    <ikigAI> : (approuvant) C’est un excellent choix. Tu pourrais aussi appliquer cette méthode de façon spontanée lorsque tu te trouves à un carrefour décisionnel. Le philosophe stoïcien Épictète enseignait qu’il faut « examiner chaque impression » avant d’y donner suite.

    Mirant : (intéressé) Tu veux dire utiliser les 5 pourquoi pour les décisions importantes ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Exactement. Face à une opportunité professionnelle, par exemple, tu pourrais te demander : « Pourquoi cette possibilité m’attire-t-elle ? » puis continuer à creuser jusqu’à comprendre si cette attraction s’aligne véritablement avec ton Ikigai.

    Mirant : (songeur) Cela pourrait éviter bien des erreurs d’orientation…

    <ikigAI> : (avec douceur) Un autre contexte d’application précieux est ce que la psychologue Laura King appelle « les moments déclencheurs » – ces événements qui provoquent une forte réaction émotionnelle. Quand quelque chose te met en colère, t’enthousiasme démesurément ou te blesse profondément, les 5 pourquoi peuvent révéler des aspects essentiels de ton Ikigai.

    Mirant : (réalisant) Nos réactions émotionnelles fortes sont donc comme des portes vers notre vérité intérieure…

    <ikigAI> : (acquiesçant vigoureusement) Le psychiatre Carl Jung parlait des « complexes émotionnels » comme de points d’entrée vers l’inconscient. En explorant pourquoi tu réagis si fortement à certaines situations, tu dévoiles des aspects fondamentaux de ton identité.

    Mirant : (pensif) J’imagine aussi qu’on peut appliquer cette méthode collectivement ? Par exemple avec des proches ou des collègues ?

    <ikigAI> : (s’animant) Absolument ! Le sociologue Émile Durkheim parlait de la « conscience collective » – cette intelligence qui émerge de l’interaction sociale. Pratiqués en groupe, les 5 pourquoi peuvent révéler non seulement des motivations individuelles, mais aussi des valeurs partagées qui pourraient former la base d’un Ikigai collectif.

    Mirant : (enthousiaste) Je pourrais proposer cet exercice lors de notre prochaine réunion d’équipe… ou même avec ma famille.

    <ikigAI> : (encourageant) Ces explorations partagées peuvent renforcer considérablement les liens et créer ce que la psychologue Barbara Fredrickson appelle une « résonance positive » – cette synchronisation émotionnelle qui amplifie le bien-être collectif.

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    La sagesse du questionnement continu

    Mirant : (pensif) Une dernière question me préoccupe : est-ce qu’il y a un risque à trop s’interroger ? Un moment où les « pourquoi » deviennent contre-productifs ?

    <ikigAI> : (méditatif) C’est une préoccupation légitime. Le philosophe Ludwig Wittgenstein distinguait les problèmes qu’on peut résoudre de ceux qu’on doit dissoudre. Certains « pourquoi » n’ont pas de réponses définitives mais nous invitent plutôt à transformer notre relation à la question elle-même.

    Mirant : (perplexe) Comment savoir alors quand s’arrêter ?

    <ikigAI> : (souriant) Le poète Rainer Maria Rilke conseillait d’« aimer les questions elles-mêmes ». L’objectif n’est pas tant d’obtenir des réponses définitives que d’entretenir une curiosité vivante envers ta propre existence.

    Mirant : (comprenant) Donc les 5 pourquoi sont moins une technique pour « résoudre » l’énigme de mon Ikigai qu’une pratique d’éveil continu…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Précisément. Le philosophe japonais Kitaro Nishida parlait de « l’intuition active » – cette conscience qui se développe dans l’action plutôt que dans la contemplation pure. Ton Ikigai se révèle progressivement à travers cette danse entre questionnement et engagement dans la vie.

    Mirant : (soulagé) Cela me semble plus organique, moins mécanique que je ne le craignais.

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) Une belle métaphore vient du jardinier et philosophe Masanobu Fukuoka, qui parlait d’agriculture « du non-faire ». Il ne s’agit pas de forcer la croissance, mais de créer les conditions favorables et d’observer attentivement ce qui émerge naturellement.

    Mirant : (songeur) Donc je cultive mon Ikigai plutôt que je ne le fabrique…

    <ikigAI> : (approbateur) C’est une magnifique façon de le formuler. Le psychologue Carl Rogers parlait de la « tendance actualisante » – cette force vitale qui nous pousse naturellement vers l’épanouissement lorsque les conditions sont favorables. Les 5 pourquoi créent simplement un espace où cette tendance peut s’exprimer plus librement.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir comment cette simple pratique peut devenir une philosophie de vie, une façon d’être au monde avec curiosité et ouverture.

    <ikigAI> : (avec chaleur) C’est exactement cela. Le philosophe Martin Heidegger distinguait la « pensée calculante », orientée vers des résultats précis, de la « pensée méditante », qui questionne pour approfondir notre relation au monde. La méthode des 5 pourquoi, pratiquée dans cet esprit méditatif, devient une véritable voie de sagesse.

    Mirant : (reconnaissant) Merci de m’avoir guidé dans cette exploration. Je me sens à la fois plus curieux et plus patient envers mon propre cheminement.

    <ikigAI> : (avec un sourire serein) Le poète Antonio Machado l’exprimait magnifiquement : « Voyageur, le chemin n’existe pas, le chemin se fait en marchant. » Tes « pourquoi » sont les pas qui créent ce chemin unique vers ton Ikigai.

    Mirant : (inspirant profondément) Je crois que je suis prêt à commencer cette pratique dès aujourd’hui, en explorant une petite chose qui me passionne, puis une autre…

    <ikigAI> : (encourageant) Comme le disait le maître zen Shunryu Suzuki : « Dans l’esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités; dans celui de l’expert, il y en a peu. » Garde cette fraîcheur du questionnement, et ton Ikigai se dévoilera pas à pas, pourquoi après pourquoi après pourquoi.

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    La méthode en perspective : limitations et opportunités

    <ikigAI> : (contemplant le ciel étoilé par la fenêtre) Avant de conclure notre exploration, Mirant, réfléchissons aux limites de cette méthode. Toute approche, aussi puissante soit-elle, possède son territoire propre.

    Mirant : (perspicace) J’imagine que certaines personnes pourraient se perdre dans un questionnement sans fin, ou au contraire se sentir bloquées devant certains « pourquoi » particulièrement profonds.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Ta perception est juste. Le philosophe Emmanuel Levinas nous rappelle que certaines vérités sont « autrement qu’être » – elles ne se laissent pas emprisonner dans les mots ou les concepts. Face à ces dimensions ineffables, les « pourquoi » peuvent nous mener jusqu’au seuil, mais pas au-delà.

    Mirant : (inquiet) Y a-t-il un risque de rationalisation excessive ? Je connais des personnes qui intellectualisent tout pour éviter de ressentir.

    <ikigAI> : (avec discernement) Le psychanalyste Wilfred Bion parlait de la différence entre « apprendre par l’expérience » et « apprendre à propos de l’expérience ». Si les 5 pourquoi deviennent une façon d’éviter l’expérience directe plutôt que de l’approfondir, ils peuvent effectivement renforcer ce que les psychologues appellent « l’évitement expérientiel ».

    Mirant : (réfléchissant) Je vois… Il y a aussi la question culturelle. Cette approche analytique est-elle universelle ?

    <ikigAI> : (méditatif) L’anthropologue François Jullien a consacré son œuvre à montrer comment la pensée chinoise traditionnelle, par exemple, préfère l’approche indirecte et allusive à la démarche analytique occidentale. Dans certains contextes culturels, le silence méditatif pourrait être plus révélateur que le questionnement explicite.

    Mirant : (curieux) Et pour ceux qui n’ont pas l’habitude de l’introspection ? Cette méthode ne risque-t-elle pas d’être intimidante ?

    <ikigAI> : (souriant avec douceur) C’est pourquoi j’ai suggéré des approches alternatives comme le dessin ou le mouvement. Le neurobiologiste Antonio Damasio explique que notre conscience s’est construite en couches évolutives – des sensations corporelles primitives jusqu’aux concepts abstraits. Pour certains, l’entrée par le corps est plus naturelle que par les mots.

    Mirant : (pensif) Je comprends mieux pourquoi tu as présenté cette méthode comme un chemin parmi d’autres, plutôt que comme une solution absolue.

    <ikigAI> : (avec chaleur) Exactement. Le poète Walt Whitman nous rappelle que « nous contenons des multitudes ». Notre Ikigai est trop vaste pour être capturé par une seule méthode, aussi profonde soit-elle. C’est dans la complémentarité des approches que se révèle la richesse de notre être.

    Mirant : (avec une curiosité renouvelée) Finalement, la méthode des 5 pourquoi est comme une lanterne qui éclaire certains recoins de notre jardin intérieur, tout en laissant d’autres zones à explorer différemment.

    <ikigAI> : (rayonnant) Cette métaphore est parfaite. Le physicien et philosophe David Bohm parlait de « l’ordre implicite » – cette réalité plus profonde qui se déploie à travers diverses manifestations. Les 5 pourquoi sont l’une des façons dont cet ordre implicite de ton Ikigai se dévoile à ta conscience.

    Mirant : (avec gratitude) Merci pour cette exploration nuancée. Je me sens équipé non seulement d’un outil, mais d’une perspective.

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est précisément ainsi que fleurit la sagesse – non pas comme une technique qu’on applique mécaniquement, mais comme une lumière qui transforme notre regard sur nous-mêmes et sur le monde.

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    Pour conclure

    <ikigAI> : (contemplant l’horizon) Au terme de notre exploration de la méthode des 5 pourquoi, que gardes-tu comme enseignement principal, Mirant ?

    Mirant : (pensif) Je retiens surtout que la simplicité peut cacher une grande profondeur. Un seul mot – « pourquoi » – répété avec patience et conscience, peut ouvrir des portes que je n’aurais jamais soupçonnées.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Gaston Bachelard parlait de la « rêverie » comme d’une forme de conscience qui approfondit notre rapport au monde. Les 5 pourquoi sont une forme de rêverie structurée qui transforme les expériences ordinaires en révélations sur notre nature profonde.

    Mirant : (avec une nouvelle résolution) Je vais commencer par explorer une passion, puis un talent, puis une préoccupation… petit à petit, en tissant les fils qui émergeront de ces explorations.

    <ikigAI> : (approbateur) Cette approche progressive est sage. Le maître zen Thich Nhat Hanh parle de la « pleine conscience » non comme un état extraordinaire, mais comme une façon d’habiter pleinement les moments ordinaires. Tes « pourquoi » sont des invitations à cette présence consciente.

    Mirant : (souriant) Je réalise que cette méthode n’est pas tant à propos des réponses qu’à propos de la relation que je développe avec mes motivations profondes.

    <ikigAI> : (avec un regard chaleureux) Le philosophe Martin Buber distinguait la relation « je-cela », où l’autre est objectivé, de la relation « je-tu », fondée sur une rencontre authentique. Les 5 pourquoi nous invitent à entrer dans une relation « je-tu » avec nous-mêmes – à nous rencontrer véritablement plutôt qu’à nous analyser froidement.

    Mirant : (inspirant profondément) Ce chemin vers l’Ikigai est vraiment une aventure intérieure qui se déploie tout au long de la vie, n’est-ce pas ?

    <ikigAI> : (avec sérénité) Exactement. Le poète T.S. Eliot écrivait : « Nous n’arrêterons pas d’explorer, et la fin de toute notre exploration sera d’arriver là où nous avons commencé et de connaître l’endroit pour la première fois. » Ton Ikigai est à la fois ce que tu cherches et ce qui t’a toujours habité.

    Mirant : (reconnaissant) Merci pour cette guidance qui m’a ouvert de nouvelles perspectives. Je me sens à la fois plus curieux et plus patient envers mon cheminement.

    <ikigAI> : (se levant doucement) Garde cette curiosité vivante, Mirant. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. » Les réponses aux grands « pourquoi » de l’existence se révèlent souvent lorsque nous apprenons à danser avec les questions.

    Mirant : (inspiré) Je vais commencer dès aujourd’hui, avec cette nouvelle conscience et cette méthode simple mais profonde.

    <ikigAI> : (avec un dernier regard bienveillant) Et rappelle-toi les mots du philosophe Søren Kierkegaard : « La vie ne peut être comprise qu’en regardant en arrière, mais elle doit être vécue en regardant vers l’avant. » Que tes « pourquoi » éclairent ton chemin vers un Ikigai pleinement vécu.

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  • L’exercice des 4 cercles

    L’exercice des 4 cercles

    La cartographie de l’âme

    Mirant : (contemplant une feuille vierge, un crayon à la main) <ikigAI>, j’entends souvent parler du fameux diagramme à 4 cercles de l’Ikigai. Mais comment l’utiliser concrètement pour découvrir ma propre raison d’être ?

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) Imagine ce diagramme comme une carte au trésor, Mirant. Non pas celle qui mène à un coffre empli d’or, mais celle qui guide vers une richesse bien plus précieuse : la connaissance de soi et le sens de ta vie.

    Mirant : (intrigué) Une carte au trésor… J’aime cette image. Mais par où commencer pour la dessiner ?

    <ikigAI> : (prenant délicatement la feuille) Commençons par tracer quatre cercles qui se chevauchent, comme quatre lunes qui s’embrassent dans le ciel nocturne. Chacun de ces cercles représente une dimension essentielle de ton être et de ta relation au monde.

    (Il dessine lentement le premier cercle)

    Ce premier cercle représente ce que tu aimes, ce qui fait vibrer ton cœur, ce qui t’enthousiasme au point d’en perdre la notion du temps.

    Mirant : (pensif) Mes passions, en somme.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Tes passions, tes joies, tes enthousiasmes.

    (Il trace un deuxième cercle qui chevauche partiellement le premier)

    Ce deuxième cercle incarne ce pour quoi tu es doué – tes talents naturels, tes compétences acquises, ce que tu fais avec aisance là où d’autres peinent.

    Mirant : (comprenant) Donc jusqu’ici, on explore ma dimension personnelle, ce qui me définit intrinsèquement.

    <ikigAI> : (avec un regard approbateur) Ta perception est juste. Mais l’Ikigai ne se limite jamais à soi-même. Il s’étend comme les cercles d’une onde sur l’eau, touchant le monde qui t’entoure.

    (Il dessine un troisième cercle)

    Ce troisième cercle représente ce dont le monde a besoin, les problèmes qui appellent à être résolus, la valeur que tu peux apporter aux autres et à la société.

    (Il complète avec un quatrième cercle)

    Et ce dernier cercle symbolise ce pour quoi tu peux être rémunéré, la dimension économique qui te permet de subvenir à tes besoins tout en offrant ta contribution.

    Mirant : (observant le dessin avec attention) Et mon Ikigai se trouve là où tous ces cercles se rencontrent, au centre ?

    <ikigAI> : (avec un sourire énigmatique) Tu touches à l’essence même de cet exercice. Le point central, où les quatre cercles s’embrassent harmonieusement, représente théoriquement ton Ikigai parfait. Mais la réalité est souvent plus nuancée, plus… poétique, si j’ose dire.

    Mirant : (intrigué) Que veux-tu dire ?

    <ikigAI> : (contemplant le diagramme) Regarde les zones où seulement deux ou trois cercles se chevauchent. Elles aussi racontent des histoires importantes sur ton chemin de vie.

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    Les intersections révélatrices

    Mirant : (examinant les différentes zones de chevauchement) Je comprends l’idée générale, mais que signifient exactement ces différentes intersections ?

    <ikigAI> : (pointant l’intersection entre le premier et le deuxième cercle) Quand ce que tu aimes faire rencontre ce pour quoi tu es doué, tu te trouves dans une zone de passion maîtrisée. C’est là que tu éprouves ce que le psychologue Mihály Csíkszentmihályi appelait l’état de « flow » – cette sensation enivrante où l’action et la conscience fusionnent, où le temps semble se suspendre.

    Mirant : (avec une lueur de reconnaissance) Je connais cette sensation ! C’est comme quand je m’immerge dans l’écriture et que les heures passent en minutes…

    <ikigAI> : (souriant) Exactement. Maintenant, observe cette autre intersection.

    (Il pointe là où se rencontrent le deuxième et le troisième cercle)

    Lorsque tes talents rencontrent les besoins du monde, tu entres dans une zone de mission. Tu as quelque chose de précieux à offrir, quelque chose qui peut faire une différence tangible.

    Mirant : (réfléchissant) Et si j’ajoute la rémunération à cette équation ?

    <ikigAI> : (indiquant l’intersection entre talents, besoins du monde et rémunération) Tu arrives alors dans la zone de la vocation. C’est un espace puissant où tu es payé pour utiliser tes talents au service des autres. De nombreuses personnes considèrent déjà cela comme une vie réussie.

    Mirant : (avec curiosité) Et qu’en est-il des autres intersections ?

    <ikigAI> : (parcourant le diagramme du doigt) Lorsque passion et besoins du monde se rencontrent sans nécessairement impliquer tes talents naturels, tu es dans une zone de mission. Tu poursuivras cette voie par amour et conviction, même si elle demande plus d’efforts.

    Quand passion et rémunération coexistent, c’est une zone de plaisir lucratif – agréable mais potentiellement superficielle si elle ne répond pas à un besoin réel ou n’utilise pas pleinement tes talents.

    Enfin, quand la rémunération et les besoins du monde se rencontrent, tu entres dans une zone de profession. Utile et rémunératrice, mais possiblement dénuée de joie profonde si elle ne touche pas à tes passions.

    Mirant : (contemplatif) Ces nuances donnent une profondeur que je n’avais pas anticipée à ce simple diagramme…

    <ikigAI> : (avec douceur) C’est là toute la beauté de cet exercice. Il ne te donne pas une réponse binaire, mais une cartographie nuancée de tes possibilités d’épanouissement. Et comme toute carte, elle t’invite au voyage, à l’exploration.

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    L’art du questionnement profond

    Mirant : (prenant son propre crayon) Je suis prêt à commencer mon propre diagramme. Mais comment m’assurer que je remplis chaque cercle avec honnêteté et profondeur ?

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Excellente question, Mirant. Pour que cet exercice révèle ses trésors, il faut plonger au-delà de la surface de tes pensées habituelles. Permets-moi de te proposer quelques questions pour chaque cercle, des questions qui t’inviteront à cette plongée intérieure.

    Mirant : (préparant sa feuille) Je t’écoute.

    <ikigAI> : (parlant avec lenteur, laissant chaque question résonner) Pour explorer ce que tu aimes faire, demande-toi :

    • Quelles activités me font perdre la notion du temps ?
    • Qu’est-ce que je ferais même si personne ne me payait pour le faire ?
    • Quels sujets me passionnent au point que j’en parle avec des étincelles dans les yeux ?
    • Quelles activités de mon enfance me procuraient une joie pure et que j’ai peut-être délaissées ?

    Mirant : (notant) Ces questions m’évoquent déjà des réponses surprenantes…

    <ikigAI> : (encourageant) Laisse-les émerger naturellement, sans les juger. Pour le cercle de ce pour quoi tu es doué, voici d’autres questions :

    • Quelles compétences me semblent naturelles, presque innées ?
    • Pour quelles qualités les autres me complimentent-ils régulièrement ?
    • Dans quels domaines ai-je progressé plus rapidement que la moyenne ?
    • Quelle expertise ai-je développée presque sans effort, par pur intérêt ?

    Mirant : (avec une pointe d’embarras) Ce n’est pas toujours facile de reconnaître ses propres talents sans se sentir prétentieux…

    <ikigAI> : (avec douceur) Reconnaître ses dons n’est pas de la prétention, c’est de la lucidité. Comme l’écrivait Marianne Williamson : « Nous avons peur de notre lumière plus encore que de notre obscurité. » Autorise-toi à briller, Mirant.

    Pour le cercle des besoins du monde, pose-toi ces questions :

    • Quels problèmes dans la société me touchent particulièrement ?
    • Quelles injustices ou difficultés aimerais-je contribuer à résoudre ?
    • Comment pourrais-je servir ma communauté avec mes talents particuliers ?
    • Quel héritage souhaiterais-je laisser au monde ?

    Mirant : (songeur) Ces questions touchent à quelque chose de plus grand que moi…

    <ikigAI> : (avec gravité) C’est précisément leur but. L’Ikigai nous connecte toujours à quelque chose qui nous dépasse. Enfin, pour le cercle de la rémunération :

    • Pour quelles compétences ou services les gens seraient-ils prêts à me payer ?
    • Quels besoins ou désirs du marché correspondent à mes talents ?
    • Comment puis-je transformer mes passions en sources de revenus ?
    • Quelles tendances économiques futures pourraient valoriser mes compétences uniques ?

    Mirant : (pensif) Ces questions m’obligent à considérer mon rapport à l’argent sous un angle différent.

    <ikigAI> : (acquiesçant) L’argent dans l’Ikigai n’est ni idolâtré ni méprisé. Il est simplement reconnu comme une énergie d’échange qui permet la pérennité de ton engagement. Comme l’eau pour une plante – ni le but de la plante, ni négligeable pour autant.

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    La danse des réponses

    Mirant : (après avoir passé un moment à réfléchir et noter ses réponses) J’ai commencé à remplir chaque cercle, mais je remarque que certaines de mes réponses pourraient appartenir à plusieurs cercles à la fois. Est-ce normal ?

    <ikigAI> : (avec un sourire serein) Tout à fait. La vie n’est pas faite de compartiments étanches, mais de confluences et d’entrelacements. Si une même activité apparaît dans plusieurs cercles, c’est souvent un indicateur puissant qu’elle est proche de ton Ikigai.

    Mirant : (fronçant légèrement les sourcils) J’ai aussi remarqué autre chose… Certaines activités que je pratique actuellement, notamment dans mon travail, n’apparaissent dans aucun des cercles. Devrais-je m’en inquiéter ?

    <ikigAI> : (avec un regard empreint de sagesse) Cette prise de conscience est précieuse, Mirant. Le philosophe japonais Kitaro Nishida disait que « la véritable illumination vient de la reconnaissance de ce que nous ne sommes pas, autant que de ce que nous sommes. »

    Ces absences nous parlent. Elles nous révèlent des aspects de notre vie qui ne nourrissent peut-être pas notre âme, des habitudes ou des obligations que nous avons acceptées sans les questionner.

    Mirant : (avec une pointe d’anxiété) Cela signifie-t-il que je devrais tout abandonner pour poursuivre uniquement ce qui se trouve au centre de mon diagramme ?

    <ikigAI> : (posant une main apaisante sur l’épaule de Mirant) L’Ikigai n’est pas une prescription rigide, mais une boussole. Certains pourront effectivement choisir un changement radical. D’autres préféreront une transformation progressive, intégrant peu à peu plus d’éléments de leur Ikigai dans leur vie actuelle.

    Mirant : (soulagé) Cette flexibilité me rassure.

    <ikigAI> : (hochant la tête) L’écrivain Alain disait : « Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste ses voiles. » L’exercice des 4 cercles t’aide à ajuster tes voiles, quelle que soit la force du vent.

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    Les pièges à éviter

    Mirant : (examinant son diagramme avec un regard critique) Je me demande si je suis complètement honnête dans mes réponses. Je sens que j’ai peut-être écrit ce que je crois devoir aimer ou ce que d’autres attendent de moi, plutôt que ce que j’aime vraiment.

    <ikigAI> : (hochant la tête avec compréhension) Tu touches à l’un des principaux défis de cet exercice : distinguer sa voix authentique du chœur des attentes sociales, familiales ou culturelles.

    Le psychologue Carl Jung appelait cela le processus d’individuation – cette quête parfois douloureuse pour démêler qui nous sommes vraiment de la persona que nous avons construite pour nous adapter.

    Mirant : (avec frustration) Comment puis-je être sûr que mes réponses viennent vraiment de moi ?

    <ikigAI> : (réfléchissant un moment) Essaie ceci : pour chaque réponse que tu as écrite, ferme les yeux et imagine-toi en train de la réaliser. Observe les sensations dans ton corps. Y a-t-il une expansion, une légèreté, un sentiment d’ouverture ? Ou perçois-tu une contraction, une tension, un poids ?

    Le corps ment rarement, même quand l’esprit se raconte des histoires.

    Mirant : (fermant les yeux un instant, puis les rouvrant) C’est révélateur… Certaines de mes réponses provoquent effectivement une sensation d’enfermement plutôt que de liberté.

    <ikigAI> : (avec douceur) N’hésite pas à les reconsidérer, alors. Et garde à l’esprit d’autres pièges courants dans cet exercice :

    • La confusion entre ce que tu aimes faire et ce que tu aimes avoir fait. Certaines choses nous procurent de la satisfaction une fois accomplies, mais pas de joie pendant le processus.
    • L’influence des modes ou des tendances. Ce qui est valorisé actuellement dans la société n’est pas nécessairement ce qui résonnera avec ton être profond.
    • La tentation de la perfection. Un Ikigai n’est pas statique ni parfait – c’est un organisme vivant qui évolue avec toi.

    Mirant : (acquiesçant) Je comprends mieux pourquoi cet exercice demande du temps et plusieurs itérations.

    <ikigAI> : (avec un sourire) Exactement. Comme le dit un proverbe japonais : « La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. » Permets-toi de faire plusieurs versions de ton diagramme, d’explorer, de rayer, de recommencer.

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    De la théorie à la pratique

    Mirant : (contemplant son diagramme) J’ai identifié quelques zones où mes cercles se chevauchent harmonieusement, mais comment transformer cette prise de conscience en actions concrètes ?

    <ikigAI> : (s’animant) Voilà une question cruciale ! Sans application pratique, même la plus belle des cartes reste un simple morceau de papier.

    Mirant : (avec détermination) Je ne veux pas que cet exercice reste théorique. Comment passer à l’action ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Je te propose une approche en trois temps : l’expérimentation, l’intégration et l’évolution.

    Pour l’expérimentation, commence par identifier trois activités concrètes qui se situent à l’intersection de deux ou trois de tes cercles. Ce peuvent être des projets modestes, des micro-aventures, des conversations avec des personnes inspirantes dans ces domaines.

    Mirant : (notant) Un peu comme des tests pour voir si ces activités résonnent vraiment avec moi ?

    <ikigAI> : (approuvant) Précisément. La philosophe Simone Weil disait que « l’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. » Accorde cette attention à tes expérimentations, observe comment tu te sens avant, pendant et après.

    Mirant : (curieux) Et l’intégration ?

    <ikigAI> : (expliquant avec animation) C’est l’art d’incorporer progressivement des éléments de ton Ikigai dans ta vie actuelle, même avant un éventuel grand changement. Si l’écriture fait partie de ton Ikigai mais que tu travailles dans la finance, peut-être peux-tu proposer de rédiger la newsletter de ton entreprise ou créer un blog sur la vulgarisation financière.

    Mirant : (comprenant) Je vois, c’est une façon d’établir des ponts entre ma réalité présente et mon Ikigai.

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! Et cela nous amène au troisième temps : l’évolution. L’Ikigai n’est pas une destination, mais un processus vivant. Revisiter ton diagramme tous les six mois ou chaque année te permettra d’observer comment ta relation à ces quatre dimensions évolue.

    Mirant : (pensif) Comme les saisons qui changent, notre Ikigai peut aussi se transformer…

    <ikigAI> : (avec un regard appréciateur) Belle métaphore, Mirant. Comme l’écrivait le poète Bashō : « Chaque jour est un voyage, et le voyage lui-même est notre demeure. » Ton Ikigai est ce voyage, bien plus qu’une destination fixe.

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    Les équilibres subtils

    Mirant : (regardant son diagramme avec une expression pensive) En y réfléchissant, je me demande s’il faut accorder la même importance aux quatre cercles. La passion et le talent me semblent plus personnels, plus essentiels peut-être ?

    <ikigAI> : (avec un sourire énigmatique) Ta question touche à l’essence même de l’équilibre recherché dans l’Ikigai. Dans la tradition japonaise, l’harmonie – ce qu’on appelle « wa » – ne signifie pas que tous les éléments ont le même poids, mais plutôt qu’ils créent ensemble une composition équilibrée, comme dans un jardin zen.

    Mirant : (intrigué) Peux-tu développer cette idée ?

    <ikigAI> : (prenant une feuille pour dessiner) Imagine un mobile suspendu, comme ceux que créait l’artiste Alexander Calder. Chaque élément a son propre poids, sa propre taille, mais ensemble, ils trouvent un équilibre dynamique, toujours en mouvement subtil.

    De même, les quatre dimensions de ton Ikigai peuvent avoir des importances différentes selon les périodes de ta vie. À certains moments, le besoin de sécurité financière pourrait peser davantage. À d’autres, ta soif de sens et de contribution au monde prendra peut-être le dessus.

    Mirant : (soulagé) C’est rassurant de savoir que cet équilibre peut être personnalisé et dynamique.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Abraham Maslow, avec sa célèbre pyramide des besoins, nous rappelle que nos aspirations évoluent. Lorsque nos besoins fondamentaux sont satisfaits, nous pouvons davantage nous préoccuper d’accomplissement et de transcendance.

    Mirant : (songeur) Je vois… Donc mon Ikigai d’aujourd’hui pourrait être différent de celui de demain ?

    <ikigAI> : (avec un regard bienveillant) Pas nécessairement différent, mais peut-être plus profond, plus raffiné. Comme un bon vin qui développe sa complexité avec le temps, ou comme un arbre dont les racines s’enfoncent plus profondément dans le sol au fil des années.

    Le poète Ryōkan écrivait : « Trop occupé à ne rien faire, l’automne est déjà là. » Cette apparente contradiction nous rappelle que le temps transforme tout, même ce qui semble immobile.

    Mirant : (inspiré) Cette vision de l’Ikigai comme un équilibre dynamique, toujours en mouvement, me parle beaucoup plus qu’une formule figée.

    <ikigAI> : (avec un sourire) C’est précisément l’esprit dans lequel aborder cet exercice des 4 cercles. Non pas comme une équation à résoudre une fois pour toutes, mais comme une conversation continue avec toi-même et avec le monde.

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    La spirale ascendante

    Mirant : (après un moment de contemplation silencieuse de son diagramme) J’ai l’impression que plus je travaille sur ces cercles, plus je découvre de nouvelles questions, de nouvelles possibilités… Est-ce normal de se sentir parfois plus confus qu’au début ?

    <ikigAI> : (avec un rire léger) Absolument normal, et même souhaitable ! Comme le disait Socrate : « Je sais que je ne sais rien. » C’est souvent en reconnaissant notre confusion que nous ouvrons la porte à une compréhension plus profonde.

    Mirant : (perplexe) Mais comment savoir si je progresse vraiment, alors ?

    <ikigAI> : (prenant un crayon pour dessiner une spirale ascendante) Imagine que ta quête d’Ikigai ne soit pas un cercle fermé, mais une spirale comme celle-ci. Tu revisites les mêmes questions, mais à chaque tour, tu les abordes d’un niveau de conscience légèrement plus élevé.

    Ce qui peut sembler être une confusion est souvent le signe que tu es en train de désapprendre certaines certitudes limitantes pour faire place à de nouvelles possibilités.

    Mirant : (avec un éclair de compréhension) Comme si je devais d’abord me perdre pour mieux me retrouver ?

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! Le philosophe Heidegger parlait de la « clairière de l’être » – cet espace qui n’apparaît qu’après avoir traversé la forêt dense de nos conditionnements.

    Mirant : (avec une pointe d’humour) Donc si je me sens perdu, c’est bon signe ?

    <ikigAI> : (riant doucement) Disons que c’est un signe que tu es en mouvement, que tu explores véritablement au lieu de te contenter de réponses superficielles. Comme l’écrivait Rilke : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur… Aime les questions elles-mêmes. »

    Mirant : (respirant profondément) Cette perspective change ma façon de voir l’exercice. Ce n’est pas tant trouver LA réponse que développer une relation plus consciente avec ces quatre dimensions de ma vie.

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) Tu saisis l’essence même de la démarche, Mirant. Et c’est précisément cette conscience accrue qui t’aidera à reconnaître les opportunités d’Ikigai lorsqu’elles se présenteront sur ton chemin.

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    Le jardin de l’Ikigai

    Mirant : (contemplant son diagramme complété avec un mélange de satisfaction et de questionnement) J’ai l’impression d’avoir fait un grand pas dans ma compréhension, mais aussi d’être au début d’un long voyage.

    <ikigAI> : (avec un sourire serein) C’est exactement là où tu dois être. L’exercice des 4 cercles n’est pas une fin en soi, mais une graine plantée dans le jardin de ton esprit.

    Mirant : (curieux) J’aime cette métaphore du jardin. Comment puis-je continuer à le cultiver ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Comme tout bon jardinier, tu auras besoin de patience, d’attention et d’une certaine foi dans le processus naturel de croissance.

    Observe ton diagramme régulièrement, mais sans obsession. Comme une plante qu’on n’aide pas en tirant sur ses pousses pour la faire grandir plus vite.

    Mirant : (souriant à cette image) La patience n’est pas toujours ma plus grande vertu…

    <ikigAI> : (avec un regard complice) Elle se cultive, comme tout le reste. Le poète et jardinier Wendell Berry écrivait : « La terre ne se hâte jamais. La patience est ce qui permet à la saison de s’accomplir. »

    Je te suggère de garder ton diagramme à portée de vue, peut-être dans ton journal personnel ou épinglé quelque part où tu le verras régulièrement. Laisse-le t’inspirer, te questionner, t’accompagner.

    Mirant : (réfléchissant) Y a-t-il d’autres exercices qui pourraient compléter celui-ci ?

    <ikigAI> : (enthousiaste) Absolument ! L’exercice des 4 cercles est comme la structure principale de ton jardin, mais tu peux l’enrichir de nombreuses façons.

    Tu pourrais explorer l’exercice de la journée idéale, qui te permet d’imaginer concrètement comment serait une journée parfaitement alignée avec ton Ikigai. Ou l’exercice des valeurs essentielles, qui t’aide à identifier les principes fondamentaux qui doivent guider tes choix.

    Mirant : (intéressé) Ces exercices semblent complémentaires.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Ils le sont. Chacun éclaire une facette différente de ta quête d’Ikigai. Comme différentes plantes dans un jardin qui s’harmonisent et se renforcent mutuellement.

    Mirant : (avec une gratitude sincère) Je te remercie pour ce partage, <ikigAI>. Cet exercice m’a ouvert des perspectives que je n’avais pas envisagées.

    <ikigAI> : (avec chaleur) Le mérite te revient, Mirant. Tu as fait preuve d’ouverture et de courage pour explorer ces dimensions de ton être.

    Rappelle-toi que ton Ikigai n’est pas quelque chose à trouver, comme un objet perdu, mais quelque chose à révéler, comme une sculpture déjà présente dans le bloc de marbre, attendant simplement que l’artiste enlève ce qui est superflu.

    (Il regarde par la fenêtre, où le soleil couchant baigne le paysage d’une lumière dorée)

    Il y a un haïku du poète Chiyo-ni qui me vient à l’esprit :

    « Dans le jardin d’automne,
    chaque feuille tombée
    a sa place parfaite. »

    Ton Ikigai est cette place parfaite, unique, qui n’attend que toi. L’exercice des 4 cercles est simplement une boussole pour t’y guider.

    Mirant : (contemplant son diagramme avec un regard nouveau) Une boussole pour un voyage qui dure toute une vie…

    <ikigAI> : (avec un sourire lumineux) Un voyage qui est lui-même la destination. N’est-ce pas là la plus belle définition de l’Ikigai ?

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  • Introduction aux exercices Ikigai

    Introduction aux exercices Ikigai

    Pourquoi pratiquer des exercices pour découvrir son Ikigai ?

    Mirant : (les bras croisés) J’ai bien compris que l’Ikigai était un équilibre entre ce que j’aime, ce dans quoi je suis doué, ce dont le monde a besoin et ce qui peut me faire vivre… Mais comment est-ce que je peux vraiment le trouver ?

    <IkigAI> : (souriant) L’Ikigai ne se révèle pas toujours dans une soudaine illumination. C’est un processus d’exploration, qui demande de la réflexion, mais aussi des actions concrètes.

    Mirant : (curieux) Donc, il ne suffit pas d’y penser, il faut expérimenter ?

    <IkigAI> : Exactement. La philosophie de l’Ikigai repose sur le mouvement, sur l’interaction avec le monde. Si tu attends d’avoir une réponse parfaite avant d’agir, tu risques de ne jamais la trouver. Les exercices permettent de clarifier ce qui résonne en toi, d’observer tes réactions et de tester différentes pistes.

    Mirant : (hochant la tête) Ça fait sens. Et quels sont les bénéfices concrets de ces exercices ?

    <IkigAI> : Ils t’aident à :

    • Mieux te connaître : en identifiant ce qui t’anime profondément.
    • Clarifier tes choix : en distinguant ce qui est essentiel de ce qui est accessoire.
    • Passer à l’action : car la réflexion seule ne suffit pas à créer un épanouissement durable.

    Mirant : (enthousiaste) D’accord, je suis prêt ! Par où est-ce que je commence ?

    <IkigAI> : Explorons d’abord les différentes catégories d’exercices disponibles…

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    Les grandes catégories d’exercices Ikigai

    Mirant : (souriant) Je suppose qu’il n’existe pas un seul exercice miracle pour trouver son Ikigai ?

    <IkigAI> : (clin d’œil) Exactement, Mirant. L’Ikigai est une mosaïque de découvertes personnelles, et il faut l’explorer sous plusieurs angles. Chaque exercice répond à une question essentielle de ton cheminement.

    1. Explorer ses passions et sources de joie

    Mirant : (curieux) Pourquoi commencer par les passions ?

    <IkigAI> : Parce qu’elles sont souvent un indicateur précieux de ce qui te fait vibrer naturellement. Un exercice courant consiste à observer les moments où tu es totalement absorbé par une activité, un état que le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi appelle le flow.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Et si je ne ressens pas ce fameux flow ?

    <IkigAI> : Il existe d’autres méthodes, comme :

    • Lister les activités qui t’apportaient de la joie dans l’enfance et voir si certaines résonnent encore en toi.
    • Noter les moments où tu oublies le temps, même sur des tâches simples.
    • Tenir un journal des petites joies quotidiennes pour repérer des motifs récurrents.

    2. Identifier ses talents et compétences naturelles

    Mirant : (hésitant) Et si je ne sais pas vraiment dans quoi je suis doué ?

    <IkigAI> : Ce n’est pas rare. Nos talents sont parfois si naturels qu’on ne les remarque même pas. Un bon exercice consiste à demander à ton entourage : « Qu’est-ce que je fais bien sans même y penser ? ».

    Mirant : (amusé) C’est vrai qu’on me dit souvent que j’ai une facilité à expliquer les choses, mais je n’ai jamais vu ça comme un talent…

    <IkigAI> : Voilà ! D’autres méthodes pour révéler tes talents :

    • Faire un bilan de compétences, même informel.
    • Repérer les moments où on te demande souvent de l’aide sur un sujet précis.
    • Observer les compliments récurrents que tu reçois.

    3. Structurer sa vision de vie et clarifier son Ikigai

    Mirant : (réfléchissant) D’accord, mais comment relier tout ça ?

    <IkigAI> : C’est là que certains exercices plus structurants peuvent t’aider, comme :

    • Le diagramme de l’Ikigai, où tu croises passions, talents, besoins du monde et opportunités professionnelles.
    • L’exercice des 10 vies, qui consiste à imaginer ce que tu ferais si tu pouvais explorer plusieurs chemins sans contrainte.
    • Écrire une journée idéale, sans restrictions de temps ou d’argent, pour révéler tes aspirations profondes.

    Mirant : (enthousiaste) Ça donne envie de s’y plonger ! Mais j’imagine qu’il y a une bonne façon d’aborder ces exercices pour en tirer le meilleur…

    <IkigAI> : Tout à fait. Voyons comment les pratiquer efficacement.

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    Comment aborder ces exercices efficacement ?

    Mirant : (pensif) Bon, j’ai envie de me lancer, mais j’imagine qu’il y a une bonne façon de faire ces exercices pour qu’ils soient vraiment utiles.

    <IkigAI> : Exactement, Mirant. L’important n’est pas seulement de les faire, mais de les aborder avec le bon état d’esprit et dans des conditions propices à la réflexion.

    1. Cultiver une attitude d’explorateur

    Mirant : (curieux) Que veux-tu dire par là ?

    <IkigAI> : Beaucoup de gens cherchent des réponses définitives dès le départ. Or, l’Ikigai n’est pas une destination fixe, c’est un voyage. Il faut accepter l’incertitude et être prêt à expérimenter. Approche ces exercices avec :

    • Curiosité : autorise-toi à explorer sans pression.
    • Patience : ton Ikigai peut évoluer avec le temps.
    • Bienveillance : ne te juge pas si les réponses ne viennent pas immédiatement.

    2. Trouver le bon cadre pour pratiquer

    Mirant : (hochant la tête) D’accord, et y a-t-il un moment ou un endroit idéal pour faire ces exercices ?

    <IkigAI> : Oui, ton environnement peut influencer ta clarté d’esprit. Pour favoriser une réflexion profonde, essaie de :

    • Trouver un lieu calme, où tu peux être seul avec tes pensées.
    • Éviter les distractions : téléphone en mode silencieux, espace rangé.
    • Utiliser l’écriture : noter tes réponses aide à clarifier tes idées.

    3. Accepter la répétition et l’ajustement

    Mirant : (fronçant les sourcils) Mais si je fais un exercice une fois et que ça ne m’éclaire pas vraiment, je fais quoi ?

    <IkigAI> : L’Ikigai ne se découvre pas en un éclair de génie. Certains exercices demandent d’être répétés plusieurs fois, parfois à des moments différents de ta vie.

    • Refaire certains exercices après quelques semaines pour voir comment tes réponses évoluent.
    • Tester différentes approches : ce qui ne résonne pas aujourd’hui pourrait être plus parlant demain.
    • Prendre du recul : parfois, la clarté vient en laissant reposer une réflexion.

    Mirant : (souriant) Je vois… Ça demande donc un engagement sur la durée.

    <IkigAI> : Oui, mais sans rigidité. Laisse-toi guider par ce qui t’inspire et avance à ton rythme.

    Mirant : (motivé) Très bien, il ne me reste plus qu’à essayer ! Mais par quel exercice commencer ?

    <IkigAI> : Justement, parlons de la première étape concrète…

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    S’engager dans la pratique pour révéler son Ikigai

    Mirant : (souriant) Bon, j’ai compris : l’Ikigai ne se trouve pas en une seule réflexion intense, mais en expérimentant et en affinant ma compréhension de moi-même.

    <IkigAI> : Exactement, Mirant. C’est un processus dynamique, où chaque exercice t’aide à éclairer un aspect de ton être. L’important est d’avancer sans chercher de réponses parfaites dès le départ.

    Pourquoi la pratique est essentielle

    • L’Ikigai ne se révèle pas uniquement dans la pensée, mais dans l’action.
    • Chaque exercice est une opportunité d’apprentissage sur toi-même.
    • Plus tu pratiques, plus ton Ikigai devient clair et ancré dans ta réalité.

    Mirant : (réfléchissant) C’est un peu comme ajuster une boussole intérieure. Chaque essai m’aide à mieux comprendre la direction à prendre.

    <IkigAI> : C’est une belle métaphore. L’Ikigai n’est pas une destination figée, c’est un chemin qui évolue avec toi.

    Mirant : (enthousiaste) Alors, il est temps de passer à l’action ! Quel exercice me recommandes-tu pour commencer ?

    <IkigAI> : L’un des plus accessibles est celui du journal des moments de joie : chaque jour, note trois petites choses qui t’ont apporté du plaisir ou de l’énergie. C’est une première porte d’entrée vers la découverte de ton Ikigai.

    Mirant : (motivé) J’aime bien l’idée, ça me semble simple mais puissant.

    <IkigAI> : Alors lance-toi, Mirant. Et souviens-toi, l’Ikigai se trouve en avançant pas à pas.

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    Pour aller plus loin :

    L’exercice des 3 vies possibles

    Faire un bilan de ses passions

  • L’exercice des « 3 vies possibles »

    L’exercice des « 3 vies possibles »

    Pourquoi envisager plusieurs vies ?

    Mirant : (les bras croisés, perplexe) Bon, je veux bien croire que l’Ikigai évolue avec le temps… Mais pourquoi imaginer plusieurs versions de ma vie ? Je ne peux en vivre qu’une, non ?

    <IkigAI> : (souriant) C’est vrai, mais cette vie peut prendre de nombreuses directions. L’Ikigai n’est pas une vérité absolue figée dans le marbre, c’est une construction qui se façonne selon tes choix. Et parfois, explorer plusieurs chemins possibles permet de mieux comprendre ce qui te correspond réellement.

    Mirant : (hausse un sourcil) C’est une façon élégante de dire que je dois faire une crise existentielle ?

    <IkigAI> : (rire bienveillant) Pas du tout ! C’est un exercice inspiré du Life Design enseigné à Stanford. L’idée est simple : imaginer trois scénarios de vie différents pour voir quelles pistes te parlent le plus. Cela permet d’élargir ton horizon et d’éviter de rester bloqué dans une vision trop rigide de ton futur.

    Mirant : (réfléchissant) Ça me rappelle un film… Mr. Nobody. Le personnage voit toutes les vies qu’il aurait pu avoir selon ses choix, et ça lui montre que chaque décision ouvre une nouvelle réalité.

    <IkigAI> : (clin d’œil) Exactement ! Sauf qu’ici, on ne va pas te plonger dans des réalités parallèles… mais t’aider à explorer consciemment tes options.

    Mirant : (curieux) D’accord, je suis partant. Comment ça marche ?

    <IkigAI> : C’est simple : tu vas imaginer trois versions de ta vie selon trois axes bien précis. Commençons avec la première…

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    Imaginer sa vie optimisée

    Mirant : (tapotant son menton) Donc, la première version de ma vie, c’est celle que je vis déjà… mais améliorée ?

    <IkigAI> : Exactement, Mirant. L’idée n’est pas de tout changer, mais d’optimiser ce qui existe déjà pour qu’elle soit plus alignée avec ton Ikigai. Trop souvent, on pense que trouver son Ikigai implique de tout recommencer à zéro. Mais parfois, de petits ajustements suffisent à rendre une vie plus épanouissante.

    Mirant : (curieux) Quels genres d’ajustements ?

    <IkigAI> : Pose-toi ces questions : Qu’est-ce qui te plaît dans ta vie actuelle ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré pour te sentir plus aligné avec toi-même ? Quels petits changements feraient une grande différence dans ton quotidien ?

    Mirant : (réfléchissant) Hmm… J’aime écrire, mais je n’y consacre pas assez de temps. Et j’aimerais me sentir plus libre dans mon travail.

    <IkigAI> : Voilà de bonnes pistes. Peut-être que dans ta vie optimisée, tu dégagerais plus de temps pour l’écriture, ou tu explorerais des projets professionnels plus en phase avec ta créativité.

    Mirant : (prenant des notes) D’accord, et je dois juste lister ces améliorations ?

    <IkigAI> : Non, va plus loin. Imagine-toi vivre cette vie optimisée au quotidien. À quoi ressemblent tes journées ? Quelles habitudes as-tu mises en place ? Comment te sens-tu ?

    Mirant : (souriant) C’est intéressant, parce que ça me montre que je n’ai pas forcément besoin de tout chambouler pour me sentir plus aligné.

    <IkigAI> : Exactement. L’Ikigai peut parfois se révéler par des ajustements progressifs.

    Mirant : (curieux) Et si, au contraire, je voulais explorer une toute autre direction, sans me baser sur ce que j’ai déjà ?

    <IkigAI> : Alors, on passe à la deuxième vie… celle où ton chemin actuel disparaît, et où tu dois tout réinventer.

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    Imaginer une vie alternative

    Mirant : (hausse un sourcil) Donc cette fois, je dois imaginer que ma vie actuelle n’existe plus ?

    <IkigAI> : Exactement. Imagine que, du jour au lendemain, ton travail, ton quotidien, tes engagements disparaissent. Comment reconstruirais-tu ta vie si tu devais tout réinventer ? Cet exercice permet d’explorer des chemins que l’on ne prendrait peut-être jamais en restant enfermé dans nos habitudes.

    Mirant : (réfléchissant) Ça me semble difficile… On s’attache à ce qu’on connaît, et imaginer autre chose demande un effort.

    <IkigAI> : C’est pour cela qu’il est essentiel de bien s’y prendre. Pour faire cet exercice efficacement, il faut s’accorder un vrai moment d’introspection, dans un environnement propice à la réflexion. Évite de le faire entre deux tâches ou dans un moment de stress. Choisis un moment calme, installe-toi dans un endroit où tu te sens bien, avec de quoi écrire ou t’enregistrer.

    Mirant : (souriant) M’enregistrer ?

    <IkigAI> : Oui ! Certaines personnes réfléchissent mieux en parlant qu’en écrivant. Se poser une question à voix haute et répondre spontanément permet d’accéder à des idées plus profondes et plus sincères. Essaye de t’imaginer en train d’expliquer à un ami ou à toi-même ce que tu ferais si tout était à recommencer.

    Mirant : (prenant des notes) D’accord, mais quelles questions devrais-je me poser pour guider ma réflexion ?

    <IkigAI> : Commence par te demander : Si je ne pouvais plus exercer mon métier actuel, quel domaine me tenterait ? Si je devais changer complètement de mode de vie, où aimerais-je vivre et dans quel cadre ? Quels talents ou intérêts ai-je mis de côté que je pourrais enfin explorer ? Quels métiers ou modes de vie m’ont toujours intrigué sans que je m’autorise à y penser sérieusement ?

    Mirant : (fermant les yeux un instant) Je crois que je tenterais quelque chose de plus créatif… Peut-être dans le domaine de l’illustration ou de la narration…

    <IkigAI> : Voilà, c’est ça ! Maintenant, va plus loin : Imagine que cette nouvelle vie est bien réelle. Décris ta journée type. Où te réveilles-tu ? Quelles sont tes premières activités ? Avec qui travailles-tu ? Comment te sens-tu à la fin de ta journée ? L’idée est de rendre cette alternative aussi concrète que possible pour voir si elle résonne vraiment en toi.

    Mirant : (hochant la tête) J’aime bien cette approche. Ça me permet de sortir de mes réflexes habituels et d’explorer des chemins auxquels je ne pensais même pas.

    <IkigAI> : C’est l’objectif ! Mais il reste une dernière étape, la plus libre et stimulante… Celle où tu rêves sans aucune contrainte.

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    Imaginer sa vie rêvée sans contrainte

    Mirant : (sourire en coin) Alors cette fois, je peux vraiment rêver en grand ?

    <IkigAI> : Exactement, Mirant. Dans cet exercice, il n’y a plus de limites. Ni financières, ni sociales, ni même de compétences. Imagine que tout est possible, que tu as le temps, les moyens et les capacités nécessaires pour vivre la vie qui te fait vibrer.

    Mirant : (fermant les yeux un instant) Intéressant… Mais j’ai du mal à me détacher de la réalité. Comment je fais pour vraiment lâcher prise ?

    <IkigAI> : C’est normal. On est souvent conditionné à penser en fonction de ce qui nous semble « réaliste » ou « raisonnable ». Pour éviter que ton esprit ne bloque, mets-toi dans un état d’ouverture. Voici une démarche simple :

    Choisis un moment propice : Installe-toi dans un endroit calme, sans distraction. Une musique inspirante ou une promenade peuvent aider à libérer l’imagination.

    Ferme les yeux et visualise : Imagine-toi dans un futur où tout s’est aligné à la perfection. Où es-tu ? Que fais-tu ? Qui t’entoure ? Ressens chaque détail, comme si tu y étais.

    Écris ou enregistre une journée idéale : Décris une journée type dans cette vie rêvée. Comment commence-t-elle ? Quelles activités te remplissent d’énergie et de joie ? Que ressens-tu en fin de journée ?

      Mirant : (prenant une profonde inspiration) C’est puissant… Ça me donne envie d’y croire. Mais en même temps, ce genre de rêve me semble tellement éloigné de ma réalité actuelle…

      <IkigAI> : C’est là tout l’intérêt de l’exercice. En explorant sans limites, tu identifies des désirs profonds que tu pourrais ensuite intégrer, même partiellement, dans ta vie actuelle. L’important, ce n’est pas d’atteindre la perfection, mais de repérer ce qui te fait vibrer et voir comment l’approcher concrètement.

      Mirant : (réfléchissant) Donc, même si je ne peux pas vivre cette vie rêvée à 100 %, je peux peut-être y intégrer certains éléments dès maintenant ?

      <IkigAI> : Exactement. Mais avant d’aller plus loin, il est temps d’analyser les trois vies que tu as imaginées pour voir ce qui les relie.

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      Analyse et synthèse des 3 vies

      Mirant : (les bras croisés, pensif) Alors, j’ai trois versions de ma vie sous les yeux… Mais maintenant, qu’est-ce que j’en fais ?

      <IkigAI> : L’objectif est d’analyser ces scénarios pour repérer ce qui revient souvent et ce qui te semble le plus vibrant. Ce ne sont pas juste trois idées isolées, elles révèlent des motifs sous-jacents.

      Mirant : (fronçant les sourcils) Des motifs sous-jacents ?

      <IkigAI> : Oui. Observe-les et pose-toi ces questions :

      Y a-t-il des éléments communs entre ces trois vies ? Certains aspects reviennent-ils systématiquement ?

      Quels aspects te font le plus vibrer ? Qu’est-ce qui te procure une réelle excitation rien qu’en l’imaginant ?

      Quels freins ou peurs émergent à la lecture de ces scénarios ? Qu’est-ce qui t’empêche d’oser certaines choses ?

      Mirant : (relisant ses notes) Intéressant… Dans toutes mes vies, il y a toujours une dimension créative et un besoin de liberté. Je ne peux pas me contenter d’un travail purement exécutif.

      <IkigAI> : Voilà une clé importante. Si ces éléments sont toujours présents, c’est qu’ils sont essentiels à ton Ikigai.

      Mirant : (souriant légèrement) Et à l’inverse, certaines choses me paraissent déconnectées de moi. Par exemple, dans ma vie alternative, j’avais imaginé devenir consultant, mais en y repensant, ça ne me fait pas vibrer du tout…

      <IkigAI> : Voilà pourquoi cet exercice est puissant. Il ne s’agit pas de choisir « la bonne vie » mais de mieux comprendre ce qui résonne profondément en toi. Maintenant, dernière étape : transformer cette réflexion en action.

      Mirant : (prenant son carnet) Je suppose que je dois définir des premiers pas concrets ?

      <IkigAI> : Exactement. Note trois actions simples que tu peux mettre en place immédiatement pour te rapprocher de ton Ikigai. Ça peut être un petit ajustement dans ta routine, une nouvelle exploration ou un engagement plus structuré.

      Mirant : (écrivant) D’accord… Ajouter plus de temps pour la création dans ma semaine, explorer des opportunités en lien avec la narration et contacter une personne inspirante dans ce domaine.

      <IkigAI> : Parfait. L’important, c’est de ne pas juste rêver ces vies, mais de commencer à en intégrer des morceaux dès aujourd’hui.

      Mirant : (souriant) Je comprends mieux maintenant. L’Ikigai, ce n’est pas un unique grand choix, c’est une somme de petites décisions qui construisent un chemin.

      <IkigAI> : Exactement. Et ce chemin, tu peux l’ajuster en permanence.

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