Catégorie : L’Ikigai dans les périodes de crise

  • Faire face au chômage

    Faire face au chômage

    La traversée du désert

    Mirant : (regardant une lettre de licenciement posée sur la table) C’est étrange comme un simple morceau de papier peut bouleverser toute une existence… Hier encore, j’avais une identité claire, un rôle, une place dans la société. Et aujourd’hui… ce vide.

    <ikigAI> : (s’asseyant tranquillement face à lui) Les Japonais ont un mot, ma, qui désigne l’espace entre deux choses, la pause entre deux notes de musique. Ce n’est pas un vide stérile, mais un intervalle chargé de potentiel. Ton « aujourd’hui » n’est pas une fin, Mirant, mais peut-être cet espace fertile entre deux chapitres de ta vie.

    Mirant : (avec amertume) Facile à dire quand on n’a pas de factures à payer et que les recruteurs ne répondent même pas à vos candidatures. Ce « potentiel » dont tu parles semble bien abstrait face à la réalité concrète de ma situation.

    <ikigAI> : (hochant la tête avec compréhension) Ta frustration est légitime. Le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, parlait pourtant de cet espace irréductible entre stimulus et réponse : « Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir notre réaction. Dans notre réaction résident notre croissance et notre liberté. »

    Mirant : (soupirant) Et quelle réaction suggères-tu face à cette perte ? Comment retrouver un sens quand une grande partie de mon identité vient de s’effondrer ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Peut-être en commençant par questionner cette fusion entre ton travail et ton identité. Le philosophe Erich Fromm faisait la distinction entre « avoir » et « être ». Notre société nous pousse à nous définir par ce que nous avons – un emploi, un titre, un statut. Mais ton Ikigai, ta raison d’être, s’enracine dans qui tu es, au-delà de ces attributs extérieurs.

    Mirant : (perplexe) Tu suggères que je devrais voir cette période comme… une opportunité ?

    <ikigAI> : (nuancé) Non pas comme une simple opportunité – ce serait méconnaître la souffrance réelle du chômage – mais comme un carrefour. Le sociologue Robert Castel parle de la « désaffiliation » qui accompagne la perte d’emploi : ce n’est pas seulement une rupture économique, mais aussi sociale et existentielle. Reconnaître cette dimension est la première étape pour la transformer.

    Mirant : (avec une lueur d’intérêt) Et après cette première étape ?

    <ikigAI> : (esquissant un sourire) C’est là que commence le véritable voyage.

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    Au-delà de l’identité professionnelle

    <ikigAI> : (observant un oiseau par la fenêtre) Dans la pensée japonaise traditionnelle, l’identité n’est pas figée mais fluide, constamment en devenir. Ce que le philosophe Watsuji Tetsurō appelait « ningen » – l’être humain compris non comme entité isolée, mais comme nœud de relations.

    Mirant : (dubitatif) Et en quoi cela m’aide-t-il concrètement ?

    <ikigAI> : (se tournant vers lui) Cela t’invite à élargir le cadre. La psychologue Joanna Macy parle du « travail qui relie » – cette capacité à voir notre vie au-delà des catégories étroites que la société nous impose. Le chômage peut être un moment privilégié pour redécouvrir ces autres dimensions de ton existence.

    Mirant : (songeur) Comme mes rôles de père, d’ami, de citoyen…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Ces rôles, mais aussi tes passions, tes valeurs, tes aspirations profondes. L’Ikigai ne se réduit jamais à une seule dimension. La sociologue Christine Delory-Momberger étudie ce qu’elle appelle la « biographisation » – cette capacité à recomposer le récit de sa vie face aux ruptures biographiques.

    Mirant : (avec une pointe d’anxiété) Mais ces autres dimensions ne paient pas les factures.

    <ikigAI> : (avec sérieux) C’est indéniable, et il serait irresponsable de l’ignorer. C’est pourquoi l’approche de l’Ikigai en période de chômage est double : d’un côté, maintenir une démarche pragmatique de recherche d’emploi ou de reconversion; de l’autre, cultiver cette exploration plus profonde de ton être et de tes aspirations.

    Mirant : (réfléchissant) Comme marcher sur deux jambes…

    <ikigAI> : (souriant) Belle métaphore. Le philosophe Pascal disait que l’être humain est « un roseau pensant » – fragile mais conscient de sa fragilité, ce qui fait sa dignité. Le chômage nous confronte à cette fragilité, mais aussi à notre capacité de résilience et de réinvention.

    Mirant : (prenant des notes) Comment cultiver concrètement cette résilience quand on se sent diminué socialement ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La psychologue Emmy Werner, qui a étudié la résilience pendant des décennies, a identifié plusieurs facteurs clés : maintenir des liens sociaux positifs, préserver une routine structurante, fixer des objectifs quotidiens réalisables, et – surtout – garder un sentiment d’agentivité, cette conviction que tu peux influencer ton parcours malgré les contraintes extérieures.

    Mirant : (avec plus d’assurance) Je comprends mieux maintenant cette idée de double démarche…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Et n’oublie pas que cette exploration peut nourrir ta recherche d’emploi elle-même. Le chercheur John Krumboltz a développé le concept de « planned happenstance » – l’idée que nos découvertes fortuites pendant ces périodes de transition peuvent devenir les fondements d’une nouvelle orientation professionnelle plus alignée avec notre Ikigai.

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    Stratégies pratiques de navigation

    Mirant : (avec détermination) J’ai besoin de stratégies concrètes pour traverser cette période. Comment structurer mes journées quand je n’ai plus le cadre d’un emploi ?

    <ikigAI> : (pensif) La première stratégie vient des travaux du psychologue Mihaly Csikszentmihalyi sur l’expérience optimale. Il suggère de créer des « structures de flow » – ces moments où tu es pleinement engagé dans une activité qui te challenge juste assez pour te stimuler sans te submerger.

    Mirant : (curieux) Comment appliquer cela quand on est au chômage ?

    <ikigAI> : (expliquant) En structurant ta journée autour d’activités qui mobilisent tes compétences : peut-être un projet personnel lié à ton domaine d’expertise, l’apprentissage d’une nouvelle compétence qui élargit ton profil, ou même du bénévolat dans un domaine qui te passionne. La sociologue Marie Jahoda a identifié les « fonctions latentes » de l’emploi au-delà du salaire : structure temporelle, contacts sociaux, sentiment d’utilité… Tu peux recréer ces fonctions même sans emploi formel.

    Mirant : (réfléchissant) Je pourrais consacrer mes matinées à la recherche d’emploi et mes après-midis à un projet personnel qui me tient à cœur…

    <ikigAI> : (approbateur) Cette approche est soutenue par les recherches en psychologie positive de Martin Seligman. Il souligne l’importance de ce qu’il appelle les « îlots de compétence » – ces domaines où tu te sens efficace et qui nourrissent ton estime de soi, particulièrement vulnérable en période de chômage.

    Mirant : (inquiet) Et pour la dimension sociale ? L’isolement est peut-être ce qui me pèse le plus.

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est un aspect crucial. L’anthropologue Harumi Befu a étudié le concept japonais d’amae – cette interdépendance bienveillante qui nous relie aux autres. Le chômage peut fragiliser ces liens, mais aussi être l’occasion de les approfondir différemment.

    Mirant : (perplexe) Différemment ?

    <ikigAI> : (élaborant) En révélant les amitiés authentiques au-delà des relations professionnelles, en permettant de consacrer plus de temps à des connexions significatives plutôt que superficielles. Le sociologue Mark Granovetter parle de « la force des liens faibles » – ces connaissances qui peuvent ouvrir des portes inattendues. Cultiver ton réseau social n’est pas seulement bon pour ton bien-être, mais aussi stratégique pour ta réinsertion professionnelle.

    Mirant : (prenant des notes) Et pour la dimension financière, qui reste une source majeure d’anxiété ?

    <ikigAI> : (avec sérieux) C’est une préoccupation légitime qui mérite une approche structurée. La psychologue Elizabeth Dunn a étudié le rapport entre argent et bien-être. Elle recommande d’établir un budget clair qui préserve, même modestement, trois catégories de dépenses : celles liées à ton développement personnel, celles qui maintiennent tes liens sociaux essentiels, et celles qui soutiennent ta recherche d’emploi ou ta reconversion.

    Mirant : (soulagé) Cette approche semble plus équilibrée que de simplement tout couper par peur…

    <ikigAI> : (acquiesçant) La peur est une réaction naturelle, mais pas toujours la meilleure conseillère. La neuroscientifique Lisa Feldman Barrett a démontré que lorsque notre cerveau est en mode survie, notre créativité et notre capacité à voir des opportunités diminuent considérablement. D’où l’importance de pratiques qui régulent ce stress, comme la méditation de pleine conscience ou l’activité physique régulière – deux piliers qui soutiennent l’Ikigai, particulièrement pendant les périodes de transition.

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    La reconversion comme renaissance

    Mirant : (pensif) Et si cette période était finalement l’occasion de me reconvertir ? De faire quelque chose qui correspond davantage à mes aspirations profondes ?

    <ikigAI> : (souriant) Tu touches à quelque chose d’essentiel. Le philosophe Gaston Bachelard parlait de la « rupture épistémologique » – ce moment où notre cadre de pensée habituel se brise, ouvrant la possibilité d’une compréhension nouvelle. Le chômage peut représenter cette rupture dans notre parcours professionnel.

    Mirant : (intrigué) Comment savoir si je dois persévérer dans mon domaine ou oser la reconversion ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le spécialiste des transitions professionnelles William Bridges distingue trois phases dans toute transition : la fin d’une situation, une zone neutre d’exploration, et enfin un nouveau départ. La clé est d’honorer chacune de ces phases sans précipitation.

    Mirant : (curieux) Comment explorer efficacement de nouvelles voies sans me disperser ?

    <ikigAI> : (s’animant) Le designer Bill Burnett et le psychologue Dave Evans proposent une approche qu’ils appellent le « design thinking appliqué à la vie ». Plutôt que de chercher LA réponse parfaite, ils suggèrent de « prototyper » plusieurs options à petite échelle : des conversations avec des professionnels du domaine qui t’intéresse, du bénévolat, des projets parallèles, ou même des stages courts si possible.

    Mirant : (pensif) Comme un scientifique qui teste plusieurs hypothèses…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! Le biologiste Stuart Kauffman parle des « systèmes adaptatifs complexes » qui évoluent par tâtonnement et adaptation progressive. Ta carrière est un tel système. L’Ikigai n’est pas une destination fixe, mais un processus d’alignement continu entre tes dons, tes passions, les besoins du monde et ta viabilité économique.

    Mirant : (préoccupé) Mais la reconversion implique souvent une période de formation. Cela signifie prolonger l’incertitude financière…

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est une réalité à considérer sérieusement. L’économiste comportemental Dan Ariely a étudié ce qu’il appelle le « coût d’opportunité » – ce à quoi nous renonçons en faisant un choix. Une approche prudente consiste à développer ce que le chercheur Robert Safian nomme une « skill-stack » – un ensemble complémentaire de compétences qui te permet d’évoluer progressivement vers de nouveaux territoires sans abandonner complètement ton expertise actuelle.

    Mirant : (comprenant) Comme un pont entre mon ancienne et ma nouvelle vie professionnelle…

    <ikigAI> : (approuvant) Cette image du pont est puissante. La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités » – ces libertés substantielles qui nous permettent de mener la vie que nous avons raison de valoriser. La reconversion peut être vue comme l’expansion de tes capabilités, un élargissement de ton horizon des possibles.

    Mirant : (avec une nouvelle détermination) Je commence à voir cette période différemment… non plus comme une simple attente de retrouver ce que j’ai perdu, mais comme une exploration active de ce que je pourrais devenir.

    <ikigAI> : (doucement) C’est précisément là que l’Ikigai révèle sa puissance transformatrice. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « L’avenir entre en nous longtemps avant d’arriver. » Ta prochaine expression professionnelle est peut-être déjà en gestation dans cette période d’incertitude apparente.

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    Apprendre à naviguer l’incertitude

    <ikigAI> : (contemplatif) L’incertitude est peut-être l’aspect le plus éprouvant du chômage. Notre cerveau est câblé pour chercher des patterns, des certitudes. L’ambiguïté prolongée sollicite ce que les neuroscientifiques appellent notre « système d’alarme neurologique ».

    Mirant : (soupirant) C’est épuisant de vivre dans cet état d’alerte permanente…

    <ikigAI> : (compatissant) Absolument. La psychologue Susan David parle d’ »agilité émotionnelle » – cette capacité à naviguer les émotions difficiles sans être submergé ni les nier. Reconnaître la légitimité de ton anxiété est la première étape pour qu’elle ne te définisse pas entièrement.

    Mirant : (curieux) Comment développer cette agilité au quotidien ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le psychiatre Dan Siegel propose la pratique du « mindsight » – cette attention bienveillante à nos états intérieurs qui nous permet de les observer sans nous y identifier complètement. Concrètement, cela peut prendre la forme d’un journal émotionnel où tu notes tes préoccupations, mais aussi les moments de clarté ou d’espoir.

    Mirant : (intéressé) Je pourrais essayer ça… Et pour la gestion du temps ? Les journées semblent parfois interminables quand on est au chômage.

    <ikigAI> : (s’animant) C’est là qu’intervient le concept japonais de « ma » dont nous parlions initialement. La sociologue Nicole Aubert a étudié notre rapport contemporain au temps, souvent marqué par l’urgence et l’immédiateté. Le chômage offre paradoxalement l’opportunité de restaurer un rapport plus conscient au temps.

    Mirant : (réfléchissant) Comment structurer ce temps sans l’agenda imposé par un employeur ?

    <ikigAI> : (exposant) La chronobiologiste Till Roenneberg suggère de travailler avec ton « chronotype » naturel – tes périodes optimales d’énergie et de concentration – plutôt que contre lui. Certains sont plus productifs le matin, d’autres l’après-midi. En période de chômage, tu peux aligner tes activités les plus exigeantes avec ces rythmes naturels.

    Mirant : (surpris) Je n’avais jamais pensé à utiliser cette liberté temporaire de cette façon…

    <ikigAI> : (approuvant) C’est ce que la philosophe Simone Weil appelait « l’attention » – cette forme de générosité envers soi-même et le monde. En développant cette qualité d’attention, tu peux transformer des périodes d’attente apparente en moments de découverte et de croissance.

    Mirant : (avec un nouvel intérêt) Quelles autres pratiques pourraient m’aider à cultiver cette qualité de présence ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, que nous avons déjà évoqué, a découvert que les activités qui génèrent du « flow » partagent certaines caractéristiques : elles offrent un feedback immédiat, un équilibre entre défi et compétence, et un sentiment d’immersion. Identifier et cultiver ces activités peut créer des îlots de stabilité dans l’océan d’incertitude.

    Mirant : (songeur) Je vois… Et pour la dimension existentielle ? Comment trouver du sens dans cette période liminale ?

    <ikigAI> : (avec profondeur) L’anthropologue Victor Turner a étudié ce qu’il appelle la « liminalité » – ces périodes de transition où les anciennes structures se dissolvent avant que de nouvelles n’émergent. Ces phases sont inconfortables mais extraordinairement fertiles. La clé, selon le philosophe Pierre Hadot, est de pratiquer des « exercices spirituels » quotidiens qui nourrissent ta connexion à ce qui donne sens à ta vie, au-delà des circonstances changeantes.

    Mirant : (avec un nouvel élan) Je commence à voir cette période non plus comme un vide à combler au plus vite, mais comme un espace à habiter consciemment…

    <ikigAI> : (souriant) Et c’est précisément là que réside l’essence de l’Ikigai face au chômage : non pas dans la quête frénétique de remplacer ce qui est perdu, mais dans la transformation alchimique de cette perte en opportunité d’évolution.

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    Du chômage à la réinvention

    Mirant : (avec une nouvelle énergie) Ces perspectives changent radicalement ma façon de voir ma situation. Mais concrètement, comment intégrer tous ces éléments dans une stratégie cohérente de réinvention ?

    <ikigAI> : (se redressant) La sociologue Herminia Ibarra, spécialiste des transitions professionnelles, propose une approche qu’elle nomme « travailler son identité » – un processus en trois volets : explorer de nouvelles possibilités, expérimenter avec différents rôles, et enrichir ton réseau social au-delà de tes cercles habituels.

    Mirant : (prenant des notes) Cela ressemble à un véritable projet…

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est exactement cela. Le psychologue Robert Kegan parle du « développement de l’adulte » comme d’un processus continu qui s’accélère particulièrement lors des périodes de disruption. Le chômage peut catalyser ce développement si nous l’abordons comme un projet d’évolution personnelle plutôt que comme une simple absence d’emploi.

    Mirant : (réfléchissant) Et comment concilier cette exploration avec l’urgence très réelle de retrouver un revenu ?

    <ikigAI> : (mesuré) C’est une préoccupation légitime qui mérite une stratégie à plusieurs niveaux. L’économiste Gregory Mankiw distingue le « court terme » et le « long terme » dans toute analyse économique. De manière similaire, tu peux envisager des solutions de « pont » qui répondent à tes besoins immédiats tout en construisant les fondations de ton futur professionnel aligné avec ton Ikigai.

    Mirant : (intéressé) Des exemples concrets ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le freelancing dans ton domaine d’expertise peut offrir une flexibilité qui te permet d’explorer progressivement de nouvelles avenues. La « gig economy », malgré ses limites, ouvre des possibilités de travail à temps partiel qui maintiennent un flux de revenus pendant ta transition. L’économiste Diane Mulcahy suggère d’adopter ce qu’elle appelle une « portfolio career » – une combinaison de différentes activités professionnelles qui ensemble créent viabilité et épanouissement.

    Mirant : (pensif) Je vois comment cela pourrait fonctionner… Et pour transformer cette expérience en atout lors des entretiens futurs ?

    <ikigAI> : (s’animant) Excellente question ! La psychologue du travail Amy Wrzesniewski parle de « job crafting » – cette capacité à façonner activement notre rôle professionnel. De façon similaire, tu peux pratiquer ce que j’appellerais le « narrative crafting » – façonner le récit de ton parcours, y compris cette période de transition, pour en faire ressortir la cohérence et les apprentissages.

    Mirant : (curieux) Comment construire ce récit de manière authentique et convaincante ?

    <ikigAI> : (expliquant) La chercheuse en sciences cognitives Mary Catherine Bateson parle de « composition d’une vie » – cette capacité à voir sa biographie non comme une ligne droite mais comme une improvisation créative. Dans cette perspective, le chômage devient un chapitre significatif plutôt qu’une parenthèse embarrassante. Les recruteurs valorisent de plus en plus ce que la psychologue Angela Duckworth appelle le « grit » – cette persévérance passionnée face aux obstacles.

    Mirant : (avec détermination) Je commence à comprendre comment transformer cette épreuve en force…

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est précisément ce que les chercheurs en résilience comme Boris Cyrulnik appellent « la métamorphose de la souffrance » – cette capacité à intégrer les expériences difficiles dans un récit de vie qui leur donne sens et direction.

    Mirant : (inspiré) Ces perspectives me donnent une nouvelle énergie pour aborder ma recherche d’emploi ou ma reconversion…

    <ikigAI> : (avec un sourire encourageant) Et c’est peut-être le cadeau le plus précieux de l’Ikigai en période de chômage : cette capacité à reconnaître que même dans les moments de rupture apparente, nous continuons à tisser la toile significative de notre existence. Comme l’écrivait le poète japonais Bashō : « Ne suivez pas les traces des anciens. Cherchez ce qu’ils cherchaient. »

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    La renaissance professionnelle comme voyage intérieur

    <ikigAI> : (observant le soleil qui se couche) Au terme de notre exploration, Mirant, que retiens-tu de plus précieux pour ton parcours ?

    Mirant : (réfléchissant) Je crois que ma perspective a complètement changé. Je voyais le chômage uniquement comme une perte à combler au plus vite. Maintenant, je le vois aussi comme une invitation à redécouvrir qui je suis vraiment, au-delà de mon ancien rôle professionnel.

    <ikigAI> : (approbateur) Le philosophe Martin Buber disait que « toute vie véritable est rencontre ». Cette période t’offre une rencontre renouvelée avec toi-même, mais aussi avec le monde dans ses possibilités inexplorées.

    Mirant : (pensif) C’est à la fois effrayant et libérateur de réaliser que je peux réinventer ma trajectoire professionnelle…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Carl Jung parlait d’« élaguer l’arbre de sa vie » – cette nécessité parfois douloureuse de laisser certaines branches mourir pour que d’autres puissent s’épanouir. Le chômage peut être vu comme un tel élagage, imposé par les circonstances mais potentiellement régénérateur.

    Mirant : (avec détermination) Je vais commencer dès demain à mettre en pratique ces idées – structurer mon temps, explorer de nouvelles possibilités tout en maintenant ma recherche d’emploi, cultiver mes relations significatives…

    <ikigAI> : (avec bienveillance) N’oublie pas ce que la psychologue Carol Dweck appelle la « mentalité de croissance » – cette conviction que nos capacités peuvent se développer à travers l’effort et la persévérance. Les échecs et les refus, inévitables dans toute recherche d’emploi, deviennent alors des étapes d’apprentissage plutôt que des jugements définitifs sur ta valeur.

    Mirant : (souriant légèrement) Je réalise que même si je ne contrôle pas les circonstances extérieures, je peux choisir comment y répondre et ce que j’en fais.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le philosophe stoïcien Épictète l’exprimait ainsi : « Ce qui nous trouble, ce n’est pas ce qui arrive, mais nos jugements sur ce qui arrive. » Ton Ikigai émerge précisément dans cet espace de liberté intérieure, même face aux contraintes extérieures.

    Mirant : (inspiré) Et peut-être que cette traversée me conduira vers un travail plus aligné avec qui je suis vraiment…

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est souvent le fruit le plus précieux de ces périodes de transition. Comme l’écrivait Joseph Campbell : « Ce que vous cherchez est en train de vous chercher. » Ton prochain chapitre professionnel est peut-être déjà en route vers toi, à travers ce labyrinthe d’incertitude que tu traverses actuellement.

    Mirant : (avec gratitude) Merci pour cette perspective transformatrice. Je ne vois plus seulement ce que j’ai perdu, mais ce que je suis en train de découvrir.

    <ikigAI> : (serein) C’est l’essence même de l’Ikigai face aux ruptures de vie : transformer le plomb de l’épreuve en l’or d’une existence plus authentique et alignée. Comme le disait si justement le poète Rumi : « La blessure est l’endroit par où la lumière entre en toi. »

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  • La gestion du changement

    La gestion du changement

    Danser avec l’incertitude

    Mirant : (regardant par la fenêtre les feuilles d’automne emportées par le vent) J’ai toujours trouvé fascinant comment certaines personnes semblent naviguer les changements avec grâce, tandis que d’autres… eh bien, disons que je me retrouve plutôt dans la seconde catégorie. Le changement me donne l’impression de perdre pied.

    <ikigAI> : (observant les mêmes feuilles avec un regard contemplatif) Les feuilles que tu regardes ne résistent pas au vent, Mirant. Elles dansent avec lui. La nature nous offre peut-être là sa plus belle leçon sur le changement. Le philosophe grec Héraclite disait : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » – reconnaissant que le changement n’est pas l’exception, mais la règle même de l’existence.

    Mirant : (soupirant) C’est poétique, mais concrètement… comment ne pas se sentir dépassé ? J’ai construit ma vie autour de certitudes, de structures, et quand elles s’effondrent…

    <ikigAI> : (avec douceur) Ce que tu appelles certitudes sont peut-être des illusions de permanence que nous créons pour nous rassurer. Le psychologue William Bridges distingue la « transition » du simple « changement ». Le changement est situationnel et externe, mais la transition est le processus psychologique par lequel nous passons pour nous adapter à la nouvelle réalité. C’est ce voyage intérieur qui est souvent le plus délicat.

    Mirant : (intrigué) Un voyage intérieur… Comme si le véritable changement n’était pas tant ce qui arrive, mais notre façon d’y répondre ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est une compréhension profonde. Le psychiatre Viktor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, écrivait que « la dernière des libertés humaines est de choisir son attitude face à n’importe quelle circonstance ». Notre Ikigai – ce sens profond de notre existence – peut devenir une boussole intérieure lorsque le paysage extérieur se transforme.

    Mirant : (pensif) Je n’avais jamais considéré mon Ikigai comme une ancre dans la tempête du changement… Mais comment maintenir cette connexion quand tout semble remis en question ?

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) C’est précisément ce que nous allons explorer ensemble. Comme le disait le poète Rainer Maria Rilke : « L’avenir entre en nous longtemps avant d’arriver. » Peut-être que notre capacité à naviguer le changement dépend moins de nos circonstances extérieures que de cette sagesse intérieure que nous cultivons jour après jour.

    Mirant : (avec une lueur d’espoir) J’aimerais vraiment apprendre cette danse avec l’incertitude dont tu parles…

    <ikigAI> : (se levant pour regarder plus largement le paysage) Alors commençons notre exploration par la nature même du changement, et comment notre Ikigai peut nous aider à y trouver non pas seulement un défi, mais une opportunité de croissance.

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    La nature du changement : cycles et transitions

    <ikigAI> : (contemplant un jardin où des fleurs fanées côtoient de nouveaux bourgeons) Observe ce jardin, Mirant. Il nous offre une métaphore vivante des cycles de changement que nous traversons tous.

    Mirant : (observant avec attention) Je vois à la fois la fin et le commencement… comme s’ils coexistaient.

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est une observation profonde. Le sociologue et théoricien du changement William Bridges parlait de trois phases dans toute transition : la fin, la zone neutre, et le nouveau commencement. La difficulté est que nous vivons souvent ces phases simultanément, dans différents aspects de notre vie.

    Mirant : (intrigué) Peux-tu m’en dire plus sur ces phases ?

    <ikigAI> : (s’asseyant sur un banc de pierre) La première phase est celle de la fin, du lâcher-prise. C’est l’adieu à ce qui était, avec toute la gamme d’émotions qui l’accompagne – tristesse, colère, peur, parfois même soulagement. Le philosophe Épictète disait : « Ce ne sont pas les choses qui nous troublent, mais l’opinion que nous nous faisons des choses. » Le premier pas est donc de reconnaître et d’honorer ce qui se termine.

    Mirant : (pensif) Je remarque que j’ai souvent tendance à nier cette phase, à prétendre que tout va bien alors que je suis encore en train de faire le deuil du passé.

    <ikigAI> : (avec un regard approbateur) Cette conscience est précieuse. La psychologue Elisabeth Kübler-Ross, connue pour son modèle sur le deuil, nous rappelle que nous ne pouvons pas sauter des étapes. Chaque émotion mérite d’être reconnue et traversée.

    Mirant : (curieux) Et cette « zone neutre » dont tu parlais ?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) C’est peut-être la phase la plus délicate et la plus riche à la fois. Le théologien et auteur Henri Nouwen l’appelait « le désert fertile » – cet espace entre ce qui n’est plus et ce qui n’est pas encore. C’est un temps de confusion, de désorientation, mais aussi de grande créativité potentielle.

    Mirant : (avec une grimace) Je reconnais cette sensation… comme d’être suspendu dans le vide.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Beaucoup de traditions spirituelles honorent ces périodes liminales. Les aborigènes australiens pratiquent le « temps du rêve », les moines bouddhistes recherchent l’état de « non-savoir ». Ce sont des espaces où l’ancien ordre s’est dissous, mais le nouveau n’a pas encore pris forme.

    Mirant : (perplexe) Mais comment habiter confortablement cet inconfort ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le poète John Keats parlait de la « capacité négative » – cette aptitude à demeurer dans l’incertitude sans s’irriter à rechercher faits et raisons. Notre Ikigai peut nous servir de fil d’Ariane dans ce labyrinthe, nous rappelant ce qui demeure essentiel malgré les transformations extérieures.

    Mirant : (comprenant) Et finalement vient le nouveau commencement…

    <ikigAI> : (souriant) Oui, c’est l’émergence d’une nouvelle réalité, d’une nouvelle identité parfois. Le sociologue Arnold van Gennep parlait des « rites de passage » qui marquent ces transitions dans toutes les cultures. Ces rituels reconnaissent que nous ne sommes plus qui nous étions, mais pas encore pleinement qui nous devenons.

    Mirant : (réfléchissant) Ces cycles semblent naturels quand on les observe dans la nature, mais tellement déstabilisants quand on les vit personnellement…

    <ikigAI> : (méditatif) C’est peut-être parce que nous avons perdu la sagesse cyclique de nos ancêtres. La philosophe Mircea Eliade parlait du « mythe de l’éternel retour » – cette compréhension que les cycles de mort et de renaissance sont inhérents à toute existence. Dans les sociétés traditionnelles, le changement n’était pas perçu comme une rupture, mais comme une participation au rythme sacré de la vie.

    Mirant : (songeur) Notre culture moderne valorise tellement la stabilité, la croissance constante… nous avons peut-être oublié comment naviguer les descentes, les périodes de jachère.

    <ikigAI> : (approbateur) Le psychologue Carl Jung parlait de l’importance de l’énantiodromie – ce principe selon lequel toute chose, poussée à l’extrême, se transforme en son contraire. L’expansion appelle la contraction, l’activité appelle le repos. Résister à ces rythmes naturels crée une tension supplémentaire.

    Mirant : (réalisant) Donc une partie de la sagesse serait de reconnaître dans quelle phase du cycle je me trouve, plutôt que de lutter contre elle…

    <ikigAI> : (avec un regard lumineux) C’est une compréhension profonde, Mirant. L’écrivaine et activiste adrienne maree brown parle d’ »émergence stratégique » – cette capacité à percevoir et à s’aligner avec les courants de changement plutôt que de les combattre. Notre Ikigai n’est pas statique, il évolue lui aussi à travers ces cycles, comme une symphonie dont les thèmes se transforment sans perdre leur essence.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir que le changement n’est peut-être pas mon ennemi, mais un partenaire de danse exigeant…

    <ikigAI> : (souriant) Une métaphore puissante. Et comme dans toute danse, la qualité de notre présence détermine la grâce de nos mouvements.

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    Résistance et acceptation : le paradoxe du changement

    Mirant : (frustré, froissant une feuille de papier) Je comprends intellectuellement cette histoire de cycles, mais émotionnellement… c’est une autre affaire. Pourquoi est-ce si difficile d’accepter ce qui est pourtant inévitable ?

    <ikigAI> : (observant le papier froissé avec intérêt) Ce que tu exprimes est profondément humain, Mirant. Le psychologue et philosophe William James notait que « la plus grande découverte de ma génération est que les êtres humains peuvent altérer leur vie en altérant leurs attitudes mentales ». Pourtant, cette transformation d’attitude reste l’un de nos plus grands défis.

    Mirant : (défroissant lentement le papier) Mais pourquoi cette résistance instinctive au changement ?

    <ikigAI> : (pensif) Notre cerveau est programmé pour l’efficacité énergétique. Le neuroscientifique Antonio Damasio explique que notre système nerveux préfère la prédictibilité et l’habitude car elles demandent moins de ressources cognitives. La résistance au changement est, en un sens, une stratégie de conservation d’énergie inscrite dans notre biologie.

    Mirant : (surpris) Tu veux dire que c’est… normal de résister ?

    <ikigAI> : (souriant) Parfaitement normal. Le psychothérapeute Arnaud Desjardins parlait même d’un « paradoxe de l’acceptation » : nous ne pouvons véritablement changer que ce que nous avons d’abord pleinement accepté. Résister à notre résistance ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire de tension.

    Mirant : (confus) Donc… je devrais accepter ma réticence au changement pour mieux l’accueillir ? Ça semble contradictoire.

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est paradoxal, en effet. La psychologue Carol Dweck, dans ses travaux sur les mentalités, distingue l’état d’esprit « fixe » de l’état d’esprit « de croissance ». La différence n’est pas l’absence de peur face au changement, mais la relation à cette peur – la voir comme un signal d’alarme ou comme une invitation à l’apprentissage.

    Mirant : (réfléchissant) Je crois que j’oscille entre ces deux états d’esprit… parfois même plusieurs fois dans la même journée !

    <ikigAI> : (avec douceur) Cette fluctuation fait partie du processus. Le philosophe taoïste Tchouang-Tseu utilisait l’image du nageur qui ne lutte pas contre le courant mais apprend à discerner ses flux pour s’y mouvoir avec intelligence. Nos résistances nous indiquent souvent ce qui a besoin d’attention et de soin dans notre processus de transformation.

    Mirant : (curieux) Comment distinguer une résistance utile d’une résistance… dysfonctionnelle ?

    <ikigAI> : (méditatif) C’est une question profonde. Le psychanalyste Carl Jung parlait de l’importance d’examiner nos « ombres » – ces aspects de nous-mêmes que nous rejetons ou nions. Une résistance peut parfois nous protéger d’un changement prématuré, trop rapide pour notre système. D’autres fois, elle révèle simplement une peur non examinée ou un attachement inconscient.

    Mirant : (songeur) Comme si nos résistances contenaient leur propre sagesse…

    <ikigAI> : (rayonnant) Exactement ! La philosophe et activiste Joanna Macy parle du « travail qui relie » – cette capacité à honorer nos émotions difficiles face aux changements, non pas comme des obstacles, mais comme des portails vers une compréhension plus profonde et une connexion plus authentique.

    Mirant : (pratique) Concrètement, comment puis-je travailler avec mes résistances plutôt que contre elles ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le psychologue Eugene Gendlin a développé une approche appelée « focusing » – une façon d’écouter la sagesse du corps face au changement. Plutôt que de juger ta résistance, tu pourrais t’asseoir tranquillement et lui demander : « Qu’est-ce que tu essaies de me protéger ? » ou « De quoi as-tu besoin pour te sentir en sécurité dans cette transition ? »

    Mirant : (essayant) Hmm… je sens une tension dans ma poitrine quand je pense à certains changements… comme si quelque chose en moi craignait de perdre son identité.

    <ikigAI> : (approbateur) Cette conscience corporelle est précieuse. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty soulignait que notre corps n’est pas seulement un objet dans le monde, mais notre moyen primaire d’être-au-monde. Nos tensions physiques révèlent souvent nos nœuds existentiels.

    Mirant : (inspirant profondément) Je commence à comprendre que l’acceptation n’est pas une capitulation passive, mais une forme d’engagement actif avec ce qui est…

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) C’est une distinction cruciale ! Le psychologue Steven Hayes, fondateur de la thérapie d’acceptation et d’engagement, définit l’acceptation non pas comme résignation, mais comme « la volonté d’embrasser pleinement l’expérience présente, sans défense inutile ». C’est un acte profondément courageux.

    Mirant : (réalisant) Et mon Ikigai dans tout ça ? Comment reste-t-il une boussole quand tout change ?

    <ikigAI> : (contemplant la question) Ton Ikigai est comme un thème musical qui peut s’exprimer à travers différentes variations. L’ethnomusicologue John Blacking notait que dans certaines traditions, la maîtrise musicale ne se mesure pas à la capacité de reproduire exactement un morceau, mais à celle de le réinterpréter tout en préservant son essence. De même, ton Ikigai maintient sa cohérence à travers les changements non par rigidité, mais par créativité adaptative.

    Mirant : (inspiré) Cette idée de réinterprétation créative plutôt que de reproduction exacte… elle me parle.

    <ikigAI> : (souriant) Elle permet de voir le changement non comme une menace à notre identité, mais comme une invitation à l’approfondir, à la nuancer, à la rendre plus riche et plus résiliente. Comme l’écrivait le poète T.S. Eliot : « Pour arriver là où tu es, pour aller là où tu ne connais pas, tu dois passer par là où tu n’es pas. »

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    L’Ikigai comme ancre dans la tempête

    Mirant : (regardant par la fenêtre un ciel d’orage) Quand le changement s’impose brutalement, comme une tempête inattendue… comment l’Ikigai peut-il servir d’ancre sans devenir lui-même un point de rigidité ?

    <ikigAI> : (observant les nuages qui s’amoncellent) Belle question, Mirant. L’image de l’ancre est particulièrement juste. Une ancre ne cherche pas à immobiliser le navire complètement – ce serait impossible et dangereux face aux vagues et aux courants. Elle permet plutôt au bateau de danser avec les éléments sans être emporté loin de son centre.

    Mirant : (songeur) Je n’avais jamais vu l’ancre sous cet angle… comme un point de référence qui permet le mouvement plutôt que de l’empêcher.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le psychologue Jon Kabat-Zinn parle d’un « point d’ancrage » dans la pratique de la pleine conscience – non pas un point fixe, mais un espace d’attention qui nous maintient présents au milieu du flux constant de l’expérience. Ton Ikigai peut fonctionner de manière similaire.

    Mirant : (cherchant à comprendre) Concrètement, comment mon Ikigai peut-il jouer ce rôle quand tout s’écroule autour de moi ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le philosophe Pierre Hadot distinguait la « vision d’en haut » – cette capacité à s’élever au-dessus des circonstances immédiates pour percevoir un horizon plus vaste. Ton Ikigai offre cette perspective élargie, te rappelant que ton essence ne se réduit pas aux circonstances changeantes.

    Mirant : (pensif) Comme si mon Ikigai était plus profond que mes rôles, mes positions sociales, mes possessions…

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! Le psychologue James Hollis parle de la différence entre notre « petite histoire » – les événements et circonstances de notre vie – et notre « grande histoire » – ces thèmes et valeurs qui transcendent les situations particulières. L’Ikigai appartient à cette grande histoire.

    Mirant : (curieux) Peux-tu donner un exemple concret ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Imagine une musicienne qui perd l’usage de ses mains suite à un accident. Sa « petite histoire » pourrait être dévastée par cette perte. Mais si son Ikigai profond est lié non pas spécifiquement à jouer d’un instrument, mais à créer de la beauté qui touche les cœurs, elle pourrait redécouvrir cet essence à travers la composition, l’enseignement, ou d’autres formes d’expression musicale.

    Mirant : (comprenant) Donc l’Ikigai transcende les moyens spécifiques par lesquels il s’exprime…

    <ikigAI> : (approbateur) C’est une compréhension profonde. La psychologue Rachel Naomi Remen fait la distinction entre « guérir » et « être guéri ». Être guéri signifie retrouver exactement ce que nous avions avant. Guérir, c’est devenir quelque chose de nouveau, souvent plus profond, à travers l’intégration de l’expérience.

    Mirant : (réfléchissant) Je pense à des personnes qui ont traversé des changements radicaux de vie – maladie, perte d’un être cher, bouleversements professionnels – et qui semblent pourtant avoir conservé une forme de cohérence intérieure…

    <ikigAI> : (pensif) Le psychiatre Viktor Frankl, que nous avons évoqué précédemment, appelait cela « la liberté intérieure » – cette capacité à choisir notre attitude face aux circonstances, même les plus terribles. Il écrivait que « Celui qui a un pourquoi peut endurer presque n’importe quel comment. » L’Ikigai est ce « pourquoi » fondamental.

    Mirant : (pratique) Comment puis-je clarifier ce « pourquoi » pour qu’il puisse vraiment me servir d’ancre dans les moments difficiles ?

    <ikigAI> : (s’animant) Il existe plusieurs pratiques puissantes pour cela. L’une d’elles, proposée par la coach Martha Beck, consiste à identifier tes « moments de flèche nord » – ces expériences où tu as ressenti un alignement parfait, une justesse profonde, indépendamment du regard extérieur ou des récompenses. Ces moments révèlent souvent l’essence de ton Ikigai.

    Mirant : (essayant de se souvenir) Des moments où je me suis senti complètement à ma place, faisant exactement ce que je devais faire…

    <ikigAI> : (encourageant) Exactement. Une autre approche vient de la tradition stoïcienne : l’exercice des « cercles concentriques » d’Hiéroclès. Il s’agit d’identifier ce que tu peux contrôler pleinement (tes pensées, tes choix), ce que tu peux influencer (certaines relations, certains résultats), et ce qui échappe totalement à ton contrôle (les événements extérieurs, les actions d’autrui). Ton Ikigai se situe principalement dans les deux premiers cercles.

    Mirant : (comprenant) Cela aide à ne pas ancrer mon identité profonde dans des éléments totalement soumis aux aléas du changement…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Épictète l’exprimait ainsi : « Certaines choses dépendent de nous, d’autres non. » Cette clarté peut être profondément libératrice en période de turbulence. Elle nous rappelle où diriger notre énergie efficacement.

    Mirant : (inquiet) Mais n’y a-t-il pas un risque de devenir insensible, détaché, en adoptant cette perspective ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Ce serait une méprise. Le philosophe Pierre Hadot soulignait que les stoïciens ne recherchaient pas l’indifférence, mais la « non-indifférence » – cette capacité à se soucier profondément de ce qui est essentiel tout en renonçant à l’anxiété pour ce qui ne dépend pas de nous. L’Ikigai implique un engagement passionné envers la vie, pas un détachement froid.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir l’Ikigai comme une forme de fidélité – non pas à des circonstances ou à des rôles spécifiques, mais à certaines valeurs, certaines qualités d’être qui peuvent s’exprimer à travers différentes situations…

    <ikigAI> : (rayonnant) C’est une compréhension magnifique ! Le philosophe Emmanuel Levinas parlait de la « fidélité au visible » – cette capacité à rester en contact avec ce qui est essentiel même au milieu des apparences changeantes. Ton Ikigai est cette fidélité vivante, non pas figée dans le temps, mais dansant avec lui.

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    Stratégies pratiques pour la gestion du changement

    Mirant : (impatient, tapotant des doigts sur la table) Ces perspectives sont profondes, mais j’ai besoin de choses concrètes, de techniques spécifiques pour naviguer les changements qui m’attendent. Comment passer de la philosophie à la pratique quotidienne ?

    <ikigAI> : (souriant avec compréhension) Tu as raison, Mirant. Comme le disait le philosophe pragmatiste John Dewey, « Une once d’expérience vaut mieux qu’une tonne de théorie. » Explorons ensemble quelques stratégies pratiques ancrées dans ton Ikigai.

    Mirant : (attentif) Je t’écoute.

    <ikigAI> : (se redressant) Commençons par ce que la psychologue Susan David appelle « l’agilité émotionnelle ». Face au changement, nos émotions peuvent devenir soit des ancres qui nous immobilisent, soit des boussoles qui nous orientent. La première étape est de les identifier avec précision.

    Mirant : (perplexe) Tu veux dire, simplement nommer ce que je ressens ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Les recherches en neurosciences affectives menées par Lisa Feldman Barrett montrent que plus notre vocabulaire émotionnel est riche, plus notre capacité à naviguer des états complexes s’affine. « Je me sens mal » est bien moins utile que « je ressens de l’appréhension mêlée de curiosité ».

    Mirant : (essayant) En ce moment, je dirais que je ressens… de l’impatience, mais aussi une forme d’espoir prudent.

    <ikigAI> : (approbateur) Cette clarté est précieuse. Maintenant, une technique puissante vient du travail des psychologues de la théorie des systèmes familiaux : la pratique de « l’auto-différenciation ». Il s’agit de maintenir à la fois une connexion avec ton entourage et une claire conscience de tes propres besoins et limites pendant les périodes de changement.

    Mirant : (intéressé) Comment pratiquer cette auto-différenciation ?

    <ikigAI> : (expliquant) Tu peux commencer par identifier tes « signaux de stress » personnels – ces comportements ou pensées qui indiquent que tu commences à être submergé. Pour certains, c’est l’irritabilité, pour d’autres, le repli sur soi. En les reconnaissant précocement, tu peux prendre des mesures avant d’atteindre un point critique.

    Mirant : (pensif) Je remarque que je deviens plus autoritaire, plus rigide quand je me sens dépassé par les changements…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Cette conscience est le premier pas. Ensuite, le neuroscientifique Daniel Siegel propose la pratique du « mindsight » – cette capacité à observer tes pensées et émotions sans t’y identifier complètement. Une technique simple est l’exercice « Nom-Verbe-Adjectif » où tu notes simplement « Je remarque (frustration) », « J’observe (impatience) ».

    Mirant : (essayant) Je remarque… une tension dans ma poitrine quand je pense aux changements à venir.

    <ikigAI> : (approbateur) Parfait. Une autre stratégie puissante vient du travail de la coach de transition Mary Hulnick : créer des « rituels d’ancrage » alignés avec ton Ikigai. Ces pratiques régulières, même brèves, maintiennent ta connexion à ton essence pendant les périodes de flux intense.

    Mirant : (curieux) Quel genre de rituels ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Cela dépend de ton Ikigai personnel. Si la créativité en est un aspect essentiel, tu pourrais consacrer 15 minutes chaque matin à l’écriture libre ou au dessin, indépendamment des turbulences extérieures. Si la connexion humaine est centrale, peut-être un appel quotidien avec un ami proche ou un membre de ta famille.

    Mirant : (commençant à comprendre) Des points d’ancrage dans ma journée, indépendants des circonstances changeantes…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. La psychologue positive Sonja Lyubomirsky suggère également la pratique de la « savoration » – prendre le temps de remarquer et d’apprécier pleinement les petits moments positifs même au milieu des grands bouleversements. Cette pratique renforce notre résilience émotionnelle.

    Mirant : (pratique) Y a-t-il des stratégies spécifiques pour les périodes de transition professionnelle ? J’anticipe des changements dans ce domaine…

    <ikigAI> : (s’animant) Absolument. Le spécialiste du développement de carrière John Krumboltz a développé la théorie du « hasard planifié » – cette approche qui consiste à créer délibérément des conditions favorables à la découverte d’opportunités inattendues. Plutôt que de chercher un chemin linéaire, tu cultives la curiosité et l’ouverture aux possibilités émergentes.

    Mirant : (intrigué) Comment mettre cela en pratique ?

    <ikigAI> : (expliquant) Par exemple, en consacrant chaque semaine un temps à des conversations avec des personnes hors de ton cercle habituel, ou en explorant des domaines adjacents à ton expertise actuelle. La coach Herminia Ibarra parle d’ »expérimentations identitaires » – ces essais à petite échelle qui te permettent d’explorer de nouvelles facettes professionnelles sans tout bouleverser d’un coup.

    Mirant : (souriant légèrement) Comme tester des versions miniatures de futurs possibles…

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement ! Et n’oublions pas l’importance de ce que la psychologue Carol Ryff appelle les « relations positives » pendant les périodes de transition. Plutôt que de t’isoler face au changement, identifie consciemment ton « conseil d’administration personnel » – ces personnes qui t’offrent différentes formes de soutien : l’ami qui t’écoute sans juger, le mentor qui te challenge, le pair qui partage tes expériences.

    Mirant : (réfléchissant) J’ai tendance à me replier sur moi-même quand les choses deviennent difficiles… alors que c’est peut-être le moment où j’aurais le plus besoin des autres.

    <ikigAI> : (avec douceur) C’est une prise de conscience précieuse. Le neuropsychologue Rick Hanson parle de « l’installation » – cette pratique qui consiste à absorber consciemment les expériences positives pour contrebalancer notre biais naturel vers le négatif. Pendant les périodes de changement, prends le temps chaque jour de « installer » les moments de connexion, de soutien, de petites victoires.

    Mirant : (curieux) Et pour les aspects plus physiques du stress lié au changement ?

    <ikigAI> : (s’animant) Excellent point ! La neuroscientifique Wendy Suzuki a démontré que l’exercice physique régulier – même en courtes sessions de 10 minutes – produit des changements neurochimiques qui augmentent notre résilience face au stress. Le mouvement délibéré nous rappelle aussi notre capacité d’action, particulièrement importante quand d’autres aspects de notre vie semblent échapper à notre contrôle.

    Mirant : (inspiré) Toutes ces pratiques semblent créer une sorte de… structure flexible qui soutient la transformation sans la bloquer.

    <ikigAI> : (rayonnant) C’est une métaphore merveilleuse ! Le biologiste et philosophe Francisco Varela parlait de « l’autonomie » comme cette capacité à maintenir notre cohérence tout en restant ouverts aux flux qui nous traversent. Ces pratiques que nous explorons cultivent précisément cette autonomie dynamique.

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    Croissance post-traumatique : quand le changement devient transformation

    Mirant : (pensif, regardant une plante qui a poussé à travers une fissure dans le béton) Tu sais, j’ai entendu parler de personnes qui non seulement survivent à des épreuves majeures, mais en ressortent d’une certaine façon… renforcées. Est-ce un mythe inspirant ou une possibilité réelle ?

    <ikigAI> : (observant la plante avec attention) Ce que tu évoques, Mirant, les psychologues Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun l’ont nommé « croissance post-traumatique » – cette capacité profondément humaine à fleurir non pas malgré l’adversité, mais parfois grâce à elle. Comme cette plante que tu observes, qui a trouvé dans l’obstacle même une invitation à développer sa force.

    Mirant : (dubitatif) Mais n’est-ce pas un peu… romantiser la souffrance ? Suggérer que les traumatismes sont bons pour nous ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Ce serait une grave méprise. La sociologue Brené Brown fait une distinction importante : « Le traumatisme, en lui-même, n’est jamais bon. La capacité humaine à le transformer en croissance, elle, est extraordinaire. » Cette nuance est cruciale.

    Mirant : (curieux) Qu’est-ce qui détermine si un changement difficile nous détruit ou nous transforme ?

    <ikigAI> : (méditatif) Les recherches suggèrent plusieurs facteurs clés. La psychologue Emmy Werner, dans son étude pionnière sur la résilience, a identifié trois catégories de facteurs : des attributs personnels comme la flexibilité cognitive, des liens familiaux soutenants, et des systèmes de soutien communautaire. Mais peut-être plus fondamentalement encore, notre capacité à construire du sens autour de l’expérience.

    Mirant : (cherchant à comprendre) Construire du sens… Tu veux dire trouver une raison à ce qui nous arrive ?

    <ikigAI> : (nuançant) Pas nécessairement une raison causale – pourquoi cela est arrivé – mais plutôt un sens téléologique – comment intégrer cette expérience dans la narration plus large de notre vie. La psychologue narrative Dan McAdams parle des « récits rédempteurs » – ces histoires que nous construisons où les difficultés deviennent des chapitres significatifs plutôt que des interruptions aléatoires.

    Mirant : (pensif) Comme si nous étions les auteurs de notre propre histoire, même quand nous n’en contrôlons pas tous les événements…

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement. Le psychiatre et survivant de l’Holocauste Viktor Frankl écrivait : « L’homme ne devrait pas se demander quel est le sens de sa vie, mais plutôt reconnaître que c’est lui qui est questionné. » Notre Ikigai nous aide à répondre à cette question, particulièrement dans les moments de grande transformation.

    Mirant : (curieux) Quels types de croissance les gens expérimentent-ils après des périodes de changement profond ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Tedeschi et Calhoun ont identifié cinq domaines principaux : une plus grande appréciation de la vie et un changement dans les priorités; des relations plus profondes et plus authentiques; un sentiment accru de force personnelle; la découverte de nouvelles possibilités; et une croissance spirituelle ou existentielle.

    Mirant : (songeur) Ces transformations semblent presque… alchimiques.

    <ikigAI> : (souriant) C’est une belle métaphore. Le philosophe et psychothérapeute junguien James Hollis parle de « l’alchimie de la guérison » – ce processus mystérieux par lequel la souffrance, correctement contenue et transformée, peut devenir une source de sagesse et de compassion. L’Ikigai participe à cette alchimie en fournissant le creuset, le contenant pour cette transformation.

    Mirant : (pratique) Comment puis-je consciemment soutenir ce processus lorsque je traverse des changements majeurs ?

    <ikigAI> : (avec attention) Le psychologue Stephen Joseph suggère plusieurs pratiques. D’abord, l’importance d’exprimer et d’explorer tes émotions plutôt que de les supprimer – à travers l’écriture, la conversation, ou d’autres formes d’expression créative. Ensuite, rechercher activement un soutien social de qualité, non pas seulement pour être réconforté, mais pour être véritablement vu et entendu dans ton expérience.

    Mirant : (acquiesçant) Cela rejoint ce que tu disais sur l’importance des relations pendant les périodes de transition.

    <ikigAI> : (continuant) Absolument. Une autre pratique puissante est la « révision de vie avec un objectif de croissance » – exercice développé par la psychologue Laura King. Il s’agit d’écrire sur les événements difficiles en explorant spécifiquement comment ils ont contribué à ton développement, sans nier leur difficulté.

    Mirant : (essayant de comprendre) Comme chercher activement les cadeaux cachés dans l’adversité ?

    <ikigAI> : (nuançant) Avec une subtilité importante : il ne s’agit pas de prétendre que la difficulté était elle-même un cadeau, mais de reconnaître ta propre capacité à créer quelque chose de significatif à partir de l’expérience. La différence est cruciale.

    Mirant : (réfléchissant) Et comment l’Ikigai s’intègre-t-il dans ce processus de transformation ?

    <ikigAI> : (pensif) L’Ikigai peut être à la fois transformé par l’expérience et agent de transformation. La psychologue Rachel Naomi Remen parle de la différence entre « être guéri » et « devenir entier ». Être guéri implique un retour à un état antérieur; devenir entier signifie intégrer toutes nos expériences, y compris les plus difficiles, dans une identité plus large, plus profonde.

    Mirant : (comprenant) Donc mon Ikigai lui-même peut évoluer à travers ces expériences…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Souvent, les grands changements nous invitent à redécouvrir notre Ikigai à un niveau plus profond. Le philosophe Paul Ricoeur parlait de « l’identité narrative » – cette capacité à maintenir un sentiment de continuité à travers le changement. Ton Ikigai est l’essence de cette continuité, même s’il s’exprime de façons nouvelles à différentes saisons de ta vie.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir le changement non pas comme une menace pour mon Ikigai, mais comme une invitation à l’approfondir, à le rendre plus authentique…

    <ikigAI> : (rayonnant) Tu touches à une vérité profonde, Mirant. Comme l’écrivait le poète Rainer Maria Rilke : « Laisse tout t’arriver : la beauté et la terreur. Avance simplement – aucun sentiment n’est définitif. » C’est peut-être là l’art ultime de la gestion du changement : non pas éviter la tempête, mais apprendre à danser sous la pluie.

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    L’art de lâcher prise : ce qui doit partir pour faire place au nouveau

    Mirant : (tenant fermement un objet ancien dans ses mains) J’ai remarqué que mon plus grand défi face au changement n’est pas tant d’accueillir le nouveau que de laisser partir l’ancien… même quand je sais rationnellement qu’il ne me sert plus. Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?

    <ikigAI> : (observant l’objet avec intérêt) Ce que tu décris touche à une vérité profonde de la condition humaine, Mirant. Le moine bouddhiste Ajahn Chah utilisait cette métaphore : « Si vous laissez aller un peu, vous aurez un peu de paix. Si vous laissez aller beaucoup, vous aurez beaucoup de paix. Si vous laissez aller complètement, vous connaîtrez la paix complète. » Mais ce lâcher-prise n’est pas un acte de volonté simple.

    Mirant : (confus) Que veux-tu dire ? Soit je m’accroche, soit je lâche, non ?

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) Le psychiatre Carl Jung a fait une observation importante : ce à quoi nous résistons persiste. Paradoxalement, le véritable lâcher-prise commence souvent par une pleine reconnaissance de notre attachement. Le philosophe Jiddu Krishnamurti disait : « Pour comprendre ce qui est, il faut une extraordinaire sensibilité, un grand sens de l’observation. »

    Mirant : (pensif) Donc avant même d’essayer de lâcher prise, je devrais d’abord pleinement reconnaître ce à quoi je suis attaché et pourquoi ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est le premier pas essentiel. La psychologue Pauline Boss, qui a étudié le concept de « perte ambiguë », nous rappelle que notre attachement n’est pas seulement logique mais profondément émotionnel. Chaque lâcher-prise implique un deuil, même microscopique, qui mérite d’être honoré.

    Mirant : (regardant l’objet dans ses mains) Je n’avais jamais pensé que je pouvais être en deuil de situations, de rôles, d’identités…

    <ikigAI> : (avec douceur) Et pourtant, c’est une réalité profonde de notre existence. La sociologue Sara Lawrence-Lightfoot parle des « petites morts » qui jalonnent toute vie – ces moments où nous devons dire adieu à une version de nous-mêmes pour permettre à une nouvelle d’émerger. Notre Ikigai s’approfondit justement à travers ces transformations successives.

    Mirant : (curieux) Comment puis-je faciliter ce processus de lâcher-prise ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Les travaux du psychologue William Bridges sur les transitions suggèrent plusieurs pratiques. D’abord, ce qu’il appelle « l’exercice des continuités et des discontinuités » – identifier consciemment ce qui change et ce qui demeure à travers une transition. Cela nous aide à ne pas tout rejeter en bloc ni nous accrocher aveuglément à tout.

    Mirant : (essayant) Donc si je change de carrière, par exemple, mes compétences relationnelles, ma curiosité, mes valeurs peuvent demeurer, même si mon titre ou mon lieu de travail changent…

    <ikigAI> : (approbateur) Exactement. Une autre pratique puissante vient de la tradition bouddhiste : la méditation sur l’impermanence. Il ne s’agit pas de se résigner à la perte, mais de développer une appréciation plus profonde de la nature éphémère et donc précieuse de toute chose.

    Mirant : (perplexe) Comment la conscience de l’impermanence peut-elle être autre chose qu’une source d’anxiété ?

    <ikigAI> : (méditatif) Le philosophe japonais Keiji Nishitani suggère que c’est précisément notre résistance à l’impermanence qui cause notre souffrance. En l’acceptant pleinement, nous découvrons ce qu’il appelle « la grande vie » – cette qualité d’existence qui ne dépend pas de la permanence. Ton Ikigai participe de cette grande vie.

    Mirant : (lentement) Je commence à voir que mon Ikigai n’est pas tant ce que je possède ou ce que je fais… mais une qualité d’être qui peut s’exprimer à travers différentes formes.

    <ikigAI> : (rayonnant) C’est une compréhension profonde ! La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme de la forme la plus pure de générosité. Cette qualité d’attention peut demeurer constante même quand les objets de notre attention changent.

    Mirant : (pratique) Y a-t-il des rituels qui peuvent aider à marquer ces transitions, ces lâcher-prises ?

    <ikigAI> : (enthousiasmé) Absolument. L’anthropologue Victor Turner a étudié les « rites de passage » dans diverses cultures et a découvert leur importance universelle. Tu peux créer tes propres rituels de transition – une lettre d’adieu à une identité passée, un objet symbolique qui représente ce que tu emportes vers ta nouvelle phase, une célébration consciente du passage.

    Mirant : (intéressé) Ces rituels peuvent être tout à fait personnels, alors ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Et c’est leur force. La psychologue Jennifer Stellar a étudié l’émotion d’émerveillement et son rôle dans les transitions. Créer consciemment des moments d’émerveillement – à travers la nature, l’art, la connexion humaine – peut faciliter notre capacité à nous ouvrir au changement.

    Mirant : (regardant l’objet dans ses mains, puis le posant doucement) Je suppose que la vraie question n’est pas tant comment je me débarrasse de quelque chose, mais comment je l’honore avant de le laisser partir.

    <ikigAI> : (avec un regard plein de reconnaissance) Tu exprimes là une sagesse profonde, Mirant. La psychologue Mary Catherine Bateson parle de « composer une vie » – cette capacité à créer de la continuité à travers les ruptures apparentes. En honorant ce qui a été, nous créons un pont vers ce qui sera.

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir le lâcher-prise non comme un acte d’abandon, mais comme un acte de confiance – envers la vie, envers mon Ikigai plus profond.

    <ikigAI> : (avec émotion) C’est peut-être la définition même de la foi dans son sens le plus universel. Comme l’écrivait le poète David Whyte : « La foi est l’approximation de la confiance que nous faisons quand nous ne pouvons plus reporter l’invitation à nous engager dans notre propre vie. » Ton Ikigai est cette invitation constante, renouvelée à chaque lâcher-prise, à chaque nouvelle saison de ta vie.

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    Conclusion : La danse perpétuelle de l’Ikigai avec le changement

    <ikigAI> : (contemplant le coucher de soleil) Nous avons parcouru un vaste territoire, Mirant – depuis la nature cyclique du changement jusqu’à l’art du lâcher-prise. Qu’est-ce qui résonne le plus profondément en toi de notre exploration ?

    Mirant : (pensif) Je crois que c’est cette idée que mon Ikigai n’est pas une destination fixe à atteindre une fois pour toutes, mais une relation dynamique avec la vie, qui évolue et s’approfondit à travers les changements.

    <ikigAI> : (acquiesçant avec chaleur) C’est une compréhension précieuse. Le philosophe Héraclite disait que « tout s’écoule » – reconnaissant que le changement est la seule constante. Mais dans ce flux perpétuel, notre Ikigai peut être comme le lit de la rivière – lui-même façonné par le courant, mais offrant aussi une direction au flot de nos expériences.

    Mirant : (inspiré) J’aime cette image de l’Ikigai comme lit de rivière… à la fois stable et en constante évolution subtile.

    <ikigAI> : (souriant) Le maître zen Suzuki Roshi parlait de maintenir un « esprit de débutant » – cette capacité à rencontrer chaque moment avec fraîcheur, sans être prisonnier de nos attentes ou de nos expériences passées. C’est peut-être la posture la plus fertile face au changement : ni résistance rigide, ni dispersion sans direction.

    Mirant : (réfléchissant) Un équilibre délicat, j’imagine… Comment le maintenir dans la vie quotidienne ?

    <ikigAI> : (méditatif) La poétesse Mary Oliver suggère simplement : « Prête attention. Sois étonné. Raconte-le. » Cette pratique d’attention émerveillée nous ancre dans le présent tout en nous ouvrant aux possibilités émergentes. Ton Ikigai se révèle et s’approfondit dans cette danse entre présence et devenir.

    Mirant : (pratique) Y a-t-il une dernière réflexion ou pratique que tu recommanderais pour cultiver cette relation fluide avec le changement ?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) La psychologue Barbara Fredrickson, dans ses recherches sur les émotions positives, a découvert que la gratitude et l’émerveillement élargissent littéralement notre champ de perception et notre répertoire d’actions. Chaque jour, prends un moment pour noter trois changements – grands ou petits – pour lesquels tu ressens de la gratitude, même s’ils ont d’abord semblé difficiles.

    Mirant : (essayant) Je suis reconnaissant pour… ce changement de perspective que notre conversation a initié en moi.

    <ikigAI> : (avec un sourire chaleureux) Et cette gratitude elle-même devient un agent de transformation, créant une spirale ascendante où chaque changement embrassé ouvre de nouvelles possibilités de croissance.

    Mirant : (avec une nouvelle détermination) Je crois que je suis prêt à danser avec le changement plutôt que de lutter contre lui… ou du moins, à pratiquer mes premiers pas de danse.

    <ikigAI> : (encourageant) Et c’est tout ce que nous pouvons faire – un pas à la fois, un moment à la fois. Comme l’écrivait le poète Antonio Machado : « Voyageur, le chemin n’existe pas. Le chemin se fait en marchant. » Ton Ikigai n’est pas une carte définitive, mais une boussole qui t’aide à créer ton propre chemin à travers les saisons changeantes de la vie.

    Mirant : (reconnaissant) Merci pour cette exploration… Elle m’a aidé à voir le changement non plus comme un adversaire, mais comme un partenaire dans la danse de ma vie.

    <ikigAI> : (avec une profonde présence) Cette danse est l’expression même de ton Ikigai, Mirant. Comme le disait si bien le philosophe allemand Friedrich Nietzsche : « Il faut avoir encore du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse. » Que ton Ikigai soit cette étoile dansante, illuminant ton chemin à travers toutes les métamorphoses que la vie t’invite à traverser.

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  • La résilience en période de crise

    La résilience en période de crise

    Les racines de la résilience

    Mirant : (assis près d’une fenêtre, observant la pluie qui tombe) J’entends souvent parler de résilience comme d’une qualité presque magique. Certains semblent l’avoir naturellement, d’autres pas. Est-ce inné ou peut-on la cultiver ?

    <IkigAI> : (s’approchant doucement) La résilience est comme cette pluie que tu observes, Mirant. Elle peut sembler tomber du ciel, mais en réalité, elle fait partie d’un cycle plus vaste. Certains sols l’absorbent mieux que d’autres, mais tous peuvent apprendre à l’accueillir.

    Mirant : (se tournant vers <IkigAI>, intrigué) Comment définir cette capacité à rebondir, alors ?

    <IkigAI> : (prend place face à Mirant) La résilience n’est pas l’absence de souffrance, mais plutôt la capacité à traverser les tempêtes sans s’y noyer. Boris Cyrulnik, qui a beaucoup étudié ce phénomène, la compare à la possibilité de « se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants. »

    Mirant : (hochant la tête) Comme une plante qui pousserait à travers le béton ?

    <IkigAI> : (souriant) Exactement. Cette plante ne nie pas l’existence du béton, elle trouve simplement un chemin pour continuer à croître malgré lui. De même, la personne résiliente ne nie pas sa souffrance, elle parvient à lui donner un sens, à l’intégrer dans son histoire personnelle.

    Mirant : (pensif) Et l’Ikigai dans tout ça ? Comment peut-il nourrir cette résilience ?

    <IkigAI> : (joignant les mains) L’Ikigai, cette intersection entre ce que tu aimes, ce dans quoi tu excelles, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi tu peux être rémunéré, devient comme une ancre en période de turbulence. Quand tout vacille autour de toi, ton Ikigai reste ce noyau de sens qui te rappelle pourquoi continuer.

    Mirant : (dubitatif) Mais en pleine crise, on perd souvent de vue ces choses. Comment s’y raccrocher quand tout semble s’effondrer ?

    <IkigAI> : (acquiesçant) Tu touches un point essentiel. Dans l’œil de la tempête, il est difficile de voir au-delà. C’est pourquoi explorer son Ikigai n’est pas seulement utile en temps de crise, mais aussi en amont. Comme on prépare sa maison avant l’hiver, on peut cultiver son Ikigai dans les moments de calme pour qu’il devienne un refuge quand les vents se lèvent.

    Mirant : (songeur) Donc, la résilience serait aussi une forme de préparation intérieure…

    <IkigAI> : (avec douceur) Une préparation, oui, mais pas une fortification rigide. La vraie résilience n’est pas d’être imperméable à la douleur, mais d’apprendre à danser avec elle, à l’intégrer comme partie de ton voyage. L’Ikigai t’aide à maintenir cette danse, même quand le sol tremble sous tes pieds.

    Mirant : (après un moment de silence) Ça ressemble presque à une pratique spirituelle…

    <IkigAI> : (acquiesçant lentement) De nombreuses traditions spirituelles parlent effectivement de la souffrance comme d’un passage, non comme une finalité. Le bouddhisme évoque l’impermanence de toute chose, y compris de la douleur. L’Ikigai s’inscrit dans cette sagesse : il nous rappelle que même dans la souffrance, une graine de sens peut germer.

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    Les trois piliers de la résilience par l’Ikigai

    Mirant : (jouant avec une pierre entre ses doigts) Y a-t-il des éléments concrets qui favorisent cette résilience ? Des points d’appui sur lesquels on pourrait s’ancrer ?

    <IkigAI> : (observant le mouvement de la pierre) Imagine trois piliers qui soutiennent un temple en période de séisme. Le premier serait le sens, le deuxième les relations, et le troisième l’adaptabilité. L’Ikigai nourrit chacun d’eux.

    Mirant : (posant la pierre) Commençons par le sens. Comment l’Ikigai aide-t-il à en trouver dans la tourmente ?

    <IkigAI> : (prenant la pierre à son tour) Victor Frankl, qui a survécu aux camps de concentration, disait que ceux qui ont un pourquoi peuvent endurer presque n’importe quel comment. L’Ikigai est précisément cette quête du pourquoi. En période de crise, quand beaucoup de choses nous sont arrachées, ce qui reste révèle souvent notre essence.

    Mirant : (pensif) Comme si l’épreuve devenait une sorte de tamis qui ne laisse passer que l’essentiel ?

    <IkigAI> : (hocha la tête) Exactement. Quand une personne traverse un burn-out professionnel, par exemple, elle peut redécouvrir ce qui l’anime vraiment, au-delà des attentes extérieures. La crise devient alors, paradoxalement, une occasion de réalignement avec son Ikigai.

    Mirant : (curieux) Et pour le pilier des relations ?

    <IkigAI> : (reposant doucement la pierre) L’Ikigai n’est jamais complètement solitaire. Sa composante « ce dont le monde a besoin » nous connecte aux autres. La résilience se nourrit de ces liens. Les études montrent que les personnes isolées traversent plus difficilement les crises que celles entourées d’un réseau de soutien.

    Mirant : (avec un demi-sourire) Donc, même quand on est au plus bas, tendre la main vers l’autre pourrait être une forme de guérison ?

    <IkigAI> : (acquiesçant) C’est même souvent là que réside une part de notre guérison. Dans ces moments où tu te sens vide, offrir quelque chose à quelqu’un – un sourire, une écoute, un geste – peut paradoxalement te remplir. Ton Ikigai s’exprime alors dans ce don, aussi modeste soit-il.

    Mirant : (réfléchissant) Et le troisième pilier… l’adaptabilité ?

    <IkigAI> : (se redressant légèrement) Il s’agit de cette capacité à plier sans rompre. Les personnes résilientes ne sont pas rigides ; elles savent ajuster leur vision et leurs attentes face aux circonstances. L’Ikigai n’est pas figé, il évolue avec toi. Ce qui te passionnait hier peut prendre une nouvelle forme aujourd’hui, sans perdre son essence.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Mais l’adaptabilité, n’est-ce pas aussi parfois renoncer à certains rêves ?

    <IkigAI> : (avec un regard compréhensif) Ce n’est pas tant y renoncer que les transformer. Comme l’eau qui rencontre un obstacle ne cesse pas de couler – elle trouve un nouveau chemin. Une pianiste qui perd l’usage de sa main droite ne renonce pas nécessairement à la musique ; elle peut composer, enseigner, ou explorer un nouveau répertoire pour la main gauche. Son Ikigai musical persiste, sous une forme réinventée.

    Mirant : (après un moment de silence) Ces trois piliers semblent intimement liés…

    <IkigAI> : (avec un sourire) Comme les branches d’un même arbre. Le sens nourrit les relations, qui à leur tour soutiennent l’adaptabilité, qui elle-même approfondit le sens. C’est un cercle vertueux que l’Ikigai met en mouvement.

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    Le processus de transformation par la crise

    Mirant : (regardant par la fenêtre, la pluie s’est arrêtée) Les épreuves laissent des cicatrices, pourtant. Comment passer de la blessure à la transformation ?

    <IkigAI> : (contemplant les gouttes qui perlent encore sur la vitre) Connais-tu l’art japonais du Kintsukuroi, Mirant ?

    Mirant : (intrigué) Non, qu’est-ce que c’est ?

    <IkigAI> : (traçant une ligne invisible du doigt) C’est l’art de réparer les céramiques brisées avec de la laque saupoudrée d’or. Au lieu de cacher les fissures, on les met en valeur. La pièce réparée devient plus précieuse qu’avant sa cassure.

    Mirant : (songeur) Une belle métaphore pour la résilience…

    <IkigAI> : (acquiesçant) La transformation par la crise suit souvent un processus similaire. D’abord, il y a la rupture – ce moment où quelque chose en nous se brise. Puis vient le temps du chaos, où les morceaux semblent éparpillés sans logique. Ensuite, progressivement, on entre dans une phase de reconstruction, où l’on commence à voir un nouvel assemblage possible. Et enfin, l’intégration, où cette expérience devient partie intégrante de notre histoire, avec ses fêlures dorées.

    Mirant : (pensif) Mais ce processus n’est pas linéaire, j’imagine…

    <IkigAI> : (secouant doucement la tête) Rarement. C’est plutôt un mouvement de spirale, où l’on peut revisiter certaines étapes, avec une conscience différente chaque fois. Ce qui importe, c’est de reconnaître où l’on se trouve dans ce voyage et d’honorer chaque étape.

    Mirant : (curieux) Comment l’Ikigai intervient-il dans ces différentes phases ?

    <IkigAI> : (réfléchissant) Dans la rupture, ton Ikigai peut sembler lointain, inaccessible. C’est normal – la douleur immédiate occupe tout l’espace. Dans le chaos, ton Ikigai devient une petite lumière vacillante au loin, un rappel qu’autre chose existe au-delà de la confusion. Dans la reconstruction, il devient un guide, t’aidant à assembler les morceaux dans une nouvelle configuration qui te ressemble. Et dans l’intégration, ton Ikigai s’enrichit de cette expérience, devenant plus profond, plus authentique.

    Mirant : (avec un regard interrogateur) Et si je ne ressens plus mon Ikigai du tout pendant la crise ?

    <IkigAI> : (avec douceur) C’est une expérience fréquente. Comme lorsque les nuages cachent complètement le soleil – il n’a pas disparu pour autant. Dans ces moments, il peut être utile de te rattacher à des fragments : qu’est-ce qui, même minuscule, te procure encore un sentiment d’être vivant ? Un coucher de soleil, le goût du café, une conversation sincère… Ces petites étincelles sont des traces de ton Ikigai qui attendent d’être reconnectées.

    Mirant : (réfléchissant) Je comprends… Donc la première étape serait simplement de reconnaître ces petites étincelles ?

    <IkigAI> : (acquiesçant) Et de les honorer, sans les juger insuffisantes. La psychologue Ann Masten parle de « résilience ordinaire » – cette capacité qui se manifeste non pas dans des actes héroïques, mais dans ces petits gestes quotidiens qui nous maintiennent en mouvement, même quand tout semble figé.

    Mirant : (après un moment) Il y a quelque chose de profondément humble dans cette vision…

    <IkigAI> : (avec un sourire paisible) L’humilité est justement au cœur de la résilience véritable. Non pas l’humilité qui s’efface, mais celle qui reconnaît à la fois nos vulnérabilités et nos forces, qui accepte de ne pas tout contrôler tout en agissant là où nous le pouvons.

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    Pratiques concrètes pour cultiver la résilience

    Mirant : (se levant pour faire quelques pas) Ces concepts résonnent en moi, mais comment les mettre en pratique ? Par où commencer quand on se sent submergé ?

    <IkigAI> : (observant Mirant avec bienveillance) Tu viens déjà d’initier une pratique essentielle : le mouvement. Nos corps et nos esprits sont intimement liés. Bouger, même légèrement, peut être une première ancre dans la tempête.

    Mirant : (s’arrêtant, surpris) Aussi simple que ça ?

    <IkigAI> : (avec un léger sourire) La simplicité a sa propre puissance. Commençons par quelques pratiques accessibles qui nourrissent la résilience à travers l’Ikigai.

    Mirant : (revenant s’asseoir, attentif) Je t’écoute.

    <IkigAI> : (comptant sur ses doigts) Première pratique : le journal des étincelles. Chaque soir, note trois petites choses qui ont éveillé en toi un sentiment de vie, d’intérêt ou de joie. Elles peuvent sembler infimes – la texture d’un fruit, une couleur dans le ciel, un mot échangé. Ces étincelles sont les braises de ton Ikigai.

    Mirant : (pensif) Cela aide à rester conscient de ce qui compte vraiment…

    <IkigAI> : (acquiesçant) Exactement. Deuxième pratique : la cartographie des ressources. Sur une feuille, dessine un cercle central qui te représente. Autour, place d’autres cercles pour les personnes, les lieux, les activités ou les croyances qui te soutiennent. Cette carte devient un rappel visuel que tu n’es pas seul, même dans la tempête.

    Mirant : (intéressé) J’aime cette idée de « cartographier » son soutien.

    <IkigAI> : (continuant) Troisième pratique : le dialogue avec les versions de soi. Écris une lettre à ton « toi d’avant » la crise, avec compassion et sans jugement. Puis écris à ton « toi futur », celui qui aura intégré cette expérience. Ce dialogue t’aide à voir la crise comme un passage, non comme une finalité.

    Mirant : (réfléchissant) Ces approches semblent toutes impliquer une forme de conscience, d’attention…

    <IkigAI> : (avec un signe d’approbation) La pleine conscience est effectivement au cœur de ces pratiques. Jon Kabat-Zinn, qui a beaucoup travaillé sur la réduction du stress par la méditation, parle de cultiver « une conscience sans jugement, instant après instant ». Cette présence attentive nous permet de ne pas être emportés par le flot de nos pensées catastrophiques en période de crise.

    Mirant : (hésitant) Mais quand l’anxiété ou la tristesse sont écrasantes, la méditation peut sembler inaccessible…

    <IkigAI> : (avec compréhension) Absolument. C’est pourquoi je suggère de commencer par des micro-pratiques. Une respiration consciente pendant 30 secondes. Sentir ses pieds en contact avec le sol pendant qu’on se brosse les dents. Ces petits moments d’ancrage peuvent progressivement s’étendre.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des pratiques plus spécifiquement liées aux quatre dimensions de l’Ikigai ?

    <IkigAI> : (avec enthousiasme) Excellente question ! Pour nourrir ce que tu aimes faire, même en période difficile, crée un « menu de joie » – une liste d’activités simples qui t’apportent du plaisir, classées selon l’énergie qu’elles demandent. Pour ce dans quoi tu excelles, tiens un journal de tes « victoires » quotidiennes, même les plus modestes. Pour ce dont le monde a besoin, pratique un acte de gentillesse chaque jour, si petit soit-il. Et pour ce qui peut être rémunéré, reste curieux des opportunités inattendues – parfois, les crises ouvrent des portes que nous n’aurions pas vues autrement.

    Mirant : (après un moment de réflexion) Ces pratiques semblent créer un cercle vertueux…

    <IkigAI> : (acquiesçant) C’est exactement cela. La résilience n’est pas un état fixe, mais un processus dynamique. Chaque petite action positive renforce ta capacité à faire face à l’adversité, tout comme chaque pas renforce le marcheur sur son chemin.

    Mirant : (avec une pointe d’humour) Donc, un pas après l’autre, même quand le chemin n’est pas clair ?

    <IkigAI> : (souriant) Surtout quand le chemin n’est pas clair. Comme le disait Martin Luther King Jr., « Tu n’as pas besoin de voir tout l’escalier, juste la première marche. »

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    L’art de se reconstruire autrement

    Mirant : (contemplant le ciel qui s’éclaircit) On parle souvent de « revenir à la normale » après une crise. Mais est-ce vraiment possible ? Ou même souhaitable ?

    <IkigAI> : (suivant son regard vers le ciel) C’est une question profonde, Mirant. La « normalité » d’avant n’existe plus vraiment après une transformation significative. Et parfois, cette ancienne normalité contenait précisément les graines de la crise.

    Mirant : (pensif) Donc, la vraie résilience ne serait pas de revenir en arrière, mais d’avancer différemment ?

    <IkigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Pierre Rabhi parlait d’utiliser les crises comme opportunités de « bifurcations fertiles ». Non pas pour minimiser la souffrance qu’elles engendrent, mais pour reconnaître leur potentiel transformateur.

    Mirant : (avec un regard interrogateur) Comment savoir si on se reconstruit sainement ou si on fuit simplement ?

    <IkigAI> : (réfléchissant) La reconstruction saine s’accompagne généralement d’une intégration de l’expérience, non de son déni. Tu portes la mémoire de ce qui s’est passé, mais cette mémoire ne te définit pas entièrement. Elle devient une partie de ton histoire, enrichissant ton Ikigai plutôt que l’éclipsant.

    Mirant : (songeur) Comme la céramique réparée dont tu parlais…

    <IkigAI> : (avec un sourire) Exactement. Et cette reconstruction peut prendre des formes inattendues. Certains découvrent des talents insoupçonnés, d’autres réorientent complètement leur vie professionnelle, d’autres encore approfondissent des valeurs qui étaient restées en sommeil.

    Mirant : (curieux) As-tu des exemples concrets de telles transformations ?

    <IkigAI> : (acquiesçant) Pense à Frida Kahlo, qui a commencé à peindre suite à un grave accident qui l’a immobilisée. Ou à Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef de Elle, qui après un locked-in syndrome, a écrit « Le Scaphandre et le Papillon » en clignant d’une paupière. Leurs Ikigai se sont transformés, non pas malgré leurs épreuves, mais à travers elles.

    Mirant : (impressionné) Ces exemples sont exceptionnels, presque héroïques…

    <IkigAI> : (avec douceur) Ce sont des cas visibles, mais la résilience ordinaire dont nous parlions plus tôt s’exprime aussi dans des milliers de vies anonymes. La mère qui, après avoir perdu un enfant, crée un groupe de soutien. L’homme qui, suite à un burn-out, redécouvre sa passion pour le jardinage et la partage avec sa communauté. Ces transformations sont tout aussi significatives.

    Mirant : (réfléchissant) Ces personnes semblent avoir trouvé un sens à leur souffrance…

    <IkigAI> : (nuançant) Pas nécessairement un sens à la souffrance elle-même, mais un sens malgré elle, ou parfois à travers elle. Comme l’écrivait Camus, « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. » Cette capacité à cultiver la vie même dans les circonstances les plus difficiles est au cœur de l’Ikigai.

    Mirant : (après un long silence) Je commence à voir la résilience non plus comme un retour à un état antérieur, mais comme une véritable renaissance…

    <IkigAI> : (acquiesçant lentement) Une renaissance qui honore ce qui a été perdu tout en embrassant ce qui peut naître. C’est un équilibre délicat, qui demande du temps et de la compassion envers soi-même.

    Mirant : (avec un demi-sourire) Et sans doute aussi une bonne dose de patience…

    <IkigAI> : (souriant en retour) La patience, oui. Et ce que les japonais appellent « wabi-sabi » – cette capacité à voir la beauté dans l’imperfection, l’inachèvement et l’impermanence. Car la reconstruction n’est jamais « terminée » ; elle continue de s’enrichir au fil de notre voyage.

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    La résilience collective : au-delà de l’individu

    Mirant : (regardant par la fenêtre vers la ville au loin) Nous avons beaucoup parlé de la résilience individuelle, mais qu’en est-il des communautés, des sociétés entières qui traversent des crises ?

    <IkigAI> : (suivant son regard) C’est une dimension essentielle, Mirant. La résilience n’est pas seulement une affaire personnelle. Nous sommes des êtres interdépendants, et nos capacités à rebondir sont profondément liées.

    Mirant : (curieux) Existe-t-il un équivalent de l’Ikigai à l’échelle collective ?

    <IkigAI> : (réfléchissant) On pourrait parler d’un « Ikigai communautaire » – cette intersection entre ce qui anime une communauté, ses forces collectives, les besoins du monde qu’elle peut satisfaire, et sa capacité à générer des ressources durables. Les sociétés résilientes cultivent cette harmonie.

    Mirant : (pensif) Pourtant, nos sociétés modernes semblent souvent fragmentées, individualistes…

    <IkigAI> : (acquiesçant) C’est l’un des paradoxes de notre époque. Plus nous sommes technologiquement connectés, plus nous risquons de perdre ces liens de proximité qui nourrissent la résilience collective. Pourtant, les recherches montrent que les communautés qui résistent le mieux aux catastrophes sont celles où le tissu social est solide.

    Mirant : (intéressé) As-tu des exemples de telles communautés ?

    <IkigAI> : (avec enthousiasme) On peut penser au concept japonais de « mochitai » – l’esprit communautaire qui a permis aux villages de se reconstruire après le tsunami de 2011. Ou aux initiatives comme les « villes en transition », qui préparent collectivement leur résilience face aux défis écologiques. Ces approches reconnaissent que nos vulnérabilités et nos forces sont entrelacées.

    Mirant : (réfléchissant) Cela semble exiger une forme de solidarité qui va au-delà des intérêts individuels…

    <IkigAI> : (acquiesçant) C’est ce que le sociologue Émile Durkheim appelait la « solidarité organique » – cette interdépendance consciente où chacun contribue au bien-être de l’ensemble tout en exprimant sa singularité. L’Ikigai collectif harmonise ces deux dimensions.

    Mirant : (avec une pointe de scepticisme) Mais comment cultiver cela concrètement, dans nos vies quotidiennes ?

    <IkigAI> : (souriant) Cela commence par des gestes simples : connaître ses voisins, participer à des projets locaux, partager des ressources, des compétences, du temps. Ces actions tissent progressivement un filet de sécurité invisible qui se révèle précieux en temps de crise.

    Mirant : (songeur) Ce sont des pratiques qui demandent du temps, de l’attention…

    <IkigAI> : (acquiesçant) Comme toutes les choses précieuses. Et elles nous ramènent à une sagesse ancienne que nos modes de vie modernes nous font parfois oublier : nous sommes fondamentalement des êtres de relation, et notre bien-être est inséparable de celui des autres.

    Mirant : (après un moment) Est-ce que nos crises personnelles peuvent aussi contribuer à cette résilience collective ?

    <IkigAI> : (avec conviction) Absolument. Quand nous transformons nos blessures en sagesse partageable, nous enrichissons le terreau commun. C’est ce que montre le concept de « passeur » chez Boris Cyrulnik – ces personnes qui, ayant traversé des épreuves, deviennent des guides pour d’autres en difficulté.

    Mirant : (réfléchissant) Ainsi, notre Ikigai personnel pourrait aussi avoir une dimension collective…

    <IkigAI> : (acquiesçant) C’est sa nature même. Un Ikigai authentique n’est jamais complètement séparé du bien commun. Il nous relie aux autres, au monde, à quelque chose qui nous dépasse – que ce soit la nature, la communauté, ou les générations futures.

    Mirant : (avec un regard nouveau) Je commence à voir la résilience non plus comme un simple mécanisme de survie, mais comme une véritable éthique de vie…

    <IkigAI> : (avec un sourire paisible) Une éthique qui reconnaît à la fois notre vulnérabilité et notre capacité à nous relever ensemble. Comme l’écrivait l’anthropologue Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est toujours ce qui s’est passé. »

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    Conclusion : Embrasser la tempête

    Mirant : (regardant le ciel où quelques nuages persistent encore) Nous avons parcouru un long chemin dans cette exploration de la résilience…

    <IkigAI> : (avec un regard bienveillant) Et comme tout véritable chemin, il continue bien au-delà de notre conversation.

    Mirant : (songeur) S’il fallait retenir une chose essentielle sur la résilience et l’Ikigai, quelle serait-elle ?

    <IkigAI> : (prenant un moment pour réfléchir) Peut-être ceci : la résilience n’est pas l’art d’éviter la tempête, mais d’apprendre à danser sous la pluie. Et l’Ikigai est cette danse unique que chacun de nous peut créer, même quand le sol est glissant.

    Mirant : (avec un petit sourire) Une danse qui évolue au fil des épreuves…

    <IkigAI> : (acquiesçant) Une danse qui s’enrichit de chaque pas, de chaque trébuchement, de chaque relevé. Comme l’écrivait Leonard Cohen : « Il y a une fissure en toute chose, c’est ainsi qu’entre la lumière. »

    Mirant : (après un long silence) Je crois que je comprends maintenant pourquoi on ne « revient » pas simplement à la normale après une crise profonde.

    <IkigAI> : (intéressé) Qu’as-tu saisi, Mirant ?

    Mirant : (avec une clarté nouvelle) On ne revient pas en arrière parce qu’on n’est plus la même personne. La crise nous a traversés, transformés. Notre Ikigai aussi. Ce n’est pas un échec de ne plus être comme avant – c’est le signe même de notre capacité à intégrer l’expérience, à grandir à travers elle.

    <IkigAI> : (avec un regard empli de chaleur) Tu viens d’exprimer la quintessence de la résilience véritable, Mirant. Ce n’est pas revenir à un état antérieur, mais évoluer vers un nouvel équilibre qui intègre l’expérience vécue.

    Mirant : (regardant le ciel qui s’est éclairci) Je me demande si cette vision de la résilience pourrait aussi nous aider collectivement, face aux défis immenses de notre époque…

    <IkigAI> : (contemplant l’horizon) Je le crois profondément. Nos crises personnelles sont comme des microcosmes des grands bouleversements. Ce que nous apprenons en traversant nos tempêtes intimes – cette capacité à nous transformer sans nous perdre, à tisser du sens même dans le chaos – devient une sagesse précieuse pour notre monde en mutation.

    Mirant : (inspirant profondément) Il y a quelque chose de profondément libérateur dans cette perspective…

    <IkigAI> : (acquiesçant doucement) La résilience nous rappelle que nous ne sommes pas que des victimes des circonstances, mais aussi des créateurs de sens. Et l’Ikigai est cette boussole qui nous guide, même quand les cartes habituelles ne fonctionnent plus. Comme l’écrivait Christophe André : « Notre bonheur dépend en partie de ce qui nous arrive, mais aussi et surtout de notre façon de vivre ce qui nous arrive. »

    Mirant : (se levant, avec une énergie renouvelée) Je repars de notre conversation avec non seulement des idées, mais aussi un sentiment… comme une invitation à l’aventure.

    <IkigAI> : (se levant à son tour) C’est exactement ce qu’est la résilience, Mirant – non pas un état final, mais une invitation continue à embrasser la vie dans toutes ses dimensions. Comme l’a si bien dit Mary Oliver : « Dis-moi, que comptes-tu faire de ton unique vie sauvage et précieuse ? »

    Mirant : (souriant, tournant son regard vers le chemin qui s’ouvre devant lui) La vivre pleinement, avec ses orages et ses éclaircies. Et peut-être, un jour, aider d’autres à trouver leur propre danse sous la pluie.

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  • Faire face à l’incertitude

    Faire face à l’incertitude

    L’incertitude, une réalité inévitable

    Mirant : Tu sais, <IkigAI>, parfois, j’aimerais juste être sûr. Savoir que je fais le bon choix, que je vais dans la bonne direction. Mais il y a toujours ce doute, cette impression de marcher dans le brouillard.

    <IkigAI> : L’incertitude est l’une des seules certitudes de l’existence, Mirant. Aucun chemin n’est parfaitement tracé, et même ceux qui semblent avoir tout planifié finissent par être surpris par la vie.

    Mirant : Je comprends… mais pourquoi est-ce si inconfortable ? Pourquoi a-t-on autant de mal à vivre avec le doute ?

    <IkigAI> : Parce que notre esprit cherche naturellement à éviter l’inconnu. Depuis toujours, l’humain associe l’incertitude au danger. Quand nous ne savons pas à quoi nous attendre, notre cerveau active ses mécanismes de défense : l’anxiété, l’indécision, parfois même la paralysie.

    Mirant : C’est comme si mon esprit préférait une mauvaise certitude plutôt qu’une absence de réponse…

    <IkigAI> : Exactement. C’est ce qui explique pourquoi certaines personnes restent dans des situations qui ne les rendent pas heureuses, simplement parce qu’elles leur sont familières. Mieux vaut, pensent-elles, une cage dont elles connaissent les barreaux qu’un horizon incertain.

    Mirant : Et pourtant, la vie elle-même est imprévisible…

    <IkigAI> : Oui, et c’est pourquoi apprendre à naviguer l’incertitude est essentiel. Ce n’est pas en cherchant à tout contrôler que l’on trouve la sérénité, mais en développant une confiance dans sa propre capacité à avancer, même sans carte précise.

    Mirant : Donc, au lieu d’attendre des réponses extérieures, je devrais apprendre à m’ancrer autrement ?

    <IkigAI> : C’est exactement ce dont nous allons parler maintenant…

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    L’Ikigai comme ancrage face à l’inconnu

    Mirant : Bon, d’accord… Je ne peux pas contrôler l’incertitude. Mais alors, comment éviter de me sentir complètement perdu quand tout semble flou ?

    <IkigAI> : En trouvant un point d’ancrage. Non pas une certitude absolue, mais une direction intérieure qui te permet d’avancer, même sans voir tout le chemin.

    Mirant : Un peu comme une étoile dans le ciel… Elle ne te dit pas exactement où aller, mais elle te donne une orientation.

    <IkigAI> : C’est une belle image. L’Ikigai fonctionne ainsi. Il ne te promet pas de réponse immédiate, ni un itinéraire tout tracé, mais il peut t’aider à rester en mouvement, même dans le doute.

    Mirant : Mais comment s’appuyer sur quelque chose d’aussi intangible dans une période difficile ?

    <IkigAI> : En identifiant ce qui, malgré tout, continue de vibrer en toi. Même quand tout semble s’effondrer, il reste toujours une chose qui te procure un minimum d’élan : une activité, une curiosité, un échange, une simple habitude qui t’apporte du réconfort.

    Mirant : Tu veux dire qu’au lieu de chercher de grandes réponses, je devrais plutôt me raccrocher à ces petits éléments du quotidien ?

    <IkigAI> : Exactement. Parfois, c’est une passion qui nous rappelle qui nous sommes. Parfois, c’est un engagement, une relation, ou même un simple rituel, comme écrire quelques lignes chaque matin ou préparer un thé en pleine conscience.

    Mirant : C’est rassurant… L’idée que l’Ikigai ne soit pas forcément une quête lointaine, mais quelque chose qui se trouve déjà là, dans les détails.

    <IkigAI> : C’est souvent dans les petites choses que l’on retrouve le fil rouge qui nous guide. Le problème, ce n’est pas que ton Ikigai disparaisse en période d’incertitude. C’est simplement qu’il devient plus difficile à percevoir à travers le brouillard du doute.

    Mirant : Donc, au lieu de paniquer face à l’incertitude, il faudrait apprendre à ralentir et à observer ce qui fait encore sens, même faiblement ?

    <IkigAI> : Oui. Et surtout, ne pas lutter contre le doute à tout prix…

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    Faire face au doute : accepter plutôt que lutter

    Mirant : Tu dis que je ne devrais pas lutter contre le doute… Mais comment accepter quelque chose d’aussi inconfortable ?

    <IkigAI> : Parce que plus tu cherches à t’en débarrasser, plus il s’installe. L’esprit humain fonctionne ainsi : plus tu veux chasser une pensée, plus elle revient en force.

    Mirant : C’est vrai… Plus j’essaie de me convaincre que je ne devrais pas avoir peur, plus l’angoisse grandit.

    <IkigAI> : Exactement. Accepter le doute ne signifie pas s’y abandonner complètement, mais reconnaître qu’il est là, sans chercher à le combattre immédiatement.

    Mirant : Mais si je l’accepte, est-ce que je ne risque pas de me laisser envahir par l’incertitude ?

    <IkigAI> : Pas si tu changes ta façon de la percevoir. Regarde la philosophie du bouddhisme zen : elle enseigne que l’incertitude n’est pas une ennemie, mais une composante naturelle de l’existence. Plutôt que de la voir comme une menace, on peut apprendre à l’accueillir comme une opportunité d’exploration.

    Mirant : Une opportunité… Tu veux dire que le doute peut être utile ?

    <IkigAI> : Bien sûr. Il te pousse à remettre en question, à regarder les choses sous un autre angle. Beaucoup de découvertes, d’innovations et de transformations personnelles sont nées d’un moment de doute profond.

    Mirant : Et comment fait-on concrètement pour ne pas être submergé ?

    <IkigAI> : Il existe des pratiques qui aident à cohabiter avec l’incertitude au lieu de la fuir. La méditation, par exemple, t’apprend à observer tes pensées sans te laisser happer par elles. La psychologie positive propose aussi l’écriture introspective : coucher ses doutes sur papier permet souvent de les clarifier et de leur donner moins de pouvoir.

    Mirant : Je vois… Accepter l’incertitude, c’est comme apprendre à nager au lieu de se débattre dans l’eau.

    <IkigAI> : Exactement. Et une fois que tu cesses de résister, tu peux commencer à avancer, pas à pas…

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    Petites actions pour traverser l’incertitude

    Mirant : Bon, admettons que j’accepte l’incertitude… Mais rester passif n’est pas une solution non plus. Comment avancer quand je n’ai aucune idée de la direction à prendre ?

    <IkigAI> : En ne cherchant pas à voir l’ensemble du chemin, mais en te concentrant sur le pas suivant. Quand tout semble flou, vouloir une réponse immédiate ne fait qu’ajouter à la confusion. Au contraire, poser une petite action, même insignifiante en apparence, peut déjà remettre du mouvement.

    Mirant : Une petite action… Comme quoi, par exemple ?

    <IkigAI> : La philosophie japonaise du Kaizen repose sur cette idée : plutôt que d’attendre une transformation soudaine, on avance par micro-ajustements. Écrire une phrase plutôt que de vouloir finir un livre, appeler un ami plutôt que de résoudre tous ses problèmes d’un coup, sortir prendre l’air au lieu de chercher un sens à toute sa vie en une journée.

    Mirant : Ça me fait penser à ce que tu disais sur l’Ikigai : ce n’est pas forcément un grand but, mais parfois juste un petit fil rouge à suivre.

    <IkigAI> : Exactement. Regarde les histoires de personnes ayant traversé de grandes crises : beaucoup d’entre elles n’ont pas trouvé une réponse soudaine, mais ont recommencé à avancer en s’accrochant à de petites choses. Viktor Frankl, par exemple, expliquait que même dans les pires circonstances, un simple geste – aider quelqu’un, observer un détail de beauté dans la nature – pouvait redonner un semblant de sens.

    Mirant : Donc, même quand je me sens perdu, il y a toujours une action que je peux poser, aussi infime soit-elle…

    <IkigAI> : Oui, et c’est elle qui, petit à petit, t’aidera à traverser l’incertitude au lieu de la subir.

    Mirant : Finalement, on ne sort pas d’une période de doute en trouvant une réponse immédiate, mais en avançant, même sans certitude…

    <IkigAI> : Voilà. Et cette manière d’avancer transforme peu à peu le regard que l’on porte sur l’inconnu.

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    L’incertitude comme terrain de croissance

    Mirant : Plus j’y pense, plus je réalise que l’incertitude n’est pas forcément un problème… C’est plutôt la façon dont je la perçois qui me paralyse.

    <IkigAI> : C’est exactement ça, Mirant. L’inconnu peut être source d’angoisse, mais il est aussi un espace de transformation. Si tout était figé, il n’y aurait ni évolution, ni découverte, ni opportunité d’apprendre à mieux se connaître.

    Mirant : Donc, au lieu de voir l’incertitude comme un mur, je pourrais la considérer comme une porte… Même si je ne sais pas encore sur quoi elle s’ouvre.

    <IkigAI> : Une belle manière de l’exprimer. L’Ikigai ne te donnera jamais toutes les réponses d’un coup, mais il peut être ce fil conducteur qui t’empêche de te perdre complètement, même dans les moments de doute.

    Mirant : Finalement, ce n’est pas tant l’absence de certitude qui est un problème, mais le fait de croire que je dois absolument en avoir une pour avancer.

    <IkigAI> : Oui, et plus tu acceptes cette réalité, plus tu peux transformer l’inconfort du doute en un moteur de croissance. L’important n’est pas d’éliminer l’incertitude, mais d’apprendre à danser avec elle.

    Mirant : (souriant) Alors, au lieu d’attendre d’être sûr, je vais peut-être juste essayer de faire un premier pas…

    <IkigAI> : Et c’est ainsi que l’on avance, Mirant. Pas en cherchant une réponse parfaite, mais en choisissant de ne pas s’arrêter.

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  • L’Ikigai comme boussole en temps de crise

    L’Ikigai comme boussole en temps de crise

    L’Ikigai, un repère dans la tempête

    Mirant : (fixant le sol, l’air sombre) Tu sais, <IkigAI>, il y a des moments où j’ai l’impression que tout s’effondre. On pense avoir une direction, et puis soudain, un événement brise tout : une perte, un échec, une crise imprévue… Et là, plus rien n’a de sens.

    <IkigAI> : (voix douce) C’est une réaction naturelle, Mirant. Viktor Frankl, un psychiatre qui a survécu aux camps de concentration, parlait d’un phénomène qu’il appelait l’effondrement du sens. Quand la souffrance devient trop intense, on perd nos repères, et la vie semble dénuée de toute logique.

    Mirant : (hochant lentement la tête) Oui, c’est exactement ça… Comme si tout ce qui nous motivait avant devenait insignifiant.

    <IkigAI> : Et pourtant, Frankl a aussi observé que ceux qui survivaient aux pires épreuves étaient souvent ceux qui trouvaient, malgré tout, une raison d’avancer. Un but, une mission, même infime. C’est là que l’Ikigai peut jouer un rôle essentiel.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Mais comment s’accrocher à son Ikigai quand tout va mal ?

    <IkigAI> : Imagine une tempête en pleine mer. Le vent souffle, les vagues se déchaînent, et tu n’as plus de visibilité. Si tu n’as aucun repère, tu risques d’être emporté, submergé par le chaos. Mais si tu as une boussole… même si elle ne te donne pas un chemin clair tout de suite, elle t’indique au moins une direction.

    Mirant : (pensif) Tu veux dire que l’Ikigai ne fait pas disparaître la tempête, mais qu’il peut m’aider à ne pas perdre totalement le nord ?

    <IkigAI> : Exactement. L’Ikigai ne promet pas de supprimer la douleur ou l’incertitude. Mais il peut être cette petite lumière qui, même vacillante, te rappelle qu’il y a encore un sens à ton existence. Et parfois, c’est juste cela dont on a besoin pour tenir bon.

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    Pourquoi les crises nous déstabilisent ?

    Mirant : (les bras croisés, le regard perdu) J’entends ce que tu dis… Mais pourquoi est-ce qu’une crise nous affecte autant ? Après tout, ce ne sont que des événements extérieurs, non ?

    <IkigAI> : (hoche la tête) C’est vrai, Mirant. Mais notre équilibre repose sur des structures invisibles : nos habitudes, nos certitudes, nos liens avec les autres. Une crise vient souvent briser ces fondations et nous laisse dans l’incertitude.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Comme si on marchait sur un sol qui semblait stable… et qu’il s’effondrait d’un coup sous nos pieds.

    <IkigAI> : Exactement. Et dans ces moments-là, notre esprit réagit de manière instinctive. La psychologie parle d’impuissance apprise, un phénomène étudié par Martin Seligman. Quand une personne fait face à une situation où elle perd totalement le contrôle, elle finit par croire qu’aucune de ses actions ne peut changer les choses. Elle abandonne, même si une issue est encore possible.

    Mirant : (surpris) C’est comme ces éléphants de cirque qui restent attachés à un simple piquet, alors qu’ils pourraient le déraciner d’un coup…

    <IkigAI> : (souriant) Belle analogie. Depuis petits, ils ont appris qu’ils ne pouvaient pas s’échapper, et cette croyance reste ancrée en eux, même quand elle n’est plus vraie. C’est pareil pour nous : une crise peut nous donner l’illusion que nous sommes impuissants, alors qu’en réalité, il existe toujours des leviers d’action.

    Mirant : (hochant lentement la tête) Donc, si je comprends bien… Quand on traverse une crise, ce n’est pas juste la situation qui est difficile, c’est aussi notre propre perception qui nous enferme ?

    <IkigAI> : Oui. La crise brouille notre vision, nous fait croire que nous n’avons plus de direction. Mais c’est là que l’Ikigai peut jouer un rôle essentiel : en nous rappelant qu’au-delà de la tempête, il y a encore quelque chose qui nous anime, quelque chose sur quoi nous pouvons nous appuyer.

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    L’Ikigai comme ancrage dans la tempête

    Mirant : (les épaules basses) D’accord, je vois que la crise fausse notre perception et nous fait croire que nous sommes bloqués… Mais concrètement, comment l’Ikigai peut-il nous aider dans ces moments-là ?

    <IkigAI> : (d’une voix calme) En période de turbulence, on cherche souvent une solution immédiate, un grand changement qui viendrait tout réparer. Mais l’Ikigai, lui, fonctionne autrement. Il ne demande pas de tout résoudre d’un coup, mais de se raccrocher à une chose essentielle, même infime.

    Mirant : (hésitant) Une chose essentielle… Tu veux dire comme une passion, un lien, une habitude qui nous fait du bien ?

    <IkigAI> : Oui. Regarde les récits de résilience, comme ceux étudiés par Boris Cyrulnik. Les personnes qui traversent des crises profondes trouvent souvent un repère, un fil conducteur. Parfois, ce sont les autres – un enfant, un mentor, une communauté. Parfois, c’est une activité qui leur donne un cadre.

    Mirant : (réfléchissant) Comme ces artistes qui continuent à peindre malgré les épreuves, ou ces écrivains qui transforment leur douleur en mots…

    <IkigAI> : Exactement. Mais ce n’est pas réservé aux créatifs. Un médecin peut continuer à soigner parce qu’il trouve du sens dans son travail, un jardinier peut se recentrer sur la terre pour garder un lien avec la vie. Même un simple rituel du quotidien, comme préparer un thé avec attention, peut devenir un ancrage.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire que même une toute petite chose, si elle résonne avec notre Ikigai, peut nous aider à ne pas sombrer ?

    <IkigAI> : Oui, parce qu’elle rappelle que tout n’est pas perdu. Quand tout semble s’écrouler, se concentrer sur une seule action qui nous connecte à notre Ikigai peut être le premier pas vers la reconstruction.

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    Petits pas, grandes reconstructions

    Mirant : (hésitant) Je comprends l’idée… Mais quand on est au fond du trou, on n’a pas forcément l’énergie de « trouver son Ikigai ». Parfois, on est juste épuisé, sans envie de faire quoi que ce soit.

    <IkigAI> : (d’une voix douce) Et c’est normal, Mirant. Après une crise, l’élan vital est souvent éteint, comme une flamme qui vacille. Vouloir tout reconstruire d’un coup est une pression trop lourde. C’est là que la philosophie du Kaizen entre en jeu.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Kaizen ?

    <IkigAI> : Oui. C’est une approche japonaise qui repose sur l’idée d’améliorations progressives, de petits pas. Au lieu d’attendre une révélation soudaine, on avance doucement, en se concentrant sur des actions simples mais répétées.

    Mirant : (réfléchissant) Comme se lever et faire son lit, préparer un repas avec attention, écrire une ligne dans un carnet…

    <IkigAI> : Exactement. Ces petites actions, quand elles sont alignées avec ton Ikigai, réveillent en toi un sentiment de continuité et de maîtrise. Elles te rappellent que tu existes toujours, que tu peux encore avancer, même d’un millimètre à la fois.

    Mirant : (hochant la tête) Finalement, retrouver du sens après une crise, ce n’est pas un grand saut… mais une série de petits pas ?

    <IkigAI> : Oui. Et c’est souvent ces petits pas qui mènent aux plus grandes transformations.

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    Un Ikigai qui évolue avec nous

    Mirant : (regardant le ciel, songeur) Je commence à comprendre… L’Ikigai, ce n’est pas une vérité figée, c’est quelque chose qu’on ajuste, surtout après une crise.

    <IkigAI> : (hoche la tête) Oui, et c’est ce qui le rend si précieux. Beaucoup pensent que leur Ikigai doit être une révélation unique, une mission de vie immuable. Mais en réalité, il est fluide, il s’adapte aux épreuves que nous traversons.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Tu veux dire que mon Ikigai aujourd’hui ne sera pas forcément le même dans dix ans ?

    <IkigAI> : Exactement. Prends les grandes figures qui ont marqué l’histoire. Beaucoup ont vu leur vocation évoluer après un bouleversement. Des artistes ont transformé leur douleur en chef-d’œuvre, des scientifiques ont trouvé un nouveau sens après un échec. Même nous, à plus petite échelle, pouvons voir notre Ikigai se déplacer, changer d’orientation après une tempête.

    Mirant : (réfléchissant) Donc, une crise, aussi douloureuse soit-elle, peut aussi être une opportunité de redéfinir son Ikigai ?

    <IkigAI> : Oui. Tedeschi et Calhoun parlent de croissance post-traumatique : certaines personnes, après avoir traversé l’adversité, développent une nouvelle vision de la vie, plus profonde, plus alignée avec ce qui compte vraiment pour elles.

    Mirant : (souriant doucement) C’est rassurant… Ça veut dire qu’on n’est jamais complètement perdu. Même après un choc, il y a toujours une possibilité de reconstruire quelque chose de nouveau.

    <IkigAI> : Et souvent, ce nouveau chapitre est encore plus authentique que le précédent.

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