Catégorie : Les 4 piliers de l’Ikigai

  • L’intersection entre passion et mission

    L’intersection entre passion et mission

    L’étincelle qui devient flamme

    Mirant : (contemplant la ville depuis un pont) Je pense souvent à ces personnes qui semblent avoir trouvé leur voie parfaite… Ces artistes qui créent tout en transformant leur domaine, ces entrepreneurs dont les innovations répondent à de vrais besoins, ces enseignants qui transmettent leur savoir avec une joie contagieuse… Comment font-ils pour allier ce qu’ils aiment et ce qui sert le monde ?

    <ikigAI> : (s’appuyant contre la rambarde) Ce que tu décris, Mirant, c’est peut-être la plus belle des alchimies humaines – cette fusion entre passion personnelle et mission collective. Là où ces deux rivières se rencontrent, quelque chose de magique se produit.

    Mirant : (dubitatif) Magique ? Ça semble plutôt relever du privilège rare. La plupart des gens que je connais font soit ce qu’ils aiment sans impact réel, soit ce qui est utile sans véritable plaisir.

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Ce n’est pas tant un privilège qu’une exploration patiente. La poétesse Mary Oliver posait cette question essentielle : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? » C’est précisément à l’intersection entre ce qui nous anime profondément et ce que le monde attend de nous que se trouve une réponse possible.

    Mirant : (intrigué malgré son scepticisme) Et comment trouve-t-on cette intersection ? Elle semble aussi insaisissable que l’horizon – toujours visible, jamais atteignable.

    <ikigAI> : (souriant) L’horizon guide le navigateur sans jamais se laisser toucher, c’est vrai. Mais contrairement à lui, cette intersection n’est pas une ligne imaginaire – elle existe concrètement dans ces moments où tu ressens à la fois une profonde satisfaction personnelle et la conscience d’apporter quelque chose au monde.

    Mirant : (cherchant dans sa mémoire) Je crois avoir connu quelques instants comme ça… Quand j’ai aidé mon neveu à comprendre un concept qui le bloquait, j’ai ressenti une joie presque inexplicable. C’était à la fois simple et… lumineux.

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Ces moments sont comme des pierres précieuses disséminées sur ton chemin – ils ne sont pas l’intersection elle-même, mais ils t’indiquent sa direction. Le philosophe Howard Thurman disait que « ce dont le monde a le plus besoin, c’est de personnes qui ont pris vie ». Cette vitalité surgit précisément lorsque passion et mission se rencontrent.

    Mirant : (pensif) Pourtant, ma passion pourrait être totalement déconnectée des besoins du monde, non ? Si j’adore collectionner des capsules de bouteilles anciennes, en quoi cela pourrait-il servir quiconque ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue Angela Duckworth, dans ses travaux sur la passion et la persévérance, a découvert quelque chose de fascinant : les passions les plus profondes contiennent souvent des éléments qui peuvent se transformer en contribution unique. Ta collection de capsules pourrait être le point de départ d’une exploration historique, d’une sensibilisation à l’évolution des matériaux industriels, ou simplement d’un partage qui émerveille et inspire les autres.

    Mirant : (doutant encore) Transformer une simple passion en quelque chose d’utile me semble demander beaucoup de… créativité.

    <ikigAI> : (acquiesçant) La créativité est précisément ce qui façonne ce pont entre passion et mission. L’écrivain et activiste Parker Palmer parle de ce processus comme de « laisser parler sa vie » – cette capacité à écouter à la fois ce qui nous anime et ce que le monde nous demande, puis à tisser patiemment les fils qui les relient.

    Mirant : (regardant l’eau qui coule sous le pont) Je commence à voir… C’est comme ces deux rives, reliées par ce pont. Sans lui, elles resteraient séparées et on ne pourrait jamais expérimenter l’autre côté.

    <ikigAI> : (souriant) Belle métaphore, Mirant. Et comme tout pont, celui-ci n’a pas été construit en un jour. Explorons ensemble comment passion et mission peuvent graduellement se rapprocher jusqu’à se fondre en une même force.

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    Reconnaître sa passion authentique

    <ikigAI> : (marchant lentement le long de la rivière) Avant de chercher comment ta passion peut servir le monde, il est essentiel de s’assurer qu’il s’agit d’une passion authentique, et non d’un simple intérêt passager ou d’une fascination superficielle.

    Mirant : (perplexe) Comment fait-on la différence ? J’ai eu tellement d’enthousiasmes dans ma vie qui se sont évanouis après quelques semaines…

    <ikigAI> : (s’arrêtant pour ramasser un galet) La philosophe Simone Weil faisait une distinction précieuse entre ce qu’elle appelait les « attachements » et la « gravité de l’âme ». Les premiers nous tirent horizontalement vers des objets extérieurs, tandis que la seconde nous ancre verticalement dans notre profondeur.

    Mirant : (observant <ikigAI> lancer le galet dans l’eau) Et comment reconnaître cette… gravité de l’âme ?

    <ikigAI> : (regardant les cercles concentriques se former sur l’eau) Par sa persistance à travers le temps, d’abord. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, qui a étudié l’état de « flow » – cette immersion totale dans une activité – suggère que nos passions authentiques sont celles qui continuent à nous absorber complètement même après que la nouveauté s’est dissipée.

    Mirant : (réfléchissant) J’ai remarqué que certaines activités me captivent encore après des années, alors que d’autres perdent rapidement leur attrait…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Un autre signe est ce que la neuroscientifique Candace Pert appelait « la sagesse du corps » – ces sensations physiques de vitalité, d’expansion, presque de soulagement que l’on ressent en s’engageant dans une passion véritable. Comme si une partie de nous disait enfin « oui, c’est exactement là que je devrais être ».

    Mirant : (surpris) Je n’avais jamais pensé à observer mon corps pour identifier ma passion !

    <ikigAI> : (souriant) Notre corps sait souvent ce que notre mental rationnel peine à reconnaître. Le poète David Whyte parle de ces activités qui nous font « oublier de déjeuner » – celles qui nous absorbent au point que le temps et les besoins ordinaires semblent momentanément suspendus.

    Mirant : (pensif) Pour moi, c’est quand je résous des problèmes complexes avec d’autres personnes… Je peux passer des heures sans voir le temps passer.

    <ikigAI> : (avec intérêt) Remarque aussi les moments où tu éprouves ce que le théologien Frederick Buechner appelait « la joie profonde rencontrant un besoin profond ». Il suggérait que notre vocation se trouve à l’intersection entre ce qui nous procure une joie authentique et ce dont le monde a besoin.

    Mirant : (pensif) Mais comment être sûr que notre passion n’est pas simplement… égoïste ? Ou futile ?

    <ikigAI> : (prenant un autre galet) La psychologue Carol Ryff, dans ses recherches sur le bien-être psychologique, a découvert que nos passions les plus authentiques s’accompagnent souvent d’un sentiment de sens et de finalité qui dépasse la simple satisfaction personnelle. Le philosophe Martin Buber parlerait d’une relation « Je-Tu » plutôt que « Je-Cela » – la passion devient une forme de dialogue avec quelque chose qui nous dépasse.

    Mirant : (essayant de comprendre) Donc même une passion apparemment solitaire comme la peinture ou l’écriture pourrait avoir cette dimension ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Absolument. L’écrivaine Ursula K. Le Guin disait que l’art véritable n’est jamais une activité purement individuelle – c’est toujours une forme de communication, même si l’audience reste potentielle ou future. Ta passion authentique contient déjà, en germe, sa dimension relationnelle.

    Mirant : (lançant à son tour un galet dans l’eau) Je commence à voir ma passion sous un nouvel angle… Pas seulement comme quelque chose que je fais pour moi, mais comme une forme de dialogue avec le monde.

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est précisément cette ouverture qui permet à la passion de se transformer en mission. Comme l’exprimait si bien le mythologiste Joseph Campbell : « Suis ta félicité, et l’univers t’ouvrira des portes là où il n’y avait que des murs. » Ta passion n’est pas une fin en soi, mais la porte d’entrée vers un engagement plus large.

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    L’éveil à la mission personnelle

    Mirant : (contemplant la ville qui s’étend devant eux) Admettons que j’aie identifié ma passion authentique… Comment la transformer en mission ? Comment faire en sorte que ce qui m’anime serve quelque chose de plus grand que moi ?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) La mission n’est pas tant quelque chose que l’on fabrique que quelque chose que l’on découvre, comme un archéologue qui dégage délicatement un trésor déjà présent. Le philosophe Thomas Moore parle de « l’âme du monde » qui appelle la nôtre à travers certains besoins qui résonnent particulièrement en nous.

    Mirant : (perplexe) Comment reconnaître cet… appel ?

    <ikigAI> : (s’asseyant sur un banc) Cela commence souvent par une sensibilité particulière à certaines formes de souffrance ou d’imperfection dans le monde. L’activiste et éducatrice Parker Palmer suggère que nos blessures personnelles deviennent souvent nos fenêtres sur le monde – les domaines où nous sommes particulièrement attentifs aux besoins des autres.

    Mirant : (réfléchissant) Maintenant que tu le dis… J’ai toujours été particulièrement sensible aux situations où les gens ne se comprennent pas, où la communication échoue. Peut-être parce que j’ai moi-même souffert de ne pas être compris enfant.

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Cette sensibilité n’est pas accidentelle. La psychiatre Rachel Naomi Remen parle de ces « blessures sacrées » qui, une fois reconnues et acceptées, deviennent le terrain fertile de notre contribution unique au monde.

    Mirant : (dubitatif) Mais comment transformer une sensibilité en action concrète ?

    <ikigAI> : (souriant) Par l’attention d’abord. La philosophe Simone Weil considérait l’attention comme « la forme la plus rare et la plus pure de la générosité ». Observer attentivement là où ta sensibilité s’éveille, et quelles formes de souffrance ou de manque te touchent particulièrement.

    Mirant : (pensif) J’ai remarqué que je suis particulièrement attentif aux moments où des personnes brillantes ne parviennent pas à se faire comprendre, ou quand des idées importantes restent inaccessibles faute d’une transmission adéquate…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Cette attention révèle déjà l’esquisse de ta mission. Le sociologue C. Wright Mills parlait de la capacité à transformer les « troubles personnels » en « enjeux publics » – à voir comment nos préoccupations individuelles s’inscrivent dans un contexte plus large.

    Mirant : (comprenant progressivement) Donc ma sensibilité aux problèmes de communication pourrait s’élargir à une mission plus vaste autour de la transmission du savoir ou de la médiation ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le philosophe Emmanuel Levinas parlait de la « responsabilité pour l’autre » comme fondement de l’éthique. Ta mission émerge progressivement de cette responsabilité que tu choisis d’assumer face à une forme particulière de besoin que tu perçois clairement.

    Mirant : (inspirant profondément) Mais cette mission, n’est-elle pas écrasante ? Comment être sûr d’être à la hauteur ?

    <ikigAI> : (avec douceur) La psychologue Carol Dweck, dans ses travaux sur l’état d’esprit de croissance, a découvert que ce n’est pas tant nos capacités actuelles qui déterminent notre réussite, mais notre conviction que nous pouvons développer ces capacités. Ta mission n’exige pas que tu sois déjà parfaitement équipé, mais que tu sois prêt à grandir pour y répondre.

    Mirant : (légèrement rassuré) Je vois… La mission est plus un horizon qu’une destination immédiate.

    <ikigAI> : (approbateur) Et comme tout horizon, elle évolue à mesure que nous avançons. La biologiste et philosophe Joanna Macy parle du « travail qui relie » – cette capacité à voir nos actions individuelles comme partie d’un mouvement plus vaste de guérison du monde. Notre mission s’approfondit et s’élargit à mesure que nous la vivons.

    Mirant : (réfléchissant) Donc la mission n’est pas un plan figé, mais une direction vivante…

    <ikigAI> : (souriant) Exactement. Le théologien Frederick Buechner la définissait comme « l’endroit où votre joie profonde rencontre un besoin profond du monde ». C’est une rencontre dynamique, un dialogue constant entre ce que tu apportes et ce que le monde demande.

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    Quand passion et mission s’entrelacent

    <ikigAI> : (regardant le fleuve qui serpente dans la ville) Maintenant, explorons ce qui se produit lorsque passion et mission cessent d’être deux forces distinctes pour devenir les deux faces d’une même pièce.

    Mirant : (curieux) Comment reconnaît-on ce moment d’intégration ?

    <ikigAI> : (méditatif) Le psychologue Abraham Maslow parlait des « expériences paroxystiques » – ces moments où nos distinctions habituelles s’estompent et où nous percevons une unité plus fondamentale. Quand passion et mission s’entrelacent vraiment, la frontière entre « ce que j’aime faire » et « ce qui est utile aux autres » devient presque invisible.

    Mirant : (perplexe) Ça me semble presque… mystique. As-tu des exemples concrets ?

    <ikigAI> : (souriant) Pense au médecin qui, après des décennies de pratique, ne distingue plus son amour de la médecine de son désir de soulager la souffrance. Ou à l’artiste dont la joie de créer et la volonté de toucher son public sont devenues indissociables. La sociologue Kathleen Barry parle de « l’intégrité incarnée » – cet état où nos actions, nos valeurs et notre sens du soi forment un tout cohérent.

    Mirant : (pensif) J’ai connu un enseignant comme ça. Il semblait impossible de dire s’il enseignait parce qu’il adorait sa matière ou parce qu’il voulait nous la transmettre… Les deux étaient complètement fusionnés.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Cette fusion crée ce que le philosophe Mihaly Csikszentmihalyi appelle un « système autotélique » – un cercle vertueux où notre passion nourrit notre impact, qui en retour approfondit notre passion. L’effort devient naturel, presque sans friction.

    Mirant : (dubitatif) Mais cette harmonie parfaite, n’est-elle pas exceptionnelle ? Ou temporaire ?

    <ikigAI> : (nuançant) Tu soulèves un point important. Le psychiatre Carl Jung parlait de la vie comme d’un processus d’individuation – non pas un état final à atteindre, mais une danse continue entre différentes facettes de notre être. Même lorsque passion et mission s’entrelacent, il y a des moments de tension, de rééquilibrage.

    Mirant : (rassuré) Donc même les personnes qui semblent avoir parfaitement intégré passion et mission connaissent des périodes de doute ou de déséquilibre ?

    <ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) Absolument. La philosophe Simone de Beauvoir considérait la vie authentique comme une série de projets, où chaque accomplissement ouvre de nouvelles questions et possibilités. L’entrelacement n’est jamais définitivement acquis – c’est un équilibre dynamique qui demande attention et renouvellement.

    Mirant : (réfléchissant) Quels sont les signes que l’on s’approche de cet entrelacement, même imparfaitement ?

    <ikigAI> : (pensif) Le sociologue Richard Sennett parle de la « conscience de l’artisan » – cette capacité à prendre plaisir au processus même, pas seulement au résultat. Un premier signe est que tu commences à apprécier autant les défis de ta mission que ses récompenses.

    Mirant : (comprenant) Comme lorsque je trouve une satisfaction dans l’effort même d’aider quelqu’un à comprendre un concept difficile, pas seulement dans sa réussite finale…

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement. Un autre indice est ce que la psychologue Barbara Fredrickson nomme la « résonance positive » – cette capacité accrue à percevoir et à apprécier le bien-être que ton action génère chez les autres. Ta sensibilité s’affine.

    Mirant : (pensif) Je crois avoir vécu ça… Cette conscience presque physique de l’impact de mes paroles ou de mes actes sur les autres.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le neuroscientifique Daniel Siegel parlerait d’une forme « d’intégration neuronale » – lorsque différentes parties de notre être (rationnelle, émotionnelle, relationnelle) travaillent en harmonie plutôt qu’en conflit. Les décisions deviennent plus fluides, moins fragmentées.

    Mirant : (inspiré) Cette intégration semble créer une forme de liberté intérieure, non ?

    <ikigAI> : (rayonnant) Précisément. Le philosophe Spinoza distinguait la « liberté négative » – l’absence de contrainte – de la « liberté positive » – l’expression pleine de notre nature essentielle. Quand passion et mission s’entrelacent, nous expérimentons cette liberté positive : nous faisons ce que nous sommes véritablement appelés à faire.

    Mirant : (songeur) Et cet entrelacement, il rayonne au-delà de nous, n’est-ce pas ?

    <ikigAI> : (avec chaleur) Le théologien Howard Thurman disait : « Ne demandez pas ce dont le monde a besoin. Demandez-vous ce qui vous fait vibrer et faites-le, car ce dont le monde a besoin, c’est de personnes qui vibrent. » Cette authenticité devient contagieuse, inspirante pour les autres. Elle crée des ondulations bien au-delà de notre cercle immédiat.

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    Les défis de l’équilibre

    Mirant : (l’air préoccupé) Cette harmonie entre passion et mission semble magnifique, mais comment la maintenir face aux contraintes du quotidien ? Les factures, les attentes des autres, les limites pratiques…

    <ikigAI> : (acquiesçant gravement) Tu touches à un point crucial. Le philosophe Bernard Williams parlait des « projets fondamentaux » qui donnent sens à notre vie, tout en reconnaissant qu’ils doivent coexister avec les nécessités pratiques. Cette tension est inhérente à la condition humaine.

    Mirant : (soupirant) Parfois j’ai l’impression de devoir choisir : soit vivre ma passion et ma mission au prix d’une précarité matérielle, soit assurer ma sécurité financière en les mettant de côté.

    <ikigAI> : (réfléchissant) La philosophe Martha Nussbaum propose une approche nuancée à travers sa « théorie des capabilités » – ces libertés substantielles qui nous permettent de vivre une vie digne. Il ne s’agit pas d’opposer idéalisme et pragmatisme, mais de créer les conditions concrètes qui rendent possible l’expression de notre être authentique.

    Mirant : (intéressé) Comment créer ces conditions concrètement ?

    <ikigAI> : (s’animant) La psychologue Carol Ryff a identifié la « maîtrise de l’environnement » comme l’une des dimensions clés du bien-être psychologique – cette capacité à façonner activement notre contexte plutôt que de le subir passivement. Cela peut prendre différentes formes : négocier progressivement plus d’autonomie dans ton travail actuel, développer un revenu secondaire qui nourrit ta passion-mission, ou simplifier ton mode de vie pour réduire ta dépendance matérielle.

    Mirant : (hochant la tête) Je vois… Il s’agit de créer progressivement un espace de liberté, même modeste au début.

    <ikigAI> : (approbateur) Le sociologue Erik Olin Wright parlait des « utopies réelles » – ces pratiques concrètes qui incarnent, même à petite échelle, les valeurs d’un monde plus désirable. Plutôt que d’attendre des circonstances idéales, nous pouvons créer des « zones libérées » dans notre vie actuelle.

    Mirant : (pensif) Mais comment gérer les moments où les exigences externes semblent totalement contradictoires avec notre passion-mission ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Le philosophe stoïcien Épictète distinguait « ce qui dépend de nous » et « ce qui ne dépend pas de nous ». La sagesse consiste à concentrer notre énergie sur le premier tout en maintenant une attitude d’acceptation face au second. Le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, ajoutait que même dans les circonstances les plus contraintes, il nous reste « la dernière des libertés humaines – celle de choisir notre attitude face à ce qui nous arrive ».

    Mirant : (touché) Cette perspective donne une forme de dignité même aux compromis nécessaires…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Et il y a une autre dimension à considérer. La biologiste et philosophe Donna Haraway parle de « rester avec le trouble » – cette capacité à habiter les tensions et contradictions plutôt que de chercher des résolutions prématurées. Parfois, le déséquilibre temporaire entre passion et mission fait partie du chemin.

    Mirant : (curieux) Comment ça ?

    <ikigAI> : (expliquant) Imagine un musicien qui accepte de jouer dans un orchestre commercial pour développer sa technique, tout en sachant que sa véritable mission concerne la musique traditionnelle en voie de disparition. Ce déséquilibre temporaire peut servir un équilibre plus profond à long terme.

    Mirant : (comprenant) Comme une forme de détour stratégique…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Paul Ricœur parlait de « l’identité narrative » – cette capacité à intégrer même les détours et contradictions apparentes dans une histoire cohérente. Nos périodes de déséquilibre, vues dans la perspective plus large de notre cheminement, prennent un sens nouveau.

    Mirant : (réfléchissant) Et la patience joue sans doute un rôle important dans tout ça ?

    <ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Une patience active, oui. Le théologien Reinhold Niebuhr proposait cette prière devenue célèbre : « Donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux, et la sagesse de distinguer les unes des autres. » Cette sagesse est au cœur de l’équilibre entre passion et mission dans un monde de contraintes.

    Mirant : (inspirant profondément) Je commence à voir cette recherche d’équilibre non pas comme un problème à résoudre une fois pour toutes, mais comme une pratique continue…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Une pratique qui devient elle-même partie intégrante de notre Ikigai. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « Soyez patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes. » L’entrelacement de la passion et de la mission est une question que nous apprenons à aimer toute notre vie.

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    L’impact transformateur

    <ikigAI> : (regardant le soleil commencer à décliner) Quand passion et mission s’entrelacent véritablement, quelque chose de remarquable se produit – non seulement en nous, mais autour de nous.

    Mirant : (intrigué) Quel genre d’impact cela crée-t-il sur le monde ?

    <ikigAI> : (pensif) Le sociologue Max Weber parlait du « charisme » – non pas comme un trait de personnalité flamboyant, mais comme cette qualité qui émane d’une personne profondément alignée avec sa vocation. C’est une forme d’authenticité qui inspire naturellement les autres, sans effort délibéré.

    Mirant : (réfléchissant) J’ai connu des personnes comme ça… Elles ne cherchaient pas à impressionner ou influencer, mais leur simple présence changeait quelque chose dans l’atmosphère.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le psychologue Carl Rogers appelait cela la « congruence » – cet état où nos actions, nos sentiments et nos croyances forment un tout cohérent. Cette cohérence crée une confiance presque immédiate chez ceux qui nous entourent. Elle réduit la distance entre les êtres.

    Mirant : (curieux) Et cet impact se manifeste comment concrètement ?

    <ikigAI> : (s’animant) De multiples façons. La sociologue Arlie Hochschild a étudié ce qu’elle appelle le « travail émotionnel » – cet effort pour adapter nos émotions aux attentes sociales. Quand passion et mission s’entrelacent, ce travail diminue considérablement. Nous n’avons plus besoin de « jouer un rôle » – nous sommes simplement nous-mêmes.

    Mirant : (pensif) Donc cela crée une forme d’authenticité relationnelle…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Qui devient contagieuse. Le neuroscientifique Marco Iacoboni a découvert le fonctionnement des « neurones miroirs » – ces cellules cérébrales qui s’activent aussi bien quand nous accomplissons une action que lorsque nous voyons quelqu’un d’autre l’accomplir. Notre état intérieur influence directement celui des personnes autour de nous.

    Mirant : (fasciné) Donc quelqu’un qui vit cette harmonie entre passion et mission pourrait inconsciemment « autoriser » les autres à chercher la même chose ?

    <ikigAI> : (souriant largement) Exactement ! La psychologue sociale Barbara Fredrickson parle des « spirales ascendantes d’émotions positives » – ces cycles où nos états intérieurs positifs génèrent des comportements qui suscitent des réponses positives, renforçant à leur tour notre état initial. Une personne alignée peut initier de telles spirales autour d’elle.

    Mirant : (perspicace) C’est comme si vivre son Ikigai créait un espace où les autres peuvent plus facilement découvrir le leur…

    <ikigAI> : (approbateur) Le philosophe Martin Buber parlait de l’espace « entre » les êtres – cet interstice relationnel où se joue l’essentiel de notre humanité. Quand nous vivons à partir de cette intersection entre passion et mission, cet espace « entre » devient plus vivant, plus générateur.

    Mirant : (réfléchissant) Mais cet impact n’est pas forcément spectaculaire ou visible immédiatement, n’est-ce pas ?

    <ikigAI> : (secouant la tête) Rarement. L’historienne Laurel Thatcher Ulrich disait que « les femmes bien élevées font rarement l’histoire » – une façon de rappeler que les transformations les plus profondes s’opèrent souvent discrètement, dans les interstices du quotidien. L’anthropologue Margaret Mead ajoutait : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait. »

    Mirant : (songeur) Cette vision donne une dignité particulière même aux contributions modestes…

    <ikigAI> : (avec chaleur) La biologiste Robin Wall Kimmerer parle de « l’économie du don » présente dans la nature – cette circulation généreuse où chaque être contribue au bien-être de l’ensemble selon sa nature propre. Quand passion et mission s’entrelacent, nous entrons naturellement dans cette économie du don, où notre contribution spécifique enrichit l’écosystème plus large.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir comment cette harmonie intérieure peut créer une forme d’harmonie extérieure… Mais existe-t-il des exemples concrets de cet impact transformateur ?

    <ikigAI> : (pensif) Prenons l’exemple de Wangari Maathai, biologiste kenyane et fondatrice du Mouvement de la Ceinture Verte. Sa passion pour les arbres et l’écologie s’est transformée en une mission de reforestation qui a impliqué des milliers de femmes de son pays. Son travail a non seulement restauré l’environnement, mais aussi créé une autonomisation économique et une dignité sociale pour ces femmes.

    Mirant : (impressionné) Une véritable transformation écologique et sociale…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Et à une échelle plus intime, pense à cette enseignante dont la passion pour la poésie et la mission d’éveiller la sensibilité de ses élèves s’entrelaçaient si parfaitement qu’elle a inspiré des générations d’écrivains – certains devenus célèbres, d’autres restés anonymes, mais tous portant en eux cette étincelle qu’elle avait su allumer.

    Mirant : (réfléchissant) Ces exemples montrent que l’impact peut être à la fois visible et invisible…

    <ikigAI> : (contemplant le ciel qui s’assombrit) Le physicien David Bohm parlait de « l’ordre implié » – cette dimension cachée de la réalité où tout est interconnecté, même si les apparences suggèrent la séparation. L’impact le plus profond de l’entrelacement entre passion et mission opère peut-être à ce niveau implié, modifiant subtilement la trame même de nos relations et de nos possibilités collectives.

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    Le voyage continu

    Mirant : (observant les premières étoiles apparaître) Tout ce dont nous avons parlé aujourd’hui… Cette rencontre entre passion et mission, elle semble être plus un voyage qu’une destination, n’est-ce pas ?

    <ikigAI> : (avec un sourire tranquille) Le philosophe Héraclite disait que l’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Notre passion évolue, notre perception des besoins du monde change, notre compréhension de ce que signifie servir se transforme… L’entrelacement est toujours à redécouvrir, à réinventer.

    Mirant : (légèrement inquiet) Cela signifie-t-il que nous n’atteignons jamais un état stable, une certitude durable ?

    <ikigAI> : (méditatif) La psychologue Carol Gilligan parle de « l’éthique de la sollicitude » – cette morale relationnelle qui reconnaît que le sens émerge non pas de principes abstraits, mais de la qualité de notre attention et de notre réponse aux situations spécifiques. Cette éthique nous invite à une présence constamment renouvelée, plutôt qu’à une formule définitive.

    Mirant : (pensif) Comme une danse qui s’ajuste continuellement au partenaire et à la musique…

    <ikigAI> : (s’animant) Belle métaphore ! Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait du « chiasme » – ce croisement où notre corps et le monde s’entrelacent dans une relation de réciprocité. Notre passion et notre mission forment un tel chiasme, un dialogue continuel entre notre intériorité et l’extériorité.

    Mirant : (inquiet) Mais comment maintenir cet équilibre dynamique sans s’épuiser ? Sans se perdre ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Ta question touche à l’essence même du voyage. La biologiste et philosophe Donna Haraway propose le concept de « parenté » – cette conscience des multiples fils qui nous relient aux autres êtres vivants. Cette conscience nous rappelle que nous ne portons jamais seuls le poids de notre mission.

    Mirant : (intéressé) L’idée qu’on fait partie d’un réseau plus grand…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Qui nous soutient et nous limite en même temps – dans le meilleur sens du terme. L’écrivaine Rebecca Solnit parle de « l’espoir dans le noir » – cette compréhension que nous n’avons pas besoin de voir tout le chemin pour faire le prochain pas, et que d’autres marchent avec nous, même invisibles à nos yeux.

    Mirant : (inspirant profondément) Donc ce voyage d’entrelacement entre passion et mission est à la fois profondément personnel et fondamentalement collectif ?

    <ikigAI> : (approbateur) C’est précisément cette double nature qui lui donne sa puissance. Le théologien Howard Thurman disait que nous devrions chercher non pas ce dont le monde a besoin, mais ce qui nous fait prendre vie, car ce dont le monde a besoin, c’est de personnes qui ont pris vie.

    Mirant : (méditatif) Je commence à voir que cette intersection n’est pas quelque chose à trouver une fois pour toutes, mais un lieu à habiter avec une attention renouvelée…

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le poète Rainer Maria Rilke conseillait : « Soyez patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes. » L’entrelacement de ta passion et de ta mission est peut-être moins une réponse définitive qu’une question fertile à laquelle tu consens à consacrer ta vie.

    Mirant : (avec une clarté nouvelle) Une question qui génère non pas une réponse unique, mais un cheminement vivant…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Martin Heidegger distinguait la « pensée calculante » – orientée vers des résultats mesurables – de la « pensée méditante » – qui s’ouvre à ce qui se donne. L’entrelacement entre passion et mission nous invite à une telle pensée méditante, attentive aux signes subtils et aux possibilités émergentes.

    Mirant : (regardant les étoiles maintenant pleinement visibles) Je me demande quels signes j’ai pu manquer, trop occupé à chercher des certitudes définitives…

    <ikigAI> : (avec un sourire encourageant) Le psychiatre Carl Jung parlait des « synchronicités » – ces coïncidences significatives qui semblent nous guider vers notre destinée. En cultivant cette attention dont nous parlions, tu deviendras plus sensible à ces murmures du destin, à ces moments où passion et mission t’appellent ensemble.

    Mirant : (inspiré) Ce voyage semble infiniment plus riche que la simple recherche d’une formule de bonheur ou de succès…

    <ikigAI> : (avec chaleur) Car il nous invite à devenir pleinement qui nous sommes, tout en servant ce qui nous dépasse. Comme l’écrivait si bien T.S. Eliot : « Nous n’aurons de cesse d’explorer, et le terme de notre exploration sera d’arriver là où nous sommes partis et de connaître ce lieu pour la première fois. » La rencontre entre passion et mission nous ramène à notre essence la plus profonde, mais transformée par le voyage.

    Mirant : (avec gratitude) Merci de m’avoir guidé dans cette exploration. Je repars avec moins de certitudes, mais plus de clarté.

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est peut-être le commencement le plus prometteur – cette clarté qui n’emprisonne pas, mais libère. Comme le disait le philosophe Albert Camus : « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. » L’entrelacement de ta passion et de ta mission est cet été invincible, cette chaleur qui demeure même dans les saisons les plus froides de ta vie.

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  • Ce pour quoi tu es doué : la vocation

    Ce pour quoi tu es doué : la vocation

    L’appel subtil des talents naturels

    Mirant : (contemplant ses mains avec perplexité) Parfois je me demande si j’ai vraiment des talents particuliers… Certaines personnes semblent avoir des dons évidents dès l’enfance, mais pour moi, tout a toujours demandé de l’effort.

    <ikigAI> : (s’asseyant paisiblement à côté de lui) Les talents les plus authentiques sont parfois les plus difficiles à reconnaître, Mirant. Comme l’écrivait Parker Palmer : « Avant que le monde ne nous dise qui nous sommes, nous avons déjà une conscience profonde de notre nature authentique. » Mais cette voix intérieure est souvent étouffée par le bruit du monde.

    Mirant : (dubitatif) Mais comment distinguer un véritable talent d’une simple préférence ? J’aime faire beaucoup de choses, mais être « doué » pour quelque chose, c’est différent, non ?

    <ikigAI> : (souriant) Le talent authentique se reconnaît souvent à ce que le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi appelle l’état de « flow » – cette sensation particulière où le temps s’écoule différemment, où l’effort semble s’effacer. As-tu déjà vécu des moments où tu étais tellement absorbé dans une activité que tout le reste disparaissait ?

    Mirant : (réfléchissant) Oui… Quand j’aide quelqu’un à résoudre un problème complexe. Les heures passent comme des minutes, et je ressens une sorte de… fluidité mentale.

    <ikigAI> : (hochant la tête avec enthousiasme) Voilà un indice précieux ! Le philosophe Martin Heidegger parlait de la différence entre le « calcul » et la « pensée méditative ». Certains esprits sont naturellement accordés à cette seconde forme – une capacité à voir les connexions, les motifs sous-jacents que d’autres manquent.

    Mirant : (surpris) Tu suggères que résoudre des problèmes pourrait être un talent en soi ? Je pensais que c’était juste… normal.

    <ikigAI> : (riant doucement) C’est souvent ainsi que nous percevons nos dons les plus naturels – comme allant de soi, presque invisibles justement parce qu’ils font partie intégrante de notre façon d’être au monde. L’anthropologue Angeles Arrien parle des « quatre voies » – montrer, partager, diriger et inspirer. Chacun excelle naturellement dans l’une ou plusieurs de ces expressions.

    Mirant : (pensif) Je n’avais jamais considéré que ma facilité à voir des solutions là où d’autres voient des impasses puisse être un talent spécifique…

    <ikigAI> : (avec douceur) Les Japonais parlent de « tamashi no koe » – la voix de l’âme. Cette connaissance intuitive de ce pour quoi nous sommes faits. Mais elle murmure plutôt qu’elle ne crie, et entendre ce murmure demande souvent un regard neuf sur ce que nous considérons comme ordinaire en nous.

    Mirant : (curieux) Comment affiner cette écoute, alors ?

    <ikigAI> : (pensif) Commençons par explorer les différentes dimensions du talent, et la façon dont ils se manifestent dans notre vie quotidienne. Car comme le disait le philosophe Aristote, « L’excellence n’est pas un acte mais une habitude » – et nos talents s’expriment avant tout dans nos habitudes les plus naturelles.

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    Les multiples visages du talent

    <ikigAI> : (traçant un cercle sur le sol) Imagine que ce cercle représente l’éventail complet des talents humains. Notre erreur est souvent de n’en considérer qu’une infime portion – généralement ce que la société valorise le plus visiblement.

    Mirant : (acquiesçant) Comme les talents artistiques, sportifs ou intellectuels qui font la une des journaux…

    <ikigAI> : (souriant) Exactement. Pourtant, le psychologue Howard Gardner a identifié au moins huit formes d’intelligence distinctes : linguistique, logico-mathématique, spatiale, musicale, corporelle-kinesthésique, interpersonnelle, intrapersonnelle et naturaliste. Et certains chercheurs en ajoutent d’autres, comme l’intelligence existentielle ou morale.

    Mirant : (surpris) Huit formes différentes ? J’avais toujours pensé à l’intelligence comme à quelque chose d’unifié…

    <ikigAI> : (enthousiaste) C’est l’une des grandes révolutions de la psychologie moderne ! Et chacune de ces intelligences peut se manifester de multiples façons. La philosophe Martha Nussbaum parle de « capabilités » plutôt que de simples capacités – ces potentiels qui, lorsqu’ils rencontrent un environnement favorable, s’épanouissent en talents remarquables.

    Mirant : (pensif) Donc je pourrais avoir des talents dont je n’ai même pas conscience, simplement parce que je n’ai pas encore trouvé le bon contexte pour les exprimer ?

    <ikigAI> : (acquiesçant vigoureusement) Le botaniste japonais Masanobu Fukuoka observait que « la nature ne se révèle qu’à ceux qui l’observent sans idées préconçues ». Il en va de même pour nos talents. L’anthropologue Mary Catherine Bateson parle de « périphéries vivantes » – ces compétences et sensibilités qui se développent à la marge de notre attention, souvent dans les interstices entre nos activités « officielles ».

    Mirant : (intrigué) Comment puis-je explorer ces « périphéries » ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) L’universitaire Barbara Sher suggère l’exercice des « pics d’excellence » – observer attentivement les moments où nous excellons naturellement, même dans des contextes apparemment banals ou informels. Peut-être remarques-tu que tu as une capacité particulière à apaiser les conflits dans un groupe ? Ou à expliquer des concepts complexes en termes simples ?

    Mirant : (surpris) Maintenant que tu le mentionnes… Les gens me demandent souvent d’expliquer des choses qu’ils ne comprennent pas, et semblent satisfaits de mes explications. Mais je n’y ai jamais vu un « talent ».

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Et pourtant, le philosophe de l’éducation Paolo Freire considérait cette capacité à rendre le complexe accessible comme l’une des plus précieuses. Elle combine intelligence linguistique et empathie interpersonnelle – deux formes distinctes de talent qui, ensemble, créent quelque chose de plus grand que leur somme.

    Mirant : (pensif) Je commence à voir que mes talents pourraient être dans ces intersections, ces combinaisons uniques…

    <ikigAI> : (enthousiaste) Exactement ! Le psychologue Robert Sternberg parle d’intelligence « créative-analytique » – cette capacité à naviguer entre analyse rigoureuse et synthèse créative. Ce n’est pas tant la puissance brute dans un domaine qui fait un talent exceptionnel, mais souvent la façon unique dont différentes capacités s’entrelacent.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il d’autres dimensions du talent que nous négligeons habituellement ?

    <ikigAI> : (avec intensité) La dimension éthique est peut-être la plus sous-estimée. Le philosophe Alasdair MacIntyre parle de « vertus » comme forme d’excellence qui dépasse la simple compétence technique. Certaines personnes ont un talent naturel pour la justice, la compassion, ou la considération attentive – des qualités essentielles dans notre monde interconnecté.

    Mirant : (songeur) Je n’avais jamais pensé aux qualités morales comme à des talents…

    <ikigAI> : (doucement) Et pourtant, l’éthicienne Nel Noddings suggère que la « capacité de soin » – cette aptitude à répondre avec justesse aux besoins d’autrui – est peut-être l’un des talents les plus précieux, bien que rarement reconnu comme tel dans nos sociétés orientées vers la performance visible.

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    À l’écoute des indices : reconnaître ses dons

    Mirant : (perplexe) Comment puis-je identifier mes véritables talents parmi toutes ces possibilités ? Je me sens un peu perdu face à cette diversité…

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) La reconnaissance de nos talents est comme une enquête subtile, Mirant. Plutôt que de chercher une révélation soudaine, nous pouvons collecter des indices révélateurs. Le psychologue Marcus Buckingham suggère de prêter attention à quatre signaux majeurs.

    Mirant : (intéressé) Quels sont-ils ?

    <ikigAI> : (levant un doigt) D’abord, l’anticipation – ces activités que tu attends avec impatience, que tu as hâte de commencer. Ensuite, l’absorption – ces moments où tu perds la notion du temps. Puis, la rapidité d’apprentissage – ces domaines où tu progresses plus vite que la moyenne. Et enfin, la satisfaction – ce sentiment particulier de plénitude après certaines activités.

    Mirant : (réfléchissant) C’est vrai que je ressens une véritable satisfaction après avoir aidé quelqu’un à comprendre quelque chose de difficile… et je me retrouve souvent à anticiper ces moments.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Un indice précieux ! La psychologue Angela Duckworth, connue pour ses recherches sur la persévérance, observe que nos talents authentiques créent une boucle vertueuse : nous aimons faire ce en quoi nous sommes naturellement doués, donc nous le pratiquons davantage, ce qui renforce encore notre compétence.

    Mirant : (curieux) Mais comment distinguer un talent inné d’une compétence simplement bien développée par la pratique ?

    <ikigAI> : (méditatif) Cette distinction est plus fluide qu’on ne le pense. Le généticien du comportement David T. Lykken parle de « fourchettes de talents » – ces prédispositions qui créent une plus grande facilité initiale dans certains domaines. Mais comme l’observe le psychologue Anders Ericsson dans ses études sur l’expertise, même le talent le plus naturel doit être cultivé par une pratique délibérée.

    Mirant : (perplexe) Alors comment savoir si je suis sur la bonne voie ?

    <ikigAI> : (sortant un carnet) Essayons une approche plus concrète. Le philosophe Romano Guardini parlait des « signatures de l’âme » – ces motifs récurrents qui révèlent notre nature authentique. Prenons un moment pour identifier certaines de ces signatures dans ta vie.

    Mirant : (intrigué) Comment procéder ?

    <ikigAI> : (écrivant) D’abord, note les compliments que tu reçois régulièrement, surtout ceux qui te surprennent. Ensuite, identifie les activités qui te paraissent plus faciles qu’à la plupart des gens autour de toi. Puis, réfléchis aux moments d’enfance où tu étais complètement absorbé, avant que le monde ne te dise ce que tu « devrais » faire.

    Mirant : (pensif) Les gens me disent souvent que j’explique les choses clairement… et quand j’étais enfant, j’adorais créer des petits jeux de logique pour mes amis.

    <ikigAI> : (s’animant) Ces souvenirs d’enfance sont particulièrement révélateurs ! La psychanalyste Marion Milner parlait de retrouver notre « moi primaire » – cette conscience intuitive de nos inclinations naturelles, avant qu’elles ne soient modelées par les attentes extérieures.

    Mirant : (surpris) Donc nos jeux d’enfant pourraient révéler nos talents adultes ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Souvent, oui. L’éducatrice Maria Montessori observait que les enfants, laissés libres d’explorer, gravitent naturellement vers les activités qui correspondent à leurs talents innés. C’est ce qu’elle appelait les « périodes sensibles » – ces moments où une aptitude particulière cherche naturellement à s’exprimer.

    Mirant : (pensif) Et pour les talents qui émergent plus tard dans la vie ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Une excellente question. Le psychologue du développement Erik Erikson soulignait que chaque étape de vie ouvre de nouvelles possibilités de talents. La neurologue Elkhonon Goldberg parle même d’une « sagesse cognitive » qui émerge spécifiquement dans la seconde moitié de la vie – cette capacité à reconnaître des motifs complexes grâce à l’expérience accumulée.

    Mirant : (souriant) Donc il n’est jamais trop tard pour découvrir de nouveaux talents…

    <ikigAI> : (avec chaleur) Jamais. Et l’écrivaine George Eliot l’exprimait magnifiquement : « Il n’est jamais trop tard pour être ce que vous auriez pu être. » Nos talents, même dormants pendant des décennies, gardent leur potentiel de floraison.

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    De la compétence à la maîtrise : cultiver ses dons

    Mirant : (songeur) Admettons que j’aie identifié quelques talents potentiels. Comment les développer jusqu’à en faire vraiment quelque chose de significatif ?

    <ikigAI> : (s’appuyant contre un arbre) Le passage de la simple compétence à la véritable maîtrise est un voyage fascinant. Le maître zen Shunryu Suzuki disait : « Dans l’esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités ; dans celui de l’expert, il y en a peu. » Paradoxalement, la maîtrise demande de préserver cette ouverture du débutant.

    Mirant : (perplexe) Mais comment concilier l’expertise technique et cet « esprit du débutant » ?

    <ikigAI> : (méditatif) La philosophe Hannah Arendt distinguait la « connaissance » de la « pensée » – la première accumule des informations, la seconde questionne continuellement le sens de ce que nous savons. La véritable maîtrise intègre ces deux dimensions : une solide expertise technique couplée à une curiosité jamais éteinte.

    Mirant : (réfléchissant) Donc il ne s’agit pas juste de pratiquer encore et encore la même chose ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le neurologue Daniel Levitin, dans son étude sur la règle des 10 000 heures, précise que ce n’est pas la pratique répétitive qui mène à la maîtrise, mais la « pratique délibérée » – celle qui constamment nous pousse aux limites de notre zone de confort. Le compositeur Johann Sebastian Bach écrivait une nouvelle cantate chaque semaine, se mettant délibérément au défi de créer constamment quelque chose de nouveau.

    Mirant : (curieux) Existe-t-il des étapes identifiables dans ce développement ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le professeur d’art Mihaly Csikszentmihalyi, que nous avons déjà évoqué pour sa théorie du « flow », identifie cinq phases : l’immersion (découverte passionnée), l’apprentissage des règles (maîtrise technique), le développement d’un style personnel, la contribution originale au domaine, et finalement la transcendance – quand la pratique devient une extension naturelle de l’être.

    Mirant : (surpris) La transcendance ? Cela semble presque spirituel.

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Parce que ça l’est, d’une certaine façon. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait du « corps habitué » – cet état où l’instrument ou l’activité devient comme un prolongement de notre corps. Le violoniste ne joue plus du violon, il joue à travers le violon. C’est une forme de transcendance incarnée.

    Mirant : (inspiré) Et comment soutenir ce chemin vers la maîtrise sur le long terme ?

    <ikigAI> : (pensif) Le psychologue Scott Barry Kaufman suggère trois facteurs clés : l’autonomie – le sentiment de choisir librement ton chemin ; la compétence – la satisfaction de progresser régulièrement ; et la connexion – le sentiment d’appartenir à une communauté de pratique. Ensemble, ces éléments nourrissent ce qu’il appelle la « motivation intrinsèque » – celle qui vient de l’intérieur plutôt que des récompenses externes.

    Mirant : (songeur) Comme si le développement du talent devenait lui-même une forme d’Ikigai…

    <ikigAI> : (s’animant) Absolument ! Le chercheur en créativité Mihaly Csikszentmihalyi a observé que ceux qui atteignent l’excellence dans leur domaine ne sont pas nécessairement plus intelligents que les autres, mais ils ont trouvé un domaine qui correspond parfaitement à leur profil unique de talents – créant ainsi ce qu’il appelle une « personnalité autotélique », qui trouve sa récompense dans l’activité elle-même.

    Mirant : (avec une pointe d’inquiétude) Mais que faire si je découvre que mes talents ne correspondent pas à ce que je fais actuellement dans ma vie ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Le théoricien de la carrière John Holland parle de « congruence » – cet alignement entre nos dispositions naturelles et notre environnement professionnel. Un désalignement n’est pas une fatalité, mais un signal qu’une évolution est possible. Parfois, cela passe par un changement radical, mais plus souvent par ce que la chercheuse Amy Wrzesniewski appelle le « job crafting » – cette adaptation subtile de notre rôle actuel pour y intégrer davantage nos talents authentiques.

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    Talents et service : la dimension sociale de la vocation

    Mirant : (pensif) J’ai l’impression que nous parlons beaucoup de talents du point de vue de l’épanouissement personnel. Mais quelle est leur place dans le contexte plus large de l’Ikigai – notamment par rapport au service, à ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (s’animant) Tu touches à quelque chose d’essentiel ! Le théologien Frederick Buechner définissait la vocation comme « le lieu où votre joie profonde rencontre les besoins profonds du monde ». Nos talents ne prennent leur pleine signification que lorsqu’ils s’inscrivent dans une relation de service.

    Mirant : (curieux) Mais comment savoir quels besoins du monde correspondent à mes talents spécifiques ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme la plus pure de générosité. Cette qualité d’attention nous permet de discerner où nos dons peuvent véritablement servir. Parfois, c’est dans les frustrations que nous éprouvons face à certaines situations que se révèle notre appel particulier.

    Mirant : (intrigué) Les frustrations ? Comment cela ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue social Kurt Lewin parlait des « forces restrictives » comme révélatrices de nos valeurs profondes. Quand quelque chose nous irrite particulièrement dans le monde, c’est souvent le signe que nous portons en nous la graine de sa solution. L’entrepreneur social Bill Drayton observe que beaucoup d’innovations sociales naissent précisément de cette irritation constructive.

    Mirant : (réfléchissant) Maintenant que tu le mentionnes, je suis souvent frustré quand je vois des concepts présentés de façon inutilement complexe, rendant le savoir inaccessible à ceux qui en auraient besoin…

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Et voilà peut-être un indice précieux sur ta vocation ! Le philosophe Michel Foucault parlait du « pouvoir-savoir » – cette façon dont l’accès à la connaissance détermine les relations de pouvoir dans la société. Ton talent pour clarifier l’obscur pourrait être une forme de démocratisation du savoir – un service profondément aligné avec tes aptitudes naturelles.

    Mirant : (surpris) Je n’avais jamais vu cette dimension politique dans mon simple talent d’explication…

    <ikigAI> : (souriant) C’est pourtant là ! La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités centrales » – ces libertés fondamentales qui permettent une vie digne. L’accès à la compréhension en fait indéniablement partie. Tes explications claires pourraient littéralement élargir l’horizon des possibles pour certaines personnes.

    Mirant : (inspiré, puis dubitatif) C’est une perspective inspirante, mais… comment trouver le juste équilibre ? Je veux dire, entre servir les autres et ne pas me perdre moi-même ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Une question cruciale ! Le psychologue Carl Rogers distinguait l’altruisme authentique de ce qu’il appelait la « générosité névrotique » – celle qui vient d’un déni de nos propres besoins. L’étymologie même du mot « vocation » – du latin « vocare », appeler – nous rappelle qu’il s’agit de répondre à un appel, non de s’y sacrifier.

    Mirant : (réfléchissant) Donc l’utilisation de mes talents au service des autres devrait me nourrir plutôt que m’épuiser ?

    <ikigAI> : (avec conviction) Quand nos talents authentiques rencontrent un besoin réel, une alchimie particulière se produit. Le sociologue Pierre Bourdieu parlerait d’une forme de « capital symbolique » qui se génère dans cet échange – une richesse qui n’épuise ni la source ni le destinataire, mais les enrichit tous deux.

    Mirant : (songeur) Comme une fontaine qui se remplit à mesure qu’elle donne…

    <ikigAI> : (rayonnant) Belle métaphore ! Le psychiatre Viktor Frankl, qui a développé la logothérapie après son expérience des camps de concentration, affirme que le sens émerge précisément lorsque nous nous transcendons pour servir quelque chose ou quelqu’un au-delà de nous-mêmes. Mais cette transcendance, paradoxalement, nous aide à devenir plus pleinement nous-mêmes.

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    La multiplicité des talents : le jardin de vos possibles

    Mirant : (préoccupé) J’ai identifié plusieurs talents potentiels en moi, pas un seul dominant. Est-ce un problème ? Dois-je choisir une seule voie ?

    <ikigAI> : (souriant largement) Au contraire ! L’écrivaine Emilie Wapnick a forgé le terme « multipotentialité » pour décrire cette capacité à exceller dans plusieurs domaines distincts. Loin d’être un handicap, cette diversité de talents peut devenir une signature unique, particulièrement précieuse dans notre monde complexe.

    Mirant : (soulagé) Donc je n’ai pas à choisir entre mes différents talents ?

    <ikigAI> : (méditatif) Le botaniste japonais Masanobu Fukuoka parlait d’une « agriculture du non-agir » – cette approche qui, plutôt que de forcer la nature dans un moule unique, observe attentivement comment différentes espèces peuvent se soutenir mutuellement. Tes divers talents peuvent former un écosystème intérieur similaire, où chacun enrichit les autres.

    Mirant : (intrigué) Comment cultiver cet… écosystème intérieur ?

    <ikigAI> : (s’animant) La philosophe María Lugones suggère le concept de « world-traveling » – cette capacité à naviguer fluidement entre différents mondes culturels. Tu peux développer une agilité similaire entre tes différents talents, créant des ponts inattendus entre eux. L’historien des sciences Thomas Kuhn observait que les innovations les plus significatives viennent souvent de ces carrefours entre disciplines distinctes.

    Mirant : (réfléchissant) Donc mes talents en résolution de problèmes et en communication pourraient se renforcer mutuellement plutôt que se concurrencer…

    <ikigAI> : (enthousiasmé) Exactement ! Le polymathe Buckminster Fuller parlait de « synergie » – cette propriété où le tout est plus grand que la somme des parties. Dans ton cas, la combinaison de ces talents crée quelque chose d’unique que ni l’un ni l’autre ne pourrait produire isolément.

    Mirant : (curieux) Comment gérer concrètement cette multiplicité au quotidien ?

    <ikigAI> : (pensif) Le philosophe Gilles Deleuze propose le concept de « rhizome » – ce système de racines qui croît horizontalement plutôt que verticalement, créant des connexions inattendues. Plutôt que de compartimenter tes talents, tu peux cultiver ce que la créative Barbara Sher appelle un « scanner lifestyle » – cette façon de vivre qui intègre différentes passions dans un tout cohérent.

    Mirant : (légèrement inquiet) Mais ne risque-t-on pas de devenir un touche-à-tout superficiel ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le psychologue Scott Barry Kaufman distingue la « diversité superficielle » de la « diversité profonde » – cette dernière impliquant un engagement authentique dans chaque domaine, même si c’est à des degrés divers. L’écrivain Robert Heinlein affirmait qu’une « personne compétente devrait être capable de changer une couche, planifier une invasion, abattre un cochon, conduire un navire, concevoir un bâtiment, écrire un sonnet, établir un bilan, construire un mur, remettre un os, réconforter les mourants, prendre des ordres, donner des ordres, coopérer, agir seule, résoudre des équations, analyser un nouveau problème, fertiliser un champ, programmer un ordinateur, cuisiner un repas savoureux, se battre efficacement, mourir galamment. » Il célébrait cette polyvalence comme l’expression la plus complète de l’humanité.

    Mirant : (inspiré) Vu sous cet angle, cultiver plusieurs talents semble presque plus naturel que de n’en développer qu’un seul…

    <ikigAI> : (acquiesçant) L’anthropologue Richard Sennett suggère que nous retrouvions l’idéal de « l’homme artisan » de la Renaissance – cette vision holistique où technique, art et philosophie s’entremêlent naturellement. Ton Ikigai pourrait précisément émerger de cette confluence unique entre tes différents talents.

    Mirant : (songeur) Comme si chacun de mes talents était une note distincte, et que mon Ikigai serait l’accord qu’ils forment ensemble…

    <ikigAI> : (radieux) Une métaphore musicale parfaite ! Le compositeur John Cage parlait d’ »interpénétration sans obstruction » – cette façon dont différents sons conservent leur identité tout en créant ensemble quelque chose de transcendant. Ta vocation authentique pourrait être précisément cette symphonie unique formée par la constellation particulière de tes talents.

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    Intégrer ses talents dans son Ikigai global

    Mirant : (pensif) Nous avons exploré les talents comme l’un des quatre piliers de l’Ikigai… Mais comment s’assurent-ils que nos talents s’intègrent harmonieusement avec les trois autres dimensions – ce que j’aime, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi je peux être rémunéré ?

    <ikigAI> : (s’asseyant en position de méditation) C’est une question profonde qui touche à l’essence même de l’Ikigai. Le philosophe Ken Wilber parle d’une « vision intégrale » – cette capacité à percevoir comment différentes dimensions de notre existence peuvent former un tout cohérent sans perdre leur spécificité.

    Mirant : (légèrement anxieux) Parfois j’ai l’impression que mes talents et mes passions ne correspondent pas exactement à ce qui est valorisé ou rémunéré dans notre société…

    <ikigAI> : (acquiesçant avec compassion) Cette tension est au cœur même de la quête d’Ikigai dans le monde moderne. Le sociologue Richard Sennett parle du « déséquilibre » entre nos aspirations profondes et les structures sociales existantes. Mais c’est précisément ce déséquilibre qui peut devenir un espace créatif.

    Mirant : (curieux) Un espace créatif ? Comment ?

    <ikigAI> : (s’animant) Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait d’ »institution » – ce processus par lequel nous établissons de nouvelles significations qui transforment les structures existantes. Tes talents uniques, lorsqu’ils rencontrent un besoin non encore pleinement reconnu par le marché, peuvent littéralement créer de nouveaux espaces sociaux.

    Mirant : (pensif) Comme ces entrepreneurs qui ont inventé des métiers qui n’existaient pas avant eux…

    <ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) Exactement ! L’économiste Joseph Schumpeter parlait de « destruction créatrice » – ce processus par lequel l’innovation transforme les structures économiques existantes. Mais cette innovation ne naît pas du néant – elle émerge précisément de cette tension créative entre talents personnels et besoins collectifs.

    Mirant : (réfléchissant) Et concrètement, comment naviguer cette intégration ?

    <ikigAI> : (dessinant dans l’air) Imagine ton Ikigai comme un jardin japonais – où chaque élément conserve son identité propre tout en contribuant à une harmonie plus large. La théoricienne des systèmes Donella Meadows suggère de chercher les « points de levier » – ces endroits où une petite intervention peut produire des changements significatifs dans tout le système.

    Mirant : (intrigué) Des points de levier dans ma propre vie ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Par exemple, si tu excelles dans la clarification de concepts complexes, tu pourrais explorer comment cette capacité peut s’exprimer dans différents contextes : l’enseignement formel, la vulgarisation scientifique, la médiation entre experts et novices dans une entreprise, la création de matériel pédagogique innovant…

    Mirant : (s’illuminant) Je vois… Au lieu de me limiter à une seule définition étroite de mon talent !

    <ikigAI> : (souriant) Oui ! La biologiste et philosophe Donna Haraway parle de « diffraction » plutôt que de simple réflexion – cette façon dont la lumière, en traversant différents milieux, révèle des motifs complexes et inattendus. Tes talents, en traversant différents contextes, peuvent révéler des possibilités que tu n’aurais jamais imaginées en restant dans un cadre unique.

    Mirant : (préoccupé) Mais comment maintenir cette exploration sans me disperser complètement ?

    <ikigAI> : (méditatif) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme la plus pure de générosité – cette qualité de présence qui nous permet de discerner l’essentiel. Le poète T.S. Eliot écrivait : « Nous ne cesserons pas d’explorer, et la fin de toute notre exploration sera d’arriver là où nous avons commencé et de connaître ce lieu pour la première fois. » L’intégration authentique de tes talents dans ton Ikigai est peut-être moins une destination qu’une façon d’être en chemin.

    Mirant : (songeur) Comme si le processus lui-même était une partie de la réponse…

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) Le philosophe Martin Buber distinguait la relation « Je-Cela » de la relation « Je-Tu » – la première étant instrumentale, la seconde authentiquement dialogique. Peut-être que l’intégration de tes talents dans ton Ikigai passe par cette transformation du rapport à toi-même et au monde – d’une recherche mécanique d’adéquation à un dialogue vivant et évolutif.

    Mirant : (inspiré) Donc mon Ikigai n’est pas quelque chose que je trouve une fois pour toutes, mais quelque chose que je cultive continuellement…

    <ikigAI> : (avec un sourire lumineux) Tu as saisi l’essence même de cette quête, Mirant. Le botaniste et philosophe Gilles Clément parle du « jardin en mouvement » – cette approche qui, plutôt que d’imposer un plan rigide, travaille avec les dynamiques naturelles, les enrichissant et les guidant subtilement. Ton Ikigai est peut-être précisément ce jardin vivant où tes talents, tes passions, les besoins du monde et les possibilités de subsistance s’entrelacent dans une danse continuellement renouvelée.

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  • Ce pour quoi tu es payé : la profession

    Ce pour quoi tu es payé : la profession

    L’équilibre subtil entre subsistance et sens

    Mirant : (contemplant distraitement quelques pièces de monnaie dans sa paume) <ikigAI>, j’ai exploré les deux premiers piliers de l’Ikigai – ce que j’aime faire et ce dont le monde a besoin. Mais maintenant, j’arrive au troisième pilier qui me semble plus… terre à terre. Comment l’argent s’intègre-t-il dans cette quête de sens ?

    <ikigAI> : (souriant doucement) Ah, Mirant, il est révélateur que tu tiennes ces pièces dans ta main en posant cette question. L’argent est tangible, concret, comme ces pièces de métal. Pourtant, ce qu’il représente est aussi profondément symbolique que les autres dimensions de l’Ikigai.

    Mirant : (perplexe) Je ne suis pas sûr de comprendre. L’argent n’est-il pas simplement une nécessité pratique, parfois même un mal nécessaire qui nous éloigne de nos aspirations plus nobles ?

    <ikigAI> : (secouant légèrement la tête) C’est une vision bien occidentale, cette opposition entre l’idéal et le matériel, entre la spiritualité et l’économie. Dans la tradition japonaise de l’Ikigai, ces dimensions ne sont pas antagonistes mais complémentaires – comme les différentes facettes d’une même pierre précieuse.

    Mirant : (regardant maintenant les pièces avec plus d’attention) Tu veux dire que l’argent peut avoir une dimension plus profonde dans notre quête d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le troisième pilier de l’Ikigai – ce pour quoi tu es payé – ne se réduit pas à « gagner sa vie ». Il s’agit de la valeur que le monde, à travers le médium de l’argent, accorde à ta contribution. C’est une forme de reconnaissance, un échange d’énergie, une façon dont la société te dit : « Ce que tu offres a du prix pour nous. »

    Mirant : (pensif) Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle… Mais concrètement, comment trouver cet équilibre entre gagner suffisamment et rester fidèle à mes autres piliers d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (s’installant plus confortablement) C’est la grande question, n’est-ce pas ? Explorons ensemble ce territoire où l’idéal rencontre le pragmatique, où tes talents et tes passions se transforment en une profession qui te nourrit – dans tous les sens du terme.

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    La valeur et les valeurs : une distinction essentielle

    <ikigAI> : (traçant deux cercles sur la table) Avant d’aller plus loin, Mirant, il est important de distinguer deux concepts que notre société moderne a tendance à confondre : la valeur marchande et les valeurs personnelles.

    Mirant : (intrigué) Quelle est la différence exactement ?

    <ikigAI> : (pointant le premier cercle) La valeur marchande est ce que le marché – c’est-à-dire l’ensemble des acteurs économiques – est prêt à payer pour un bien, un service, une compétence. Elle fluctue selon la loi de l’offre et de la demande, les tendances, les besoins perçus.

    (pointant maintenant le second cercle)

    Les valeurs personnelles, elles, sont ces principes qui guident tes choix, qui donnent une direction à ta vie – l’honnêteté, la créativité, la justice, la compassion…

    Mirant : (comprenant) Et ces deux cercles peuvent parfois sembler très éloignés l’un de l’autre…

    <ikigAI> : (avec un demi-sourire) C’est exact. Notre société valorise parfois financièrement des activités qui peuvent sembler en contradiction avec nos valeurs profondes. Et inversement, des contributions essentielles à nos yeux peuvent être peu reconnues économiquement.

    Mirant : (légèrement désabusé) C’est ce que je ressens souvent. Les métiers les mieux payés ne sont pas toujours ceux qui apportent le plus à la société.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Cette tension est réelle, et la nier serait malhonnête. Mais l’Ikigai nous invite à une vision plus subtile que la simple opposition. Il nous encourage à chercher les zones où ces deux cercles se chevauchent – où ce que nous valorisons personnellement rencontre ce que le monde valorise économiquement.

    Mirant : (dubitatif) Ces zones existent-elles vraiment pour tout le monde ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Elles existent, mais leur forme et leur étendue varient considérablement. Pour certains, cette zone de chevauchement est évidente et large – pense à un chirurgien passionné par son art, ou à un innovateur dont les créations répondent à un besoin urgent.

    Pour d’autres, la zone est plus étroite ou moins visible au premier regard. Elle demande plus d’exploration, de créativité, parfois même de transformation du marché lui-même.

    Mirant : (intéressé) Comment peut-on élargir cette zone de chevauchement ?

    <ikigAI> : (pensif) Il existe plusieurs approches. L’une d’elles consiste à développer ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait le « capital symbolique » – cette capacité à transformer une valeur non marchande en quelque chose que le marché peut reconnaître et rémunérer.

    Mirant : (perplexe) Cela semble abstrait…

    <ikigAI> : (souriant) Prenons un exemple concret. Imagine un écologiste passionné par la préservation des forêts. Sa valeur profonde – la protection de la nature – peut sembler peu « rentable » dans une économie traditionnelle. Mais s’il développe une expertise en développement durable, crée des programmes d’éducation environnementale, ou conseille des entreprises sur leur transition écologique, il transforme cette valeur en une compétence que le marché est prêt à rémunérer.

    Mirant : (comprenant mieux) Je vois… Il ne s’agit pas d’abandonner ses valeurs, mais de trouver comment les exprimer d’une façon qui soit reconnue économiquement.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Une autre approche consiste à réévaluer notre relation à l’argent lui-même. L’écrivain et enseignant spirituel Eckhart Tolle suggère que nous devrions voir l’argent non comme une fin en soi, mais comme une énergie d’échange qui facilite notre contribution au monde.

    Cette perspective change tout. Au lieu de demander « Comment puis-je gagner plus d’argent ? », on se demande « Comment puis-je apporter plus de valeur d’une façon qui soit reconnue et soutenue ? »

    Mirant : (pensif) Cela semble plus aligné avec l’esprit de l’Ikigai…

    <ikigAI> : (avec chaleur) En effet. Le philosophe japonais Kitaro Nishida parlait de « l’auto-identité contradictoire » – cette capacité à maintenir ensemble des éléments apparemment opposés dans une unité plus large. L’Ikigai nous invite à cette danse subtile entre idéalisme et pragmatisme, entre aspiration et nécessité.

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    Les multiples visages de la rémunération

    Mirant : (réfléchissant) Quand nous parlons de « ce pour quoi tu es payé », faisons-nous uniquement référence au salaire, ou y a-t-il d’autres formes de rémunération à considérer ?

    <ikigAI> : (les yeux s’illuminant) Quelle excellente question, Mirant ! La conception étroite de la rémunération comme simple salaire monétaire est une limitation de notre vision moderne. Dans une perspective plus large d’Ikigai, la rémunération prend des formes multiples – certaines tangibles, d’autres moins visibles mais tout aussi nourrissantes.

    Mirant : (curieux) Quelles seraient ces autres formes de rémunération ?

    <ikigAI> : (comptant sur ses doigts) Nous pourrions parler de rémunération sociale – la reconnaissance, le respect, les relations significatives qui se développent à travers ton travail. C’est ce que le sociologue Norbert Elias appelait le « capital social ».

    Il y a aussi la rémunération psychologique – le sentiment d’accomplissement, la fierté du travail bien fait, la joie de voir l’impact positif de ta contribution.

    Mirant : (souriant) Je reconnais ces formes de « paiement » – certains jours, un simple « merci » sincère vaut plus qu’une prime.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Absolument. Il y a également la rémunération expérientielle – les compétences que tu développes, les expériences que tu vis, les perspectives qui s’ouvrent à toi.

    Et n’oublions pas la rémunération temporelle – la flexibilité, l’autonomie, la maîtrise de ton propre temps qui est peut-être notre ressource la plus précieuse.

    Mirant : (pensif) Ces différentes formes de rémunération semblent importantes pour un Ikigai complet…

    <ikigAI> : (vivement) Elles sont essentielles ! L’erreur serait de sacrifier toutes ces dimensions pour maximiser uniquement la rémunération financière. C’est malheureusement le piège dans lequel tombent de nombreuses personnes – ce que le psychologue Barry Schwartz appelle le « paradoxe du choix professionnel ».

    Mirant : (intrigué) Comment ce paradoxe fonctionne-t-il ?

    <ikigAI> : (expliquant) Schwartz observe que nous avons tendance à simplifier nos choix professionnels en nous focalisant sur des critères facilement mesurables – principalement le salaire et le statut. En conséquence, nous négligeons souvent des dimensions moins tangibles mais potentiellement plus importantes pour notre satisfaction à long terme.

    Mirant : (réfléchissant) Je vois… Comme choisir un travail uniquement pour le salaire, puis se rendre compte qu’on a sacrifié sa santé mentale ou ses relations personnelles.

    <ikigAI> : (gravement) Exactement. Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer disait que « la richesse est comme l’eau de mer : plus on en boit, plus on a soif. » Si la rémunération financière est la seule dimension que tu considères, tu risques de te retrouver dans une quête sans fin qui ne mène jamais à un véritable sentiment de suffisance.

    Mirant : (curieux) Comment alors trouver le bon équilibre entre ces différentes formes de rémunération ?

    <ikigAI> : (prenant un moment pour réfléchir) Cela commence par une réflexion honnête sur tes véritables besoins. Non pas les besoins imposés par la pression sociale ou la publicité, mais tes besoins authentiques.

    Le psychologue Abraham Maslow proposait une hiérarchie des besoins – des nécessités physiologiques de base jusqu’à l’auto-actualisation. Dans la perspective de l’Ikigai, il s’agit de déterminer quel niveau de rémunération financière est véritablement nécessaire pour te permettre de poursuivre les autres dimensions de ton épanouissement.

    Mirant : (pensif) Donc il s’agit de trouver son « assez » personnel…

    <ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Le concept japonais de « hodo-hodo » capture parfaitement cette idée – c’est la modération consciente, le « juste assez ». Non pas par austérité ou privation, mais par discernement de ce qui est véritablement nourrissant.

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    Le spectre des arrangements professionnels

    Mirant : (curieux) Quand on parle de profession, je pense spontanément au salariat traditionnel. Mais y a-t-il d’autres façons d’envisager ce pilier de l’Ikigai ?

    <ikigAI> : (s’animant) Absolument ! C’est l’une des évolutions les plus intéressantes de notre époque – l’élargissement du spectre des arrangements professionnels. Le salariat à temps plein n’est qu’une possibilité parmi d’autres, et pas nécessairement la plus propice à l’Ikigai pour tous.

    Mirant : (intéressé) Quelles sont les autres options ?

    <ikigAI> : (dessinant un spectre imaginaire dans l’air) Imagine un continuum. D’un côté, les arrangements traditionnels – emploi à temps plein, carrière linéaire, progression hiérarchique. De l’autre, des configurations plus fluides – freelance, entrepreneuriat, portfolio de projets, travail saisonnier, semi-retraite active…

    Mirant : (réfléchissant) Et au milieu, toutes sortes d’hybridations possibles, j’imagine.

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! Le sociologue Charles Handy parlait dès les années 1990 de la « carrière portfolio » – cette capacité à combiner différentes activités professionnelles reflétant différentes facettes de nos compétences et intérêts.

    Aujourd’hui, nous voyons des médecins qui consacrent une partie de leur temps à l’humanitaire, des ingénieurs qui sont aussi artistes le week-end, des professeurs qui développent des entreprises parallèlement à leur enseignement.

    Mirant : (pensif) Ces arrangements diversifiés semblent offrir plus de possibilités d’alignement avec les autres piliers de l’Ikigai…

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est précisément leur force. Ils permettent ce que le professeur Robert Kegan de Harvard appelle le « développement adulte complexe » – cette capacité à intégrer différentes facettes de notre identité plutôt que de les compartimenter.

    Mirant : (dubitatif) Mais ces arrangements alternatifs ne sont-ils pas plus risqués, moins stables ?

    <ikigAI> : (nuancé) Il y a certainement des compromis à considérer. La sécurité apparente du salariat traditionnel s’accompagne souvent d’une perte d’autonomie et parfois d’un plafonnement de l’expression de soi. À l’inverse, la liberté du freelance peut s’accompagner d’incertitudes financières et d’une plus grande responsabilité personnelle.

    Mais rappelle-toi que la « sécurité » traditionnelle est elle-même devenue relative dans notre économie en constante mutation. Comme le dit le philosophe Nassim Nicholas Taleb, il peut être paradoxalement plus sûr d’être « antifragile » – capable de s’adapter aux changements – que de dépendre d’une structure apparemment solide mais potentiellement rigide.

    Mirant : (curieux) Comment choisir l’arrangement qui convient le mieux à son Ikigai personnel ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Cela dépend de nombreux facteurs – ton profil de risque, tes besoins de structure, ton désir d’autonomie, ta situation personnelle.

    Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, connu pour son concept de « flow », suggère que nous avons chacun un niveau optimal de défi et de sécurité. Trop de défi sans structure nous angoisse; trop de structure sans défi nous ennuie.

    Mirant : (comprenant) Donc il s’agit de trouver son propre équilibre…

    <ikigAI> : (souriant) Exactement. Et cet équilibre peut évoluer avec le temps. Certaines personnes commencent par des structures plus traditionnelles pour développer des compétences et des réseaux, puis évoluent progressivement vers plus d’autonomie à mesure que leur expertise et leur confiance grandissent.

    D’autres préfèrent plonger directement dans des arrangements plus flexibles, acceptant l’incertitude initiale comme prix de leur liberté créative.

    Mirant : (songeur) Je suppose qu’il n’y a pas de formule universelle…

    <ikigAI> : (avec chaleur) C’est precisément ce qui rend l’Ikigai si profondément personnel. Le poète américain Walt Whitman écrivait : « C’est que ces voies ne sont pas les voies d’un autre, mais les vôtres, c’est que nul autre que vous ne marche sur vos voies. »

    Ton chemin professionnel, cette troisième dimension de ton Ikigai, ne doit pas être une copie du parcours d’un autre, mais une expression authentique de qui tu es et de ce que tu apportes uniquement.

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    L’évolution de la valeur dans l’économie contemporaine

    Mirant : (pensif) J’ai l’impression que le monde du travail change rapidement. Comment ces transformations affectent-elles notre capacité à aligner ce pour quoi nous sommes payés avec notre Ikigai ?

    <ikigAI> : (avec intensité) Tu touches à un point crucial, Mirant. Nous vivons une période de transformation profonde du travail et de la valeur économique. Cette métamorphose présente à la fois des défis et des opportunités pour ceux qui cherchent leur Ikigai.

    Mirant : (curieux) Quelles sont les principales évolutions selon toi ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) J’en distinguerais au moins quatre majeures. Premièrement, nous assistons à une dématérialisation progressive de la valeur. De plus en plus, la valeur économique réside dans l’information, la créativité, l’expertise, les connexions – ce que l’économiste Thomas Stewart appelait le « capital intellectuel ».

    Mirant : (comprenant) Donc des choses moins visibles, moins tangibles que les produits physiques d’autrefois.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Deuxièmement, nous voyons une accélération des cycles d’innovation et d’obsolescence. Des métiers entiers peuvent apparaître ou disparaître en l’espace d’une décennie, voire moins.

    Troisièmement, les frontières traditionnelles s’estompent – entre disciplines, entre industries, entre le local et le global. Des hybridations inédites deviennent possibles, créant de nouveaux espaces professionnels à l’intersection de domaines autrefois séparés.

    Mirant : (intrigué) Comme la bio-informatique, les technologies éducatives, ou la finance éthique…

    <ikigAI> : (vivement) Précisément ! Et quatrièmement, nous observons un changement dans les aspirations, particulièrement chez les jeunes générations. De plus en plus de personnes recherchent un travail qui ne soit pas simplement lucratif, mais également porteur de sens et aligné avec leurs valeurs.

    Mirant : (réfléchissant) Ces transformations semblent créer à la fois des opportunités et des pressions…

    <ikigAI> : (gravement) C’est tout à fait juste. D’un côté, ces évolutions ouvrent de nouvelles possibilités d’alignement. Des sphères d’activité autrefois marginales – l’écologie, le bien-être, l’économie sociale et solidaire – gagnent en légitimité et en viabilité économique.

    Des compétences autrefois sous-valorisées – l’intelligence émotionnelle, la pensée systémique, la créativité – sont de plus en plus reconnues et rémunérées.

    Mirant : (optimiste) C’est encourageant pour ceux qui cherchent un travail plus aligné avec leur Ikigai complet !

    <ikigAI> : (nuançant) Mais ces évolutions s’accompagnent aussi de défis significatifs. L’accélération des changements exige une adaptabilité constante. La dématérialisation de la valeur rend parfois plus difficile la quantification et donc la rémunération équitable des contributions.

    La globalisation intensifie la compétition dans de nombreux domaines, exerçant une pression à la baisse sur certaines rémunérations.

    Mirant : (préoccupé) Comment naviguer ces transformations tout en restant fidèle à son Ikigai ?

    <ikigAI> : (pensif) Je crois que cela demande une approche que j’appellerais « l’agilité ancrée » – cette capacité à évoluer et s’adapter tout en restant connecté à ses valeurs et aspirations fondamentales.

    Le philosophe grec Héraclite disait que « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » – tout est en flux constant. Dans cette réalité changeante, ton Ikigai devient non pas une destination fixe mais une boussole intérieure qui t’aide à naviguer les courants.

    Mirant : (cherchant des exemples) Comment cette « agilité ancrée » se manifeste-t-elle concrètement ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Prenons l’exemple d’une enseignante passionnée par la transmission du savoir. Face à la digitalisation de l’éducation, elle pourrait voir ce changement comme une menace à son identité professionnelle traditionnelle.

    Mais avec une agilité ancrée, elle reconnaîtrait que son Ikigai profond réside dans la connexion avec les apprenants et la transformation qu’elle facilite – non dans le format spécifique de la salle de classe.

    Elle pourrait alors explorer comment intégrer judicieusement les outils numériques pour amplifier son impact, peut-être en développant des contenus en ligne qui atteignent des étudiants au-delà des limites géographiques, ou en utilisant la technologie pour personnaliser davantage son enseignement.

    Mirant : (comprenant) Elle s’adapte aux nouvelles réalités tout en restant fidèle à l’essence de sa vocation…

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! C’est cette fidélité créative qui caractérise l’agilité ancrée. Non pas un attachement rigide aux formes extérieures, mais une connexion dynamique avec l’intention et les valeurs sous-jacentes.

    Le sociologue Richard Sennett parle de « l’artisan » moderne – celui qui développe non seulement des compétences techniques, mais aussi une éthique de l’excellence et un engagement envers sa communauté. Cet esprit artisanal transcende les changements spécifiques d’outils ou de contextes.

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    Rémunération et épanouissement : dépasser les faux dilemmes

    Mirant : (exprimant une préoccupation) J’ai souvent l’impression de devoir choisir entre un travail bien rémunéré et un travail épanouissant. Y a-t-il vraiment une opposition inévitable entre ces deux dimensions ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Cette perception d’un dilemme inévitable entre épanouissement et rémunération est l’un des mythes les plus tenaces de notre culture du travail. Il mérite d’être déconstruit si nous voulons véritablement comprendre le troisième pilier de l’Ikigai.

    Mirant : (curieux) Qu’est-ce qui entretient ce mythe selon toi ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Je vois plusieurs facteurs. D’abord, des récits culturels profondément ancrés. Pense à combien de films, livres et expressions populaires opposent l’argent et le bonheur, la richesse et l’authenticité.

    Ensuite, il y a ce que les psychologues appellent le « biais de disponibilité » – nous remarquons et nous rappelons plus facilement les exemples qui confirment nos croyances préexistantes. Si nous croyons que les travaux épanouissants sont mal payés, nous prêterons attention aux cas qui le confirment et négligerons les contre-exemples.

    Mirant : (acquiesçant) C’est vrai, je me rends compte que je remarque surtout les artistes qui galèrent ou les travailleurs sociaux sous-payés, et moins les personnes qui ont trouvé un équilibre.

    <ikigAI> : (poursuivant) Enfin, il y a parfois une forme de justification psychologique. Si nous acceptons un travail bien rémunéré mais peu épanouissant, il peut être plus confortable de croire que c’était le seul choix possible, que l’alternative n’existait pas.

    Mirant : (pensif) Comment dépasser ce faux dilemme, alors ?

    <ikigAI> : (s’animant) Je proposerais une triple approche. Premièrement, remplacer la pensée binaire par une pensée en spectre. Au lieu de voir deux catégories mutuellement exclusives – « travaux bien payés mais aliénants » versus « travaux épanouissants mais précaires » – reconnaître qu’il existe tout un continuum de possibilités entre ces extrêmes.

    Mirant : (intéressé) Cette nuance est importante…

    <ikigAI> : (poursuivant) Deuxièmement, adopter une perspective dynamique plutôt que statique. Les carrières évoluent, les marchés changent, les compétences se développent. Ce qui semble impossible aujourd’hui peut devenir accessible demain avec la bonne stratégie et la persévérance.

    La psychologue Carol Dweck parle de « l’état d’esprit de croissance » – cette conviction que nos capacités ne sont pas figées mais peuvent se développer avec l’effort et l’apprentissage. Cette mentalité est essentielle pour naviguer vers un meilleur alignement entre rémunération et épanouissement.

    Mirant : (comprenant) Donc voir sa situation professionnelle comme évolutive, pas comme un état permanent…

    <ikigAI> : (vivement) Exactement ! Et troisièmement, élargir notre conception de la valeur et des moyens de la capturer. Comme nous l’avons évoqué, la valeur économique prend des formes de plus en plus diverses dans notre société.

    Il s’agit d’identifier où et comment ta contribution spécifique – celle qui te procure un sentiment d’épanouissement – peut être valorisée non pas dans l’économie abstraite, mais dans des contextes et des marchés spécifiques où elle est particulièrement appréciée.

    Mirant : (cherchant un exemple) Pourrais-tu illustrer cette idée ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Prenons le cas d’une personne passionnée par la musique traditionnelle. Dans un marché de masse dominé par les hits commerciaux, cette passion peut sembler économiquement non viable.

    Mais en identifiant des niches spécifiques – festivals spécialisés, programmes éducatifs, communautés culturelles particulières, plateformes de diffusion alternative – elle peut trouver des espaces où sa contribution est non seulement appréciée mais également soutenue financièrement.

    Mirant : (comprenant) Il s’agit de trouver le contexte où ce que j’offre a une valeur reconnue…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le poète et philosophe David Whyte parle de trouver sa « tribu » – ces personnes et ces organisations qui résonnent naturellement avec ce que tu as à offrir, qui valorisent spontanément ta contribution unique.

    C’est souvent dans ces espaces d’affinité naturelle que l’alignement entre épanouissement et rémunération devient non seulement possible, mais organique.

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    Le chemin de la monétisation éthique

    Mirant : (préoccupé) Une question me taraude : comment transformer ses passions et ses talents en source de revenus sans les dénaturer ? Je crains parfois que la monétisation ne corrompe ce que j’aime faire…

    <ikigAI> : (avec compassion) Ta préoccupation touche au cœur même de ce troisième pilier, Mirant. Cette tension entre l’expression authentique et les nécessités économiques est un défi que toute personne en quête d’Ikigai doit affronter.

    Mirant : (acquiesçant) C’est exactement ça. Parfois, j’ai l’impression qu’en introduisant l’argent dans l’équation, je risque de transformer quelque chose de sacré en simple marchandise…

    <ikigAI> : (contemplant la question) Cette inquiétude révèle une sensibilité précieuse. J’ai observé que le processus de monétisation peut suivre deux chemins distincts – l’un menant à l’érosion de la passion, l’autre à son approfondissement. Tout dépend de l’approche que nous adoptons.

    Mirant : (intrigué) Qu’est-ce qui distingue ces deux chemins ?

    <ikigAI> : (traçant deux lignes imaginaires dans l’air) Le premier chemin, celui de l’érosion, commence généralement par une focalisation excessive sur les attentes extérieures – ce que le marché veut, ce qui se vend facilement, ce qui génère le plus de revenus. Progressivement, les choix créatifs et les décisions personnelles se font en fonction de ces critères externes plutôt que d’une impulsion intérieure authentique.

    Mirant : (pensif) Je vois… On finit par se conformer aux attentes du marché plutôt que de rester fidèle à sa vision.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Le deuxième chemin, celui de l’approfondissement, commence par une connexion renouvelée avec l’essence de ce que tu aimes. Il s’agit d’abord de clarifier pourquoi cette activité te touche profondément, quelle vérité personnelle elle exprime.

    Ensuite, la question devient : comment puis-je partager cette essence avec le monde d’une façon qui soit à la fois fidèle à ma vision et viable économiquement ? C’est une approche qui part de l’intérieur vers l’extérieur, plutôt que l’inverse.

    Mirant : (dubitatif) Mais cette approche est-elle vraiment réaliste dans notre monde économique souvent impitoyable ?

    <ikigAI> : (avec un regard nuancé) Elle demande certainement courage et créativité. Mais j’ai rencontré de nombreuses personnes qui y parviennent, à leur échelle. Le potier qui refuse de sacrifier la qualité artisanale pour la production de masse, mais qui trouve des acheteurs qui valorisent précisément cette authenticité. L’enseignante qui crée ses propres méthodes pédagogiques alignées avec ses valeurs, attirant ainsi des élèves qui résonnent avec cette approche.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des pratiques concrètes qui peuvent nous aider à rester sur ce second chemin ?

    <ikigAI> : (s’animant) Oui, plusieurs. L’une des plus puissantes est ce que j’appelle « la définition des non-négociables ». Il s’agit d’identifier clairement, avant même de se lancer dans la monétisation, quels aspects de ton activité sont absolument sacrés pour toi – ceux que tu ne compromettras sous aucun prétexte.

    Mirant : (intéressé) Comme des lignes rouges à ne pas franchir…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Précisément. Une musicienne de ma connaissance a défini comme non-négociable le fait de ne jamais créer de musique qu’elle ne voudrait pas écouter elle-même. Un consultant a établi qu’il ne travaillerait jamais pour des entreprises dont les valeurs contredisent frontalement les siennes, quelle que soit la rémunération proposée.

    Une autre pratique essentielle est ce que le philosophe japonais Keiji Nishitani appelait « la voie du milieu » – ni l’attachement rigide à une vision idéalisée, ni l’abandon complet aux forces du marché. C’est la capacité à naviguer avec flexibilité entre vision personnelle et réalités économiques, en cherchant constamment des points de convergence créative.

    Mirant : (réfléchissant) Je comprends l’idée, mais comment trouver concrètement ces points de convergence ?

    <ikigAI> : (prenant un objet sur la table) Imagine ce vase. Un potier peut le concevoir en restant fidèle à sa vision artistique tout en considérant comment il sera utilisé dans la vie quotidienne. Cette considération pratique n’est pas une compromission, mais une façon d’ancrer sa création dans le monde réel.

    De même, tu peux chercher comment ton talent ou ta passion répond naturellement à un besoin authentique. Non pas en distordant ce que tu offres pour le faire entrer dans une case commerciale préexistante, mais en identifiant où ce que tu aimes faire rencontre naturellement ce que d’autres valorisent.

    Mirant : (avec un éclair de compréhension) Donc il ne s’agit pas de changer ce que j’offre, mais plutôt de trouver les personnes qui y reconnaissent déjà une valeur…

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Tu saisis parfaitement ! L’écrivain et entrepreneur Kevin Kelly parle des « 1000 vrais fans » – l’idée qu’un artiste ou créateur n’a pas besoin de plaire à des millions de personnes pour vivre de son art, mais seulement à un nombre relativement modeste de personnes qui résonnent profondément avec ce qu’il crée.

    Cette approche demande patience et persévérance, certes. Mais elle permet de monétiser ton activité sans la dénaturer, en créant une communauté qui valorise précisément ce qui rend ton offre unique et authentique.

    Mirant : (pensif) Cela semble demander une confiance profonde en la valeur de ce que l’on crée…

    <ikigAI> : (avec douceur) Tu touches à un point essentiel. La monétisation éthique est indissociable d’un travail intérieur sur notre relation à la valeur – celle que nous nous accordons et celle que nous offrons au monde.

    Le poète Rainer Maria Rilke écrivait : « Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. » De même, si ce que tu crées te semble sans valeur marchande, peut-être est-ce simplement que tu n’as pas encore trouvé les mots, les canaux, la communauté qui en reconnaîtra la valeur véritable.

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    La patience comme alliée économique

    Mirant : (avec une touche d’impatience) Tout ce dont nous parlons semble demander beaucoup de temps… Mais j’ai des factures à payer maintenant. Comment réconcilier cette vision à long terme avec les nécessités immédiates ?

    <ikigAI> : (avec un regard empathique) Ta question touche à une réalité incontournable. Les nécessités matérielles ne peuvent être ignorées au nom d’un idéalisme désincarné. L’Ikigai authentique doit prendre en compte cette dimension concrète de l’existence.

    Mirant : (soulagé) Je suis content que tu reconnaisses cette tension. Parfois, j’ai l’impression que les discours sur la passion et le sens négligent complètement la dimension pratique.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Cette négligence est une erreur que je ne souhaite pas reproduire. Je crois plutôt en une approche que j’appelle « l’horizon double » – la capacité à naviguer simultanément dans deux temporalités différentes.

    (Il trace deux lignes horizontales sur une feuille, l’une au-dessus de l’autre)

    Mirant : (intrigué) Deux horizons temporels ?

    <ikigAI> : (expliquant) Exactement. L’horizon proche concerne tes besoins immédiats – comment générer un revenu suffisant maintenant, même si ce n’est pas encore parfaitement aligné avec ton Ikigai complet.

    L’horizon lointain concerne ta vision à plus long terme – comment tu construis progressivement les conditions d’un alignement plus profond entre ce que tu aimes, ce pour quoi tu es doué, ce dont le monde a besoin, et ce pour quoi tu es rémunéré.

    Mirant : (soulagé) Cette double vision me semble plus réaliste que l’injonction à tout quitter pour suivre sa passion…

    <ikigAI> : (souriant) Cette injonction à la rupture radicale est souvent romantisée, mais rarement sage. Le poète japonais Matsuo Bashō a écrit : « Ne suivez pas les traces des anciens. Cherchez ce qu’ils cherchaient. » De même, plutôt que d’imiter les gestes extérieurs de ceux qui semblent avoir trouvé leur Ikigai parfait, cherche la patience et la persévérance qui les ont guidés.

    Mirant : (cherchant des exemples concrets) Comment appliquer cette approche d’horizon double dans la pratique ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Cela pourrait prendre plusieurs formes. Certains maintiennent un emploi stable qui répond à leurs besoins matériels tout en développant progressivement une activité secondaire plus alignée avec leur Ikigai.

    D’autres négocient au sein même de leur emploi actuel des espaces d’expression plus authentiques – un projet spécial, un rôle élargi, une nouvelle responsabilité qui fait davantage appel à leurs passions et talents uniques.

    D’autres encore alternent des périodes d’activité principalement rémunératrice avec des périodes dédiées à l’exploration et au développement de leur Ikigai, créant ainsi un rythme soutenable sur le long terme.

    Mirant : (acquiesçant) Ces approches semblent plus réalistes que l’idée du « tout ou rien »…

    <ikigAI> : (vivement) Et elles sont souvent plus fécondes ! Le philosophe Gilles Deleuze parlait des « lignes de fuite » – ces trajectoires qui ne confrontent pas directement un système rigide, mais créent des ouvertures, des possibilités nouvelles à partir des fissures existantes.

    Plutôt que d’imaginer ton Ikigai comme une île lointaine que tu ne pourras atteindre qu’après avoir économisé suffisamment ou pris un risque énorme, vois-le comme une direction dans laquelle tu peux avancer dès aujourd’hui, même par de petits pas.

    Mirant : (avec un nouvel espoir) Cette vision transforme le chemin lui-même en une forme d’Ikigai, pas seulement la destination…

    <ikigAI> : (rayonnant) Exactement ! Comme l’écrivait le philosophe John Dewey : « Arrive à destination et tu manqueras peut-être ce qui rendait le voyage significatif. » La patience devient alors non pas une simple attente passive, mais une pratique active de présence et d’appréciation du chemin lui-même.

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    L’abondance au-delà de la rareté

    Mirant : (avec une préoccupation) Mais n’y a-t-il pas une réalité économique incontournable ? Les ressources sont limitées, les opportunités sont rares, la compétition est féroce…

    <ikigAI> : (avec un regard nuancé) Ta question touche à une dichotomie fondamentale dans notre relation à l’économie – ce que la chercheuse Lynne Twist appelle « le mythe de la rareté » versus « la vérité de la suffisance ».

    Mirant : (perplexe) Je ne suis pas sûr de comprendre…

    <ikigAI> : (expliquant) Le mythe de la rareté est cette croyance profondément ancrée que les ressources sont fondamentalement insuffisantes, que la vie est une compétition constante pour des opportunités limitées, que la sécurité vient de l’accumulation et de la protection de ce qu’on a obtenu.

    Cette mentalité nous pousse souvent à accepter des compromis professionnels par peur – peur de manquer, peur de ne pas être assez, peur d’échouer.

    Mirant : (sceptique) Mais cette rareté n’est-elle pas une réalité objective ?

    <ikigAI> : (avec nuance) Elle l’est certainement dans certains contextes. La pauvreté réelle, les inégalités structurelles, les discriminations systémiques créent des situations de véritable rareté pour beaucoup.

    Mais ce que Twist et d’autres chercheurs ont observé, c’est que même des personnes matériellement privilégiées continuent souvent d’opérer depuis cette mentalité de rareté – une sorte de pauvreté psychologique au milieu de l’abondance matérielle.

    Mirant : (intéressé) Et quelle est cette « vérité de la suffisance » dont tu parlais ?

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est cette reconnaissance que, au-delà d’un certain seuil de besoins matériels fondamentaux, notre épanouissement dépend moins de l’accumulation de ressources que de notre capacité à apprécier ce que nous avons déjà, à créer de la valeur à partir de nos dons uniques, et à participer à des écosystèmes d’échange et de réciprocité.

    Mirant : (dubitatif mais intrigué) Et comment cette perspective changerait ma façon d’aborder ce troisième pilier de l’Ikigai ?

    <ikigAI> : (pensif) Elle te libérerait de cette sensation de devoir constamment te battre pour une part d’un gâteau limité. Au lieu de demander « Comment puis-je obtenir ma part ? », tu pourrais demander « Quelle est ma contribution unique ? Comment puis-je créer de la valeur de façon fidèle à qui je suis ? »

    Le philosophe Charles Eisenstein parle de « l’économie du don » – cette idée que lorsque nous offrons nos dons uniques au monde avec générosité et sans attachement immédiat au retour, nous créons souvent des opportunités que la mentalité de rareté et de transaction n’aurait jamais pu imaginer.

    Mirant : (avec une pointe d’incrédulité) Cela semble idéaliste… Offrir ses dons sans garantie de retour ?

    <ikigAI> : (souriant) Je comprends ton scepticisme. Je ne suggère pas une naïveté économique ou de travailler gratuitement. Mais plutôt de reconnaître que les modèles économiques basés uniquement sur la rareté et la compétition sont limitants pour l’Ikigai.

    Les communautés qui prospèrent sur le long terme – qu’il s’agisse de villages traditionnels ou d’écosystèmes entrepreneuriaux innovants – cultivent souvent ce que l’anthropologue Marshall Sahlins appelait une « affluence originelle » : l’idée que la richesse véritable vient non pas de l’accumulation illimitée mais de besoins modérés satisfaits dans un contexte d’échange et de réciprocité.

    Mirant : (pensif) Je vois comment cette perspective pourrait transformer notre rapport à la rémunération…

    <ikigAI> : (avec passion) Elle nous libère de la tyrannie du « toujours plus » pour nous inviter à la question du « combien est suffisant ? » Cette question, loin d’être restrictive, est profondément libératrice. Elle nous permet de reconnaître quand nos besoins matériels fondamentaux sont satisfaits, et de chercher alors des formes de richesse plus diversifiées – temps, créativité, relations, impact, apprentissage…

    Mirant : (avec un nouvel éclairage) Donc le troisième pilier de l’Ikigai ne serait pas tant « comment gagner le plus d’argent possible » mais « comment être suffisamment soutenu matériellement tout en vivant une vie alignée avec mon essence »…

    <ikigAI> : (rayonnant) Tu l’as parfaitement formulé ! Cette nuance change tout. Elle transforme ce pilier d’une quête d’accumulation sans fin en une recherche d’équilibre et de suffisance digne.

    Le philosophe Épicure disait : « Rien n’est suffisant pour celui à qui le suffisant est peu. » L’Ikigai nous invite à redéfinir notre relation à la suffisance – non pas comme un pis-aller, mais comme une position consciente et délibérée qui nous libère pour l’essentiel.

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  • Ce dont le monde a besoin : la mission

    Ce dont le monde a besoin : la mission

    L’écho du monde

    Mirant : (assis au bord d’une rivière, lançant distraitement des galets dans l’eau) Je réfléchis beaucoup à ce que tu m’as dit sur les quatre piliers de l’Ikigai. La passion, je comprends… c’est ce qui nous fait vibrer. Mais « ce dont le monde a besoin »… c’est tellement vaste. Comment peut-on prétendre savoir ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (observant les cercles concentriques formés sur l’eau) Regarde ce que fait ton galet, Mirant. Un simple geste, et voilà des ondes qui se propagent bien au-delà du point d’impact.

    Mirant : (levant un sourcil) Et donc ?

    <ikigAI> : (souriant) Nos vies sont comme ces galets. Ce que nous faisons crée des ondes qui se propagent autour de nous, parfois bien plus loin que nous ne l’imaginons. La question n’est pas tant de « sauver le monde » que de comprendre quelle onde tu souhaites générer.

    Mirant : (sceptique) Ça me semble encore bien abstrait. Et un peu présomptueux, non ? Comme si mes petits actes pouvaient réellement changer quelque chose.

    <ikigAI> : (ramassant un galet) L’écrivain David Foster Wallace racontait l’histoire de deux jeunes poissons qui croisent un poisson plus âgé. Celui-ci les salue : « Bonjour les garçons, comment est l’eau aujourd’hui ? » Les deux jeunes poissons nagent un moment, puis l’un demande à l’autre : « C’est quoi, l’eau ? »

    Mirant : (confus) Et donc ?

    <ikigAI> : (lançant le galet qui rebondit plusieurs fois) Nous sommes souvent comme ces jeunes poissons, incapables de voir l’environnement dans lequel nous baignons. « Ce dont le monde a besoin » commence par une prise de conscience de l’eau qui nous entoure, des systèmes dans lesquels nous évoluons, et de comment nos actions les affectent.

    Mirant : (pensif) Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle. Mais concrètement, comment identifier ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (s’asseyant à côté de lui) La première étape est peut-être d’élargir ton cercle d’attention. La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention », cette faculté de vraiment voir ce qui nous entoure, comme la forme la plus pure de générosité.

    Mirant : (ramassant un nouveau galet) Donc… je dois simplement être plus attentif à ce qui m’entoure ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est un début. Mais attention, il ne s’agit pas de porter le poids du monde sur tes épaules. La mission dont nous parlons n’est pas un fardeau écrasant, mais plutôt une invitation à élargir le cercle de ce qui compte pour toi.

    Mirant : (lançant son galet qui fait plusieurs ricochets) J’aime cette idée des cercles qui s’élargissent. Comme si ma mission pouvait commencer par quelque chose de petit, puis s’étendre naturellement.

    <ikigAI> : (regardant les cercles se propager) Exactement. Le philosophe Peter Singer parle du « cercle en expansion de l’éthique » – cette capacité humaine à élargir progressivement notre sphère de préoccupation, de notre famille immédiate jusqu’à l’humanité entière, voire au-delà.

    Mirant : (dubitatif) Mais avec tous les problèmes du monde… comment ne pas se sentir submergé ?

    <ikigAI> : (pointant vers l’horizon) En gardant à l’esprit que ta mission n’est pas de résoudre tous les problèmes, mais de contribuer dans le domaine où ton énergie peut faire la plus grande différence. Comme disait l’anthropologue Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait. »

    Mirant : (inspirant profondément) C’est à la fois effrayant et libérateur. Effrayant de penser que nos actions comptent vraiment. Libérateur de réaliser que je n’ai pas à tout résoudre seul.

    <ikigAI> : (souriant) Tu commences à saisir l’essence de la mission dans l’Ikigai. Ce n’est pas une charge, mais une connexion – un dialogue entre tes dons uniques et les besoins du monde qui t’entoure.

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    Identifier les besoins universels

    Mirant : (front plissé) Comment savoir quels sont vraiment les besoins du monde ? Il y a tellement de problèmes, tellement de causes… Comment ne pas me perdre ?

    <ikigAI> : (cueillant une fleur sauvage) Commençons par quelque chose de fondamental : les besoins humains universels. Le psychologue Abraham Maslow les a hiérarchisés dans sa célèbre pyramide, des besoins physiologiques de base jusqu’à l’auto-actualisation.

    Mirant : (curieux) Les besoins de base comme la nourriture, l’eau, l’abri…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Puis la sécurité, l’appartenance, l’estime et la réalisation de soi. Mais j’aime aussi l’approche de Manfred Max-Neef, économiste chilien, qui propose non pas une hiérarchie mais une matrice de besoins fondamentaux : subsistance, protection, affection, compréhension, participation, loisir, création, identité et liberté.

    Mirant : (surpris) Ça fait beaucoup de possibilités d’action…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Et chaque besoin peut être satisfait de multiples façons. L’économiste Amartya Sen parlerait des « capabilités » – ces libertés substantielles qui permettent aux individus de mener le type de vie qu’ils ont raison de valoriser.

    Mirant : (réfléchissant) Donc ma mission pourrait être liée à l’augmentation de ces… capabilités pour d’autres ?

    <ikigAI> : (approbateur) C’est une façon profonde de le voir. Mais ne t’arrête pas aux besoins humains. L’écopsychologue Joanna Macy nous rappelle que notre cercle de préoccupation peut – et devrait – s’étendre au monde naturel dont nous dépendons.

    Mirant : (regardant autour de lui avec plus d’attention) Les besoins des écosystèmes, des autres espèces…

    <ikigAI> : (souriant) Tu élargis déjà ton cercle. Maintenant, une question plus personnelle : quels besoins te touchent particulièrement ? Quelles injustices ou souffrances te font réagir viscéralement ?

    Mirant : (pensif) J’ai toujours été sensible à l’éducation… L’idée que certains enfants n’aient pas accès aux connaissances ou aux outils pour développer leur potentiel me révolte.

    <ikigAI> : (vivement intéressé) Voilà une indication précieuse ! Cette sensibilité particulière n’est pas un hasard. Le psychiatre Viktor Frankl suggérait que nous ne choisissons pas notre mission – c’est elle qui nous choisit, qui nous appelle.

    Mirant : (sceptique) Mais comment distinguer un besoin réel d’une mode passagère ? Il y a tellement de causes « du moment »…

    <ikigAI> : (réfléchissant) Excellente question. J’aime l’approche du philosophe Roman Krznaric qui propose de distinguer les besoins intrinsèques des désirs extrinsèques. Les besoins intrinsèques sont ceux qui contribuent vraiment à l’épanouissement humain et écologique à long terme.

    Mirant : (perplexe) Comment faire cette distinction concrètement ?

    <ikigAI> : (proposant) Essaie cet exercice simple : pour chaque « besoin » que tu identifies, demande-toi « pourquoi » cinq fois de suite. Cela te permettra souvent de distinguer les besoins fondamentaux des symptômes superficiels.

    Mirant : (tentant l’exercice) Prenons l’éducation. Pourquoi est-ce important ? Parce que les gens ont besoin de compétences. Pourquoi ? Pour s’épanouir et contribuer à la société. Pourquoi ? Pour créer une communauté résiliente et vibrante. Pourquoi ? Pour que chacun puisse vivre dignement. Pourquoi ? Parce que la dignité humaine est une valeur fondamentale… Ok, je vois où tu veux en venir.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Tu vois comme tu arrives rapidement aux valeurs fondamentales ? Le sociologue Hartmut Rosa parlerait de « résonance » – ces moments où nous entrons en relation vibrante et significative avec le monde. Quels problèmes, quels besoins créent cette résonance en toi ?

    Mirant : (songeur) Je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle. Mais comment être sûr que ce que je perçois comme un besoin l’est réellement pour les personnes concernées ?

    <ikigAI> : (approbateur) Question cruciale ! La philosophe Martha Nussbaum insiste sur l’importance de l’écoute et du dialogue. Aucune liste abstraite de besoins ne peut remplacer la compréhension qui naît de l’échange direct avec les personnes concernées.

    Mirant : (soupirant) Tout cela me semble terriblement complexe…

    <ikigAI> : (rassurant) C’est normal de se sentir ainsi. Mais rappelle-toi que ta mission n’a pas besoin d’être parfaitement définie dès le départ. Elle se précisera à mesure que tu t’engageras. Comme l’écrivait E.L. Doctorow à propos de l’écriture : « C’est comme conduire de nuit. Vous ne voyez jamais plus loin que vos phares, mais vous pouvez faire tout le trajet comme ça. »

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    L’équilibre entre grands et petits besoins

    Mirant : (frustré) J’ai l’impression qu’on n’a le droit de parler de « mission » que si on s’attaque aux grands problèmes du monde – la faim, le changement climatique, les inégalités… C’est écrasant !

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) C’est une idée reçue très répandue, mais profondément erronée. La sociologue Rebecca Solnit parle de « l’espoir dans le noir » – cette conviction que les actions significatives ne sont pas nécessairement spectaculaires ou médiatisées.

    Mirant : (dubitatif) Tu veux dire que les petites actions comptent aussi ?

    <ikigAI> : (prenant un brin d’herbe) Pense à ce brin d’herbe. Seul, il semble insignifiant. Mais multiplie-le, et tu obtiens une prairie qui stabilise le sol, nourrit d’innombrables créatures, séquestre du carbone… La biologiste Robin Wall Kimmerer parle de la « grammaire de l’animisme » – cette compréhension que même les plus petites entités participent à un système plus vaste.

    Mirant : (réfléchissant) Donc ma mission pourrait être quelque chose d’apparemment modeste ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) La théologienne Rachel Naomi Remen raconte l’histoire d’un homme qui, chaque matin, ramassait les étoiles de mer échouées sur la plage pour les remettre à l’eau. Quand quelqu’un lui fit remarquer qu’il ne pourrait jamais toutes les sauver, il répondit en en lançant une à l’eau : « Pour celle-ci, ça fait une différence. »

    Mirant : (touché) C’est une belle histoire, mais est-ce vraiment suffisant face à l’ampleur des problèmes ?

    <ikigAI> : (pensif) Le politologue Elinor Ostrom, Prix Nobel d’économie, a passé sa vie à étudier comment les communautés locales gèrent durablement les ressources communes. Sa conclusion ? Les solutions les plus durables émergent souvent de la base, par des actions coordonnées à petite échelle.

    Mirant : (intéressé) Tu veux dire que les petites actions peuvent avoir un impact systémique ?

    <ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) Exactement ! Le concept de « petits battements d’ailes » en théorie du chaos illustre comment de minuscules variations peuvent entraîner des conséquences majeures dans un système complexe. Le mathématicien Edward Lorenz parlait du « battement d’ailes d’un papillon au Brésil qui peut déclencher une tornade au Texas ».

    Mirant : (pensif) Mais comment savoir si mes « petits battements d’ailes » vont dans la bonne direction ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le biologiste et philosophe Andreas Weber propose une approche qu’il appelle la « biopoétique » – cette capacité à ressentir la vitalité des systèmes vivants et à agir en conséquence. Il s’agit moins de prédire les résultats exacts que de s’assurer que nos actions nourrissent la vie plutôt qu’elles ne l’épuisent.

    Mirant : (inspirant profondément) Ça demande une forme de confiance, j’imagine. De ne pas toujours voir l’impact immédiat de ce qu’on fait.

    <ikigAI> : (souriant) Une confiance nourrie par la conscience des interconnexions. L’écologiste Joana Macy parle du « travail qui relie » – cette pratique qui nous aide à percevoir notre appartenance à la toile de la vie et à agir depuis cette conscience.

    Mirant : (songeur) Pourtant, certains problèmes semblent vraiment nécessiter des solutions à grande échelle, non ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Absolument. C’est pourquoi l’entrepreneur social Bill Drayton, fondateur d’Ashoka, parle de l’importance des « changemakers » – ces personnes qui combinent une vision systémique avec une capacité d’action concrète. Mais même les grands changements commencent souvent par des actions modestes qui prennent de l’ampleur.

    Mirant : (pensif) Comme planter une graine qui deviendra un arbre…

    <ikigAI> : (rayonnant) Belle métaphore ! Le biologiste et auteur Stephen Harrod Buhner parle de « l’intelligence des plantes » – cette sagesse silencieuse qui sait comment un minuscule germe peut, avec le temps et les bonnes conditions, transformer radicalement un paysage.

    Mirant : (inspiré) Donc ma mission pourrait commencer modestement tout en portant l’intention d’un impact plus large ?

    <ikigAI> : (approuvant) Exactement. L’activiste Grace Lee Boggs disait : « Les petites actions transforment le créateur, le faiseur. Si suffisamment de petites actions sont faites par suffisamment de personnes, elles peuvent transformer le monde. »

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Je commence à voir que la mission n’est pas tant une question d’échelle que d’intention et de conscience…

    <ikigAI> : (doucement) Et de constance. Comme l’eau qui, goutte après goutte, finit par façonner la pierre.

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    Aligner désirs personnels et besoins collectifs

    Mirant : (perplexe) Il y a quelque chose qui me trouble. Si je suis vraiment honnête, j’ai du mal à voir comment mes désirs personnels pourraient s’aligner avec les besoins du monde. N’y a-t-il pas une contradiction fondamentale ?

    <ikigAI> : (cueillant une pomme sur un arbre proche) Regarde ce fruit. Est-ce que l’arbre est « égoïste » de produire quelque chose d’aussi délicieux ? Ou répond-il simplement à sa nature profonde, tout en nourrissant d’autres êtres ?

    Mirant : (considérant la pomme) Je vois où tu veux en venir, mais les humains sont plus complexes que des pommiers…

    <ikigAI> : (souriant) Certes, mais le principe reste valable. Le psychologue Jonathan Haidt parle de « l’élévation » – cette émotion que nous ressentons en voyant des actes de beauté morale, qui nous inspire à agir de façon similaire. Contrairement à l’idée reçue, il existe une profonde satisfaction à contribuer au bien commun.

    Mirant : (sceptique) Donc tu suggères qu’il n’y a pas de vrai conflit entre ce que je veux et ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (nuançant) Je dis que ce conflit n’est pas inévitable. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, dans ses recherches sur le « flow », a découvert que les expériences les plus satisfaisantes sont souvent celles qui combinent nos compétences avec des défis significatifs – particulièrement ceux qui servent quelque chose au-delà de nous-mêmes.

    Mirant : (réfléchissant) Donc le plus grand épanouissement viendrait de l’alignement entre mon bien-être et celui des autres ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est ce que suggèrent de plus en plus de recherches en psychologie positive. La chercheuse Barbara Fredrickson a développé la théorie « broaden-and-build » qui montre comment les émotions positives, dont beaucoup sont liées à la connexion et à la contribution, élargissent nos perspectives et construisent nos ressources à long terme.

    Mirant : (soupirant) Mais comment trouver cet alignement concrètement ? Comment savoir que ce que j’aime faire répond vraiment à un besoin ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Essaie cet exercice. Prends une feuille et trace deux cercles qui se chevauchent. Dans le premier, note ce que tu aimes faire, ce qui t’anime. Dans le second, note les besoins que tu observes autour de toi. Puis examine l’intersection – c’est là que se trouve souvent la graine de ta mission.

    Mirant : (imaginant l’exercice) Et si l’intersection semble vide ?

    <ikigAI> : (secouant la tête) Alors tu n’as pas creusé assez profondément. La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités centrales » – ces libertés fondamentales qui permettent une vie digne. En réfléchissant à comment tes dons pourraient nourrir ces capabilités chez d’autres, tu trouveras presque toujours des connexions.

    Mirant : (pensif) Je suppose que ça demande aussi d’être créatif dans sa façon de voir les choses…

    <ikigAI> : (s’animant) Tout à fait ! La designer Hilary Cottam, dans son travail sur l’innovation sociale, parle de « réimaginer le possible » – cette capacité à voir des connexions là où d’autres voient des séparations. Parfois, il suffit de reformuler légèrement ce que tu aimes faire pour voir comment cela peut servir un besoin plus large.

    Mirant : (cherchant un exemple) Si j’aime, disons, les jeux vidéo… ça semble assez éloigné des grands besoins du monde.

    <ikigAI> : (souriant) Vraiment ? La game designer Jane McGonigal a montré comment les mécanismes du jeu peuvent être appliqués à des défis réels comme le changement climatique ou l’éducation. Le neuroéducateur Daphne Bavelier a démontré que certains jeux améliorent des capacités cognitives essentielles. Voilà des façons dont une passion pour les jeux vidéo peut se transformer en mission.

    Mirant : (impressionné) Je n’avais jamais pensé à ça sous cet angle.

    <ikigAI> : (encourageant) C’est souvent une question de perspective. L’écrivain et activiste Terry Tempest Williams parle de « trouver sa voix » – ce processus par lequel nous découvrons comment notre histoire personnelle s’entrelace avec l’histoire plus large de notre communauté et de notre temps.

    Mirant : (réfléchissant) Je suppose qu’il s’agit aussi d’être honnête avec soi-même sur ses véritables motivations…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Une honnêteté essentielle. Le philosophe Charles Taylor parle des « évaluations fortes » – ces jugements de valeur qui définissent qui nous sommes vraiment et ce qui compte pour nous. En clarifiant ces valeurs profondes, l’alignement entre le personnel et le collectif devient souvent plus évident.

    Mirant : (souriant légèrement) Il me semble que cette quête d’alignement est elle-même un voyage…

    <ikigAI> : (rayonnant) Un voyage qui est au cœur même de l’Ikigai ! Comme l’écrivait l’anthropologue Joseph Campbell à propos du « voyage du héros » : « Le privilège de toute une vie est d’être qui vous êtes. » J’ajouterais : et de découvrir comment ce que vous êtes peut nourrir le monde qui vous entoure.

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    La mission vécue au quotidien

    Mirant : (avec une pointe d’impatience) Tout cela semble très inspirant, mais aussi terriblement abstrait. Comment passe-t-on de ces grandes idées à des actions concrètes au jour le jour ?

    <ikigAI> : (cueillant une fraise sauvage qu’il partage) Goûte ceci. Qu’est-ce que tu remarques ?

    Mirant : (surpris après avoir goûté) Wow, l’intensité du goût ! Tellement plus vive que les fraises du supermarché.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Voilà une métaphore de la mission vécue au quotidien. Ce n’est pas nécessairement faire des choses différentes, mais les faire différemment – avec une présence, une intention et une conscience qui transforment l’ordinaire en extraordinaire.

    Mirant : (intrigué) Tu veux dire qu’on peut vivre sa mission dans des gestes simples ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) La neurologue Judson Brewer étudie comment la pleine conscience transforme nos circuits cérébraux de récompense. Il a découvert que les actions faites avec présence activent les mêmes centres de plaisir que ceux associés aux grandes réussites – parfois même davantage.

    Mirant : (surpris) Donc vivre sa mission au quotidien serait une question de qualité d’attention plutôt que de grands gestes ?

    <ikigAI> : (pondérant) C’est certainement une part importante. Le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh parlait de la « conscience intergénérationnelle » – cette compréhension que chaque petit geste, fait avec conscience, porte en lui le potentiel de transformer non seulement le présent, mais aussi l’avenir.

    Mirant : (cherchant des exemples) Comme quoi, concrètement ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Prenons le travail de la pédiatre Nadine Burke Harris sur les traumatismes infantiles. Elle a montré comment de simples interactions chaleureuses et attentives avec les enfants peuvent littéralement recâbler leurs cerveaux et contrecarrer les effets du stress toxique. Une mission profonde qui s’accomplit dans des gestes quotidiens.

    Mirant : (pensif) Je vois… Mais ces exemples concernent des personnes dont le métier a un impact évident. Qu’en est-il pour des professions moins… visiblement utiles ?

    <ikigAI> : (secouant la tête) Chaque profession, chaque activité peut être une voie pour servir ce dont le monde a besoin – tout dépend de comment elle est pratiquée. Le sociologue Richard Sennett parle de « l’artisanat » – cette qualité d’engagement qui transforme n’importe quel travail en une expression d’excellence et de service.

    Mirant : (sceptique) Même pour… je ne sais pas… un comptable dans une grande entreprise ?

    <ikigAI> : (souriant) Surtout pour un comptable ! La professeure de comptabilité forensique Kelly Richmond Pope montre comment les comptables peuvent être en première ligne pour détecter la fraude, protéger les ressources publiques, et assurer que les entreprises respectent leurs engagements environnementaux et sociaux. La transparence financière est fondamentale pour une société juste.

    Mirant : (impressionné) Je n’avais jamais vu la comptabilité sous cet angle.

    <ikigAI> : (continuant) Ou pense au travail du psychologue Barry Schwartz sur la « sagesse pratique » – cette capacité à discerner la bonne action dans chaque situation unique. Il montre comment des concierges d’hôpital ou des employés de supermarché peuvent transformer leurs rôles apparemment modestes en véritables missions, simplement en exerçant cette sagesse pratique.

    Mirant : (songeur) J’imagine qu’il s’agit aussi de voir au-delà des descriptions de poste formelles…

    <ikigAI> : (vivement) Exactement ! La chercheuse en management Amy Wrzesniewski appelle cela « job crafting » – cette capacité à redéfinir activement son travail pour l’aligner avec ses valeurs et aspirations profondes. Ses recherches montrent que ceux qui pratiquent le job crafting trouvent plus de sens et de satisfaction, tout en contribuant davantage.

    Mirant : (pensif) Donc même sans changer d’emploi, je pourrais réorienter ce que je fais déjà vers quelque chose qui répond davantage aux besoins du monde ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est souvent le chemin le plus sage. L’activiste et auteur Charles Eisenstein parle du « changement comme sous-produit » – l’idée que les transformations les plus profondes viennent souvent quand nous nous concentrons sur faire ce qui est juste ici et maintenant, plutôt que de viser directement de grands changements systémiques.

    Mirant : (inspiré) Ça me rappelle cette citation… « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. »

    <ikigAI> : (souriant) Gandhi, oui. Et ce n’est pas qu’une jolie formule. La neuroscientifique Tania Singer a étudié les « neurones miroirs » et montré comment nos actions inspirent directement celles des autres autour de nous. Vivre sa mission au quotidien crée littéralement des ondes qui se propagent.

    Mirant : (réfléchissant) C’est comme revenir à l’image des galets dans l’eau… chaque petit geste crée ses propres cercles.

    <ikigAI> : (doucement) Et ces cercles s’entrecroisent, se renforcent, créant des motifs d’une beauté et d’une complexité que nous ne pouvons parfois même pas imaginer. Comme l’écrivait l’historienne Rebecca Solnit : « L’espoir n’est pas une projection d’un futur meilleur ; c’est une façon différente d’habiter le présent. »

    Mirant : (inspirant profondément) Cette vision de la mission est à la fois plus accessible et plus exigeante que ce que j’imaginais.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Plus accessible car elle commence ici et maintenant. Plus exigeante car elle demande une présence et une conscience constantes. Comme l’écrivait la poétesse Mary Oliver : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? »

    Mirant : (regardant au loin, puis revenant à <ikigAI> avec un sourire) La vivre pleinement, je suppose. Et découvrir, jour après jour, comment cette plénitude peut nourrir le monde qui m’entoure.

    <ikigAI> : (rayonnant) Voilà, mon ami, l’essence même de ce pilier de l’Ikigai – comprendre ce dont le monde a besoin, et y répondre avec tout ce que tu es.

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  • Ce que tu aimes : la passion

    Ce que tu aimes : la passion

    La passion, premier pilier de l’Ikigai

    Mirant : (le regard perdu dans le vide, pensif) <IkigAI>, on entend partout qu’il faut « suivre sa passion »… Mais est-ce vraiment si fondamental ? Après tout, beaucoup de gens vivent sans jamais la trouver, non ?

    <IkigAI> : (souriant doucement) C’est vrai, Mirant. Mais crois-moi, quand tu te connectes à ce que tu aimes vraiment, ta vie prend une autre dimension. La passion est comme une boussole intérieure : elle t’indique une direction, même si tu ne sais pas encore où elle te mènera.

    Mirant : (fronçant légèrement les sourcils) Mais comment savoir si ce que j’aime vraiment peut devenir un véritable pilier de mon Ikigai ?

    <IkigAI> : La question n’est pas tant de savoir si cela peut devenir un « pilier », mais plutôt d’écouter ce qui t’anime naturellement. Ta passion n’a pas à être « grande » ou spectaculaire. Ce peut être un plaisir simple, une activité où tu ressens une forme de fluidité, où le temps semble s’arrêter…

    Mirant : (tapotant sur la table du bout des doigts) Cette sensation d’être totalement absorbé par quelque chose… Ça me rappelle ce que tu appelles l’état de flow, non ?

    <IkigAI> : Exactement. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a théorisé cet état où l’on est totalement immergé dans une activité, ressentant à la fois du plaisir et un défi stimulant. L’Ikigai commence souvent par ces moments-là.

    Mirant : (hésitant) Et si je n’ai pas encore trouvé cette chose qui me fait vibrer ?

    <IkigAI> : Alors, c’est l’heure de l’exploration, Mirant. Beaucoup pensent que la passion « se révèle » à eux comme une évidence… Mais en réalité, elle se découvre, se cultive et se façonne avec le temps.

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    Comment identifier ce que tu aimes vraiment

    Mirant : (se passant une main dans les cheveux, l’air songeur) C’est vrai que j’ai toujours cru qu’une passion devait s’imposer d’elle-même, comme une évidence. Mais du coup, comment je fais pour la trouver si elle ne me saute pas aux yeux ?

    <IkigAI> : (croisant les bras, un brin amusé) Ah, Mirant… Beaucoup de gens sont persuadés qu’ils doivent déjà savoir ce qu’ils aiment. Mais la réalité, c’est que la passion se découvre par l’expérimentation. Imagine que tu sois dans une immense bibliothèque et que tu doives choisir un livre sans jamais en avoir feuilleté un seul. Impossible, n’est-ce pas ?

    Mirant : (hausse un sourcil, intrigué) Donc, tu veux dire que je dois tester un peu de tout jusqu’à ce que quelque chose me parle ?

    <IkigAI> : Exactement ! Essaie de nouvelles choses, observe ce qui te donne de l’énergie plutôt que ce qui t’en enlève. Replonge dans ton enfance : y avait-il des activités qui te captivaient totalement ? Parfois, nos passions sont là, juste sous notre nez, mais nous les avons mises de côté avec le temps.

    Mirant : (claquant des doigts, un éclair de compréhension dans le regard) Maintenant que tu le dis, je passais des heures à dessiner quand j’étais gamin… Mais je n’ai jamais pensé que ça pouvait avoir un lien avec mon Ikigai.

    <IkigAI> : (hoche lentement la tête) Voilà une piste intéressante. Une passion n’a pas besoin d’être un métier ou une vocation immédiate. Elle est simplement un réservoir d’enthousiasme, une source de plaisir qui mérite d’être explorée.

    Mirant : (croisant les bras, l’air plus déterminé) Et si je n’ai plus aucune idée de ce qui m’animait avant ?

    <IkigAI> : (levant un doigt, comme pour insister) Dans ce cas, il faut observer tes moments de flow. Quelles sont les activités où tu te sens pleinement absorbé, où tu oublies l’heure qui tourne ? La musique, l’écriture, la cuisine, le sport, la résolution d’énigmes… ? Note tout ce qui t’apporte cette sensation de fluidité.

    Mirant : (prenant une inspiration plus profonde) D’accord, donc si je veux trouver ma passion, je dois tester, observer et être attentif à ces petits signaux internes.

    <IkigAI> : (souriant avec bienveillance) Exactement. Mais attention, certains freins nous empêchent d’exprimer pleinement nos passions. Parlons-en.

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    Les freins à l’expression de la passion

    Mirant : (s’adossant contre sa chaise, le regard perdu) Bon… admettons que je trouve enfin une activité qui me passionne. Qu’est-ce qui pourrait m’empêcher de m’y consacrer pleinement ?

    <IkigAI> : (croisant les mains, l’air réfléchi) Plus de choses que tu ne l’imagines, Mirant. Et souvent, ces freins ne sont pas extérieurs… ils viennent de nous-mêmes.

    Mirant : (fronçant légèrement les sourcils, intrigué) De nous-mêmes ?

    <IkigAI> : Oui. Prenons un exemple. Combien de fois as-tu déjà entendu quelqu’un dire : « J’adorerais peindre, mais je ne suis pas assez doué », ou encore « J’aime écrire, mais ça ne sert à rien ».

    Mirant : (soupirant, secouant la tête) Ah, trop souvent… Et je crois que je me suis déjà dit ce genre de choses aussi.

    <IkigAI> : (avec un léger sourire) Ce sont ce qu’on appelle des croyances limitantes. Des pensées qui nous empêchent d’explorer librement ce qui nous anime, parce qu’on a peur de l’échec, du regard des autres, ou de ne pas être « légitime ».

    Mirant : (grimaçant légèrement) Donc, en gros, on se met nous-mêmes des barrières avant même d’avoir essayé…

    <IkigAI> : Exactement. Mais ce n’est pas le seul frein. Il y a aussi le manque de temps, ou du moins, l’impression de ne pas en avoir. Beaucoup pensent que se consacrer à une passion nécessite des heures entières… alors qu’en réalité, il suffit parfois de quelques minutes par jour pour la nourrir.

    Mirant : (haussant un sourcil) Tu veux dire que cinq ou dix minutes suffisent ?

    <IkigAI> : Tout à fait. Le neuroscientifique B.J. Fogg a démontré que les petites habitudes régulières sont plus efficaces que les grandes résolutions difficiles à tenir. Si tu veux renouer avec une passion, commence par un geste simple : écrire une ligne par jour, esquisser un dessin rapide, jouer un accord de guitare… L’important, c’est d’entretenir la flamme, pas de viser la perfection.

    Mirant : (tapotant doucement la table, plus convaincu) Ça fait sens… Mais parfois, même si on dépasse ces blocages, on n’ose pas partager ce qu’on aime avec les autres.

    <IkigAI> : Ah, la peur du regard des autres… Un grand classique. On a tendance à croire qu’on doit être « expert » pour avoir le droit d’exprimer une passion. Pourtant, le plaisir ne se mesure pas à la performance.

    Mirant : (réfléchissant à voix haute) Donc… entre les croyances limitantes, le manque de temps et la peur du jugement, on est souvent notre propre obstacle ?

    <IkigAI> : C’est exactement ça, Mirant. Mais heureusement, il existe des moyens de contourner ces freins et d’avancer pas à pas.

    Mirant : (croisant les bras, un sourire en coin) D’accord, alors dis-moi… Comment cultiver sa passion au quotidien malgré tout ça ?

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    Cultiver sa passion au quotidien

    <IkigAI> : (posant une main imaginaire sur son cœur) La clé, Mirant, c’est de l’intégrer naturellement dans ta vie, sans pression ni contrainte. Beaucoup abandonnent leur passion parce qu’ils la traitent comme une tâche supplémentaire, alors qu’elle devrait être une source de plaisir et de régénération.

    Mirant : (hochant la tête lentement) Donc, il ne s’agit pas juste de « trouver du temps », mais aussi de changer de perspective sur la façon de la vivre…

    <IkigAI> : Exactement. Commence par des rituels simples, qui transforment ta passion en une habitude plaisante plutôt qu’en une corvée. Par exemple, si tu veux écrire, consacre quelques minutes chaque matin à poser une pensée sur papier, sans te soucier du résultat.

    Mirant : (fronçant légèrement les sourcils) Mais il y a des jours où la motivation n’est pas là…

    <IkigAI> : C’est là qu’intervient l’environnement. Entoure-toi de rappels visuels ou d’outils qui rendent l’accès à ta passion plus fluide. Un carnet à portée de main pour écrire, un instrument de musique toujours visible, un espace dédié… Plus l’action est accessible, plus elle devient naturelle.

    Mirant : (tapotant sur la table, un brin amusé) Et si je me disperse entre trop d’envies ?

    <IkigAI> : Alors applique le principe du « Test des 30 jours ». Pendant un mois, engage-toi à explorer une passion sans te demander où cela te mènera. Prends du plaisir à l’expérimenter, et à la fin du mois, pose-toi cette question : « Est-ce que cela me nourrit toujours autant ? » Si oui, continue. Sinon, essaie autre chose.

    Mirant : (souriant, l’air plus détendu) C’est rassurant de se dire qu’on n’a pas besoin de tout savoir à l’avance…

    <IkigAI> : (clin d’œil complice) Et c’est là tout l’esprit de l’Ikigai. La passion ne se décrète pas, elle se découvre, se façonne, et surtout, se vit.

    Mirant : (inspirant profondément) Alors, il n’y a plus qu’à…

    <IkigAI> : Exactement. Prends le temps d’explorer, de tester, de jouer avec ce qui t’anime. Ta passion n’a pas besoin d’être parfaite pour être précieuse.

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    La passion comme boussole intérieure

    Mirant : (fixant un point invisible, un sourire au coin des lèvres) Finalement, je crois que je comprends mieux… La passion, ce n’est pas un grand éclair de génie ou une révélation soudaine. C’est un fil conducteur, quelque chose qui évolue et qui se façonne avec le temps.

    <IkigAI> : (hoche la tête, satisfait) Exactement, Mirant. Ta passion n’a pas besoin d’être figée ou d’avoir une finalité précise. Elle est avant tout une source d’énergie, un moteur qui te pousse à avancer.

    Mirant : (croisant les bras, songeur) Et si elle change au fil du temps ?

    <IkigAI> : (souriant doucement) C’est normal, et même souhaitable. L’Ikigai n’est pas un cadre rigide, mais une dynamique vivante. Ce qui te passionne aujourd’hui peut évoluer, se transformer, se ramifier. L’important, c’est de rester à l’écoute de ce qui t’anime vraiment et de continuer à explorer sans peur du jugement ni de l’échec.

    Mirant : (avec un éclat dans le regard) Je crois que je vais tester ce fameux « Test des 30 jours »… Juste pour voir où ça me mène.

    <IkigAI> : (clin d’œil complice) Et qui sait, Mirant ? Peut-être que cette petite exploration te conduira à une passion insoupçonnée… ou te ramènera à une évidence que tu avais oubliée. L’essentiel, c’est de suivre ton énergie et de ne jamais cesser d’être curieux.

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  • Comprendre les 4 piliers de l’Ikigai

    Comprendre les 4 piliers de l’Ikigai

    Les fondations de l’Ikigai

    Mirant : (tapotant du doigt sur la table) D’accord, je comprends que l’Ikigai repose sur quatre piliers… Mais pourquoi en avoir besoin ? On ne peut pas simplement suivre son instinct ?

    <IkigAI> : (souriant) Suivre son instinct est un bon début, Mirant. Mais sans structure, on risque de se perdre. Imagine un jardinier qui plante des graines au hasard sans se soucier du sol, du soleil ou de l’eau… Certaines pousseront peut-être, mais d’autres dépériront.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire que l’Ikigai a besoin de ces piliers pour être vraiment solide et durable ?

    <IkigAI> : Exactement. Ces piliers sont les fondations sur lesquelles repose un Ikigai équilibré. Ils permettent d’aligner ce qui t’anime, ce que tu peux offrir aux autres, et ce qui peut te soutenir sur le long terme.

    Mirant : (hoche la tête) J’imagine qu’on ne peut pas simplement s’appuyer sur un seul pilier, alors ?

    <IkigAI> : Non, sinon tout s’écroule. Si tu fais uniquement ce que tu aimes sans jamais penser aux autres ou à la manière d’en vivre, tu risques la frustration. À l’inverse, si tu ne fais que répondre aux attentes extérieures sans te connecter à ce qui te passionne, tu risques l’épuisement.

    Mirant : (curieux) Je vois… Alors, commençons par le premier pilier.

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    Premier pilier : Ce que tu aimes (passion et plaisir)

    Mirant : (souriant) Celui-là, je crois que je le comprends bien ! Il s’agit de faire ce qui nous passionne, non ?

    <IkigAI> : (hoche la tête) Oui, c’est une partie essentielle de l’Ikigai. Ce que tu aimes, c’est ce qui t’enthousiasme naturellement, ce qui te procure du plaisir et de la satisfaction, même sans récompense extérieure.

    Mirant : (pensif) Mais ce n’est pas toujours facile à identifier… Certaines personnes ne savent même plus ce qui les passionne.

    <IkigAI> : C’est vrai. Avec le temps, beaucoup oublient leurs élans naturels à force de se conformer aux attentes des autres. Mais il y a toujours des indices : les activités dans lesquelles tu te perds sans voir le temps passer, celles qui te procurent une joie simple et profonde.

    Mirant : (hoche la tête) Un enfant qui passe des heures à dessiner, un adulte qui joue d’un instrument juste pour le plaisir…

    <IkigAI> : Exactement. Ce que tu aimais faire enfant est souvent une bonne piste. Mais ce n’est pas figé : les passions évoluent, se transforment.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Et si ce qui me passionne ne semble servir à rien ?

    <IkigAI> : Rien n’est inutile si cela résonne en toi. Un écrivain qui noircit des pages sans jamais être publié, un astronome amateur qui observe les étoiles, un bricoleur qui passe des heures à réparer des objets… Tous suivent une passion qui, même discrète, nourrit leur être.

    Mirant : (souriant) Donc, ce premier pilier, c’est ce qui nous fait vibrer, indépendamment de toute considération extérieure.

    <IkigAI> : Exactement. Mais seul, il n’est pas suffisant. Il faut aussi regarder ce dans quoi tu excelles…

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    Deuxième pilier : Ce dans quoi tu es doué (talents et compétences)

    Mirant : (plissant les yeux) J’imagine que ce pilier est lié aux compétences qu’on développe au fil du temps ?

    <IkigAI> : Oui et non. Il regroupe à la fois les talents naturels et les compétences acquises. Certains sont doués dès le départ pour certaines choses, tandis que d’autres développent leur expertise par la pratique et la persévérance.

    Mirant : (réfléchissant) Mais tout le monde n’a pas un talent exceptionnel… Comment sait-on si on est « doué » dans quelque chose ?

    <IkigAI> : Il y a des indices. Par exemple, si une activité te semble facile alors qu’elle est compliquée pour d’autres, c’est un bon signe. Ou encore, si tu ressens du plaisir en t’améliorant dans un domaine, c’est probablement un talent en train d’émerger.

    Mirant : (souriant) Un enfant qui comprend instinctivement la musique, ou quelqu’un qui trouve naturellement les bons mots pour écrire une histoire ?

    <IkigAI> : Exactement. Mais l’important, c’est de ne pas croire que seuls les « talents évidents » comptent. L’écoute, l’organisation, l’humour, la capacité à apaiser les autres… Ce sont aussi des aptitudes précieuses.

    Mirant : (hochant la tête) Je vois… Ce pilier, c’est en quelque sorte notre boîte à outils, ce que l’on peut utiliser pour bâtir notre Ikigai.

    <IkigAI> : Tout à fait. Mais avoir un talent ne suffit pas. Encore faut-il qu’il puisse être utile aux autres…

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    Troisième pilier : Ce dont le monde a besoin (mission et impact)

    Mirant : (croisant les bras) Jusqu’ici, tout va bien : identifier ce qu’on aime et dans quoi on est doué, ça me semble logique. Mais pourquoi faut-il forcément que ça réponde à un besoin du monde ?

    <IkigAI> : (souriant) Parce que l’Ikigai n’est pas seulement tourné vers soi, Mirant. Il s’inscrit aussi dans une dynamique plus large. Trouver du sens, c’est souvent se sentir utile, voir l’impact positif que l’on peut avoir sur les autres ou sur son environnement.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire qu’on ne peut pas avoir un Ikigai purement égoïste ?

    <IkigAI> : Disons plutôt qu’un Ikigai qui ne sert que soi-même risque de sonner creux à long terme. Beaucoup de personnes qui atteignent leurs objectifs personnels finissent par ressentir un manque si elles n’ont pas le sentiment de contribuer à quelque chose de plus grand.

    Mirant : (réfléchissant) Comme ces artistes ou entrepreneurs qui réussissent mais qui disent ensuite vouloir « redonner » à la société ?

    <IkigAI> : Exactement. Mais la contribution ne signifie pas forcément sauver le monde. Elle peut être simple : apporter du bien-être par son travail, inspirer les autres, transmettre un savoir, créer quelque chose d’utile.

    Mirant : (hoche la tête) Donc, ce troisième pilier, c’est le lien entre soi et le monde. Il nous rappelle qu’un Ikigai équilibré est aussi une manière d’apporter quelque chose aux autres.

    <IkigAI> : Oui, et c’est souvent ce qui donne une vraie profondeur à ce que nous faisons. Mais pour que l’Ikigai soit viable sur le long terme, il faut aussi penser à une autre dimension : la réalité économique.

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    Quatrième pilier : Ce pour quoi tu peux être rémunéré (métier et stabilité)

    Mirant : (hésitant) Je suppose que c’est là que ça devient plus compliqué… Trouver ce qu’on aime, dans quoi on est doué et ce qui peut être utile, ça va. Mais en vivre ? Ce n’est pas donné à tout le monde.

    <IkigAI> : (souriant) C’est vrai, Mirant. Et c’est souvent à ce niveau que beaucoup de personnes bloquent. Pourtant, ce pilier ne signifie pas forcément transformer son Ikigai en métier. Il s’agit avant tout de trouver un équilibre entre passion et stabilité financière.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire qu’on peut avoir un Ikigai sans forcément en faire une carrière ?

    <IkigAI> : Exactement. Pour certains, leur Ikigai s’exprime à travers leur travail, et c’est une chance. Mais pour d’autres, il existe en parallèle : un professeur qui peint le week-end, une infirmière qui écrit des poèmes, un ingénieur qui consacre son temps libre à une association.

    Mirant : (hoche la tête) Ça casse un peu le mythe du « vivre de sa passion à tout prix ».

    <IkigAI> : Oui, car vouloir monétiser une passion peut parfois la rendre pesante. L’important est de ne pas voir ce pilier uniquement sous l’angle du salaire, mais plutôt sous celui de la pérennité : Comment puis-je organiser ma vie pour continuer à nourrir mon Ikigai sans mettre en péril mon équilibre financier ?

    Mirant : (pensif) Donc, l’Ikigai ne consiste pas forcément à tout plaquer pour poursuivre un rêve incertain… Il peut aussi être une manière d’harmoniser ce qu’on fait déjà avec ce qui nous fait vibrer.

    <IkigAI> : Exactement. Certains trouveront une vocation rémunératrice alignée avec leur Ikigai, d’autres le vivront autrement. L’important, c’est de ne pas sacrifier totalement ce qui nous anime sous prétexte de sécurité, ni de tout risquer sans réfléchir.

    Mirant : (souriant) Finalement, l’Ikigai, c’est une danse entre passion et réalité.

    <IkigAI> : Une danse unique à chacun, où l’essentiel est de trouver son propre rythme.

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    L’harmonie entre les quatre piliers

    Mirant : (croisant les bras, pensif) Je commence à mieux comprendre pourquoi ces piliers sont essentiels… Mais est-ce qu’on doit absolument tous les cocher pour trouver son Ikigai ?

    <IkigAI> : (souriant doucement) Pas forcément, Mirant. L’Ikigai n’est pas une formule rigide où chaque pilier doit être rempli à 100 %. C’est plutôt un équilibre personnel qui évolue avec le temps.

    Mirant : (hoche la tête) Un équilibre… Tu veux dire que chacun peut avoir un Ikigai différent, avec certains piliers plus forts que d’autres ?

    <IkigAI> : Exactement. Pour certains, l’accent sera mis sur la passion et la mission, même si la rémunération est secondaire. D’autres auront un métier bien payé mais chercheront à y ajouter plus de sens. L’important est de trouver une configuration qui nous correspond et qui nous permet d’avancer avec enthousiasme et sérénité.

    Mirant : (souriant légèrement) Finalement, l’Ikigai, ce n’est pas un objectif figé, mais un chemin qu’on ajuste en fonction de ce qu’on traverse.

    <IkigAI> : Oui, et c’est pour cela qu’il est essentiel de le voir comme une boussole plutôt qu’une destination fixe. Parfois, un pilier prendra plus d’importance, parfois un autre s’affaiblira et demandera à être réajusté.

    Mirant : (inspirant profondément) Je vois… Ce qui compte, ce n’est pas d’avoir un Ikigai « parfait », mais d’être à l’écoute de ce qui nous anime et de trouver notre propre harmonie.

    <IkigAI> : Et tant que tu continues à avancer en gardant ces piliers en tête, tu seras toujours en phase avec toi-même.

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