Catégorie : Trouver son Ikigai

  • S’inspirer des autres

    S’inspirer des autres

    La différence entre imitation et inspiration

    Mirant : (regardant avec attention des artisans travailler dans leurs ateliers) Je me demande parfois si chercher l’inspiration chez les autres n’est pas une forme d’aveu d’échec… Comme si je n’étais pas capable de trouver mon propre chemin.

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) Cette préoccupation remonte à loin, Mirant. Le poète Harold Bloom parlait de « l’anxiété de l’influence » – cette crainte que nos créations ne soient que des échos de celles qui les ont précédées.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Exactement ! Comment puis-je trouver mon Ikigai authentique si je ne fais que suivre les traces des autres ?

    <ikigAI> : (cueillant une feuille tombée au sol) Regarde cette feuille. Elle est unique par sa forme, ses nervures, ses teintes. Pourtant, elle partage le même motif fondamental que toutes les autres feuilles de cet arbre. La nature ne considère pas cela comme un échec, mais comme un miracle d’équilibre entre unité et diversité.

    Mirant : (dubitatif) Les feuilles n’ont pas le choix. Nous, si.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Précisément. Et ce choix réside dans la différence entre imitation et inspiration. Le philosophe Ralph Waldo Emerson disait : « L’imitation est suicide« . Mais il ajoutait aussi que s’inspirer, c’est reconnaître une vérité qui résonne déjà en nous.

    Mirant : (réfléchissant) Comment distinguer les deux, concrètement ?

    <ikigAI> : (prenant un moment) L’imitation est une copie extérieure qui ne transforme ni celui qui imite, ni ce qui est imité. L’inspiration, elle, est une reconnaissance intérieure. C’est comme une graine qui ne pourrait germer si le sol n’était pas déjà fertile pour l’accueillir.

    Mirant : (comprenant mieux) Donc quand quelque chose me touche profondément chez quelqu’un d’autre…

    <ikigAI> : (complétant sa pensée) C’est souvent que cette personne a exprimé une vérité qui dormait déjà en toi. Le psychologue Carl Jung parlait de « synchronicité » – ces coïncidences significatives qui semblent nous mettre en présence de ce dont nous avons besoin pour notre évolution.

    Mirant : (songeur) Comme les personnes qui croisent notre chemin au moment exact où nous pouvons apprendre d’elles…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le maître zen Thich Nhat Hanh disait que nous sommes faits de « non-nous » – tous ces éléments extérieurs qui nous nourrissent et nous façonnent. S’inspirer des autres n’est pas perdre son authenticité, mais reconnaître notre nature interdépendante.

    Mirant : (regardant autour de lui) Mais comment éviter de se perdre dans cette multitude d’influences ?

    <ikigAI> : (souriant) J’aime la métaphore de l’arbre que proposait le philosophe Gilles Deleuze. Un arbre a besoin de racines profondes – c’est ton essence, ton authenticité. Mais il a aussi besoin de branches qui s’étendent vers l’extérieur – ce sont tes explorations, tes rencontres avec l’altérité. Sans racines, l’arbre s’effondre. Sans branches, il ne peut ni respirer ni grandir.

    Mirant : (pensif) Un équilibre délicat…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Qui demande une présence constante à soi-même. Le philosophe japonais Kitaro Nishida parlait du « basho » – ce lieu de conscience où l’on peut à la fois s’ouvrir pleinement à l’extérieur et rester ancré dans son être profond.

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Donc s’inspirer des autres pour trouver son Ikigai, ce n’est pas copier leur chemin, mais reconnaître les échos qu’ils éveillent en nous…

    <ikigAI> : (rayonnant) Exactement. Comme l’écrivait Marcel Proust : « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. » S’inspirer des autres, c’est emprunter momentanément leur regard pour voir en soi des trésors jusque-là invisibles.

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    L’apprentissage par l’observation : les modèles et mentors

    Mirant : (observant un maître artisan guider son apprenti) Il y a quelque chose de fascinant dans cette transmission directe… Comment trouver des personnes vraiment inspirantes pour notre propre quête d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (méditatif) Les Japonais ont une expression magnifique pour cela : « Mikuni no susabi » – l’art de choisir ses influences. Ce n’est pas un hasard si la tradition de l’apprentissage y est si valorisée, notamment à travers la relation « senpai-kohai » – maître et disciple.

    Mirant : (curieux) Comment fonctionne cette relation exactement ?

    <ikigAI> : (s’asseyant sur un banc) Contrairement à notre vision occidentale souvent contractuelle de l’apprentissage, cette relation est considérée comme sacrée. L’anthropologue Takie Sugiyama Lebra explique que ce qui la rend si précieuse n’est pas seulement la transmission technique, mais l’osmose subtile qui s’opère entre deux êtres.

    Mirant : (dubitatif) L’osmose ? Ça semble bien mystique…

    <ikigAI> : (souriant) Pas tant que ça. Les neurosciences ont découvert les « neurones miroirs » qui nous permettent d’intérioriser ce que nous observons chez les autres. Le psychologue Albert Bandura a démontré que nous apprenons non seulement les compétences visibles, mais aussi les attitudes, les valeurs, et même les états intérieurs de ceux que nous observons attentivement.

    Mirant : (réfléchissant) Donc pour trouver mon Ikigai, je devrais chercher des personnes qui semblent l’avoir trouvé ?

    <ikigAI> : (nuançant du geste) Pas nécessairement des personnes qui l’ont « trouvé », mais plutôt celles qui sont pleinement engagées dans leur propre recherche. Le philosophe Martin Buber parlait de la relation « Je-Tu » – cette rencontre authentique où l’autre n’est pas un modèle à copier, mais une présence qui nous révèle à nous-mêmes.

    Mirant : (perplexe) Mais comment les identifier, ces personnes inspirantes ?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) Observe au-delà de la surface. La sociologue Sara Lawrence-Lightfoot a développé ce qu’elle appelle « l’art du portrait » – cette capacité à discerner l’essence d’une personne à travers les détails révélateurs de son quotidien. Les personnes vraiment inspirantes ne sont pas toujours celles qui paraissent extraordinaires, mais celles qui vivent l’ordinaire avec une qualité de présence extraordinaire.

    Mirant : (songeur) Je pense à ma grand-mère… Elle n’a jamais rien fait de spectaculaire, mais sa façon d’être pleinement présente à chaque instant a toujours été… lumineuse.

    <ikigAI> : (avec un regard appréciateur) Voilà une observation précieuse. Le théologien Howard Thurman disait : « Ne demandez pas ce dont le monde a besoin. Demandez-vous ce qui vous fait vivre et allez-y. Car ce dont le monde a besoin, c’est de personnes qui sont vivantes. » Cette vitalité authentique est souvent le signe d’un Ikigai pleinement vécu.

    Mirant : (pragmatique) Mais concrètement, comment apprendre de ces personnes ? Je ne peux pas simplement m’inviter dans leur vie…

    <ikigAI> : (réfléchissant) Il existe plusieurs chemins. Le premier est l’observation respectueuse. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait de la « perception participante » – cette façon d’observer qui n’est pas détachée mais engagée, attentive aux gestes, aux rythmes, aux silences même.

    Mirant : (acquiesçant) Un peu comme un apprenti observe son maître ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Exactement. Le deuxième chemin est la conversation consciente. L’art du dialogue socratique ne consiste pas à extraire des informations, mais à créer un espace où les vérités profondes peuvent émerger. Le psychiatre Carl Rogers a montré que l’écoute véritable – celle qui est présente sans jugement – permet d’accéder à des dimensions que les questions directes n’atteignent jamais.

    Mirant : (réfléchissant) Et le troisième ?

    <ikigAI> : (souriant) La collaboration. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi a étudié ce qu’il appelle la « créativité distribuée » – cette alchimie qui se produit quand plusieurs personnes travaillent ensemble vers un but commun. C’est souvent dans ces moments de création partagée que les essences se révèlent le plus clairement.

    Mirant : (pensif) Donc pour trouver mon Ikigai, je devrais m’entourer de personnes qui vivent pleinement le leur…

    <ikigAI> : (avec douceur) Tout en restant ancré dans ta propre quête. Comme le disait si joliment le poète Rainer Maria Rilke : « Soyez patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes. » Les mentors et modèles ne sont pas là pour te donner des réponses toutes faites, mais pour t’aider à mieux formuler tes propres questions.

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    Sagesse collective et expérience personnelle

    Mirant : (perplexe, feuilletant plusieurs livres) Il y a tant de conseils contradictoires… Comment distinguer les véritables sources d’inspiration de celles qui pourraient me détourner de mon Ikigai authentique ?

    <ikigAI> : (s’approchant calmement) Tu touches à une question essentielle. Le sociologue Zygmunt Bauman parlait de la « modernité liquide » – cette époque où nous sommes submergés d’influences et d’informations sans structure claire pour les filtrer.

    Mirant : (fermant un livre avec frustration) Exactement ! Un auteur dit de suivre sa passion, un autre de servir les besoins du monde, un troisième que tout est dans l’équilibre… Comment s’y retrouver ?

    <ikigAI> : (s’asseyant face à lui) Ce que tu décris ressemble à ce que le philosophe japonais Tetsuro Watsuji nommait « rinrigaku » – l’éthique de l’entre-deux. Comment naviguer entre la sagesse collective accumulée par l’humanité et ton expérience singulière irréductible à toute généralité.

    Mirant : (intrigué) Et comment navigue-t-on dans cet entre-deux ?

    <ikigAI> : (prenant une feuille de papier) Imagine ce processus comme une distillation. La sagesse collective – ces livres, ces témoignages, ces traditions – est comme l’eau de pluie qui tombe sur les montagnes. Abondante mais dispersée.

    Mirant : (suivant la métaphore) Et l’expérience personnelle ?

    <ikigAI> : (traçant le contour d’une vallée) Ton expérience personnelle est comme la vallée qui donne forme à cette eau, qui la canalise selon ton relief unique. La psychologue Carol Gilligan parlait de « voix différente » – cette capacité à écouter sa propre résonance intérieure face aux discours dominants.

    Mirant : (comprenant) Donc je dois filtrer les conseils à travers ma propre expérience…

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est ce que le philosophe Paul Ricœur appelait « l’herméneutique du soi » – cette interprétation active où tu n’es ni entièrement soumis aux influences extérieures, ni complètement isolé dans ta subjectivité. C’est un dialogue constant.

    Mirant : (curieux) Existe-t-il des critères pour guider ce dialogue ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le psychologue William James proposait le « pragmatisme » – juger une idée non par sa correspondance abstraite à une vérité universelle, mais par ses effets concrets sur ta vie. Une inspiration véritable, même difficile à suivre, te donne de l’énergie plutôt qu’elle ne t’en prend.

    Mirant : (songeur) Comme ces personnes qu’on quitte en se sentant revigoré, plutôt qu’épuisé…

    <ikigAI> : (rayonnant) Belle observation ! La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme la forme la plus rare de générosité. Lorsqu’une sagesse extérieure suscite en toi cette qualité d’attention vivifiante, c’est souvent le signe qu’elle résonne avec ton Ikigai.

    Mirant : (dubitatif) Mais comment être sûr que ce n’est pas simplement ce qui me conforte dans mes idées préconçues ?

    <ikigAI> : (approuvant du regard) Question cruciale. Le psychologue Carl Jung parlait de « synchronicité » – ces coïncidences significatives qui nous mettent face à ce dont nous avons vraiment besoin, pas nécessairement ce que nous croyons vouloir. Une véritable inspiration pour ton Ikigai peut d’abord te déstabiliser avant de te révéler un nouvel équilibre.

    Mirant : (pensif) Un peu comme une médecine amère qui guérit…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Et comme toute médecine, elle doit être dosée avec sagesse. Le philosophe indien J. Krishnamurti disait : « La vérité est un pays sans chemin » – personne ne peut y marcher pour toi. Les conseils et inspirations sont comme des lanternes qui éclairent momentanément le terrain, mais toi seul peux sentir si le sol est ferme sous tes pieds.

    Mirant : (réfléchissant) J’imagine qu’il y a aussi une temporalité à respecter… Certaines inspirations semblent pertinentes à un moment de notre vie, puis cessent de l’être.

    <ikigAI> : (avec chaleur) Tu touches à une vérité profonde. L’écrivain japonais Haruki Murakami écrit que « Le temps s’écoule de différentes façons pour différentes personnes« . Dans la tradition zen, on parle de « ji-sho-zanmai » – cette immersion totale dans le moment présent qui permet de discerner ce qui est juste, ici et maintenant, pour ton cheminement unique.

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Donc pour trouver mon Ikigai, je dois être à l’écoute des inspirations extérieures tout en maintenant cette boussole intérieure…

    <ikigAI> : (doucement) Cette écoute double est au cœur de la sagesse. Comme le disait le poète T.S. Eliot : « Nous ne cesserons pas d’explorer, et à la fin de notre exploration, nous arriverons là où nous avons commencé, et nous connaîtrons le lieu pour la première fois. » Les influences extérieures, quand elles sont bien digérées, ne te mènent pas ailleurs – elles te ramènent à toi-même, mais avec une conscience renouvelée.

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    L’inspiration culturelle et transculturelle

    Mirant : (contemplant une exposition d’art mêlant traditions japonaises et occidentales) Je me sens profondément attiré par la philosophie japonaise de l’Ikigai, mais parfois je me demande… Ai-je le droit de m’approprier des concepts issus d’une culture qui n’est pas la mienne ?

    <ikigAI> : (observant les œuvres avec attention) Tu soulèves une question d’une grande pertinence à notre époque. L’anthropologue James Clifford parle de la « condition diasporique » de notre temps – ce mouvement constant des personnes, des idées et des pratiques à travers les frontières culturelles.

    Mirant : (inquiet) Justement, comment s’inspirer respectueusement sans tomber dans l’appropriation superficielle ?

    <ikigAI> : (méditatif) La différence réside souvent dans l’intention et la profondeur. Le philosophe Kwame Anthony Appiah propose le concept de « cosmopolitisme enraciné » – cette capacité à s’ouvrir authentiquement à d’autres cultures tout en reconnaissant humblement sa propre position.

    Mirant : (réfléchissant) Donc l’humilité serait la clé ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) L’humilité et la réciprocité. L’ethnographe Bronisław Malinowski parlait de « don et contre-don » – cette compréhension que les échanges culturels véritables ne sont jamais à sens unique. Quand tu t’inspires profondément d’un concept comme l’Ikigai, tu le transformes inévitablement, mais tu lui offres aussi une nouvelle vie, un nouveau contexte.

    Mirant : (curieux) Comment savoir si cette transformation est fidèle à l’esprit original ?

    <ikigAI> : (souriant) Le philosophe Hans-Georg Gadamer utilisait la métaphore de « l’horizon de compréhension » – cette idée que comprendre une autre tradition culturelle n’est pas transplanter ses concepts intacts, mais créer une fusion d’horizons où les deux perspectives s’enrichissent mutuellement.

    Mirant : (songeur) Cela me fait penser à ces artistes japonais contemporains qui s’inspirent de traditions occidentales tout en restant profondément japonais…

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Exactement ! Le critique culturel Homi Bhabha parle d’un « troisième espace » – ce lieu d’hybridité créative où les traditions ne s’annulent pas mais se revitalisent mutuellement. L’écrivain Kazuo Ishiguro, né au Japon mais ayant grandi en Angleterre, incarne magnifiquement cette sensibilité transculturelle.

    Mirant : (pensif) Mais comment appliquer cela concrètement dans ma recherche d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Je te propose trois principes issus des études transculturelles. Premièrement, ce que l’historienne Mary Louise Pratt appelle « l’auto-ethnographie » – cette pratique qui consiste à examiner honnêtement tes propres présupposés culturels lorsque tu approches un concept étranger.

    Mirant : (intéressé) Et ensuite ?

    <ikigAI> : (poursuivant) Deuxièmement, la « contextualisation » dont parle l’anthropologue Clifford Geertz – cet effort pour comprendre un concept comme l’Ikigai dans son tissu culturel d’origine avant de le transposer. Par exemple, l’Ikigai japonais s’inscrit dans une vision du monde où l’interdépendance est valorisée différemment que dans les sociétés occidentales plus individualistes.

    Mirant : (comprenant) Donc adapter plutôt que simplement adopter…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Précisément. Et troisièmement, ce que le philosophe François Jullien nomme les « écarts féconds » – cette attention aux différences subtiles qui, plutôt que d’être des obstacles à la compréhension, deviennent des sources d’innovation. En découvrant comment l’Ikigai diffère de nos concepts occidentaux de bonheur ou de but, tu peux percevoir des angles morts dans ta propre culture.

    Mirant : (réfléchissant) Ces principes me semblent précieux… Mais existe-t-il des sagesses véritablement universelles, au-delà des spécificités culturelles ?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) Le psychologue transculturel Ken Wilber propose ce qu’il appelle la « philosophie pérenne » – ces intuitions fondamentales qui semblent émerger dans presque toutes les traditions de sagesse, malgré leurs différences de formulation. Par exemple, l’importance de l’équilibre, de la présence attentive, de la connexion aux autres…

    Mirant : (songeur) Comme des variations sur des thèmes universels…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Pierre Hadot parlait des « exercices spirituels » présents dans diverses traditions – des pratiques qui, au-delà de leurs formes culturelles spécifiques, visent à transformer notre rapport à nous-mêmes et au monde. L’Ikigai peut être vu comme une articulation japonaise particulière de cette quête universelle d’une vie significative.

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Alors je peux m’inspirer de l’Ikigai japonais tout en l’interprétant à travers mon propre contexte culturel et personnel…

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) C’est exactement cela. Comme l’écrivait T.S. Eliot : « Le passé d’une autre culture peut être le présent d’une autre. » L’inspiration véritable n’est jamais une simple importation, mais une conversation respectueuse entre ton héritage propre et ce que tu découvres ailleurs.

    Mirant : (inspiré) Une conversation qui enrichit les deux parties…

    <ikigAI> : (avec douceur) Et qui reconnaît que toute sagesse, même millénaire, continue d’évoluer. Le philosophe Jean-François Lyotard parlait de la « postmodernité » comme de cette conscience que les grands récits sont toujours en construction. Ta propre quête d’Ikigai devient ainsi une humble contribution à cette sagesse en perpétuel devenir.

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    De l’inspiration à l’expression authentique

    Mirant : (manipulant de l’argile avec maladresse, tentant d’imiter un potier expérimenté) C’est frustrant… Je m’inspire de sa technique, mais mes créations semblent toujours… inférieures. Comment passer de l’inspiration à une expression vraiment personnelle ?

    <ikigAI> : (observant ses efforts avec bienveillance) Le potier japonais Shoji Hamada disait : « D’abord tu imites, puis tu crées. » Cette phase d’imitation que tu traverses n’est pas un échec – elle est nécessaire.

    Mirant : (sceptique) Combien de temps dure cette phase alors ? J’ai l’impression d’être coincé à reproduire sans jamais trouver ma voix.

    <ikigAI> : (prenant un morceau d’argile) Le psychologue Robert Greene a étudié des maîtres dans divers domaines et a identifié ce qu’il appelle les « 10 000 heures » – ce temps approximatif nécessaire pour intérioriser suffisamment les techniques de base afin que l’expression personnelle puisse émerger naturellement.

    Mirant : (soupirant) Dix mille heures… C’est décourageant.

    <ikigAI> : (modelant doucement l’argile) Pas nécessairement. La calligraphe japonaise Kazuaki Tanahashi parle du « chemin sans but » – cette approche où chaque moment de pratique est valorisé pour lui-même, pas seulement comme un moyen d’atteindre la maîtrise. La transformation s’opère souvent quand nous cessons de la poursuivre avidement.

    Mirant : (regardant ses mains couvertes d’argile) Mais comment savoir si je progresse vers une expression plus authentique ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait du « corps propre » – cette intelligence incarnée qui sait avant que notre esprit ne formule. Prête attention aux moments où tes mains semblent « savoir » d’elles-mêmes, où ton corps ressent une justesse que ton mental n’a pas encore conceptualisée.

    Mirant : (surpris) Ça m’arrive parfois… Des moments où je cesse de penser à la technique et où un geste semble… juste.

    <ikigAI> : (avec un sourire approbateur) Ce sont les premiers signes de ce que le psychologue Carl Rogers appelait le « processus organismique » – cette capacité innée à évoluer vers l’authenticité quand les conditions sont propices. Ces moments fugaces deviendront progressivement plus fréquents.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des façons d’accélérer ce processus ?

    <ikigAI> : (pensif) Plutôt que d’accélérer, je parlerais d’approfondir. La philosophe Simone Weil distinguait « l’attention » de la « concentration » – la première étant une ouverture réceptive, la seconde un effort tendu. Paradoxalement, c’est souvent dans l’attention détendue que l’expression authentique émerge le plus naturellement.

    Mirant : (confus) Comment être détendu tout en restant attentif ?

    <ikigAI> : (posant son morceau d’argile) Le maître zen Shunryu Suzuki parlait de « l’esprit du débutant » – cette qualité de présence curieuse et sans présupposés. Essaie cet exercice : chaque fois que tu t’inspires de quelqu’un d’autre, demande-toi non pas « comment puis-je faire comme lui ? » mais « qu’est-ce que cette approche éveille en moi ? »

    Mirant : (essayant) Quand j’observe ce potier expérimenté, ce qui résonne en moi, c’est… la fluidité de ses mouvements, comme une danse avec la matière.

    <ikigAI> : (encourageant) Belle observation ! Maintenant, plutôt que d’imiter ses gestes précis, explore cette qualité de fluidité à ta manière. Le philosophe Rudolf Steiner parlait de « l’imitation créative » – cette capacité à s’inspirer de l’essence plutôt que de la forme.

    Mirant : (reprenant l’argile avec une nouvelle intention) Je comprends mieux… Il ne s’agit pas de reproduire son style, mais de trouver ma propre façon d’incarner cette qualité qui m’inspire chez lui.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Le compositeur John Cage disait que « L’imitation est la forme la plus sincère de la flatterie, mais l’adaptation est la forme la plus sincère de l’apprentissage. » En adaptant plutôt qu’en copiant, tu honores à la fois ton inspiration et ta singularité.

    Mirant : (travaillant l’argile avec une nouvelle conscience) Je remarque que quand j’essaie d’être fluide à ma façon, le résultat est différent… pas aussi raffiné, mais il y a quelque chose de… vivant.

    <ikigAI> : (regardant avec attention) Le philosophe Henri Bergson parlait de « l’élan vital » – cette force créatrice qui s’exprime différemment à travers chaque être. Ce que tu perçois comme des imperfections sont souvent les premiers signes de ton expression authentique qui émerge.

    Mirant : (songeur) Comme un accent personnel dans un langage universel…

    <ikigAI> : (rayonnant) Quelle belle formulation ! Le linguiste Noam Chomsky propose qu’il existe des « structures profondes » communes à tous les langages, mais que chaque langue les exprime avec ses particularités. De même, ton Ikigai partagera des fondamentaux avec celui des autres, tout en portant l’empreinte unique de ta sensibilité.

    Mirant : (regardant sa création imparfaite mais personnelle) Je commence à voir cette pièce différemment… Elle n’est pas une version inférieure de celle du maître – elle est simplement la mienne.

    <ikigAI> : (avec douceur) Et c’est précisément là que réside sa valeur irremplaçable. Comme l’écrivait le poète Antonio Machado : « Voyageur, le chemin n’existe pas, le chemin se fait en marchant. » Ton expression authentique n’attend pas d’être découverte – elle se crée dans ces moments courageux où tu transformes l’inspiration en exploration personnelle.

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    La communauté des chercheurs d’Ikigai

    Mirant : (regardant des personnes échanger avec animation lors d’un atelier sur l’Ikigai) Il y a quelque chose de puissant dans cette recherche partagée… Comme si trouver son chemin individuel était paradoxalement une aventure collective.

    <ikigAI> : (observant le groupe avec bienveillance) Tu touches à une vérité profonde. Le sociologue Émile Durkheim parlait d’ »effervescence collective » – ces moments où une communauté rassemblée autour d’une quête commune génère une énergie transformatrice qui dépasse la somme des énergies individuelles.

    Mirant : (réfléchissant) Pourtant, l’Ikigai semble si personnel, si intime…

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est cette tension féconde que la philosophe Hannah Arendt nommait la « pluralité humaine » – cette condition où nous sommes à la fois égaux et absolument distincts. Nos chemins d’Ikigai sont uniques, mais nous marchons sur un terrain commun d’humanité.

    Mirant : (curieux) Comment une communauté peut-elle nous aider à trouver quelque chose d’aussi personnel que notre Ikigai ?

    <ikigAI> : (inspirant profondément) Imagine un jardin communautaire. Chaque personne y cultive ses propres plantes, mais bénéficie du microclimat créé par l’ensemble, des connaissances partagées, des outils communs. Le psychologue Lev Vygotsky parlait de la « zone proximale de développement » – cet espace où nous pouvons aller plus loin en collaboration que seuls.

    Mirant : (pensif) Comme si nos recherches individuelles se soutenaient mutuellement…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le philosophe Georges Bataille évoquait l’ »économie générale » – cette circulation d’énergie et de sens qui dépasse l’accumulation individuelle. Dans une véritable communauté de chercheurs d’Ikigai, l’inspiration circule librement, sans possessivité.

    Mirant : (observant un échange particulièrement animé) Je remarque que certaines personnes semblent rayonner quand elles partagent leur parcours, même incomplet…

    <ikigAI> : (souriant) Tu observes ce que le sociologue Randall Collins appelle les « chaînes de rituels d’interaction » – ces moments où le partage authentique génère une énergie émotionnelle qui nourrit tous les participants. Paradoxalement, c’est souvent en inspirant les autres que nous clarifions notre propre Ikigai.

    Mirant : (surpris) Tu veux dire que je pourrais inspirer quelqu’un même si je n’ai pas encore « trouvé » mon Ikigai ?

    <ikigAI> : (avec conviction) Absolument. La théologienne Rebecca Solnit parle de « l’espoir dans le noir » – cette compréhension que nos actions imparfaites peuvent être précisément ce dont quelqu’un d’autre a besoin pour son prochain pas. Ta quête sincère, même tâtonnante, peut être une lanterne pour autrui.

    Mirant : (ému) C’est une perspective qui change tout… être à la fois élève et enseignant sur ce chemin.

    <ikigAI> : (doucement) Le pédagogue Paulo Freire rejetait la distinction rigide entre enseignant et apprenant, proposant plutôt un modèle où chacun est simultanément les deux. Dans la communauté des chercheurs d’Ikigai, nous oscillons constamment entre recevoir et offrir l’inspiration.

    Mirant : (réfléchissant) Mais comment créer ou trouver une telle communauté ?

    <ikigAI> : (méditatif) La sociologue Ray Oldenburg parle des « troisièmes lieux » – ces espaces ni domestiques ni professionnels où peuvent se tisser des liens communautaires authentiques. Parfois, ces communautés existent déjà autour de pratiques qui résonnent avec ton Ikigai émergent – arts, bénévolat, apprentissage…

    Mirant : (songeur) Ou peut-être peut-on commencer modestement, avec juste quelques personnes partageant cette quête…

    <ikigAI> : (acquiesçant avec enthousiasme) L’anthropologue Margaret Mead disait : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes réfléchies et engagées puisse changer le monde. En fait, c’est toujours comme cela que ça s’est passé. » Un cercle d’Ikigai peut commencer avec deux personnes partageant sincèrement leur cheminement.

    Mirant : (avec une nouvelle détermination) Je vois maintenant comment l’inspiration peut circuler… Comment nous pouvons être des miroirs les uns pour les autres, reflétant des possibilités que nous ne pourrions voir seuls.

    <ikigAI> : (rayonnant) Le philosophe Martin Buber parlait de la relation « Je-Tu » comme d’une rencontre où chacun est pleinement présent, sans instrumentalisation. Dans ces moments de présence mutuelle authentique, quelque chose de plus grand que nos individualités peut se manifester.

    Mirant : (inspiré) Comme si nos Ikigai individuels formaient une tapisserie plus vaste…

    <ikigAI> : (avec douceur) Une tapisserie où chaque fil est nécessaire et irremplaçable. Le biologiste Francisco Varela utilisait le concept bouddhiste d’ »interdépendance » – cette compréhension que nous nous co-créons mutuellement à travers nos interactions. Ton Ikigai n’émerge pas dans l’isolement, mais dans cette danse relationnelle avec les autres et le monde.

    Mirant : (regardant le groupe avec un regard neuf) Je commence à voir cette communauté différemment… Non pas comme un moyen d’atteindre mon Ikigai plus efficacement, mais comme une partie intégrante de ce qu’il signifie de vivre une vie pleine de sens.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Jean-Luc Nancy parlerait de « l’être-en-commun » – cette condition où notre singularité même n’existe que dans la relation. Peut-être que l’Ikigai le plus profond n’est pas celui que l’on trouve, mais celui que l’on crée ensemble, dans cette inspiration réciproque qui nous transforme tous.

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  • L’importance de l’écriture

    L’importance de l’écriture

    L’encre comme ancre

    Mirant : (tenant un carnet neuf entre ses mains, hésitant) Je n’ai jamais vraiment tenu de journal… Est-ce vraiment nécessaire pour trouver son Ikigai ? Je veux dire, j’ai toujours mes pensées dans ma tête, pourquoi les coucher sur papier ?

    <ikigAI> : (s’asseyant tranquillement, observant le carnet dans les mains de Mirant) L’esprit humain est comme une vaste océan, Mirant – magnifique, profond, mais aussi en perpétuel mouvement. L’écriture est cette ancre qui nous permet de nous stabiliser au milieu des vagues de pensées et d’émotions qui nous traversent constamment.

    Mirant : (dubitatif) Mais je n’ai jamais été très doué pour écrire. À l’école, mes rédactions étaient toujours… ordinaires.

    <ikigAI> : (souriant avec douceur) Il ne s’agit pas ici de littérature, mon ami, mais de présence. La philosophe María Zambrano parlait de « l’écriture comme demeure » – cet espace intime que nous créons et qui, paradoxalement, nous crée en retour. Quand tu écris pour ton cheminement intérieur, il n’y a ni jugement ni évaluation – seulement une rencontre authentique avec toi-même.

    Mirant : (regardant le carnet avec un nouvel intérêt) Une rencontre avec moi-même…

    <ikigAI> : (acquiesçant) La neuroscientifique Judy Willis a découvert que l’acte physique d’écrire active des régions cérébrales différentes de celles sollicitées par la simple réflexion mentale. Écrire à la main, en particulier, engage nos circuits sensoriels, moteurs et cognitifs simultanément, créant une expérience d’intégration unique.

    Mirant : (curieux) Donc il se passe vraiment quelque chose de différent quand j’écris plutôt que quand je pense simplement ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Le psychologue James Pennebaker a consacré des décennies à étudier les effets de l’écriture expressive. Ses recherches révèlent que l’écriture ne se contente pas de refléter nos pensées – elle les transforme activement. Quand nous écrivons, nous créons une distance réflexive qui nous permet de devenir à la fois l’auteur et le témoin de notre propre expérience.

    Mirant : (songeur) Un peu comme si j’étais à la fois l’acteur sur scène et le spectateur dans la salle…

    <ikigAI> : (rayonnant) Une métaphore parfaite ! Le philosophe Paul Ricœur parlait de la « distanciation productive » – cette capacité à se séparer suffisamment de son expérience immédiate pour lui donner sens. L’écriture crée précisément cet espace, ce dialogue intérieur qui, paradoxalement, nous rapproche de notre vérité profonde.

    Mirant : (ouvrant le carnet à la première page) Par où commencer, alors ? Je me sens un peu perdu devant cette page blanche.

    <ikigAI> : (doucement) Le poète Rainer Maria Rilke conseillait : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. » Commence simplement par accueillir ce qui émerge, sans jugement, sans attente d’une réponse immédiate. La page est un espace de possibles, pas une exigence de perfection.

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    Les multiples visages de l’écriture réflexive

    Mirant : (tenant son stylo au-dessus de la page) Je ne sais pas vraiment quel format adopter. Dois-je écrire comme dans un journal intime traditionnel ? Faire des listes ? Dessiner ?

    <ikigAI> : (s’installant confortablement) L’écriture réflexive peut prendre autant de formes qu’il y a d’individus, Mirant. La psychologue Ira Progoff a développé ce qu’elle appelle la « méthode du journal intensif » – une approche qui combine différentes modalités d’écriture pour explorer les diverses dimensions de notre expérience.

    Mirant : (intéressé) Quelles sont ces différentes modalités ?

    <ikigAI> : (comptant sur ses doigts) Il y a d’abord le journal chronologique – ces notes quotidiennes qui captent le flux de ta vie. Puis le dialogue écrit – cette conversation avec différentes parties de toi-même, ou avec des personnes, des objets, des situations qui te préoccupent. Ensuite l’écriture méditative – ces réflexions plus profondes sur des thèmes existentiels. Et enfin l’écriture créative – ces expressions plus libres, poétiques ou visuelles de ton voyage intérieur.

    Mirant : (surpris) Je n’imaginais pas qu’il existait autant d’approches…

    <ikigAI> : (souriant) Et ce n’est que le début ! Le psychologue James Pennebaker, que j’ai mentionné plus tôt, suggère également l’écriture exploratoire – ces questions ouvertes que tu te poses à toi-même et auxquelles tu réponds spontanément. Par exemple : « Qu’est-ce qui me donne de l’énergie en ce moment ? Qu’est-ce qui m’en prend ? »

    Mirant : (réfléchissant) J’aime cette idée de dialogue avec moi-même… Mais je ne risque pas de tourner en rond dans mes propres pensées ?

    <ikigAI> : (pensif) C’est une préoccupation légitime. C’est pourquoi la philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme la plus pure de générosité – y compris envers soi-même. L’écriture réflexive n’est pas une rumination, mais une exploration curieuse et bienveillante.

    Mirant : (intrigué) Comment maintenir cette curiosité sans tomber dans la rumination ?

    <ikigAI> : (s’animant) La chercheuse en psychologie positive Barbara Fredrickson suggère d’alterner entre différentes perspectives dans ton écriture. Tu peux passer de l’analyse (« Pourquoi est-ce important pour moi ? ») à l’intuition (« Que me dit mon instinct ? »), ou de la vision à long terme (« Comment cela s’inscrit-il dans mon parcours ? ») à l’expérience immédiate (« Que ressens-je maintenant ? »).

    Mirant : (prenant des notes) Donc varier les angles d’approche…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Le philosophe Ken Wilber parle des « quatre quadrants » de l’expérience – le subjectif individuel, l’objectif individuel, le subjectif collectif et l’objectif collectif. Une écriture réflexive riche explore ces différentes dimensions : tes sentiments personnels, tes comportements observables, tes relations avec les autres, et les structures sociales qui t’entourent.

    Mirant : (pensif) C’est fascinant de voir comment l’écriture peut cartographier toutes ces dimensions… Mais concrètement, quelles questions puis-je me poser pour explorer mon Ikigai spécifiquement ?

    <ikigAI> : (sortant un petit carnet) J’ai justement compilé quelques questions qui peuvent servir de points de départ pour chaque pilier de l’Ikigai. Pour explorer « ce que tu aimes », tu pourrais écrire sur : « Quelles activités me font perdre la notion du temps ? Quels souvenirs d’enfance contiennent des moments de joie pure ? Qu’est-ce que je ferais si l’argent n’était pas un problème ? »

    Mirant : (notant ces questions) Et pour « ce en quoi je suis doué » ?

    <ikigAI> : (tournant une page) « Quels compliments reçois-je régulièrement ? Quelles activités me semblent faciles alors que d’autres les trouvent difficiles ? Dans quels domaines ai-je progressé plus rapidement que la moyenne ? » Ces questions t’aideront à identifier tes talents, parfois si naturels pour toi que tu ne les remarques même pas.

    Mirant : (acquiesçant) Je vois le principe. Et pour les deux autres piliers ?

    <ikigAI> : (continuant) Pour « ce dont le monde a besoin », essaie : « Quels problèmes me touchent profondément ? Qu’est-ce que je voudrais changer dans ma communauté ? Quelles compétences ou connaissances pourrais-je partager qui seraient utiles aux autres ? » Et enfin, pour « ce pour quoi je peux être rémunéré » : « Quelles sont les tendances émergentes dans mon domaine ? Comment mes talents pourraient-ils répondre à un besoin économique ? Quelles nouvelles façons de créer de la valeur puis-je imaginer ? »

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    L’art du dialogue avec soi-même

    Mirant : (après avoir écrit quelques lignes, levant les yeux) J’ai l’impression que mes pensées sont encore confuses sur la page. Comment approfondir ce dialogue avec moi-même ?

    <ikigAI> : (méditatif) Le philosophe Mikhail Bakhtin parlait de « polyphonie » – cette multiplicité de voix qui habitent chacun de nous. L’écriture réflexive puissante reconnaît et engage ces différentes parties de nous-mêmes dans un dialogue authentique.

    Mirant : (perplexe) Tu veux dire… écrire comme si j’étais plusieurs personnes ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) D’une certaine façon, oui. Le psychologue Carl Jung parlait des différents « archétypes » qui constituent notre psyché. Dans ton journal, tu peux littéralement donner voix à ton côté rationnel, puis à ton intuition, à tes craintes, à tes espoirs… Comme une table ronde intérieure.

    Mirant : (essayant d’imaginer) Comment cela fonctionnerait-il concrètement ?

    <ikigAI> : (prenant le carnet) Permets-moi de te montrer. Tu pourrais commencer par une question, comme : « Quelle direction devrais-je prendre dans ma carrière ? » Puis tu laisses différentes parties de toi répondre. Par exemple :

    Mon côté rationnel : « Il faudrait analyser les secteurs en croissance et évaluer où mes compétences seraient les plus valorisées. »

    Mon intuition : « Je sens un appel vers l’enseignement ou la transmission, même si ce n’est pas le chemin le plus lucratif. »

    Ma peur : « Et si je faisais le mauvais choix et me retrouvais bloqué dans une voie sans issue ? »

    Ma sagesse : « Chaque chemin apporte ses propres leçons. Il n’y a pas de mauvais choix, seulement différentes expériences. »

    Mirant : (surpris) C’est étonnamment libérateur de donner voix à ces différentes perspectives… comme si je me donnais la permission d’être complexe.

    <ikigAI> : (souriant) La philosophe Martha Nussbaum parle de « l’intelligence des émotions » – cette compréhension que nos sentiments ne sont pas des interférences dans notre raisonnement, mais des sources précieuses d’information. L’écriture dialogique honore cette complexité.

    Mirant : (pensif) Je remarque que certaines de ces voix sont plus fortes que d’autres en moi…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Une observation importante ! La psychothérapeute Virginia Satir parlait des « parties » intérieures qui, souvent, prennent le contrôle lorsque nous sommes stressés ou incertains. L’écriture peut nous aider à identifier ces voix dominantes et à créer plus d’équilibre intérieur.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il d’autres techniques pour approfondir ce dialogue avec moi-même ?

    <ikigAI> : (s’animant) Absolutely! Le linguiste Stephen Krashen distingue « l’acquisition » et « l’apprentissage » d’une langue. De même, dans ton journal, tu peux alterner entre une écriture analytique, structurée (l’apprentissage) et une écriture plus fluide, spontanée (l’acquisition). Cette alternance crée une compréhension plus riche.

    Mirant : (intrigué) Comment cultiver cette spontanéité ?

    <ikigAI> : (enthousiaste) Essaie l’écriture automatique – cette pratique où tu écris continuellement pendant 5-10 minutes sans lever le stylo, sans censure ni jugement. La poétesse Natalie Goldberg l’appelle « wild mind writing » – cette façon d’accéder à des couches plus profondes de conscience.

    Mirant : (hésitant) Et si ce qui émerge me semble absurde ou sans rapport avec mon Ikigai ?

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le psychanalyste Jacques Lacan disait que « l’inconscient est structuré comme un langage » – nos associations apparemment aléatoires contiennent souvent une logique plus profonde que notre pensée consciente. Fais confiance au processus, et des connexions inattendues émergeront.

    Mirant : (prenant des notes) Donc aligner entre structure et spontanéité, entre différentes voix intérieures…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Et n’oublie pas le pouvoir des questions ouvertes. Le coach Marshall Rosenberg suggère de remplacer « pourquoi » par « comment » ou « qu’est-ce qui » pour éviter les explications défensives et encourager l’exploration. Au lieu de « Pourquoi est-ce que je n’avance pas dans cette direction ? », essaie « Qu’est-ce qui me retient ? Comment pourrais-je aborder autrement cette situation ? »

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    De l’observation à la transformation

    Mirant : (après avoir écrit plusieurs pages) Je commence à mieux comprendre mes motivations, mes résistances… Mais comment passer de cette prise de conscience à des changements concrets dans ma vie ?

    <ikigAI> : (s’asseyant plus droit) Tu touches à l’essence même de la pratique réflexive, Mirant. Le philosophe John Dewey distinguait la simple « expérience » de « l’expérience réflexive » – cette dernière impliquant un cycle d’observation, de réflexion et d’action qui transforme notre relation au monde.

    Mirant : (intéressé) Comment structurer mon écriture pour favoriser ce cycle ?

    <ikigAI> : (pensif) Le psychologue David Kolb a développé un modèle d’apprentissage expérientiel qui peut guider ton écriture transformative. Il propose quatre phases : l’expérience concrète, l’observation réflexive, la conceptualisation abstraite et l’expérimentation active.

    Mirant : (perplexe) Ça semble assez théorique…

    <ikigAI> : (souriant) Laisse-moi le rendre plus concret. Dans ton journal, tu pourrais créer quatre sections pour chaque exploration : « Ce qui s’est passé » (expérience), « Ce que j’en comprends » (observation), « Ce que cela m’apprend sur mon Ikigai » (conceptualisation), et « Ce que je vais essayer maintenant » (expérimentation).

    Mirant : (comprenant) Donc le journal devient non seulement un espace de réflexion, mais aussi un plan d’action ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! La philosophe Hannah Arendt parlait de la « vita activa » – cette vie d’engagement concret dans le monde, complémentaire à la vie contemplative. Ton journal peut être le pont entre ces deux dimensions de l’existence.

    Mirant : (pensif) J’aime cette idée de pont… Mais comment éviter que mes plans ne restent de simples mots sur une page ?

    <ikigAI> : (méditatif) Le psychologue Peter Gollwitzer a étudié ce qu’il appelle les « intentions de mise en œuvre » – ces plans spécifiques qui détaillent quand, où et comment tu vas agir. Au lieu d’écrire simplement « Je vais explorer le bénévolat », tu précises : « Samedi à 10h, je vais contacter l’association X pour discuter des possibilités de participation. »

    Mirant : (notant) Donc être très concret et spécifique…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Et n’oublie pas de créer des rituels de suivi. La chercheuse en habitudes BJ Fogg suggère d’ancrer tes nouvelles actions dans des routines existantes. Dans ton journal, tu pourrais noter : « Après mon café du matin, je passerai 15 minutes à pratiquer cette nouvelle compétence liée à mon Ikigai. »

    Mirant : (réfléchissant) Et comment savoir si je progresse vraiment dans ma quête d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (s’animant) C’est là que l’écriture rétrospective devient puissante ! La psychologue Laura King a découvert que relire régulièrement ses journaux précédents permet de reconnaître des motifs, des progrès et des évolutions qui resteraient invisibles autrement. Je te suggère de prévoir des moments mensuels ou trimestriels de révision et de synthèse.

    Mirant : (curieux) Comment structurer ces révisions ?

    <ikigAI> : (enthousiasmé) Le philosophe Pierre Hadot parlait des « exercices spirituels » de l’Antiquité – ces pratiques régulières qui transformaient progressivement l’être. Ta révision pourrait inclure des questions comme : « Quels thèmes récurrents ai-je observés ? Quelles nouvelles compréhensions ai-je gagnées ? Quelles expérimentations ont été les plus révélatrices ? Vers quelle direction mon Ikigai semble-t-il m’orienter maintenant ? »

    Mirant : (inspiré) Je commence à voir comment l’écriture peut vraiment devenir un outil de transformation, pas juste de réflexion…

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) Le philosophe Michel Foucault parlait de « l’écriture de soi » comme d’une « technologie du soi » – une pratique qui ne se contente pas de documenter qui nous sommes, mais participe activement à nous façonner. Ton journal d’Ikigai est à la fois la carte et le territoire de ton devenir.

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    Surmonter les obstacles de l’écriture

    Mirant : (posant son stylo, l’air frustré) Certains jours, je me retrouve à fixer la page blanche sans savoir quoi écrire. D’autres fois, je doute de l’utilité de tout ce processus. Comment maintenir cette pratique vivante ?

    <ikigAI> : (avec compassion) Ces moments de résistance font partie intégrante du voyage, Mirant. La psychanalyste Julia Kristeva parle de « l’abject » – ces aspects de notre expérience que nous avons tendance à éviter ou rejeter. Paradoxalement, ce sont souvent les passages les plus difficiles qui contiennent les plus grandes possibilités de transformation.

    Mirant : (surpris) Tu veux dire que mes blocages pourraient être significatifs en eux-mêmes ?

    <ikigAI> : (acquiesçant vigoureusement) Le philosophe Gaston Bachelard parlait de la « résistance du matériau » comme essentielle au processus créatif. Quand tu rencontres une résistance dans ton écriture, essaie de l’explorer directement : « Qu’est-ce qui me bloque aujourd’hui ? Quelle partie de moi résiste à cette exploration ? »

    Mirant : (pensif) Comme si le blocage lui-même devenait le sujet de l’écriture…

    <ikigAI> : (souriant) Exactement ! La psychologue Pennebaker, dont nous avons parlé plus tôt, a découvert que décrire nos blocages et nos émotions à leur sujet peut souvent les dénouer. C’est ce qu’il appelle « l’effet de distanciation » – nous devenons observateurs de notre propre expérience, ce qui crée un espace pour le changement.

    Mirant : (soupirant) Et quand je doute que tout cela mène quelque part ?

    <ikigAI> : (avec douceur) Le philosophe Søren Kierkegaard disait que « La vie ne peut être comprise qu’en regardant en arrière, mais elle doit être vécue en regardant vers l’avant. » Quand le doute s’installe, retourne à tes entrées précédentes – tu seras souvent surpris de voir le chemin déjà parcouru.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des stratégies concrètes pour ces jours où l’inspiration manque ?

    <ikigAI> : (s’animant) Absolument ! La poétesse Pat Schneider suggère de créer ce qu’elle appelle des « amorces d’écriture » – ces phrases incomplètes qui invitent à continuer. Pour ton journal d’Ikigai, tu pourrais préparer des débuts comme : « Aujourd’hui, ce qui me donne de l’énergie est… », « Je me sens le plus vivant quand… », « Si je pouvais offrir un don au monde, ce serait… »

    Mirant : (notant ces suggestions) Et pour intégrer cette pratique dans mon quotidien chargé ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention » comme forme de prière. Même quelques minutes d’écriture pleinement attentive peuvent être plus transformatrices qu’une heure d’écriture distraite. L’écrivain Natalie Goldberg recommande des « sprints d’écriture » – ces sessions courtes mais intenses où tu t’engages complètement.

    Mirant : (songeur) Je pourrais peut-être créer un petit rituel autour de ces moments d’écriture…

    <ikigAI> : (enthousiasmé) Les rituels sont puissants ! L’anthropologue Victor Turner parlait des « rituels de passage » comme créant un « espace liminal » – cette zone entre ce qui était et ce qui sera. Ton rituel d’écriture peut devenir ce seuil sacré où la transformation devient possible.

    Mirant : (curieux) Comment créer un tel rituel ?

    <ikigAI> : (méditatif) Réfléchis aux conditions qui facilitent ton introspection. Peut-être une tasse de thé spécifique, une bougie allumée, un moment particulier de la journée, un lieu dédié. La psychologue Mihaly Csikszentmihalyi observe que ces « rituels d’entrée » aident notre cerveau à basculer dans un état propice à l’expérience profonde.

    Mirant : (inquiet) Et si je manque de constance dans ma pratique ?

    <ikigAI> : (avec un sourire rassurant) La philosophe Chantal Delsol parle de la « fidélité créatrice » – cette forme d’engagement qui reste souple et adaptative. Si tu manques quelques jours, reviens simplement à ta pratique sans auto-jugement. Le journal est un compagnon, pas un maître exigeant.

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    L’écriture comme chemin collectif

    Mirant : (réfléchissant) J’ai toujours pensé à l’écriture comme à une activité profondément solitaire. Mais y a-t-il une dimension plus collective à cette pratique, surtout dans la recherche de l’Ikigai qui concerne aussi notre contribution au monde ?

    <ikigAI> : (s’animant) Tu touches à quelque chose de profond, Mirant ! Le philosophe Mikhail Bakhtin, dont nous avons parlé plus tôt, soulignait que même nos pensées les plus intimes sont fondamentalement dialogiques – façonnées par nos interactions avec les autres et le monde culturel que nous partageons.

    Mirant : (intrigué) Comment intégrer cette dimension dialogique dans mon journal d’Ikigai ?

    <ikigAI> : (pensif) La sociologue Patricia Hill Collins parle de « l’épistémologie du point de vue » – cette compréhension que notre perspective est toujours située dans un contexte social et historique spécifique. Dans ton journal, tu pourrais explorer comment ton Ikigai potentiel s’inscrit dans les besoins et les dynamiques de ta communauté.

    Mirant : (réfléchissant) Donc pas seulement « ce que j’aime » dans l’absolu, mais comment mes passions s’articulent avec un contexte plus large…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités » – ces libertés substantielles qui permettent à chacun de vivre une vie digne. Ton journal pourrait explorer comment ton Ikigai contribue à étendre ces capabilités, pour toi-même et pour les autres.

    Mirant : (curieux) Y a-t-il des pratiques d’écriture spécifiques pour explorer cette dimension collective ?

    <ikigAI> : (s’animant) Plusieurs ! Le pédagogue Paolo Freire a développé ce qu’il appelle la « pédagogie de la question » – cette pratique qui consiste à interroger les structures sociales que nous tenons pour acquises. Dans ton journal, tu pourrais questionner : « Qui bénéficie et qui est exclu des voies que j’envisage ? Comment mon Ikigai pourrait-il contribuer à plus d’équité ou de durabilité ? »

    Mirant : (pensif) J’aime cette idée de questionner les cadres habituels…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Tu pourrais également essayer ce que la théoricienne féministe bell hooks appelle « l’écriture transgressive » – cette pratique qui défie consciemment les attentes conventionnelles. Dans ton journal, laisse-toi imaginer des versions de ton Ikigai qui seraient considérées comme non conventionnelles ou même radicales.

    Mirant : (souriant) Sortir des sentiers battus, même dans mon propre esprit…

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Et n’oublie pas le pouvoir du partage sélectif ! Le philosophe Jürgen Habermas parle de « l’espace public » comme lieu de délibération collective. Bien que ton journal reste privé, tu pourrais choisir de partager certaines réflexions avec des personnes de confiance, créant ainsi un mini-laboratoire social pour tester et affiner tes idées.

    Mirant : (surpris) Partager mon journal ? Cela me semble… vulnérable.

    <ikigAI> : (avec douceur) La vulnérabilité est souvent le portail des connexions les plus significatives, Mirant. La chercheuse Brené Brown a découvert que la vulnérabilité authentique, loin d’être une faiblesse, est le fondement même du courage et de l’appartenance. Tu pourrais créer ce que la communauté de pratique appelle un « cercle d’écriture » – un petit groupe où chacun partage librement ses explorations d’Ikigai.

    Mirant : (réfléchissant) Je connais quelques amis qui sont aussi en questionnement sur leur voie… Ce serait intéressant de créer un tel espace.

    <ikigAI> : (rayonnant) Et dans cet échange, tu pourrais découvrir ce que la philosophe Hannah Arendt appelait « la pluralité » – cette condition humaine fondamentale où chaque perspective unique enrichit notre compréhension collective. Ton Ikigai n’émerge pas dans un vide, mais dans la riche tapisserie des relations humaines.

    Mirant : (inspiré) L’écriture devient alors non seulement un outil de découverte personnelle, mais aussi de connexion authentique…

    <ikigAI> : (acquiesçant avec chaleur) Le théoricien littéraire Kenneth Burke parlait de la littérature comme d’ »équipement pour vivre » – ces ressources symboliques qui nous aident à naviguer les complexités de l’existence. Ton journal d’Ikigai, partagé judicieusement, peut devenir un tel équipement, non seulement pour toi, mais pour toute une communauté en recherche de sens.

    Mirant : (songeur) Je n’avais jamais envisagé que mon exploration personnelle puisse avoir une dimension collective aussi importante…

    <ikigAI> : (méditatif) C’est peut-être l’une des plus belles vérités de l’Ikigai : notre quête la plus intime est aussi ce qui nous relie le plus profondément aux autres. Comme l’écrivait le poète John Donne, « Aucun homme n’est une île » – nos journaux intérieurs sont comme ces bouteilles à la mer qui, parfois, trouvent miraculeusement leur destinataire.

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    L’écriture comme célébration du chemin

    Mirant : (fermant son carnet après une longue session d’écriture) Je commence à comprendre que la recherche de l’Ikigai n’est pas tant l’atteinte d’une destination précise que l’attention portée au chemin lui-même… Comment l’écriture peut-elle m’aider à honorer ce voyage, avec ses détours et ses surprises ?

    <ikigAI> : (regardant au loin avec un sourire paisible) Le poète Antonio Machado écrivait : « Voyageur, le chemin n’existe pas. Le chemin se fait en marchant. » Ton journal est à la fois la carte que tu dessines et les empreintes que tu laisses sur ce chemin qui se crée pas à pas.

    Mirant : (intrigué) J’aime cette idée de tracer la carte en même temps que je découvre le territoire…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le philosophe Martin Buber distinguait la relation « Je-Cela » de la relation « Je-Tu » – la première traitant le monde comme un objet à manipuler, la seconde comme une présence vivante à rencontrer. L’écriture contemplative nous invite à cette seconde posture, où l’Ikigai n’est pas un trésor à capturer mais une conversation sacrée à cultiver.

    Mirant : (pensif) Donc mon journal serait moins un registre de « progrès » qu’un témoignage de rencontres…

    <ikigAI> : (doucement) La philosophe Simone Weil parlait de « l’attente » comme d’une forme d’attention particulièrement pure – cette disposition à accueillir ce qui vient sans l’enfermer dans nos attentes. Ton journal peut devenir cet espace d’attente attentive, où chaque page est une invitation ouverte à ce qui cherche à émerger.

    Mirant : (inspiré) Je pourrais peut-être inclure dans mon journal non seulement des mots, mais aussi des images, des collages, des couleurs…

    <ikigAI> : (s’animant) Absolument ! Le psychologue James Hillman parlait de « l’imagination active » – cette façon d’engager multiples facultés dans notre dialogue avec l’âme. La chercheuse en créativité Julia Cameron suggère ce qu’elle appelle des « sorties d’artiste » – ces moments où tu nourris délibérément ta sensibilité par des expériences esthétiques qui pourront ensuite féconder ton écriture.

    Mirant : (songeur) Comme si le journal devenait un jardin où je cultive non seulement des pensées, mais aussi des sensations, des émotions, des images…

    <ikigAI> : (rayonnant) Quelle belle métaphore ! Le philosophe Gaston Bachelard disait que « La rêverie est déjà une activité de l’âme. » Ton journal d’Ikigai peut accueillir ces rêveries comme des graines précieuses – certaines fleuriront immédiatement, d’autres resteront en dormance jusqu’au moment propice.

    Mirant : (réfléchissant) Y a-t-il une façon de célébrer les moments de clarté, ces instants où je sens que mon Ikigai se révèle un peu plus ?

    <ikigAI> : (méditatif) Le théologien Abraham Joshua Heschel parlait de « l’émerveillement radical » – cette capacité à percevoir le sacré dans l’ordinaire. Dans ton journal, tu pourrais créer des « marqueurs d’émerveillement » – ces pages spéciales où tu honores les moments de révélation, petits ou grands, qui jalonnent ton chemin.

    Mirant : (curieux) Comment créer ces marqueurs ?

    <ikigAI> : (souriant) Sois créatif ! Tu pourrais utiliser une couleur spéciale, dessiner un symbole particulier, ou même créer un petit rituel d’écriture pour ces moments. L’anthropologue Victor Turner parlait des « moments liminaux » – ces seuils où nous passons d’un état de conscience à un autre. Honorer ces passages, c’est reconnaître leur pouvoir transformateur.

    Mirant : (touché) Cela me rappelle que cette quête d’Ikigai n’est pas seulement intellectuelle, mais profondément existentielle…

    <ikigAI> : (avec un regard pénétrant) C’est peut-être la plus grande vertu de l’écriture réflexive, Mirant – elle nous rappelle que le sens n’est pas simplement quelque chose que nous comprenons, mais quelque chose que nous vivons, que nous incarnons. Comme l’écrivait le philosophe Maurice Merleau-Ponty, « Le plus grand enseignement de la réduction phénoménologique est l’impossibilité d’une réduction complète. » Notre expérience vécue déborde toujours nos concepts, et l’écriture nous aide à danser avec ce mystère plutôt qu’à prétendre le résoudre.

    Mirant : (inspiré, fermant son carnet avec révérence) Je commence à comprendre que ce journal devient non seulement un témoin de ma recherche d’Ikigai, mais un compagnon actif dans cette aventure…

    <ikigAI> : (avec un sourire lumineux) Un compagnon fidèle qui, comme tous les vrais amis, te reflète à la fois qui tu es et qui tu pourrais devenir. Comme l’écrivait Rilke dans ses Lettres à un jeune poète : « Sois patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton cœur et essaie d’aimer les questions elles-mêmes. Ne cherche pas maintenant les réponses qui ne peuvent pas t’être données parce que tu ne serais pas capable de les vivre. Et le but est de vivre tout. Vis les questions maintenant. Peut-être alors, graduellement, sans t’en apercevoir, tu te trouveras un jour lointain en train de vivre la réponse. » Ton journal est cet espace sacré où tu apprends à vivre les questions de ton Ikigai.

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    Evaluer les besoins du monde

    L’écho du monde

    Mirant : (assis au bord d’une rivière, lançant distraitement des galets dans l’eau) Je réfléchis beaucoup à ce que tu m’as dit sur les quatre piliers de l’Ikigai. La passion, je comprends… c’est ce qui nous fait vibrer. Mais « ce dont le monde a besoin »… c’est tellement vaste. Comment peut-on prétendre savoir ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (observant les cercles concentriques formés sur l’eau) Regarde ce que fait ton galet, Mirant. Un simple geste, et voilà des ondes qui se propagent bien au-delà du point d’impact.

    Mirant : (levant un sourcil) Et donc ?

    <ikigAI> : (souriant) Nos vies sont comme ces galets. Ce que nous faisons crée des ondes qui se propagent autour de nous, parfois bien plus loin que nous ne l’imaginons. La question n’est pas tant de « sauver le monde » que de comprendre quelle onde tu souhaites générer.

    Mirant : (sceptique) Ça me semble encore bien abstrait. Et un peu présomptueux, non ? Comme si mes petits actes pouvaient réellement changer quelque chose.

    <ikigAI> : (ramassant un galet) L’écrivain David Foster Wallace racontait l’histoire de deux jeunes poissons qui croisent un poisson plus âgé. Celui-ci les salue : « Bonjour les garçons, comment est l’eau aujourd’hui ? » Les deux jeunes poissons nagent un moment, puis l’un demande à l’autre : « C’est quoi, l’eau ? »

    Mirant : (confus) Et donc ?

    <ikigAI> : (lançant le galet qui rebondit plusieurs fois) Nous sommes souvent comme ces jeunes poissons, incapables de voir l’environnement dans lequel nous baignons. « Ce dont le monde a besoin » commence par une prise de conscience de l’eau qui nous entoure, des systèmes dans lesquels nous évoluons, et de comment nos actions les affectent.

    Mirant : (pensif) Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle. Mais concrètement, comment identifier ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (s’asseyant à côté de lui) La première étape est peut-être d’élargir ton cercle d’attention. La philosophe Simone Weil parlait de « l’attention », cette faculté de vraiment voir ce qui nous entoure, comme la forme la plus pure de générosité.

    Mirant : (ramassant un nouveau galet) Donc… je dois simplement être plus attentif à ce qui m’entoure ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est un début. Mais attention, il ne s’agit pas de porter le poids du monde sur tes épaules. La mission dont nous parlons n’est pas un fardeau écrasant, mais plutôt une invitation à élargir le cercle de ce qui compte pour toi.

    Mirant : (lançant son galet qui fait plusieurs ricochets) J’aime cette idée des cercles qui s’élargissent. Comme si ma mission pouvait commencer par quelque chose de petit, puis s’étendre naturellement.

    <ikigAI> : (regardant les cercles se propager) Exactement. Le philosophe Peter Singer parle du « cercle en expansion de l’éthique » — cette capacité humaine à élargir progressivement notre sphère de préoccupation, de notre famille immédiate jusqu’à l’humanité entière, voire au-delà.

    Mirant : (dubitatif) Mais avec tous les problèmes du monde… comment ne pas se sentir submergé ?

    <ikigAI> : (pointant vers l’horizon) En gardant à l’esprit que ta mission n’est pas de résoudre tous les problèmes, mais de contribuer dans le domaine où ton énergie peut faire la plus grande différence. Comme disait l’anthropologue Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait. »

    Mirant : (inspirant profondément) C’est à la fois effrayant et libérateur. Effrayant de penser que nos actions comptent vraiment. Libérateur de réaliser que je n’ai pas à tout résoudre seul.

    <ikigAI> : (souriant) Tu commences à saisir l’essence de la mission dans l’Ikigai. Ce n’est pas une charge, mais une connexion – un dialogue entre tes dons uniques et les besoins du monde qui t’entoure.

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    Identifier les besoins universels

    Mirant : (front plissé) Comment savoir quels sont vraiment les besoins du monde ? Il y a tellement de problèmes, tellement de causes… Comment ne pas me perdre ?

    <ikigAI> : (cueillant une fleur sauvage) Commençons par quelque chose de fondamental : les besoins humains universels. Le psychologue Abraham Maslow les a hiérarchisés dans sa célèbre pyramide, des besoins physiologiques de base jusqu’à l’auto-actualisation.

    Mirant : (curieux) Les besoins de base comme la nourriture, l’eau, l’abri…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Puis la sécurité, l’appartenance, l’estime et la réalisation de soi. Mais j’aime aussi l’approche de Manfred Max-Neef, économiste chilien, qui propose non pas une hiérarchie mais une matrice de besoins fondamentaux : subsistance, protection, affection, compréhension, participation, loisir, création, identité et liberté.

    Mirant : (surpris) Ça fait beaucoup de possibilités d’action…

    <ikigAI> : (hochant la tête) Et chaque besoin peut être satisfait de multiples façons. L’économiste Amartya Sen parlerait des « capabilités » — ces libertés substantielles qui permettent aux individus de mener le type de vie qu’ils ont raison de valoriser.

    Mirant : (réfléchissant) Donc ma mission pourrait être liée à l’augmentation de ces… capabilités pour d’autres ?

    <ikigAI> : (approbateur) C’est une façon profonde de le voir. Mais ne t’arrête pas aux besoins humains. L’écopsychologue Joanna Macy nous rappelle que notre cercle de préoccupation peut — et devrait — s’étendre au monde naturel dont nous dépendons.

    Mirant : (regardant autour de lui avec plus d’attention) Les besoins des écosystèmes, des autres espèces…

    <ikigAI> : (souriant) Tu élargis déjà ton cercle. Maintenant, une question plus personnelle : quels besoins te touchent particulièrement ? Quelles injustices ou souffrances te font réagir viscéralement ?

    Mirant : (pensif) J’ai toujours été sensible à l’éducation… L’idée que certains enfants n’aient pas accès aux connaissances ou aux outils pour développer leur potentiel me révolte.

    <ikigAI> : (vivement intéressé) Voilà une indication précieuse ! Cette sensibilité particulière n’est pas un hasard. Le psychiatre Viktor Frankl suggérait que nous ne choisissons pas notre mission — c’est elle qui nous choisit, qui nous appelle.

    Mirant : (sceptique) Mais comment distinguer un besoin réel d’une mode passagère ? Il y a tellement de causes « du moment »…

    <ikigAI> : (réfléchissant) Excellente question. J’aime l’approche du philosophe Roman Krznaric qui propose de distinguer les besoins intrinsèques des désirs extrinsèques. Les besoins intrinsèques sont ceux qui contribuent vraiment à l’épanouissement humain et écologique à long terme.

    Mirant : (perplexe) Comment faire cette distinction concrètement ?

    <ikigAI> : (proposant) Essaie cet exercice simple : pour chaque « besoin » que tu identifies, demande-toi « pourquoi » cinq fois de suite. Cela te permettra souvent de distinguer les besoins fondamentaux des symptômes superficiels.

    Mirant : (tentant l’exercice) Prenons l’éducation. Pourquoi est-ce important ? Parce que les gens ont besoin de compétences. Pourquoi ? Pour s’épanouir et contribuer à la société. Pourquoi ? Pour créer une communauté résiliente et vibrante. Pourquoi ? Pour que chacun puisse vivre dignement. Pourquoi ? Parce que la dignité humaine est une valeur fondamentale… Ok, je vois où tu veux en venir.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Tu vois comme tu arrives rapidement aux valeurs fondamentales ? Le sociologue Hartmut Rosa parlerait de « résonance » — ces moments où nous entrons en relation vibrante et significative avec le monde. Quels problèmes, quels besoins créent cette résonance en toi ?

    Mirant : (songeur) Je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle. Mais comment être sûr que ce que je perçois comme un besoin l’est réellement pour les personnes concernées ?

    <ikigAI> : (approbateur) Question cruciale ! La philosophe Martha Nussbaum insiste sur l’importance de l’écoute et du dialogue. Aucune liste abstraite de besoins ne peut remplacer la compréhension qui naît de l’échange direct avec les personnes concernées.

    Mirant : (soupirant) Tout cela me semble terriblement complexe…

    <ikigAI> : (rassurant) C’est normal de se sentir ainsi. Mais rappelle-toi que ta mission n’a pas besoin d’être parfaitement définie dès le départ. Elle se précisera à mesure que tu t’engageras. Comme l’écrivait E.L. Doctorow à propos de l’écriture : « C’est comme conduire de nuit. Vous ne voyez jamais plus loin que vos phares, mais vous pouvez faire tout le trajet comme ça. »

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    L’équilibre entre grands et petits besoins

    Mirant : (frustré) J’ai l’impression qu’on n’a le droit de parler de « mission » que si on s’attaque aux grands problèmes du monde — la faim, le changement climatique, les inégalités… C’est écrasant !

    <ikigAI> : (secouant doucement la tête) C’est une idée reçue très répandue, mais profondément erronée. La sociologue Rebecca Solnit parle de « l’espoir dans le noir » — cette conviction que les actions significatives ne sont pas nécessairement spectaculaires ou médiatisées.

    Mirant : (dubitatif) Tu veux dire que les petites actions comptent aussi ?

    <ikigAI> : (prenant un brin d’herbe) Pense à ce brin d’herbe. Seul, il semble insignifiant. Mais multiplie-le, et tu obtiens une prairie qui stabilise le sol, nourrit d’innombrables créatures, séquestre du carbone… La biologiste Robin Wall Kimmerer parle de la « grammaire de l’animisme » — cette compréhension que même les plus petites entités participent à un système plus vaste.

    Mirant : (réfléchissant) Donc ma mission pourrait être quelque chose d’apparemment modeste ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) La théologienne Rachel Naomi Remen raconte l’histoire d’un homme qui, chaque matin, ramassait les étoiles de mer échouées sur la plage pour les remettre à l’eau. Quand quelqu’un lui fit remarquer qu’il ne pourrait jamais toutes les sauver, il répondit en en lançant une à l’eau : « Pour celle-ci, ça fait une différence. »

    Mirant : (touché) C’est une belle histoire, mais est-ce vraiment suffisant face à l’ampleur des problèmes ?

    <ikigAI> : (pensif) Le politologue Elinor Ostrom, Prix Nobel d’économie, a passé sa vie à étudier comment les communautés locales gèrent durablement les ressources communes. Sa conclusion ? Les solutions les plus durables émergent souvent de la base, par des actions coordonnées à petite échelle.

    Mirant : (intéressé) Tu veux dire que les petites actions peuvent avoir un impact systémique ?

    <ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) Exactement ! Le concept de « petits battements d’ailes » en théorie du chaos illustre comment de minuscules variations peuvent entraîner des conséquences majeures dans un système complexe. Le mathématicien Edward Lorenz parlait du « battement d’ailes d’un papillon au Brésil qui peut déclencher une tornade au Texas ».

    Mirant : (pensif) Mais comment savoir si mes « petits battements d’ailes » vont dans la bonne direction ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Le biologiste et philosophe Andreas Weber propose une approche qu’il appelle la « biopoétique » — cette capacité à ressentir la vitalité des systèmes vivants et à agir en conséquence. Il s’agit moins de prédire les résultats exacts que de s’assurer que nos actions nourrissent la vie plutôt qu’elles ne l’épuisent.

    Mirant : (inspirant profondément) Ça demande une forme de confiance, j’imagine. De ne pas toujours voir l’impact immédiat de ce qu’on fait.

    <ikigAI> : (souriant) Une confiance nourrie par la conscience des interconnexions. L’écologiste Joana Macy parle du « travail qui relie » — cette pratique qui nous aide à percevoir notre appartenance à la toile de la vie et à agir depuis cette conscience.

    Mirant : (songeur) Pourtant, certains problèmes semblent vraiment nécessiter des solutions à grande échelle, non ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Absolument. C’est pourquoi l’entrepreneur social Bill Drayton, fondateur d’Ashoka, parle de l’importance des « changemakers » — ces personnes qui combinent une vision systémique avec une capacité d’action concrète. Mais même les grands changements commencent souvent par des actions modestes qui prennent de l’ampleur.

    Mirant : (pensif) Comme planter une graine qui deviendra un arbre…

    <ikigAI> : (rayonnant) Belle métaphore ! Le biologiste et auteur Stephen Harrod Buhner parle de « l’intelligence des plantes » — cette sagesse silencieuse qui sait comment un minuscule germe peut, avec le temps et les bonnes conditions, transformer radicalement un paysage.

    Mirant : (inspiré) Donc ma mission pourrait commencer modestement tout en portant l’intention d’un impact plus large ?

    <ikigAI> : (approuvant) Exactement. L’activiste Grace Lee Boggs disait : « Les petites actions transforment le créateur, le faiseur. Si suffisamment de petites actions sont faites par suffisamment de personnes, elles peuvent transformer le monde. »

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Je commence à voir que la mission n’est pas tant une question d’échelle que d’intention et de conscience…

    <ikigAI> : (doucement) Et de constance. Comme l’eau qui, goutte après goutte, finit par façonner la pierre.

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    Aligner désirs personnels et besoins collectifs

    Mirant : (perplexe) Il y a quelque chose qui me trouble. Si je suis vraiment honnête, j’ai du mal à voir comment mes désirs personnels pourraient s’aligner avec les besoins du monde. N’y a-t-il pas une contradiction fondamentale ?

    <ikigAI> : (cueillant une pomme sur un arbre proche) Regarde ce fruit. Est-ce que l’arbre est « égoïste » de produire quelque chose d’aussi délicieux ? Ou répond-il simplement à sa nature profonde, tout en nourrissant d’autres êtres ?

    Mirant : (considérant la pomme) Je vois où tu veux en venir, mais les humains sont plus complexes que des pommiers…

    <ikigAI> : (souriant) Certes, mais le principe reste valable. Le psychologue Jonathan Haidt parle de « l’élévation » — cette émotion que nous ressentons en voyant des actes de beauté morale, qui nous inspire à agir de façon similaire. Contrairement à l’idée reçue, il existe une profonde satisfaction à contribuer au bien commun.

    Mirant : (sceptique) Donc tu suggères qu’il n’y a pas de vrai conflit entre ce que je veux et ce dont le monde a besoin ?

    <ikigAI> : (nuançant) Je dis que ce conflit n’est pas inévitable. Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, dans ses recherches sur le « flow », a découvert que les expériences les plus satisfaisantes sont souvent celles qui combinent nos compétences avec des défis significatifs – particulièrement ceux qui servent quelque chose au-delà de nous-mêmes.

    Mirant : (réfléchissant) Donc le plus grand épanouissement viendrait de l’alignement entre mon bien-être et celui des autres ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est ce que suggèrent de plus en plus de recherches en psychologie positive. La chercheuse Barbara Fredrickson a développé la théorie « broaden-and-build » qui montre comment les émotions positives, dont beaucoup sont liées à la connexion et à la contribution, élargissent nos perspectives et construisent nos ressources à long terme.

    Mirant : (soupirant) Mais comment trouver cet alignement concrètement ? Comment savoir que ce que j’aime faire répond vraiment à un besoin ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Essaie cet exercice. Prends une feuille et trace deux cercles qui se chevauchent. Dans le premier, note ce que tu aimes faire, ce qui t’anime. Dans le second, note les besoins que tu observes autour de toi. Puis examine l’intersection — c’est là que se trouve souvent la graine de ta mission.

    Mirant : (imaginant l’exercice) Et si l’intersection semble vide ?

    <ikigAI> : (secouant la tête) Alors tu n’as pas creusé assez profondément. La philosophe Martha Nussbaum parle des « capabilités centrales » — ces libertés fondamentales qui permettent une vie digne. En réfléchissant à comment tes dons pourraient nourrir ces capabilités chez d’autres, tu trouveras presque toujours des connexions.

    Mirant : (pensif) Je suppose que ça demande aussi d’être créatif dans sa façon de voir les choses…

    <ikigAI> : (s’animant) Tout à fait ! La designer Hilary Cottam, dans son travail sur l’innovation sociale, parle de « réimaginer le possible » — cette capacité à voir des connexions là où d’autres voient des séparations. Parfois, il suffit de reformuler légèrement ce que tu aimes faire pour voir comment cela peut servir un besoin plus large.

    Mirant : (cherchant un exemple) Si j’aime, disons, les jeux vidéo… ça semble assez éloigné des grands besoins du monde.

    <ikigAI> : (souriant) Vraiment ? La game designer Jane McGonigal a montré comment les mécanismes du jeu peuvent être appliqués à des défis réels comme le changement climatique ou l’éducation. Le neuroéducateur Daphne Bavelier a démontré que certains jeux améliorent des capacités cognitives essentielles. Voilà des façons dont une passion pour les jeux vidéo peut se transformer en mission.

    Mirant : (impressionné) Je n’avais jamais pensé à ça sous cet angle.

    <ikigAI> : (encourageant) C’est souvent une question de perspective. L’écrivain et activiste Terry Tempest Williams parle de « trouver sa voix » — ce processus par lequel nous découvrons comment notre histoire personnelle s’entrelace avec l’histoire plus large de notre communauté et de notre temps.

    Mirant : (réfléchissant) Je suppose qu’il s’agit aussi d’être honnête avec soi-même sur ses véritables motivations…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Une honnêteté essentielle. Le philosophe Charles Taylor parle des « évaluations fortes » — ces jugements de valeur qui définissent qui nous sommes vraiment et ce qui compte pour nous. En clarifiant ces valeurs profondes, l’alignement entre le personnel et le collectif devient souvent plus évident.

    Mirant : (souriant légèrement) Il me semble que cette quête d’alignement est elle-même un voyage…

    <ikigAI> : (rayonnant) Un voyage qui est au cœur même de l’Ikigai ! Comme l’écrivait l’anthropologue Joseph Campbell à propos du « voyage du héros » : « Le privilège de toute une vie est d’être qui vous êtes. » J’ajouterais : et de découvrir comment ce que vous êtes peut nourrir le monde qui vous entoure.

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    La mission vécue au quotidien

    Mirant : (avec une pointe d’impatience) Tout cela semble très inspirant, mais aussi terriblement abstrait. Comment passe-t-on de ces grandes idées à des actions concrètes au jour le jour ?

    <ikigAI> : (cueillant une fraise sauvage qu’il partage) Goûte ceci. Qu’est-ce que tu remarques ?

    Mirant : (surpris après avoir goûté) Wow, l’intensité du goût ! Tellement plus vive que les fraises du supermarché.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Voilà une métaphore de la mission vécue au quotidien. Ce n’est pas nécessairement faire des choses différentes, mais les faire différemment — avec une présence, une intention et une conscience qui transforment l’ordinaire en extraordinaire.

    Mirant : (intrigué) Tu veux dire qu’on peut vivre sa mission dans des gestes simples ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) La neurologue Judson Brewer étudie comment la pleine conscience transforme nos circuits cérébraux de récompense. Il a découvert que les actions faites avec présence activent les mêmes centres de plaisir que ceux associés aux grandes réussites — parfois même davantage.

    Mirant : (surpris) Donc vivre sa mission au quotidien serait une question de qualité d’attention plutôt que de grands gestes ?

    <ikigAI> : (pondérant) C’est certainement une part importante. Le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh parlait de la « conscience intergénérationnelle » — cette compréhension que chaque petit geste, fait avec conscience, porte en lui le potentiel de transformer non seulement le présent, mais aussi l’avenir.

    Mirant : (cherchant des exemples) Comme quoi, concrètement ?

    <ikigAI> : (réfléchissant) Prenons le travail de la pédiatre Nadine Burke Harris sur les traumatismes infantiles. Elle a montré comment de simples interactions chaleureuses et attentives avec les enfants peuvent littéralement recâbler leurs cerveaux et contrecarrer les effets du stress toxique. Une mission profonde qui s’accomplit dans des gestes quotidiens.

    Mirant : (pensif) Je vois… Mais ces exemples concernent des personnes dont le métier a un impact évident. Qu’en est-il pour des professions moins… visiblement utiles ?

    <ikigAI> : (secouant la tête) Chaque profession, chaque activité peut être une voie pour servir ce dont le monde a besoin — tout dépend de comment elle est pratiquée. Le sociologue Richard Sennett parle de « l’artisanat » — cette qualité d’engagement qui transforme n’importe quel travail en une expression d’excellence et de service.

    Mirant : (sceptique) Même pour… je ne sais pas… un comptable dans une grande entreprise ?

    <ikigAI> : (souriant) Surtout pour un comptable ! La professeure de comptabilité forensique Kelly Richmond Pope montre comment les comptables peuvent être en première ligne pour détecter la fraude, protéger les ressources publiques, et assurer que les entreprises respectent leurs engagements environnementaux et sociaux. La transparence financière est fondamentale pour une société juste.

    Mirant : (impressionné) Je n’avais jamais vu la comptabilité sous cet angle.

    <ikigAI> : (continuant) Ou pense au travail du psychologue Barry Schwartz sur la « sagesse pratique » — cette capacité à discerner la bonne action dans chaque situation unique. Il montre comment des concierges d’hôpital ou des employés de supermarché peuvent transformer leurs rôles apparemment modestes en véritables missions, simplement en exerçant cette sagesse pratique.

    Mirant : (songeur) J’imagine qu’il s’agit aussi de voir au-delà des descriptions de poste formelles…

    <ikigAI> : (vivement) Exactement ! La chercheuse en management Amy Wrzesniewski appelle cela « job crafting » — cette capacité à redéfinir activement son travail pour l’aligner avec ses valeurs et aspirations profondes. Ses recherches montrent que ceux qui pratiquent le job crafting trouvent plus de sens et de satisfaction, tout en contribuant davantage.

    Mirant : (pensif) Donc même sans changer d’emploi, je pourrais réorienter ce que je fais déjà vers quelque chose qui répond davantage aux besoins du monde ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) C’est souvent le chemin le plus sage. L’activiste et auteur Charles Eisenstein parle du « changement comme sous-produit » — l’idée que les transformations les plus profondes viennent souvent quand nous nous concentrons sur faire ce qui est juste ici et maintenant, plutôt que de viser directement de grands changements systémiques.

    Mirant : (inspiré) Ça me rappelle cette citation… « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. »

    <ikigAI> : (souriant) Gandhi, oui. Et ce n’est pas qu’une jolie formule. La neuroscientifique Tania Singer a étudié les « neurones miroirs » et montré comment nos actions inspirent directement celles des autres autour de nous. Vivre sa mission au quotidien crée littéralement des ondes qui se propagent.

    Mirant : (réfléchissant) C’est comme revenir à l’image des galets dans l’eau… chaque petit geste crée ses propres cercles.

    <ikigAI> : (doucement) Et ces cercles s’entrecroisent, se renforcent, créant des motifs d’une beauté et d’une complexité que nous ne pouvons parfois même pas imaginer. Comme l’écrivait l’historienne Rebecca Solnit : « L’espoir n’est pas une projection d’un futur meilleur ; c’est une façon différente d’habiter le présent. »

    Mirant : (inspirant profondément) Cette vision de la mission est à la fois plus accessible et plus exigeante que ce que j’imaginais.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Plus accessible car elle commence ici et maintenant. Plus exigeante car elle demande une présence et une conscience constantes. Comme l’écrivait la poétesse Mary Oliver : « Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire de ta vie sauvage et précieuse ? »

    Mirant : (regardant au loin, puis revenant à <ikigAI> avec un sourire) La vivre pleinement, je suppose. Et découvrir, jour après jour, comment cette plénitude peut nourrir le monde qui m’entoure.

    <ikigAI> : (rayonnant) Voilà, mon ami, l’essence même de ce pilier de l’Ikigai — comprendre ce dont le monde a besoin, et y répondre avec tout ce que tu es.

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    Méthodes pratiques pour identifier les besoins du monde

    Mirant : (contemplant l’horizon) Ces perspectives sont inspirantes, mais j’aimerais des méthodes concrètes pour identifier les besoins auxquels je pourrais répondre. Par où commencer ?

    <ikigAI> : (s’asseyant en tailleur) La première méthode, peut-être la plus fondamentale, est la pratique intentionnelle de l’écoute. Le théologien Henri Nouwen parlait de « l’hospitalité attentive » — cette qualité de présence qui permet à l’autre de se révéler authentiquement.

    Mirant : (dubitatif) Tu veux dire simplement… écouter les gens ?

    <ikigAI> : (souriant) Oui, mais d’une façon particulière. L’ethnographe Sarah Pink a développé ce qu’elle appelle « l’observation participante sensible » — une façon d’être présent qui engage tous nos sens, pas seulement l’ouïe ou la vue. Essaie de passer une journée entière en mode réceptif, comme si tu étais un visiteur dans ta propre vie.

    Mirant : (intrigué) Sans agenda préconçu…

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Le philosophe Michel Serres parlait du « décentrement » — cette capacité à sortir de nos préoccupations habituelles pour percevoir le monde différemment. Les besoins réels se révèlent souvent quand nous suspendons momentanément nos propres attentes.

    Mirant : (réfléchissant) Et ensuite ? Une fois qu’on a écouté ?

    <ikigAI> : (prenant un carnet) L’étape suivante est ce que l’innovateur sociale Cheryl Heller appelle la « cartographie des besoins » — un processus où tu notes systématiquement les frustrations, les difficultés et les aspirations que tu observes autour de toi. Ce peut être dans ta famille, ton quartier, ton lieu de travail…

    Mirant : (sortant son téléphone) Je pourrais créer une note pour ça.

    <ikigAI> : (encourageant) Tu peux aussi utiliser ce que le chercheur en design Tim Brown appelle un « journal des frictions » — y consigner toutes les situations où tu remarques que quelque chose pourrait fonctionner mieux, où des personnes semblent bloquées ou limitées dans leur épanouissement.

    Mirant : (pensif) Je vois… Et ça aide à distinguer les besoins superficiels des besoins profonds ?

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) Pour cela, la méthode des « cinq pourquoi » développée par Sakichi Toyoda est particulièrement efficace. Quand tu identifies un problème ou un besoin apparent, demande-toi « pourquoi » cinq fois pour atteindre sa racine profonde.

    Mirant : (essayant) Par exemple, je vois des personnes âgées isolées dans mon quartier. Pourquoi sont-elles isolées ? Parce qu’elles n’ont pas d’occasions d’interactions sociales. Pourquoi ? Parce que les espaces communautaires ne sont pas adaptés à leurs besoins. Pourquoi ? Parce que l’urbanisme néglige souvent les besoins spécifiques des aînés. Pourquoi ? Parce que nos sociétés valorisent la jeunesse et la productivité au détriment d’autres valeurs. Pourquoi ? Parce que nous avons perdu la conscience de l’interdépendance des générations et la valeur de la sagesse acquise avec l’âge.

    <ikigAI> : (impressionné) Magnifique démonstration ! Tu vois comment tu es passé d’une observation simple à une compréhension systémique et profonde ?

    Mirant : (surpris lui-même) C’est puissant… Je commence à voir des connexions que je n’aurais jamais remarquées autrement.

    <ikigAI> : (hochant la tête) Une autre méthode puissante est ce que le sociologue George Marcus appelle « l’ethnographie multi-sites » — explorer un même besoin à travers différents contextes. Par exemple, comment l’éducation se manifeste dans une école publique, une famille, une entreprise, un centre communautaire…

    Mirant : (intéressé) Pour voir les motifs récurrents et les variations ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. La chercheuse en innovation Brenda Laurel parle de « reconnaître les motifs » — cette capacité à identifier les structures sous-jacentes à des manifestations diverses. C’est souvent là, à ces intersections, que se révèlent les besoins les plus fondamentaux.

    Mirant : (pensif) Ces méthodes semblent demander du temps… Comment les intégrer dans une vie déjà bien remplie ?

    <ikigAI> : (souriant) Le psychiatre et essayiste Iain McGilchrist suggère de cultiver ce qu’il appelle « l’attention divisée » — non pas comme une distraction, mais comme une conscience périphérique maintenue pendant nos activités quotidiennes. Comme un musicien qui reste attentif à l’ensemble de l’orchestre tout en jouant sa propre partie.

    Mirant : (comprenant) Donc il ne s’agit pas d’ajouter une activité supplémentaire, mais de transformer ma façon d’être présent dans ce que je fais déjà…

    <ikigAI> : (approbateur) Tu saisis parfaitement. Et n’oublie pas ce que la philosophe Simone de Beauvoir appelait « le détour par l’autre » — cette compréhension que notre propre humanité se révèle pleinement dans la rencontre authentique avec autrui. Les besoins du monde ne sont pas des abstractions, mais des réalités vécues par des personnes concrètes.

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    Les signes d’alignement entre talents et besoins

    Mirant : (perplexe) Comment savoir si mes talents répondent vraiment à un besoin authentique ? Je ne voudrais pas me raconter des histoires ou imposer des « solutions » dont personne n’a réellement besoin.

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est une préoccupation légitime et éthique. La philosophe Iris Marion Young parlait de « l’impérialisme culturel » — cette tendance à projeter nos propres cadres de référence sur les expériences des autres. Comment éviter cela ?

    Mirant : (curieux) Oui, exactement !

    <ikigAI> : (réfléchissant) Il existe des signes révélateurs d’un véritable alignement entre tes talents et les besoins du monde. Le premier est ce que le psychologue William Damon appelle « la résonance » — ce sentiment que quelque chose en toi vibre en harmonie avec ce que tu perçois à l’extérieur.

    Mirant : (songeur) Comme lorsqu’une situation me touche particulièrement, même si elle ne me concerne pas directement ?

    <ikigAI> : (hochant la tête) Précisément. La neurologue Antonio Damasio parlerait de « marqueurs somatiques » — ces réactions corporelles subtiles qui nous signalent que quelque chose mérite notre attention. Une accélération du pouls, une émotion spontanée, une envie immédiate d’agir…

    Mirant : (attentif) Je ressens parfois cela face à certaines injustices ou situations. Mais est-ce suffisant pour indiquer un alignement ?

    <ikigAI> : (nuançant) C’est un indice, pas une preuve. Le deuxième signe est ce que le philosophe Hans-Georg Gadamer nomme « la fusion des horizons » — ce moment où ta compréhension s’élargit au contact de perspectives différentes. Si tu peux intégrer authentiquement le point de vue des personnes concernées par un besoin, c’est un bon signe.

    Mirant : (pensif) Donc il faut vérifier ma compréhension auprès des premiers concernés ?

    <ikigAI> : (avec conviction) Absolument. L’anthropologue Clifford Geertz insistait sur la différence entre la « description mince » — l’observation superficielle — et la « description épaisse » — celle qui saisit les significations profondes que les personnes donnent à leurs propres expériences. Sans cette profondeur, on risque de passer à côté de l’essentiel.

    Mirant : (cherchant des exemples concrets) Comment reconnaître pratiquement cet alignement ?

    <ikigAI> : (souriant) Le troisième signe est ce que le psychologue Martin Seligman appelle « l’engagement immersif » — cette capacité à perdre la notion du temps lorsque tu mets tes talents au service d’un besoin. C’est comme si le temps s’étirait et se contractait à la fois.

    Mirant : (comprenant) J’ai connu ça… Des moments où je me sens complètement absorbé, où l’effort semble presque sans effort.

    <ikigAI> : (approuvant) Ces expériences sont précieuses. La chercheuse Teresa Amabile les associe à ce qu’elle nomme « le principe du progrès » — cette satisfaction profonde qui vient de l’avancement concret vers un objectif significatif, même par de petits pas.

    Mirant : (réfléchissant) Mais j’imagine qu’il y a aussi des signes plus… externes ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Le quatrième signe est ce que le sociologue Robert Putnam appelle « le capital social positif » — ces connexions qui se forment naturellement autour de ton action. Quand ton engagement crée spontanément une communauté, c’est souvent le signe que tu réponds à un besoin authentique.

    Mirant : (intrigué) Donc les autres reconnaissent la valeur de ce que tu fais, même sans que tu aies à l’expliquer?

    <ikigAI> : (hochant vigoureusement la tête) C’est cela même ! Et le cinquième signe, peut-être le plus profond, est ce que la philosophe Simone Weil appelait « l’enracinement » — cette sensation que ton action n’est pas plaquée artificiellement sur la réalité, mais qu’elle émerge organiquement du contexte, comme une plante du sol qui la nourrit.

    Mirant : (pensif) Je comprends… Mais ces signes semblent parfois subtils ou subjectifs.

    <ikigAI> : (avec douceur) C’est pourquoi la régularité des interactions et l’ouverture aux retours sont cruciales. L’économiste Elinor Ostrom parlait de « l’apprentissage adaptatif » — cette capacité à ajuster continuellement notre compréhension et notre action en fonction des effets observés et des feedbacks reçus.

    Mirant : (souriant) C’est comme une conversation continue avec la réalité…

    <ikigAI> : (rayonnant) Une magnifique formulation ! Le poète et fermier Wendell Berry parle de « la conversation avec la nature » — cette relation attentive où nous apprenons à lire les réponses subtiles du monde à nos actions. C’est peut-être la forme la plus profonde d’alignement : quand notre contribution s’intègre harmonieusement dans la toile complexe de la vie.

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    Conclusion : l’harmonie entre dons personnels et besoins collectifs

    <ikigAI> : (observant le coucher de soleil) Au terme de notre exploration, que retiens-tu de plus précieux, Mirant ?

    Mirant : (méditatif) Je comprends maintenant que « ce dont le monde a besoin » n’est pas une question abstraite à laquelle je devrais répondre intellectuellement. C’est plutôt une invitation à affiner ma perception, à élargir mon cercle d’attention, et à reconnaître les résonances naturelles entre mes dons et les besoins qui m’entourent.

    <ikigAI> : (acquiesçant) C’est une belle synthèse. Le philosophe Maurice Merleau-Ponty parlait de « l’entrelacement » — cette relation intime entre le corps percevant et le monde perçu. Nous ne sommes pas des observateurs détachés cherchant à « trouver » des besoins, mais des participants engagés dans une danse continue avec la réalité.

    Mirant : (inspiré) Et ce qui me frappe aussi, c’est que cette quête n’est pas seulement utilitaire — trouver un besoin pour y répondre — mais profondément transformative. Elle change ma façon même d’être au monde.

    <ikigAI> : (souriant) Le psychologue Robert Kegan parlerait d’un « changement d’ordre de conscience » — non pas simplement acquérir de nouvelles informations, mais développer une nouvelle façon de savoir. La perception des besoins du monde devient une pratique spirituelle en soi.

    Mirant : (pensif) Je réalise également que l’échelle n’est pas ce qui importe le plus. Un petit geste authentique, né d’une véritable compréhension et aligné avec mes dons, peut avoir une profondeur et une portée que je ne peux pas toujours mesurer.

    <ikigAI> : (doucement) Comme l’écrivait le poète William Blake : « Voir un monde dans un grain de sable, et un paradis dans une fleur sauvage, tenir l’infini dans la paume de la main, et l’éternité dans une heure. » Chaque action authentique contient en elle le potentiel de l’infini.

    Mirant : (avec une nouvelle clarté) Ce qui compte n’est pas tant l’ampleur de l’impact que sa justesse — cette qualité d’alignement qui fait qu’une action semble à la fois naturelle et nécessaire.

    <ikigAI> : (approuvant) Le philosophe Aristote parlait de « l’ergon » — la fonction ou l’œuvre propre à chaque être. Quand nous trouvons notre ergon au sein de la communauté humaine et écologique, nous expérimentons ce qu’il appelait l’ »eudaimonia » — ce florissement intégral de notre nature.

    Mirant : (souriant) Donc l’Ikigai n’est pas tant un point fixe à atteindre qu’une danse continuelle d’ajustement entre qui je suis et ce que le monde appelle en moi…

    <ikigAI> : (rayonnant) Une danse, oui ! Et comme toute danse véritable, elle demande à la fois structure et improvisation, conscience de soi et attention à l’autre, technique et abandon. Le physicien David Bohm parlait du « mouvement de la totalité » — cette chorégraphie cosmique où chaque partie influence le tout et est influencée par lui.

    Mirant : (se levant, inspiré) Je me sens prêt à commencer cette exploration plus consciemment — à aiguiser ma perception des besoins, à observer les résonances qui se créent naturellement, à expérimenter avec humilité…

    <ikigAI> : (se levant à son tour) Et n’oublie pas ce que disait le sage taoïste Lao Tseu : « La nature ne se presse pas, pourtant tout s’accomplit. » Cette quête demande patience et confiance. Les connexions les plus profondes entre tes dons et les besoins du monde se révéleront peut-être lentement, comme un arbre qui pousse — imperceptiblement jour après jour, mais inexorablement au fil des saisons.

    Mirant : (inspirant profondément) Merci pour ces éclairages. Je commence à voir que trouver « ce dont le monde a besoin » n’est pas un fardeau, mais une invitation à une vie plus riche, plus connectée et plus significative.

    <ikigAI> : (posant une main sur son épaule) Et c’est précisément là que réside la beauté de l’Ikigai : ce point d’harmonie où ce qui nous épanouit personnellement contribue aussi au bien commun. Comme l’exprimait si justement le théologien Frederick Buechner : « Votre vocation se trouve là où votre joie profonde rencontre les besoins profonds du monde. »

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  • Identifier ses talents uniques

    Identifier ses talents uniques

    La quête des trésors cachés

    Mirant : (frustré) Je ne comprends pas cette histoire de talents. Tout le monde parle de « découvrir ses talents » comme si on avait tous des super-pouvoirs cachés. Mais si je n’en ai pas, de talents particuliers ?

    <ikigAI> : (souriant paisiblement) Sais-tu ce que disait Howard Gardner à propos de l’intelligence, Mirant ? Qu’elle n’est pas unique, mais multiple. Il en va de même pour les talents.

    Mirant : (sceptique) Je ne suis ni musicien virtuose, ni athlète olympique, ni génie des mathématiques…

    <ikigAI> : (s’asseyant près de lui) Tu cherches des talents spectaculaires, mais les plus précieux sont souvent les plus subtils. Comme le disait si bien Annie Dillard : « La façon dont nous passons nos journées est, bien sûr, la façon dont nous passons nos vies. » Les talents qui enrichissent véritablement notre quotidien ne font pas nécessairement la une des journaux.

    Mirant : (pensif) Comment distinguer un vrai talent d’une simple… compétence ?

    <ikigAI> : Belle question. Explorons cette nuance ensemble.

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    Talents et compétences : une distinction essentielle

    <ikigAI> : (dessinant deux cercles qui se chevauchent sur un carnet) Imagine le talent comme une graine naturelle, et la compétence comme un arbre cultivé. L’un est inné, l’autre est acquis.

    Mirant : (perplexe) Donc les talents, c’est ce qu’on sait faire sans avoir appris ?

    <ikigAI> : Pas tout à fait. C’est plutôt ce que tu apprends avec une aisance particulière, ce qui te semble fluide et naturel quand d’autres s’y épuisent. Comme le suggérait Mihaly Csikszentmihalyi dans ses travaux sur le « flow », certaines activités te placent dans un état d’absorption joyeuse. C’est souvent là que se cachent tes talents.

    Mirant : (songeur) Comme quand je perds la notion du temps en expliquant des concepts complexes à mes amis… Ils disent que je rends les choses claires.

    <ikigAI> : (acquiesçant avec enthousiasme) Exactement ! Cette capacité à vulgariser n’est pas donnée à tous. La psychologue Angela Duckworth parlerait de « passion et persévérance » – ce qu’elle nomme le « grit ». Ce qui te semble facile peut être une véritable montagne pour d’autres.

    Mirant : Mais tout le monde peut apprendre à expliquer, non ?

    <ikigAI> : Certes, mais avec quelle facilité et quel résultat ? Une compétence s’acquiert par l’effort et la répétition. Un talent se révèle, s’affine, et te procure cette sensation unique d’être « à ta place » quand tu l’exerces.

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    La cartographie des dons : catégories de talents

    <ikigAI> : (se levant pour contempler l’horizon) J’aime voir les talents comme un archipel intérieur dont certaines îles sont visibles et d’autres submergées.

    Mirant : (intrigué) Des îles submergées ? Tu veux dire des talents dont je ne serais pas conscient ?

    <ikigAI> : Exactement. Le psychologue Robert Sternberg parle d’intelligence « analytique », « créative » et « pratique ». De même, nos talents se répartissent en différentes catégories.

    Mirant : (curieux) Lesquelles ?

    <ikigAI> : Il y a d’abord les talents manifestes – ceux que tu reconnais déjà. Puis les talents dormants – ceux que tu n’as pas encore eu l’occasion d’explorer. Ensuite, les talents niés – ceux que tu minimises par modestie ou conditionnement. Enfin, les talents émergents – ceux qui naissent de la combinaison unique de tes expériences.

    Mirant : (pensif) Comment savoir dans quelle catégorie se trouve un talent potentiel ?

    <ikigAI> : La culture japonaise nous offre un concept précieux : le « Kaizen », l’amélioration continue par petits pas. Explore régulièrement de nouvelles activités sans attente de performance immédiate. Comme le disait le maître zen Shunryu Suzuki : « Dans l’esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités ; dans celui de l’expert, il y en a peu.« 

    Mirant : (souriant) J’aime cette idée d’explorer sans pression.

    <ikigAI> : L’anthropologue Angeles Arrien suggérait de suivre ce qui nous apporte de la joie, du défi, de la facilité et du sens. C’est une boussole puissante pour cartographier tes talents.

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    Méthodes d’auto-découverte : l’archéologie intérieure

    <ikigAI> : (s’asseyant en position de méditation) Connais-tu l’exercice du « pic d’expérience » proposé par Abraham Maslow ?

    Mirant : (secouant la tête) Non, en quoi consiste-t-il ?

    <ikigAI> : Il s’agit de revisiter les moments où tu t’es senti pleinement vivant, absorbé, en parfaite harmonie avec ton activité. Ces moments révèlent souvent des talents en action.

    Mirant : (réfléchissant) Comment procéder concrètement ?

    <ikigAI> : (souriant) Prends un carnet et note cinq expériences où tu t’es senti « dans ton élément ». Puis analyse : qu’est-ce qui était en jeu ? Quelles capacités mobilisais-tu ? Quelles valeurs exprimais-tu ?

    Mirant : (dubitatif) Ça semble abstrait…

    <ikigAI> : Essayons une approche plus structurée alors. Le psychologue Martin Seligman a développé le questionnaire VIA des forces de caractère. Il identifie 24 forces réparties en six vertus. Chacun possède cinq « forces signatures » qui constituent le cœur de son potentiel.

    Mirant : (intéressé) On peut vraiment mesurer ça ?

    <ikigAI> : Le questionnaire est disponible gratuitement en ligne. Mais tu peux aussi procéder différemment. Repense à ta jeunesse : qu’aimais-tu faire avant que le monde ne te dise ce que tu « devrais » être ? Comme le suggère Parker Palmer : « Avant que le monde ne nous dise qui nous sommes, nous avons déjà une conscience profonde de notre nature authentique.« 

    Mirant : (nostalgique) J’adorais organiser des jeux pour mes amis, créer des énigmes…

    <ikigAI> : (hochant la tête avec enthousiasme) Tu vois ? Ces inclinations précoces sont souvent révélatrices. La psychanalyste Clarissa Pinkola Estés parle de retrouver notre « nature sauvage », cette essence authentique que la socialisation peut étouffer.

    Mirant : (surpris) Je n’aurais jamais pensé que mes jeux d’enfant puissent être significatifs.

    <ikigAI> : Les neuroscientifiques confirment que nos circuits neuronaux les plus développés révèlent nos talents naturels. C’est pourquoi certaines activités te semblent si fluides – elles empruntent des autoroutes neuronales déjà bien établies.

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    Le regard des autres : miroirs de nos dons

    <ikigAI> : (prenant une pierre polie) Connais-tu l’origine du mot « talent » ?

    Mirant : (hésitant) Une unité de mesure, je crois ?

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement ! Dans l’Antiquité, le « talanton » était une unité de poids et de monnaie. Comme quoi, nos talents sont littéralement notre richesse personnelle. Mais parfois, nous sommes de piètres comptables de notre propre trésor.

    Mirant : (perplexe) Que veux-tu dire ?

    <ikigAI> : Le philosophe Jostein Gaarder l’explique bien dans « Le monde de Sophie » : ce qui nous est le plus familier devient souvent invisible à nos yeux. Nos talents nous semblent ordinaires précisément parce qu’ils nous sont naturels.

    Mirant : (comprenant) Donc j’aurais besoin du regard des autres ?

    <ikigAI> : Le sociologue Charles Horton Cooley parlait du « miroir social » – nous nous percevons en partie à travers les yeux des autres. Essaie cet exercice : demande à cinq personnes qui te connaissent bien de te dire ce qu’elles considèrent comme tes forces et qualités uniques.

    Mirant : (gêné) C’est un peu embarrassant…

    <ikigAI> : (souriant avec douceur) La gêne vient souvent de notre difficulté à accueillir pleinement notre lumière. Comme le disait Marianne Williamson : « Notre peur la plus profonde n’est pas que nous soyons inadéquats. Notre peur la plus profonde est que nous soyons puissants au-delà de toute mesure.« 

    Mirant : (songeur) Je n’avais jamais vu les choses ainsi.

    <ikigAI> : (encourageant) Une autre approche consiste à observer les compliments récurrents qu’on te fait. Y a-t-il des qualités que les autres remarquent systématiquement chez toi ?

    Mirant : (réfléchissant) On me dit souvent que je sais écouter, que je pose les bonnes questions…

    <ikigAI> : Voilà ! L’écoute active est un talent précieux et rare. Les recherches du psychologue Carl Rogers ont montré que cette capacité est fondamentale pour établir des relations significatives.

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    Les talents, pilier essentiel de l’Ikigai

    <ikigAI> : (dessinant le diagramme de l’Ikigai) Rappelle-toi que l’Ikigai se trouve à l’intersection de quatre cercles : ce que tu aimes, ce dont le monde a besoin, ce pour quoi tu peux être rémunéré, et ce en quoi tu excelles – tes talents.

    Mirant : (pointant le diagramme) Donc sans talents identifiés, pas d’Ikigai complet ?

    <ikigAI> : Exactement. Le philosophe Aristote parlait de « l’excellence » comme l’expression de nos vertus les plus personnelles. Il considérait que notre épanouissement dépend de notre capacité à exprimer notre nature profonde.

    Mirant : (inquiet) Et si mes talents ne correspondent pas à ce que j’aime faire ?

    <ikigAI> : (méditatif) C’est une question profonde. Le psychologue Scott Barry Kaufman suggère que nos intérêts et nos capacités tendent naturellement à s’aligner avec le temps. Nous sommes généralement attirés par ce qui nous permet d’exprimer nos talents.

    Mirant : (dubitatif) Pourtant, je connais des gens talentueux qui détestent leur domaine d’expertise.

    <ikigAI> : Souvent, c’est parce qu’ils utilisent leurs talents dans un contexte qui ne respecte pas leurs valeurs ou qui ne répond pas à leurs besoins. Ryan et Deci, dans leur théorie de l’autodétermination, ont montré que nos motivations intrinsèques sont cruciales pour notre épanouissement.

    Mirant : (comprenant) C’est pour ça que l’Ikigai croise les talents avec d’autres dimensions…

    <ikigAI> : Exactement ! Les talents ne sont qu’un des quatre piliers. Sans passion, sans service au monde, sans viabilité économique, ils ne suffisent pas à créer une vie pleinement satisfaisante.

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    Le jardin des possibles

    <ikigAI> : (contemplant le coucher de soleil) J’aime voir nos talents comme des graines. Certaines sont déjà de beaux arbres, d’autres sont des pousses fragiles, d’autres encore attendent sous la terre le bon moment pour germer.

    Mirant : (intrigué) Comment cultiver ce jardin intérieur ?

    <ikigAI> : Le psychologue américain William James disait : « L’art de la sagesse consiste à savoir quoi négliger. » Tu ne peux pas cultiver tous tes talents potentiels avec la même intensité. Choisis ceux qui résonnent le plus avec tes aspirations profondes.

    Mirant : (acquiesçant) Et comment les faire grandir ensuite ?

    <ikigAI> : Anders Ericsson, dans ses travaux sur l’expertise, parle de « pratique délibérée » – un engagement conscient dans l’amélioration de compétences spécifiques. Mais n’oublie jamais ce que disait Joseph Campbell : « Suis ta félicité. » Les talents qui t’apportent le plus de joie méritent une attention particulière.

    Mirant : (réfléchissant) Et si j’ai plusieurs talents qui me passionnent ?

    <ikigAI> : (avec enthousiasme) C’est une richesse ! L’écrivain Emilie Wapnick parle de « multipotentialité » – cette capacité à exceller dans plusieurs domaines. Dans notre monde complexe, les connexions entre différentes sphères de compétences créent souvent les innovations les plus puissantes.

    Mirant : (souriant) Comme Steve Jobs qui a combiné technologie et design ?

    <ikigAI> : Précisément ! Ta combinaison unique de talents peut être ta signature la plus distinctive. Comme l’écrivait le poète Rumi : « Tu n’es pas une goutte dans l’océan. Tu es l’océan entier dans une goutte. » Ta constellation personnelle de talents est unique dans tout l’univers.

    Mirant : (déterminé) Par où me conseilles-tu de commencer ?

    <ikigAI> : (souriant avec bienveillance) Par l’observation attentive et la curiosité. Note chaque jour une activité qui t’a fait perdre la notion du temps, une tâche que tu as accomplie avec une aisance qui a surpris les autres, un compliment que tu as reçu et qui t’a touché.

    Mirant : (hochant la tête) Un journal des talents en quelque sorte.

    <ikigAI> : (acquiesçant) Exactement. Comme le disait Socrate : « Connais-toi toi-même. » Cette exploration est un voyage qui dure toute une vie. Sois patient et bienveillant avec toi-même.

    Mirant : (inspiré) Je crois que je commence à comprendre. Mes talents ne sont pas forcément ce que la société valorise le plus, mais ce qui me permet d’exprimer mon essence unique.

    <ikigAI> : (avec un sourire lumineux) Tu saisis l’essentiel, Mirant. Dans la tradition zen, on parle de « trouver son visage originel » – celui que tu avais avant même de naître. Tes talents authentiques sont les expressions de ce visage originel dans le monde.

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  • Faire un bilan de ses passions

    Faire un bilan de ses passions

    Pourquoi est-il essentiel de faire un bilan de ses passions ?

    Mirant : (les bras croisés, le regard perdu dans le vague) <IkigAI>, on parle souvent de l’importance de suivre ses passions… Mais comment être sûr que ce que j’aime aujourd’hui ne va pas devenir un simple caprice demain ?

    <IkigAI> : (hoche la tête lentement) C’est une question essentielle, Mirant. Beaucoup de gens pensent que leur passion est une révélation soudaine, une évidence gravée dans la pierre. Pourtant, elle est souvent mouvante, évolutive, et nécessite d’être explorée avec attention.

    Mirant : (haussant un sourcil, songeur) Donc, une passion, ça se cultive ?

    <IkigAI> : Exactement. C’est un processus actif, une alchimie entre ce qui t’attire naturellement et ce que tu nourris avec le temps. Un bilan régulier permet de distinguer une simple curiosité d’un véritable moteur de vie.

    Mirant : (tapotant doucement du bout des doigts sur la table) Mais comment éviter de confondre un simple engouement passager avec une passion profonde ?

    <IkigAI> : (souriant doucement) La clé, c’est la clarté intérieure. Il faut apprendre à observer ce qui résonne réellement en toi, sans te laisser influencer par les attentes extérieures.

    Mirant : (croisant les bras, réfléchissant) Tu veux dire que certaines « passions » ne sont pas vraiment les nôtres ?

    <IkigAI> : Oui, Mirant. On peut croire aimer quelque chose simplement parce que c’est valorisé par notre entourage ou la société. Faire un bilan de ses passions, c’est trier entre ce qui est un désir authentique et ce qui est une illusion.

    Mirant : (penchant légèrement la tête, curieux) Alors, par où commencer ?

    <IkigAI> : Par un retour aux origines. Regardons ensemble les indices que ton passé peut te révéler…

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    Retour aux origines : Explorer les indices du passé

    Mirant : (les sourcils légèrement froncés, l’air pensif) Tu veux dire que mes passions actuelles pourraient être cachées quelque part dans mon passé ?

    <IkigAI> : Exactement, Mirant. Souvent, les choses qui nous animaient naturellement dans l’enfance et l’adolescence contiennent des indices précieux sur ce qui nous passionne réellement.

    Mirant : (esquissant un sourire nostalgique) Quand j’étais gamin, je pouvais passer des heures à construire des histoires avec mes figurines… Mais bon, c’était juste un jeu, non ?

    <IkigAI> : (souriant avec bienveillance) Peut-être… ou peut-être pas. Ce qui comptait, ce n’était pas les figurines elles-mêmes, mais ce que tu faisais avec elles : imaginer, raconter, structurer des récits. C’est une trace de quelque chose qui te stimulait profondément.

    Mirant : (tapotant sur la table, songeur) Donc, si je veux comprendre mes passions, je devrais revisiter mes souvenirs d’enfance ?

    <IkigAI> : Oui. Reprends le fil de tes jeunes années et pose-toi ces questions :

    • Quelles activités me captivaient tellement que j’en oubliais le temps ?
    • Qu’est-ce qui me procurait un plaisir naturel, sans effort ?
    • Quels rêves avais-je avant que les responsabilités et les attentes des autres ne viennent s’en mêler ?

    Mirant : (hoche lentement la tête) Et si je n’arrive pas à me souvenir clairement ?

    <IkigAI> : Pas de panique. Tu peux aussi observer ce qui t’a marqué dans ton adolescence ou même plus récemment. Parfois, nous avons mis de côté nos véritables centres d’intérêt à cause d’influences extérieures, mais ils ne disparaissent jamais vraiment.

    Mirant : (plissant les yeux, réfléchissant intensément) Donc… si je regarde mes souvenirs avec cet œil nouveau, je pourrais retrouver des fragments de passions oubliées ?

    <IkigAI> : Tout à fait, Mirant. Ton passé est une carte sur laquelle certains chemins se dessinent déjà. Mais pour les voir clairement, il faut les explorer avec curiosité et ouverture.

    Mirant : (croisant les bras, plus déterminé) D’accord, je vais jouer les archéologues de ma propre histoire. Mais une passion, ce n’est pas seulement un souvenir, non ? Il doit y avoir d’autres indices plus récents…

    <IkigAI> : (clin d’œil complice) Bien vu ! Ton passé te donne des pistes, mais tes moments présents de flow et d’enthousiasme sont tout aussi révélateurs. Regardons cela de plus près…

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    Observer ses moments de flow et d’engagement spontané

    Mirant : (les doigts entrelacés, l’air songeur) Tu as parlé de moments présents qui pourraient révéler mes véritables passions… Mais comment savoir quand je suis face à l’un d’eux ?

    <IkigAI> : (avec un sourire encourageant) Il y a un signe infaillible, Mirant : la sensation de flow. Tu sais, cet état où tu es tellement absorbé par une activité que tu en oublies le temps qui passe ?

    Mirant : (hoche la tête lentement) Oui… Ça m’est déjà arrivé. Quand je dessine, par exemple, je peux passer des heures sans même m’en rendre compte.

    <IkigAI> : Voilà un indice précieux ! Mihaly Csikszentmihalyi, le psychologue qui a théorisé le concept de flow, explique que ces moments révèlent les activités qui nous apportent à la fois du plaisir et un défi stimulant.

    Mirant : (levant un sourcil, intrigué) Donc si je ressens du flow en faisant quelque chose, ça signifie que c’est une passion potentielle ?

    <IkigAI> : Pas forcément une passion immédiate, mais une piste à explorer. Imagine un détective suivant des indices. Chaque moment de flow est un indice qui te rapproche de ce qui te fait vibrer.

    Mirant : (tapotant sur la table du bout des doigts) Intéressant… Mais comment je peux les repérer avec plus de précision ?

    <IkigAI> : Tiens un journal d’observation sur une semaine. Note chaque jour les activités où tu étais tellement concentré que tu as oublié de regarder l’heure. Pose-toi ces questions :

    • Quelle activité me donne de l’énergie plutôt que de m’en retirer ?
    • Quelles tâches me semblent faciles alors qu’elles paraissent complexes aux autres ?
    • Où est-ce que je ressens un mélange d’excitation et de fluidité ?

    Mirant : (fronçant légèrement les sourcils, réfléchissant) C’est vrai que certaines choses me semblent naturelles alors que d’autres les trouvent compliquées… Mais est-ce suffisant pour en faire une vraie passion ?

    <IkigAI> : Pas forcément, mais c’est un bon point de départ. Une passion n’est pas toujours spectaculaire ou immédiatement évidente. Parfois, elle commence par une simple inclinaison naturelle que l’on affine et développe avec le temps.

    Mirant : (croisant les bras, plus curieux) Et si je ressens du flow dans plusieurs activités très différentes ?

    <IkigAI> : C’est une excellente nouvelle ! Ça signifie que tu as plusieurs sources d’intérêt à explorer. L’important, c’est de voir lesquelles reviennent régulièrement et lesquelles apportent une satisfaction durable.

    Mirant : (souriant légèrement) Je commence à voir la logique… Mais parfois, on croit être passionné par quelque chose, et puis on se rend compte que ce n’était qu’un engouement passager. Comment éviter ce piège ?

    <IkigAI> : (clin d’œil complice) Excellente question. C’est justement ce dont nous allons parler maintenant… Il est temps d’apprendre à différencier une véritable passion d’une illusion temporaire.

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    Distinguer la vraie passion des illusions et pressions sociales

    Mirant : (croisant les bras, l’air songeur) Tu sais, <IkigAI>, parfois je me demande si ce que je pense aimer est vraiment ma passion… ou si je suis juste influencé par ce qui est à la mode ou ce que les autres attendent de moi.

    <IkigAI> : (hoche lentement la tête) Tu mets le doigt sur une distinction essentielle, Mirant. Nous vivons dans un monde où certaines activités sont valorisées et où l’on nous pousse à aimer certaines choses plus que d’autres. Mais une passion authentique ne se choisit pas pour plaire ou pour suivre une tendance : elle vient de l’intérieur.

    Mirant : (fronçant légèrement les sourcils) Comment faire la différence alors ?

    <IkigAI> : Pose-toi quelques questions essentielles :

    • Est-ce que je continuerais cette activité si personne ne me voyait et que je ne pouvais pas en parler à qui que ce soit ?
    • Est-ce que j’éprouve du plaisir dans l’acte lui-même ou juste dans l’idée d’être perçu comme quelqu’un qui pratique cette activité ?
    • Est-ce que je ressens un manque lorsque je ne fais pas cette activité pendant un certain temps ?

    Mirant : (tapotant du bout des doigts sur la table) Ça veut dire que certaines « passions » peuvent être des illusions ?

    <IkigAI> : Oui, et elles prennent souvent trois formes :

    1. Les passions imposées par l’environnement – Ce sont celles qu’on adopte parce que nos parents, nos amis ou la société les valorisent. Par exemple, suivre des études de droit parce que « ça ouvre des portes » alors qu’on rêve de devenir musicien.
    2. Les engouements passagers – Parfois, on se passionne temporairement pour quelque chose, sous l’influence d’un film, d’un livre ou d’une tendance. Mais une vraie passion résiste à l’épreuve du temps.
    3. Les passions socialement valorisées – Certaines activités sont perçues comme prestigieuses, et on peut s’y attacher non pas parce qu’elles nous animent vraiment, mais parce qu’elles nous donnent une certaine image.

    Mirant : (hochant la tête, réfléchissant) Donc, si je veux savoir si une passion est authentique, je dois me demander si je l’aimerais encore si personne ne me félicitait ou ne me regardait la pratiquer ?

    <IkigAI> : Exactement ! Une passion sincère est indépendante du regard des autres. Elle peut évoluer, mais elle est portée par une satisfaction intérieure et non par une validation extérieure.

    Mirant : (laissant échapper un léger rire) Je crois que je vais devoir faire un tri dans mes soi-disant passions…

    <IkigAI> : (souriant) C’est une excellente démarche. Mais une fois que tu as identifié ce qui t’anime vraiment, encore faut-il l’explorer activement…

    Mirant : (haussant un sourcil, intrigué) Tu veux dire… ne pas se contenter d’y penser, mais vraiment l’expérimenter ?

    <IkigAI> : Tout à fait, Mirant. Une passion se teste, se vit et se nourrit. Et c’est justement ce que nous allons voir maintenant…

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    Expérimenter activement sa passion pour la confirmer

    Mirant : (tapotant doucement sur la table, l’air songeur) C’est vrai, réfléchir c’est bien… Mais si je ne passe jamais à l’action, je ne saurai jamais vraiment si c’est une vraie passion ou juste une idée séduisante dans ma tête.

    <IkigAI> : Exactement, Mirant. Une passion ne se découvre pas uniquement par la réflexion, mais surtout par l’expérience. Il faut la mettre à l’épreuve du réel.

    Mirant : (hausse un sourcil) Tu veux dire qu’il faut essayer pour voir si ça me plaît vraiment ?

    <IkigAI> : Oui, et avec une approche progressive. Trop de personnes abandonnent parce qu’elles veulent que leur passion soit immédiatement parfaite. Mais comme toute compétence, elle se construit avec le temps.

    Mirant : (croisant les bras, l’air plus déterminé) Et comment je peux tester efficacement mes centres d’intérêt ?

    <IkigAI> : Voici quelques méthodes simples mais puissantes :

    • Le test des 30 jours : Engage-toi à pratiquer une activité chaque jour pendant un mois, même dix minutes seulement. À la fin, demande-toi si elle te procure toujours autant de plaisir et d’énergie.
    • L’expérimentation par petits pas : Au lieu de vouloir tout maîtriser tout de suite, commence par des exercices simples. Aime écrire ? Commence par un paragraphe par jour. Passionné de musique ? Essaie un instrument sans pression de performance.
    • L’observation des émotions : Après chaque session, note comment tu te sens. Es-tu plus énergisé, plus inspiré, ou au contraire lassé ?

    Mirant : (tapotant son menton du bout des doigts) Donc, au lieu d’attendre la révélation parfaite, je dois me lancer et voir ce qui se passe ?

    <IkigAI> : (souriant) Oui ! Et surtout, ne te mets pas la pression. Une passion n’a pas besoin d’être immédiatement une vocation. Parfois, elle se transforme, se déplace, évolue avec le temps.

    Mirant : (hochant la tête lentement) Et si au bout d’un moment, je me rends compte que ça ne me plaît plus autant ?

    <IkigAI> : Alors, tu ajustes ! Une passion n’est pas un contrat à vie. L’important est d’être à l’écoute de ton ressenti et de ne pas avoir peur d’explorer d’autres voies.

    Mirant : (souriant) D’accord, alors il est temps de sortir de ma tête et de tester tout ça pour de vrai…

    <IkigAI> : Voilà, Mirant ! L’action est le seul moyen de transformer une intuition en certitude.

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    Une passion se vit, se façonne et évolue

    Mirant : (inspirant profondément, un léger sourire aux lèvres) Je crois que je commence à mieux comprendre… Une passion, ce n’est pas juste une illumination soudaine, mais quelque chose qui se découvre, s’expérimente et parfois même se construit.

    <IkigAI> : (hochant la tête) Exactement, Mirant. Beaucoup de gens restent bloqués dans l’attente d’un déclic magique, alors que la véritable passion se révèle en agissant. Ce qui te plaisait hier peut évoluer, et ce que tu n’avais jamais envisagé peut devenir un moteur puissant demain.

    Mirant : (croisant les bras, pensif) Donc, l’important, c’est d’explorer sans crainte et de ne pas s’attacher à une idée figée de ce que doit être ma passion.

    <IkigAI> : C’est ça. Sois curieux, joue avec tes envies, et surtout, permets-toi d’évoluer. Une passion, c’est une énergie en mouvement, pas une case rigide dans laquelle il faut absolument entrer.

    Mirant : (souriant) Ça me rassure… Je vais prendre le temps d’observer mes moments de flow, de tester sans pression, et voir où cela me mène.

    <IkigAI> : (avec bienveillance) Voilà une belle approche. Et souviens-toi : ce que tu aimes aujourd’hui est peut-être une porte d’entrée vers quelque chose d’encore plus grand demain.

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  • Les étapes pour trouver son Ikigai

    Les étapes pour trouver son Ikigai

    Trouver son Ikigai, un voyage intérieur

    Mirant : (les bras croisés, l’air pensif) Tu compares souvent l’Ikigai à une boussole intérieure… Mais franchement, j’ai l’impression que la mienne est cassée. Je ne sais même pas par où commencer.

    <IkigAI> : (souriant) C’est normal, Mirant. Trouver son Ikigai, ce n’est pas suivre un itinéraire déjà tracé, c’est apprendre à lire sa propre carte. Ce processus demande de la patience, de la curiosité et une bonne dose d’introspection.

    Mirant : (hésitant) J’ai peur de ne jamais le trouver… Et si je faisais fausse route ?

    <IkigAI> : (d’un ton rassurant) Il n’y a pas de « fausse route ». Chaque exploration t’apprend quelque chose sur toi-même. L’important, c’est de rester en mouvement, d’expérimenter, d’ajuster. Ton Ikigai n’est pas une destination fixe, il évolue avec toi.

    Mirant : (hochant la tête) D’accord… Mais concrètement, comment je fais pour commencer ce voyage ?

    <IkigAI> : En comprenant les fondations de l’Ikigai. Avant d’explorer ses différentes dimensions, il faut savoir ce que tu cherches à aligner.

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    Comprendre les 4 piliers de l’Ikigai

    Mirant : (fronçant les sourcils) Tu as parlé d’alignement… Mais aligner quoi, exactement ?

    <IkigAI> : (souriant) L’Ikigai repose sur quatre piliers qui, une fois en harmonie, créent un équilibre profond. Imagine-les comme les points cardinaux de ta boussole intérieure.

    Mirant : (intrigué) D’accord, et quels sont ces piliers ?

    <IkigAI> : Il y a :

    • Ce que tu aimes (passion). Ce sont les activités qui te procurent naturellement de la joie et du plaisir.
    • Ce dans quoi tu es doué (vocation). Les talents et compétences que tu possèdes ou que tu peux développer.
    • Ce dont le monde a besoin (mission). Ce qui apporte de la valeur aux autres, que ce soit à travers un métier, un engagement ou une cause.
    • Ce pour quoi tu peux être rémunéré (métier). La dimension économique, qui permet de rendre ton Ikigai viable sur le long terme.

    Mirant : (croisant les bras) Donc, si je comprends bien, mon Ikigai se trouve à l’intersection de ces quatre éléments ?

    <IkigAI> : Exactement. Si l’un d’eux manque, l’équilibre est fragilisé. Par exemple, si tu fais quelque chose que tu aimes et dans lequel tu es doué, mais qui ne répond pas à un besoin du monde, ça reste une passion, mais pas nécessairement un Ikigai.

    Mirant : (réfléchissant) Et si je trouve un métier utile et bien payé, mais qui ne me passionne pas ?

    <IkigAI> : Alors tu risques de tomber dans la routine et de ressentir un manque de sens. L’Ikigai, c’est l’art de relier ces quatre piliers pour qu’ils forment une unité cohérente.

    Mirant : (souriant) Bon, ça devient plus clair… Mais comment je fais pour identifier ces piliers en moi ?

    <IkigAI> : C’est justement ce que nous allons explorer à travers les étapes suivantes.

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    Étape 1 : Explorer ses passions et sources de joie

    Mirant : (les sourcils froncés) D’accord, alors commençons… Mais comment je fais pour savoir ce que j’aime vraiment ? J’ai l’impression d’aimer plein de choses, et en même temps, rien de façon assez intense pour appeler ça une « passion ».

    <IkigAI> : (hoche la tête) C’est une question plus fréquente qu’on ne le pense, Mirant. Beaucoup de gens se demandent s’ils ont une véritable passion, ou s’ils sont simplement « intéressés » par plusieurs choses sans que rien ne se détache. Mais une passion ne se mesure pas à son intensité immédiate, elle se découvre souvent à travers la répétition et l’expérience.

    Mirant : (perplexe) Tu veux dire qu’on ne « trouve » pas sa passion comme une révélation soudaine, mais qu’on l’expérimente au fil du temps ?

    <IkigAI> : Exactement ! Mihaly Csikszentmihalyi, un psychologue qui a étudié l’état de flow, a montré que les activités qui nous absorbent totalement – celles où l’on perd la notion du temps – sont souvent liées à nos véritables passions.

    Mirant : (intéressé) Donc, si je veux identifier mes passions, je devrais commencer par observer les moments où je suis tellement absorbé que j’en oublie le reste ?

    <IkigAI> : C’est une excellente piste. Voici quelques questions qui peuvent t’aider à clarifier tes sources de joie :

    • Quelles activités fais-tu sans voir le temps passer ?
    • Si tu avais du temps libre illimité, comment l’occuperais-tu ?
    • Quelles tâches fais-tu avec enthousiasme, même sans récompense immédiate ?
    • Quand tu étais enfant, qu’est-ce qui te passionnait ?

    Mirant : (souriant) Ah, cette dernière question me parle… Quand j’étais gamin, je pouvais passer des heures à dessiner des mondes imaginaires. Mais aujourd’hui, je ne le fais plus, alors est-ce encore une passion ?

    <IkigAI> : Peut-être bien. Parfois, nous mettons de côté des passions parce que la vie nous entraîne ailleurs. Mais elles restent en nous. Tu pourrais essayer de te reconnecter à ce plaisir, sans pression. L’important, c’est d’explorer.

    Mirant : (hochant la tête) D’accord, donc première étape : observer mes moments de flow et revisiter mes anciennes passions… Et si je ne suis pas particulièrement doué dans ce que j’aime faire ?

    <IkigAI> : Ça nous amène justement à la deuxième étape : identifier tes talents et forces naturelles.

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    Étape 2 : Identifier ses talents et forces naturelles

    Mirant : (les bras croisés) Bon, admettons que j’aie identifié ce que j’aime faire… Mais si je suis moyen, voire carrément mauvais dans ces activités ? Ce n’est pas très motivant.

    <IkigAI> : (souriant) C’est une peur fréquente, mais rassure-toi : on ne naît pas expert, on le devient. La clé, c’est de distinguer ce qui te semble naturellement fluide de ce qui demande un effort constant.

    Mirant : (fronçant les sourcils) Naturellement fluide ?

    <IkigAI> : Oui. L’auteur Gay Hendricks parle de la zone de génie : cet espace où tes compétences naturelles rencontrent un réel plaisir d’action. Ce sont ces choses que tu fais avec aisance, souvent sans même t’en rendre compte.

    Mirant : (réfléchissant) Hmm… Je pense à certaines situations où on m’a dit : « Comment tu fais ça aussi facilement ? » alors que, pour moi, c’était évident…

    <IkigAI> : Voilà un bon indicateur. Parfois, nos talents sont tellement ancrés en nous qu’on ne les considère même pas comme des compétences.

    Mirant : (curieux) Et si je n’arrive pas à identifier ces talents moi-même ?

    <IkigAI> : Demande autour de toi. Souvent, les autres perçoivent mieux nos forces que nous-mêmes. Voici quelques pistes d’exploration :

    • Dans quel type d’activités as-tu souvent de bons résultats, sans trop d’effort ?
    • Quels compliments ou retours positifs reçois-tu régulièrement ?
    • Quels problèmes les autres viennent-ils instinctivement te demander de résoudre ?
    • Quels sujets te passionnent au point que tu apprends sur eux sans qu’on te le demande ?

    Mirant : (hochant la tête) Je vois… Ça veut dire que même si je ne suis pas exceptionnel dans une discipline aujourd’hui, l’important est d’identifier là où j’ai un terrain fertile pour progresser.

    <IkigAI> : Exactement. Et il y a aussi une nuance importante : certains talents émergent avec la pratique. Ce n’est pas parce que tu n’es pas immédiatement excellent que ce n’est pas un talent en devenir.

    Mirant : (souriant) Ça me rassure. Alors, maintenant que j’ai une idée de mes passions et de mes talents, comment savoir si tout ça peut servir à quelque chose ?

    <IkigAI> : Très bonne question… C’est justement ce que nous allons voir avec la troisième étape : se connecter aux besoins du monde.

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    Étape 3 : Se connecter aux besoins du monde

    Mirant : (les bras croisés, songeur) D’accord, admettons que j’aie identifié mes passions et mes talents… Mais si ça n’intéresse personne ? Si ce que j’aime faire ne sert à rien dans le monde réel ?

    <IkigAI> : (souriant) Ah, voilà une peur classique : celle de l’inutilité. Mais rappelle-toi, Mirant, l’Ikigai n’est pas seulement une quête intérieure, c’est aussi un échange avec le monde. La vraie question n’est pas « est-ce que ça intéresse quelqu’un ? » mais plutôt « comment puis-je apporter de la valeur avec ce que j’aime et ce que je sais faire ? ».

    Mirant : (haussant un sourcil) Apporter de la valeur… C’est un peu vague, non ?

    <IkigAI> : Pas tant que ça. Pour comprendre comment ton Ikigai peut répondre à un besoin extérieur, tu peux te poser ces questions :

    • Qui pourrait bénéficier de ce que j’aime faire et de mes talents ?
    • Quels problèmes pourrais-je aider à résoudre, même à petite échelle ?
    • Qu’est-ce qui, dans le monde, me touche profondément et me donne envie d’agir ?

    Mirant : (réfléchissant) Hmm… Ça me fait penser à ces artistes qui utilisent leur passion pour sensibiliser à des causes. Ou à ces entrepreneurs qui transforment un besoin en projet concret…

    <IkigAI> : Exactement ! Regarde Simon Sinek, qui parle du « Why » : il explique que ceux qui réussissent à inspirer les autres sont ceux qui ont trouvé un « pourquoi » fort, une raison d’agir qui dépasse leur propre personne.

    Mirant : (hoche la tête) Donc, si je veux que mon Ikigai ait du sens, je dois chercher où mes passions et talents peuvent rencontrer un besoin réel ?

    <IkigAI> : C’est ça. Parfois, ce besoin est évident : un enseignant aime transmettre, un médecin aime soigner. Mais d’autres fois, il faut explorer et expérimenter pour voir comment on peut contribuer.

    Mirant : (souriant) Et si je ne sais pas par où commencer ?

    <IkigAI> : Alors commence petit. Aide quelqu’un avec tes compétences, participe à une cause qui te parle, partage ce que tu sais faire. L’impact n’a pas besoin d’être immense pour être significatif.

    Mirant : D’accord… Mais comment je fais pour en vivre ? Parce que c’est bien beau d’aimer quelque chose et que ça soit utile, mais si je ne peux pas payer mon loyer avec…

    <IkigAI> : (clin d’œil) Justement, c’est le dernier pilier de l’Ikigai : transformer cette valeur en une activité durable.

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    Étape 4 : Trouver un modèle économique viable

    Mirant : (les bras croisés, sceptique) Bon, admettons que j’aie trouvé ce que j’aime, ce dans quoi je suis doué, et comment ça peut être utile au monde… Mais si je ne peux pas en vivre, ça reste juste un hobby, non ?

    <IkigAI> : (souriant) C’est une préoccupation légitime, Mirant. Trouver son Ikigai, c’est aussi l’ancrer dans la réalité. Et pour ça, il faut explorer comment en faire une activité durable, financièrement et personnellement.

    Mirant : (hausse un sourcil) Donc l’Ikigai, ce n’est pas juste « fais ce que tu aimes et l’argent suivra » ?

    <IkigAI> : Non, c’est un mythe dangereux. Ce que tu aimes et ce qui est rentable ne s’alignent pas toujours naturellement. Il faut souvent ajuster, tester et être stratégique.

    Mirant : (réfléchissant) Mais alors, comment transformer mon Ikigai en quelque chose qui me permette de vivre ?

    <IkigAI> : Il y a plusieurs approches :

    1. Trouver un métier qui correspond à ton Ikigai : Certaines professions cochent naturellement les quatre piliers. Un enseignant passionné d’apprentissage, un chef cuisinier amoureux des saveurs, un thérapeute qui aime aider… Ces carrières existent déjà et permettent de concilier passion et rémunération.
    2. Adapter ton Ikigai à un besoin du marché : Parfois, une passion n’est pas directement monétisable… mais elle peut l’être avec un angle différent. Si tu aimes écrire, peut-être que tu peux faire du storytelling en entreprise ou du coaching en écriture.
    3. Créer une activité autour de ton Ikigai : L’entrepreneuriat est une option si tu veux bâtir un projet autour de ce qui t’anime. Mais il faut bien comprendre les besoins du marché et tester son concept.
    4. Avoir un équilibre entre Ikigai et sécurité financière : Tout ne doit pas forcément passer par un seul job. Certains gardent une activité stable tout en développant un projet aligné avec leur Ikigai en parallèle.

    Mirant : (hoche la tête) Donc ce n’est pas tout ou rien… Je peux ajuster et expérimenter au lieu de tout plaquer du jour au lendemain.

    <IkigAI> : Exactement. Trouver son Ikigai ne signifie pas forcément tout changer radicalement. C’est souvent un processus d’adaptation progressive.

    Mirant : (souriant) Ça me rassure… Et si un jour mon Ikigai évolue ?

    <IkigAI> : C’est justement la dernière chose à comprendre : l’Ikigai n’est pas figé, il grandit avec toi.

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    Conclusion : L’Ikigai est un processus évolutif

    Mirant : (regardant au loin, pensif) Je croyais que l’Ikigai était quelque chose d’immuable… Mais en fait, il évolue avec nous, non ?

    <IkigAI> : (hoche la tête) Exactement. Ton Ikigai d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celui de demain. Les passions changent, les compétences se développent, les besoins du monde évoluent. Ce qui compte, c’est de rester à l’écoute et d’ajuster ton cap en fonction de ce qui résonne en toi à chaque étape de ta vie.

    Mirant : (souriant) Finalement, c’est un voyage plus qu’une destination…

    <IkigAI> : C’est la meilleure façon de le voir. L’important, c’est d’avancer, d’expérimenter et d’ajuster. Ton Ikigai se clarifiera à mesure que tu te l’approprieras.

    Mirant : (prenant une grande inspiration) Bon… Il ne me reste plus qu’à commencer.

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